Malgré les maquettes proposées, le modèle n’est pas unique, mais adaptable aux milieux.

Cuisines, gradins et gymnases ouverts dans les Lab-écoles [VIDÉO]

Se servir du toit pour bouger, aménager un potager et installer des gradins : le projet Lab-école a publié mercredi ses principales recommandations et espère qu’elles influenceront la façon dont les écoles primaires et secondaires seront construites et rénovées au Québec.

Après un an et demi de travaux, l’équipe du Lab-école dirigée par l’ex-conseillère municipale de Québec Natacha Jean a publié un rapport de 250 pages qui guidera l’architecture des sept Lab-écoles qui doivent ouvrir leurs portes en septembre 2021. «Il faut faire exploser le cadre actuel. Les enfants ont changé et les enseignants veulent aller ailleurs», expose Mme Jean.

Ce guide intitulé Penser l’école de demain a été conçu par une équipe multidisciplinaire, qui comprend entre autres des enseignants. Les trois fondateurs du Lab-école, le chef Ricardo Larrivée, l’athlète Pierre Lavoie et l’architecte Pierre Thibault, y ont aussi travaillé de manière bénévole.

Des concours d’architecture seront lancés dans quelques semaines pour créer les sept Lab-écoles situées un peu partout au Québec et qui serviront de projet-pilote. À Québec, l’ancienne école Stadacona dans Limoilou fait partie du lot. 

«On se réserve le droit de se tromper, de s’ajuster», indique M. Lavoie. Mais les recommandations peuvent quand même servir dès maintenant à d’autres milieux scolaires. «Toutes les écoles qui veulent copier, qui veulent venir prendre cette information-là, c’est ouvert», indique M. Larrivée.

Des écoles plus grandes

Les Lab-écoles imaginées par l’équipe sont entre 20 et 25 % plus grandes que les écoles que le ministère de l’Éducation bâtit actuellement. Les sept projets qui seront réalisés d’ici 2021 ont eu droit à une bonification de leur budget de 15 %. Mais il se peut que ce ne soit pas suffisant. «On est en train d’échanger avec le gouvernement pour bonifier les enveloppes», indique Mme Jean. 

Ricardo Larrivée est toutefois convaincu qu’un tel investissement est rentable pour la société. «Combien on va sauver par enfant qui ne décrochera pas? Par enseignant qui va être plus en santé?» fait-il valoir. 

Pour l’aménagement des cours d’école et des gymnases, le Lab-école préconise que les municipalités paient une partie de la facture, car ces espaces profiteront à toute la communauté. «À l’heure actuelle, les écoles servent 180 jours par année, alors qu’avec des espaces flexibles et polyvalents, elles pourraient être ouvertes 365 jours par année», fait valoir M. Thibault. 

L’architecte Jérôme Lapierre a présenté des maquettes de ce à quoi peuvent ressembler les Lab-école. Il n’y aura pas de modèle unique, car chaque milieu est différent, mais certains concepts peuvent se multiplier. 

M. Lapierre conseille par exemple de privilégier de grandes fenêtres, un mobilier fonctionnel et épuré, de même que du rangement intégré dans les murs. Oui aux couleurs et aux affiches dans les classes, mais avec parcimonie. Il faut faire attention de ne pas «surstimuler les enfants», ce qui nuit à leur concentration, indique M. Lapierre.  

En changeant les matériaux et la conception des gymnases, M. Lavoie est convaincu qu’ils pourront être moins bruyants : l’objectif est de ne pas dépasser 80 décibels. Et si seulement 25 % des écoles primaires à l’heure actuelle possèdent une cafétéria, M. Larrivée croit que des cuisines et des salles à manger doivent servir de lieux de rassemblement et de socialisation, afin de «ne pas forcer les enfants à empiffrer leur lunch parce qu’il y a une gang qui arrive dans 15 minutes».

Quelques idées prônées par Lab-école

  • La création d’une anticlasse, un local adjacent qui favorise le travail en équipe ou le travail de concentration. Ce local peut aussi être utilisé par le service de garde. 
  • L’aménagement de vestiaires fonctionnels qui ne sont pas situés dans les corridors, mais dans le hall d’entrée ou entre deux classes. 
  • La construction de gradins, qui servent de lieu de rassemblement pour une classe, un niveau ou toute l’école. 
  • L’aménagement d’une cuisine, d’une salle à manger et d’un potager pour favoriser les discussions entre les élèves. 
  • La création d’un gymnase ouvert, éclairé par la lumière naturelle et moins bruyant. 
  • La construction d’une cour extérieure connectée sur la nature, qui offre une diversité de zones de jeux par paliers, jusque sur le toit de l’école. 
  • L’ouverture sur le quartier: la bibliothèque, le gymnase, la cour et la cuisine peut servir à la municipalité et aux organismes communautaires.