S'il est élu à la tête de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Alain Fortier promet de tendre la main aux directions d'école, aux parents et au ministre de l'Éducation.

Commissions scolaires: pour que cessent les «luttes de pouvoir»

«Je pense qu'on est beaucoup plus forts en gang que tout seuls.» C'est en proposant ce style de gestion qu'Alain Fortier souhaite prendre la tête de la Fédération des commissions scolaires du Québec. S'il est élu, il promet de tendre la main aux directions d'école, aux parents et au ministre de l'Éducation.
À 54 ans, ce pédagogue qui travaille comme superviseur de stages en enseignement à l'Université Laval est aussi président de la commission scolaire des Découvreurs, dans Sainte-Foy, depuis 2009. Papa d'une famille recomposée de six enfants, M. Fortier a commencé à s'impliquer dans les commissions scolaires lorsque son plus vieux est entré à la maternelle. «Aujourd'hui, il me semble que je suis rendu là, à m'impliquer au niveau des grands enjeux», explique-t-il en entrevue au Soleil.
Lorsque Josée Bouchard, la présidente de la Fédération depuis huit ans, a annoncé son départ en décembre, M. Fortier n'a pas mis de temps à informer ses collègues qu'il souhaitait lui succéder. Selon lui, il est temps que les commissions scolaires entrent dans une nouvelle dynamique. «Les luttes de pouvoir, j'ai absolument pas le goût de ça», lance-t-il. 
Parce que ces dernières années, les commissaires scolaires ont beaucoup lutté. D'abord pour leur survie. Leur utilité et leur légitimité ont été critiquées de toutes parts, si bien qu'en décembre 2015, l'ex-ministre de l'Éducation François Blais a déposé un projet de loi qui visait la disparition pure et simple des élections scolaires et des commissaires. Devant les embûches, le gouvernement libéral a laissé tomber cette avenue et a adopté un projet de loi qui a défini un nouveau partage des rôles, en faisant plus de place aux parents et aux directions d'école dans la prise de décisions. 
Cette «tempête» passée, M. Fortier croit que les commissaires scolaires doivent être ouverts. «On n'a pas le choix-là! Si on veut réussir, faut qu'on soit tous partie prenante de la même mission: la réussite du plus grand nombre d'élèves.»
Des liens à réparer
M. Fortier croit également à qu'il faut recoudre les liens unissant les commissions scolaires et le ministère de l'Éducation. «Notre ministre, c'est notre meilleur ami. C'est pas notre pire ennemi!» M. Fortier dit déjà «bien s'entendre» avec le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx, qui habite la même circonscription que lui et avec qui il a collaboré pour gérer la crise découlant de l'attentat de la Mosquée de Québec, en janvier. 
Le candidat croit que les commissions scolaires auront aussi à renouer avec la population en général, en communiquant mieux leurs enjeux, leurs décisions et en favorisant une école de quartier ouverte sur sa communauté. «L'éducation, c'est d'intérêt public. C'est pas juste pour le citoyen qui a des enfants d'âge scolaire. Faut que tout le monde morde à ça.» 
Comme tous ses collègues, M. Fortier souhaite rehausser l'intérêt et la participation aux élections scolaires, qui auront lieu partout au Québec en novembre 2018. 
Quatre candidats
En plus de M. Fortier, trois autres candidats sont sur les rangs pour prendre les rennes de la Fédération des commissions scolaires du Québec. Il s'agit de Miville Boudreault, de Montréal, de Richard Flibotte, de Saint-Hyacinthe, et d'Hélène Roberge, de la Montérégie. Le nouveau dirigeant de la Fédération sera élu en assemblée générale le 3 juin prochain.