«C'est comme si l'enfer était l'école publique et le ciel, l'école privée» - Maurice Tardif, chercheur au Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante

Budget Marceau: les commissions scolaires passent au tordeur

S'il ne souhaite pas abolir les commissions scolaires, le gouvernement du Parti québécois veut néanmoins réduire leur nombre. Au terme de l'exercice, l'État entend récupérer 125 millions $, qu'il assure vouloir réinvestir dans les services aux élèves.
«On n'annonce pas la disparition [de commissions scolaires], on annonce leur regroupement, ce qui est deux choses distinctes», a martelé le ministre des Finances, Nicolas Marceau, lorsque questionné à savoir si cela signifiait la fin pour les commissions scolaires en région.
Québec dit avoir observé des «disparités importantes» dans les coûts par élève dans les commissions scolaires, notamment en fonction de leur taille. Par exemple, un élève d'une commission scolaire qui en compte moins que 5000 coûte 10 776 $ à l'État, tandis qu'il déboursera 7659 $ pour son camarade qui étudie dans une commission scolaire de plus de 35 000 enfants.
M. Marceau a précisé que les différences géographiques et sociales des régions seront prises en compte lors de l'exercice de restructuration qui permettra de récupérer 125 millions $, une somme «conservatrice» selon lui, puisque les économies réelles estimées seraient plus importantes.
Vision «comptable»
La Fédération des commissions scolaires du Québec remet sérieusement en doute ce calcul, affirmant que la dernière fois que le gouvernement avait rétréci le réseau, cela s'était soldé en une augmentation des coûts. La présidente, Josée Bouchard, déplore par ailleurs le «débat de structures» et la vision «comptable» de l'État.
Nicolas Marceau a par ailleurs tenu à rappeler que le gouvernement souhaitait également procéder à un meilleur encadrement du pouvoir de taxation des commissions scolaires. Cette mesure sera mieux définie à la lumière du rapport du groupe d'experts sur le financement, l'administration, la gestion et la gouvernance des commissions scolaires mis sur pied cet automne. Il a également affirmé que les commissions scolaires pourraient rembourser plus que les 100 millions $ déjà prévus pour les prochains exercices financiers.
La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, a de son côté rejeté l'idée selon laquelle son parti cherchait, avec ce budget, à courtiser les électeurs de la Coalition avenir Québec, qui prône l'abolition des taxes et des commissions scolaires. «L'opposition est tellement radicale que non, on ne peut pas dire qu'on est sur leur terrain», a-t-elle affirmé.
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Universités : possible hausse... pour les étudiants étrangers
Les étudiants universitaires provenant de l'extérieur du Québec pourraient voir leur facture de droits de scolarité augmenter, une mesure qui vise à renflouer les coffres des universités à hauteur de 60 millions $. Le gouvernement du Parti québécois a plus précisément dans la mire les étudiants qui bénéficient de subventions lorsqu'ils s'inscrivent dans une institution de la province. C'est notamment le cas des Français, qui payent le même tarif que leurs cousins québécois ou encore, des étudiants canadiens qui déboursent la moitié de ce qu'il en coûte à l'État pour les former. Selon le gouvernement, 20 % de ces derniers bénéficient de tarifs avantageux contre 49 % des étudiants provenant de l'extérieur de la frontière canadienne. Dans l'ensemble, ce financement représente annuellement 318 millions $, évalue Québec. «On s'est rendu compte qu'on était très généreux, plus généreux qu'ailleurs», a commenté le ministre des Finances, Nicolas Marceau. «On veut continuer à offrir un accès mais tout en allant chercher plus d'argent pour nos universités», a-t-il ajouté. Environ 30 000 étudiants de l'extérieur du Québec fréquentent ses universités et près du tiers d'entre eux proviennent de l'Hexagone.