«La priorité accordée par le gouvernement à la lutte au décrochage scolaire milite en faveur d'une intensification des actions en orientation scolaire et professionnelle», a écrit le sous-ministre de l'Éducation, Bernard Matte, dans une lettre transmise aux commissions scolaires et aux écoles privées.

Cours en orientation scolaire dès le primaire

Dès 2015, les élèves de cinquième et de sixième années du primaire auront droit à des cours en orientation scolaire et professionnelle afin de mieux les accompagner sur les bancs d'école et les aiguiller dans leur choix de carrière.
Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a fait connaître ses intentions dans une lettre transmise en juin dernier aux commissions scolaires et aux établissements d'enseignement privés. «La priorité accordée par le gouvernement à la lutte au décrochage scolaire milite en faveur d'une intensification des actions en orientation scolaire et professionnelle», écrit le sous-ministre, Bernard Matte.
Dans la missive obtenue par Le Soleil, M. Matte évoque les effets bénéfiques de l'orientation : persévérance scolaire, diplomation, accès à la formation professionnelle ainsi qu'adéquation entre les choix de carrière et les demandes du marché du travail.
Il explique que la ministre Marie Malavoy a ainsi décidé de rendre obligatoires, en septembre 2015, des apprentissages en orientation scolaire et professionnelle qui couvriront le troisième cycle du primaire - une première - et les deux cycles du secondaire. Il est question de 5 à 10 heures par année sans qu'une nouvelle matière soit créée. Et si les spécialistes de l'orientation seront mis à contribution pour la mise en oeuvre des apprentissages, ceux-ci ne reposeront pas sur leur seule contribution, précise le sous-ministre.
Des essais
Un comité composé d'une vingtaine de personnes, dont des représentants syndicaux, des intervenants du milieu scolaire et des fonctionnaires, a été mis sur pied. Ses membres se sont rencontrés pour la première fois vendredi dernier.
Des experts universitaires seront également mis à contribution afin de définir le contenu des cours, alors que des écoles qui se porteront volontaires pourront les tester avant leur implantation définitive. «L'expérimentation permettra de faire faire ces apprentissages aux élèves et de les préciser ou de les corriger avant que la ministre ne les rende obligatoires en 2015», précise la lettre.
Le milieu favorable
Le porte-parole de la ministre Marie Malavoy a tenu à souligner lundi que l'ajout de la formation en orientation au primaire et au secondaire est conditionnel au succès des essais. «Tout est encore sur la table», insiste Mathieu Le Blanc. Selon le calendrier du MELS, des expérimentations au premier cycle du secondaire devaient avoir lieu cet automne, tandis que celles prévues pour le deuxième cycle du secondaire et le troisième cycle du primaire doivent se tenir respectivement à l'automne 2014 et à l'hiver 2014. M. Le Blanc confirme cependant qu'aucun projet n'a encore vu le jour.
Le président de l'Association québécoise d'information scolaire et professionnelle (AQISEP), Gaston Leclerc, se réjouit de l'initiative de la ministre. Selon lui, depuis la disparition, avec la réforme, du cours Éducation au choix de carrière (ECC) au dernier cycle du secondaire, les spécialistes du milieu réclamaient une nouvelle formation en orientation.
Celui qui siège au comité consultatif pour sa mise en place précise par ailleurs qu'il n'est pas prévu que les élèves du primaire reçoivent une formation en orientation à proprement parler, mais qu'ils soient plutôt «sensibilisés» au monde scolaire, au marché du travail et à la «connaissance de soi».
Martin Rochette, le pdg et éditeur de Septembre éditeur qui a publié le Palmarès des carrières 2014, croit que l'ajout d'heures en orientation fera le plus grand bien aux jeunes qui se retrouvent souvent à choisir leur programme d'études collégiales à quelques semaines de la date limite d'inscription. Il souligne que le tiers des cégépiens changent d'idée en cours de route et que la moitié sont insatisfaits de leur choix.
Avec Gilbert Leduc