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La ministre de l'Éducation supérieure Danielle McCann
La ministre de l'Éducation supérieure Danielle McCann

Cégeps et universités: réouverture graduelle en gestion locale [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Les cégeps et universités du Québec pourront rouvrir leurs portes à compter de lundi. Mais en zones rouges, donc pour 90 % du Québec, le nombre d’étudiants dans une classe sera limité à la moitié et les groupes d’étude à six. Le masque chirurgical devient aussi obligatoire.

Mais tout cela se fera «de façon graduelle», principal message que voulait faire entendre la ministre québécoise de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, lors de son point de presse de jeudi après-midi.

«On n’annonce pas un retour à la normale. C’est un premier pas. Il faut que les étudiants réalisent que ce sera très graduel», a insisté la ministre McCann.

«Certains établissements seront prêts à rouvrir le 8 février, mais pour d’autres, ça va prendre davantage de temps. Mais on s’attend à ce que tous les établissements d’enseignement supérieur du Québec arrivent à offrir à chaque étudiant plusieurs présences pendant le mois et au moins une fois semaine», affirme-t-elle.

Voilà la règle de base : au moins une présence en classe par semaine pour chaque étudiant.

Sauf que le tout se fera en réalité sur une base purement volontaire. De la part des étudiants qui, par habitude, par crainte ou par éloignement, décideront de continuer à suivre leurs cours à distance. Ce sera possible.

Mais aussi de la part des directions d’établissements et des professeurs. La ministre McCann leur remet entre les mains toute la gestion de qui ira en classe quand.

«Les professeurs, ce sont eux qui peuvent donner l’heure juste. Cette gestion-là doit se faire localement, c’est la meilleure façon», croit Mme McCann.

Attention aux premières années

Elle souligne quand même sa préoccupation particulière pour les élèves de première année de cégep, qui n’ont toujours pas fréquenté leur établissement en personne ni eu «une session normale», fait remarquer la ministre.

Les étudiants avec un handicap, ceux qui ont une mauvaise connexion internet à domicile et ceux qui sont mal installés pour étudier à la maison devraient aussi être privilégiés, a ajouté la ministre.


« On n’annonce pas un retour à la normale. C’est un premier pas. Il faut que les étudiants réalisent que ce sera très graduel. »
Danielle McCann, ministre de l'Éducation supérieure

Pas besoin de forcer les établissements à rouvrir, assure Mme McCann. Tout le monde, directions, profs et étudiants sont très contents de ce retour, confirme-t-elle.

«Les établissements sont autonomes. Mais ils sont aussi très préoccupés par la réussite et la santé mentale de leurs étudiants. On s’attend à ce que tout soit fait de leur côté pour rendre le retour possible. Pour certains, ce sera plus difficile à cause de l’espace et l’architecture. Va falloir être créatifs et trouver des solutions innovantes dans ce sens», a déclaré la ministre McCann.

Quant aux professeurs, à moins d’une exemption due à l’âge ou à une maladie chronique, la ministre dit s’attendre à les voir en classe.

Moins de restrictions en zones orange

Comme c’est déjà le cas dans les écoles secondaires, le masque chirurgical à trois plis ou «de procédure» devient obligatoire partout dans les cégeps et universités. Exception faite pour manger ou chanter.

Comme dans les écoles secondaires, ces masques seront fournis par le gouvernement aux établissements pour protéger leurs étudiants et leurs professeurs.

La distanciation entre les personnes s’avère bien sûr obligatoire, soit à 1,5 m quand l’on est assis en classe et à 2 m autrement.

La circulation à l’entrée et à la sortie des locaux devra aussi être surveillée pour éviter les attroupements.

Avec le retour de six régions du Québec lundi en zones orange, précisons que les cégeps et universités du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord, de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec bénéficieront davantage de latitude.

Les règles reviendront aux mesures appliquées lors de la session d’automne, sans maximum de présence en classe si la distanciation est respectée. Par contre, on ajoute l’obligation du port du masque chirurgical là aussi, en tout temps ou presque.

Tests rapides au besoin

Plus tôt dans la journée, les partis d’opposition avaient déjà établi leurs attentes pour cette annonce.

La cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, se questionnait sur «les mesures additionnelles que l’on met en place pour limiter la propagation du virus». Elle pense aux tests rapides.

Moyen qui pourrait être privilégié en cas d’éclosion. «Mais on privilégie les tests traditionnels PCR plus précis et où l’on peut avoir les résultats en 24 heures», a répondu le conseiller stratégique à la direction nationale de la santé publique, Dr Richard Massé, qui accompagnait la ministre McCann à son point de presse.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, se demande comment s’effectuera l’application de tout cela. «C’est toujours la même chose avec le gouvernement actuel : entre l’annonce puis la mise en œuvre, qu’est-ce qui va se passer?»

De son côté, Québec solidaire demande de faire confiance aux jeunes. «Comme père de quatre enfants, dont le plus vieux est au cégep, je peux dire que ce sera un soulagement pour eux de retourner voir leurs professeurs et leurs amis», a commenté Vincent Marissal, député solidaire

«Nous devons leur faire confiance! Ils sont responsables. Ils sont dans le même bateau que nous depuis un an et ils ne feront pas la fête ou quelque chose du genre. C’est une bonne décision et ç’aurait dû être fait avant», croit M. Marissal.