Des manifestations pour dénoncer les compressions dans les CPE ont eu lieu dimanche dans près d'une vingtaine d'endroits en province, dont à Montréal, où les gens se sont rassemblés à la place Émilie-Gamelin.

Coupes dans les CPE: unis pour faire reculer le gouvernement

Plusieurs milliers de personnes ont participé aux divers rassemblements dénonçant les compressions dans les services de garde subventionnés qui se sont déroulés dans près d'une vingtaine d'endroits au Québec, dont à Montréal, dimanche.
Chapeautées par l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), les manifestations étaient entre autres appuyées par diverses centrales syndicales et par le Parti québécois (PQ).
Ce vaste mouvement de solidarité vise à faire reculer le gouvernement provincial. Le président-directeur général de l'AQCPE, Louis Sénécal, a soutenu que les compressions menacent entre 2000 et 2500 emplois, dont 900 dans la seule région métropolitaine.
M. Sénécal a mentionné que Québec a fait un choix politique qui ne tient plus la route étant donné que les finances publiques ont pris du mieux.
Il a souligné, d'autre part, que les nouveaux tarifs modulés selon les revenus permettront d'aller chercher 170 millions $ de plus auprès des parents.
Louis Sénécal a précisé que d'autres moyens de pression sont prévus par son organisation à compter du mois prochain, dont la fermeture d'établissements pendant quelques heures et même durant des journées complètes.
Des représentants de l'AQCPE ont rencontré le nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx, jeudi. M. Sénécal a indiqué avoir observé une certaine ouverture à la négociation de sa part, et ce, même si le politicien a réitéré l'objectif de réduction de financement de 120 millions $ de son gouvernement.
«C'était une rencontre cordiale, mais si le patron [Philippe Couillard] garde la même position en fin de compte et c'est l'austérité, ça ne changera rien», a déclaré Louis Sénécal en marge du rassemblement tenu à Montréal.
«C'est vraiment le temps pour le premier ministre de passer du discours aux actes et de faire une démonstration claire que la priorité va aux jeunes enfants du Québec», a-t-il ajouté.
Il s'est dit confiant de voir M. Couillard «écouter le signal et le cri du coeur lancés par la population» dimanche.
De son côté, le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Daniel Boyer, a laissé entendre qu'il fallait coûte que coûte que le chef du gouvernement québécois change son fusil d'épaule pour empêcher la poursuite de la détérioration du réseau des centres de la petite enfance (CPE).
«Il y a une vingtaine d'années, on s'est doté d'un joyau qui fait l'envie de tout le monde sur le continent. On est en train de démanteler ce réseau-là. Il y a quelque chose qui ne tient pas debout», a-t-il martelé.
Son homologue de la Confédération des syndicats nationaux, Jacques Létourneau, a affirmé qu'étant donné que les CPE «ne roulent vraiment pas sur l'or», les acteurs évoluant au sein du réseau ressentent de plus en plus d'essoufflement et de difficultés à maintenir «les services à flot».
PKP invite à faire marche arrière
Quant au chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, il a invité son principal adversaire à l'Assemblée nationale à faire marche arrière.
À l'instar de M. Boyer, il a soutenu que Philippe Couillard était en train de procéder au «démantèlement» des centres de la petite enfance.
Aux yeux de M. Péladeau, il s'agit là d'une aberration puisque, selon ses dires, «ce réseau est une grande réussite» qui permet à bien des tout-petits de connaître «un meilleur départ» dans la vie.