À 20 élèves, l'école de Saint-Irénée est la plus petite de la commission scolaire de Charlevoix. C'est aussi celle dont les élèves affichent le meilleur taux de réussite.

Commission scolaire de Charlevoix: livres ouverts pour le prochain gouvernement

La «petite» commission scolaire de Charlevoix (CSC) est prête à jouer les cobayes pour la cause des commissions scolaires et à ouvrir ses livres au prochain parti au pouvoir.
«Nous sommes intéressés à nous faire expertiser, à démontrer notre gouvernance et comment le financement du gouvernement n'est pas modulé par rapport aux petites commissions scolaires dont nous sommes. Nos gestionnaires adhèrent à cette invitation et les commissaires ont pris une résolution afin que nous soyons expertisés», précise le président de la CSC, Pierre Girard.
La commission scolaire de Charlevoix compte 3000 élèves et est la sixième plus petite de la province. Elle a deux écoles secondaires qui regroupent moins de 1000 élèves chacune et 15 écoles primaires de moins de 300 élèves. En fait, cinq de ses «petites écoles» comptent plus de 91 élèves, 7 en ont entre 41 et 90 alors que 3 en rassemblent moins de 40. Bordée à l'est par la Côte-Nord, au nord par le Saguenay et à l'ouest par les Premières-Seigneuries, elle craint un mariage forcé mal assorti. «Comment une commission scolaire qui a des écoles de 2000 élèves pourrait justifier le maintien d'une petite école de 20 élèves à Saint-Irénée, même si ces élèves sont les plus performants?» questionnait plus tôt ce mois-ci M. Girard.
Le gouvernement péquiste avait comme projet, avant les élections, de confier à un comité d'experts la question d'étudier le financement, l'administration, la gestion et la gouvernance des commissions scolaires. Ce comité devait notamment impliquer cinq ou six commissions scolaires témoins dans son processus. «Nous voulons faire partie de ce groupe. Normalement, les commissions scolaires n'aiment pas ce genre d'exercice, mais nous, on veut faire partie prenante, avec nos particularités propres à Charlevoix et avec nos résultats, dont nous sommes particulièrement fiers», mentionne M. Girard.
Coût par élève variable
Selon la méthode de calcul du gouvernement du Québec, un élève coûte 10 281 $ dans Charlevoix, soit 22 % de plus que la moyenne du réseau qui est de 8400 $. Pour les autres territoires de moins de 5000 élèves, le coût par élève est quant à lui de 10 776 $, soit 28 % de plus que la moyenne québécoise.
«Le groupe d'experts pourra donner une réflexion juste et équitable sur la réalité des petites commissions scolaires en région. On pense que si les experts viennent ici, ils constateront qu'il y a plutôt lieu de moduler l'aide financière. Nous avons de la difficulté avec les programmes et à nous maintenir comme organisation autonome avec le financement adéquat. Pourtant, chaque étudiant a droit à des services équivalents peu importe où il se trouve au Québec», soutient M. Girard qui est confiant que son organisation sortira gagnante du processus, d'autant plus qu'elle a déjà participé à un processus de fusion en 1998.