«La priorité accordée par le gouvernement à la lutte au décrochage scolaire milite en faveur d'une intensification des actions en orientation scolaire et professionnelle», a écrit le sous-ministre de l'Éducation, Bernard Matte, dans une lettre transmise aux commissions scolaires et aux écoles privées.

Commissions scolaires sceptiques à propos des fusions

Les commissions scolaires de la Chaudière-Appalaches, qui ont déjà étudié la possibilité de regrouper des services, voire de fusionner, peuvent témoigner au ministre des Finances que les économies ne sont pas acquises et encore moins immédiates.
Dans son budget présenté jeudi, le gouvernement Marois a dit souhaiter une réduction du nombre de commissions scolaires (CS). Il pense ainsi pouvoir dégager au moins 125 millions $ à réinvestir dans les services aux élèves.
Les commissions scolaires des Appalaches, de Beauce-Etchemin et de la Côte-du-Sud ont analysé divers scénarios de regroupement de services et de fusion volontaire en 2012. Leur voisine commune, la CS des Navigateurs, a toutefois refusé de participer à l'étude, créant un vide au centre.
Or, selon Normand Lessard, directeur général de la CS de la Beauce-Etchemin, «il faut vraiment l'effet de masse» pour tirer profit d'un regroupement. L'étude de 2012 a permis d'identifier quelques services qui pourraient être avantageusement partagés à trois, comme la perception des taxes et la paie, par exemple.
Mais la fusion pure et simple n'est pas apparue comme le remède miracle. Car il y a une facture associée à tout regroupement, dont l'harmonisation informatique qui coûte très cher.
Avant d'espérer le moindre retour, les trois partenaires de la Chaudière-Appalaches auraient dû dépenser au moins 5 millions $ et attendre cinq ans, détaille Alain Grenier, président de la CS de la Côte-du-Sud. «On brasse tout le monde pendant cinq ans et on n'a pas encore fait une cenne», résume-t-il.
Les deux hommes font également ressortir les difficultés d'unifier les services éducatifs. Chaque commission scolaire a développé au fil des ans un mode de fonctionnement unique en lien avec sa clientèle et son territoire. Qui déterminera lequel est le meilleur et devrait être implanté partout? «Il ne faut pas provoquer de choc de cultures», prévient M. Grenier.
D'autant qu'en région, les commissions scolaires participent à l'économie locale et à la vie communautaire, insiste Normand Lessard, selon qui «on est rendus à la limite pour être proche des gens».
Guilmont Pelletier, président de la CS du Fleuve-et-des-Lacs, dans le Bas-Saint-Laurent, a eu recours à une comparaison, hier, pour démontrer la difficulté d'atteindre l'objectif gouvernemental en région. Pour atteindre le seuil de 35 000 élèves calculé comme le plus efficient par Québec, il faudrait unir les quatre commissions scolaires du Bas-Saint-Laurent, celles de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. D'aussi vastes territoires seraient impossibles à gérer, selon M. Pelletier.
Déjà impliqué lors de la précédente vague de fusions de commissions scolaires à la fin des années 90, celui-ci estime qu'«il n'y a pas eu une cenne de sauvée là-dedans». Récidiver, «ça donnerait encore un petit coup aux régions», ajoute-t-il.