Le gouvernement n’a pas demandé de fermer des écoles. Cela pourrait changer si le coronavirus se met à circuler dans la population.
Le gouvernement n’a pas demandé de fermer des écoles. Cela pourrait changer si le coronavirus se met à circuler dans la population.

COVID-19: des remous jusque dans les écoles du Québec

La COVID-19 crée des remous dans les établissements d’enseignement : les profs revenant de voyage doivent rester à la maison ; il est interdit de réunir plus de 250 élèves dans une salle ; les séjours scolaires hors du Canada sont proscrits ; les étudiants étrangers n’ont plus le droit de venir nous visiter. Aussi, toute école où un seul cas sera confirmé devra barrer ses portes pour «une durée minimale de 14 jours».

Le gouvernement québécois songe même à fermer l’ensemble des écoles.  «On n'est pas rendu là. Mais, à ce moment-ci, on ne peut rien exclure», a indiqué le premier ministre François Legault en conférence de presse. «Vous avez vu des pays qui le font, des pays qui sont plus infectés que le Québec. Donc […] les prochaines semaines vont être critiques. Les deux, trois prochaines semaines, on va voir comment les infections évoluent, puis là, bien, les mesures pourraient évoluer.»

Quand le coronavirus (COVID-19) circulera dans la population québécoise, quand il n’infectera pas seulement les voyageurs, la décision de fermeture pourrait tomber, précise le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique. «Quand il va y avoir de la circulation locale, ça se peut qu'on ferme les écoles.»

«Pas à ce moment-ci»

«On ne demande pas de fermer des écoles à ce moment-ci», a insisté le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, un peu plus tard jeudi, au sortir d’une rencontre spéciale sur le coronavirus, tel que rapporté par des collègues de La Presse.

Quoi qu’il en soit, une directive transmise par l’État à tout le réseau de l’éducation stipule qu’il ne faudra qu’un élève atteint, qu’un employé malade, pour qu’une école cesse ses activités. «Prenez note que conformément aux recommandations de la Direction de la Santé publique, si un cas était confirmé dans un établissement du réseau de l'éducation, nous procéderons à la fermeture immédiate de celui-ci pour une durée minimale de l4 jours ou jusqu'à ce que l'ensemble des élèves et des membres du personnel soient testés», lit-on dans le document portant la signature du sous-ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Éric Blackburn.

Aussi, les autorités demandent aux parents, aux étudiants et aux travailleurs du réseau d’avertir la direction de leur établissement s’ils ont été en contact avec une personne ayant visité un pays à risque. A fortiori s’ils ont eux-mêmes visité un tel pays.

Des élèves seront soumis à une quarantaine.


« Quand il va y avoir de la circulation locale [du virus], ça se peut qu'on ferme les écoles. »
Dr Horacio Arruda

Profs en isolement

Ce n’est pas tout. À partir de maintenant, les professeurs et le personnel des services de garde de retour au Québec après un séjour hors frontières doivent rester à la maison pour 2 semaines avant de reprendre le travail.

Ceux qui ont voyagé durant la relâche scolaire sont exclus. «Ces personnes doivent toutefois surveiller de près leurs symptômes, et ce, durant les l4 jours suivant leur retour au Québec. En cas de symptômes, elles doivent s'isoler immédiatement et contacter le 1 877 644-4545», prescrit la directive ministérielle.

«Ce qu'on demande aussi à nos écoles, nos cégeps, nos universités, c'est de ne jamais avoir plus que 250 personnes dans la même salle», a ajouté le premier ministre François Legault. «Dans certaines universités, il peut y avoir des amphithéâtres qui ont plus de 250 personnes […]. Il peut arriver que, dans une cafétéria, dans une école, il y ait plus que 250 personnes, donc il va falloir avoir le repas qui va être divisé par groupes.»

Voyages annulés

Ce n’est pas tout. Tous les voyages professionnels à l’étranger sont proscrits. «Cette mesure s'applique par ailleurs à tous les déplacements en dehors du Canada de vos élèves et étudiants à des fins diverses, notamment les sorties scolaires, les stages, les échanges étudiants, les programmes de mobilité internationale, les compétitions et les colloques», écrit le sous-ministre Éric Blackburn.

«Parallèlement, je vous demande de surseoir à l'accueil d'étudiants provenant de pays étrangers et devant être accueillis au sein de votre établissement après la date d'aujourd'hui et d'en informer rapidement les personnes concernées afin d'éviter des déplacements inutiles.»

À Québec et Lévis

Dans la région de Québec et de Lévis, des rencontres ont eu lieu jeudi afin d’évaluer l’impact des nouvelles directives. «Nous sommes en attente de plus de précisions entourant les consignes ministérielles», note Josyka Levesque, conseillère en communication au cégep Limoilou.

En soirée, la Commission scolaire de la capitale avait déjà pris acte de la missive du sous-ministre Blackburn. «Nous allons suivre les recommandations précisées dans la lettre», nous a écrit la conseillère en communication, Véronique Gingras.

La Commission scolaire des Navigateurs a également communiqué avec les parents durant la nuit afin de leur relayer les grandes lignes des prescriptions étatiques. En gras dans l’envoi : la demande à tous d’avertir les directions d’école s’ils ont voyagé ou s’ils ont été en contact avec une personne ayant séjourné dans un pays touché par le virus.

La coordonnatrice du Service des communications, Louise Boisvert souligne : «Vous constaterez [que le message aux parents] répond notamment à la question des voyages scolaires : ils sont tous annulés, et ce, jusqu’à nouvel ordre.»


« Vous constaterez [que le message aux parents] répond notamment à la question des voyages scolaires : ils sont tous annulés, et ce, jusqu’à nouvel ordre. »
Louise Boisvert, commission scolaire des Navigateurs

Des commissions scolaires de la région n’avaient toutefois pas attendu l’escalade de jeudi avant de communiquer avec les parents. Dont celle des Navigateurs qui appelait déjà lundi à la vigilance. «Des affichettes concernant la prévention des infections seront distribuées dans tous les établissements scolaires où la désinfection sera également augmentée et des rappels seront faits aux élèves», nous apprenait-on alors.

La Commission scolaire des Premières-Seigneuries avait, quant à elle, envoyé une «Trousse d’information générale» produite par le gouvernement aux directions de ses écoles. Elle avait aussi invité les parents et travailleurs à consulter le site Web du gouvernement : Quebec.ca/coronavirus.