Hélène Nazon, professeure en littérature au Collège François-Xavier-Garneau, se dit «fière» de ses étudiants qui, en pleine fin de session, se démènent pour organiser des actions militantes et y prendre part, comme ces deux sit-in tenus dans des banques la semaine dernière.

Cégep Garneau: hausse de la facture étudiante de 47 %

Les compressions dans le réseau collégial ont un impact très concret sur la facture des étudiants du Cégep Garneau, à Québec, où les frais afférents augmenteront de 47 % à l'automne 2015.
Ces frais, qui servent à couvrir différents services administratifs, passeront de 75 $ à 110 $. Par ailleurs, le coût maximum pour une activité culturelle ou sportive, fixé à 100 $, sera désormais de 150 $ alors que celui pour s'inscrire à une équipe sportive passe de 500 $ à 700 $. La facture pour une modification d'horaire double s'établissant à 40 $.
À la Direction des communications du Cégep, on explique que ces coûts n'avaient pas été augmentés depuis près de dix ans et qu'ils correspondent à ce qui est exigé dans les autres collèges de la région.
Par ailleurs, la directrice générale Denise Trudeau a expliqué en marge d'un point de presse jeudi que cette décision n'a pas été prise de gaieté de coeur. «Ce n'est pas une réponse agréable à donner, mais on a besoin d'aller chercher d'autres sources de revenus», a-t-elle indiqué.
Ces hausses ont été décrétées en septembre, alors que le gouvernement Couillard avait imposé des compressions de 22 millions $ dans le réseau collégial. Cette semaine, une coupe de 19 millions $ additionnels a été annoncée, ce qui a été vivement dénoncé par les directeurs généraux des 48 cégeps de la province.
Au Cégep Garneau, il est encore trop tôt pour dire si ces compressions supplémentaires se traduiront par des hausses de tarifs encore plus importantes l'an prochain. «Le conseil d'administration va regarder les orientations à prendre pour l'avenir. Maintenant, nous touchons à l'os. Nous n'avons plus de marge de manoeuvre», a affirmé Mme Trudeau.
De son côté, l'association étudiante dénonce haut et fort ces augmentations. «Ça touche directement les étudiants qui sont précaires», affirme la responsable aux finances, Élyse Gendron-Carpentier.
Cette dernière considère que ces hausses pourraient empêcher certains étudiants de participer à des activités sportives ou culturelles qui permettent de «se rattacher à l'école», ce qui pourrait pousser certains jeunes à décrocher.
Les étudiants déplorent par ailleurs que l'augmentation de leur facture n'ait pas fait l'objet de négociations avec la direction.