On prévoit une hausse de la natalité dans les prochaines années : il faudra trouver une place pour 16 000 enfants de zéro à quatre ans de plus qu’aujourd’hui, d’ici 2023.

Confusion sur le nombre de places en garderie à créer d’ici 2022

Il est impossible de savoir combien de nouvelles places en garderie le gouvernement Legault va créer d’ici la fin du présent mandat, ni quel pourcentage des besoins sera comblé à ce moment, en 2022.

Il est tout aussi impossible de savoir comment le gouvernement va s’y prendre pour arrimer harmonieusement la croissance prévue du réseau de services de garde à la création annoncée de pas moins de 5000 classes de maternelles quatre ans sur tout le territoire.

Pendant ce temps, l’inquiétude croît dans le réseau, qui organise sa riposte.

13 500 nouvelles places

Les chiffres s’entrechoquent et la confusion s’installe, comme l’a admis mercredi le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, en annonçant la création de 13 500 places, mercredi.

«Je concède qu’on peut se mélanger à travers les chiffres. Il y en a beaucoup», a-t-il répliqué, en guise de réponses aux journalistes qui cherchaient à tracer un portrait d’ensemble des intentions du gouvernement envers les enfants de moins de cinq ans.

Il prévient d’emblée que toute spéculation sur l’état des lieux au terme du présent mandat serait pour le moins «hasardeuse» et «téméraire», compte tenu des bouleversements à venir avec la création des maternelles quatre ans, qui viendront gruger une part de la clientèle des garderies privées et Centres de la petite enfance (CPE), garderies privées, mais surtout des garderies en milieu familial.

L’important, a-t-il soutenu, consiste à améliorer l’offre de services de garde.

2500 nouvelles places

Il a donc annoncé la création de 2500 nouvelles places en garderies subventionnées, essentiellement pour les «poupons», donc les bébés d’au plus 18 mois.

De plus, il donne deux ans au réseau pour concrétiser des engagements du gouvernement précédent relativement à l’ajout de 11 000 places, jamais rendues disponibles jusqu’à maintenant.

Cet ajout ne viendra pas combler tous les besoins et le ministre était incapable de dire quel pourcentage serait atteint.

Chose certaine, actuellement, on compte 42 000 enfants sur les listes d’attente.

On prévoit aussi une hausse de la natalité dans les prochaines années : il faudra trouver une place pour 16 000 enfants de zéro à quatre ans de plus qu’aujourd’hui, d’ici 2023.

50 000 nouvelles places

En campagne électorale, François Legault avait affirmé que les maternelles quatre ans allaient libérer 50 000 places additionnelles en garderies.

Le ministre Lacombe n’a pas voulu réaffirmer cet engagement mercredi ni dire dans quelle mesure l’annonce du jour s’inscrivait dans cette promesse électorale. Par ailleurs, le ministre veut rendre disponibles 8000 places en milieu familial, même s’il s’agit du secteur qui sera le plus touché par les maternelles quatre ans, selon une étude d’impact gouvernementale. Des milliers d’emplois sont en jeu.

La porte-parole péquiste sur ces questions, la députée Véronique Hivon, a jugé que la conférence de presse du ministre, loin de clarifier la situation, avait de quoi rendre «dubitatif».

«Je pense que tout le monde va convenir que la confusion est encore plus grande et que les inquiétudes des partenaires sont assurément encore plus grandes», selon elle.