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BUDGET 2021 | Éducation: des sommes pour «assurer la réussite»

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
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Devant un fardeau financier supplémentaire pour les étudiants ainsi que le manque de ressources en mode virtuel, le gouvernement versera 100 $ par session pour chaque étudiant temps plein du niveau collégial et universitaire. 

Le ministre des Finances le répète, ce budget est basé sur la santé, l’éducation et l’économie, les trois axes principaux. 

«Nous allons soutenir la persévérance et la réussite des jeunes. Nous allons aider les élèves, les étudiants et l’ensemble des jeunes à passer à travers la crise. En même temps, nous mobilisons de nouveaux moyens pour offrir aux Québécois un système d’éducation et d’enseignement supérieur plus équitable, plus performant et mieux orienté vers les défis du futur», a déclaré Éric Girard en guise d’introduction. 

Le gouvernement veut surtout assurer la réussite scolaire des jeunes malgré un cheminement chamboulé. Plusieurs investissements additionnels sont donc prévus à cet effet. 

D’ici l’année 2025-2026, le gouvernement consacrera près de 1,5 milliard de dollars à la persévérance et à la réussite des jeunes, pour tous les niveaux d’éducation.

Toutefois, devant les investissements en éducation, la porte-parole Manon Massé remarque que les jeunes ont été «encore un fois largués» par la CAQ. 

«Ce que nos jeunes ont besoin ce n’est pas de 200 $ dans leurs poches, c’est d’être assurés qu’on prend nos responsabilités comme société pour s’assurer que ces jeunes-là vont être capable d’avoir une justice fiscale, une justice environnementale. Ce n’est pas un chèque qui va régler le problème», soutient-elle.

Les sous investis du côté de l’enseignement supérieur concernent majoritairement une aide financière aux étudiants ainsi qu’un plan pour favoriser la diplomation. 

«C’est un gadget, on dirait que ce gouvernement-là s’est tellement fait dire qu’il a abandonné les jeunes, surtout ceux au cégep, qu’il se dit en panique : on va envoyer un chèque de 100 $», ajoute le député solidaire Vincent Marissal. 

«J’en ai une fille au cégep, et elle a besoin de retourner à l’école, d’avoir des profs qualifiés, du personnel de soutien qui sera bien traité. Et ces jeunes-là ont besoin aussi d’un programme de soutien en santé mentale. Je ne sais pas d’où vient cette idée, mais je ne comprends pas le but de ça.»

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR 

Niveau collégial et universitaire oublié depuis un an?

Le gouvernement prévoit 669 M$ d’ici 2025-2026 pour ajouter des ressources considérables à l’enseignement supérieur.

La dernière année est venue avec son lot de défi pour les étudiants. La majorité a vu son quotidien scolaire devenir 100% virtuel. La situation a alourdi leur fardeau financier, remettant en cause l’accessibilité de l’enseignement et fragilisant parfois leur santé mentale, reconnaît le gouvernement.

Chaque étudiant à temps plein de niveau collégial ou universitaire recevra un montant forfaitaire de 100 $ par session pour l’automne 2020 et l’hiver 2021. Le ministre Girard élimine aussi pour un an des intérêts sur les prêts étudiants, soit du 1er avril 2021 au 31 mars 2022, afin de diminuer l’endettement des étudiants.

Ces deux mesures représentent un investissement de 155 M$ pour la prochaine année.

La ministre de l’Enseignement supérieur déposera également un plan d’action de 150 M$ pour la réussite. Le plan misera notamment sur le développement de pratiques adaptées aux besoins des étudiants, sur la diversification des programmes offerts et sur le développement des connaissances. L’objectif ultime est de favoriser la diplomation.

PRIMAIRE ET SECONDAIRE

404 M$ pour la réussite scolaire

Le gouvernement se lance dans le colossal défi de valoriser la profession d’enseignant, il s’engage aussi à davantage accompagner les étudiants en enseignement.

Le budget 2021 consacre 404 millions de dollars au cours des cinq prochaines années à la réussite scolaire, afin de «moderniser le réseau, de le mobiliser et d’encourager les innovations».

De cette enveloppe, 93 M$ seront alloués à l’ajout de nouvelles classes spécialisées pour les élèves doués ou en difficulté, ainsi que 80 M$ sur deux ans afin d’améliorer l’état général des bâtiments dans les écoles.

Des sommes seront aussi réservées pour embaucher des techniciens en éducation spécialisée afin d’améliorer les services de garde en milieu scolaire.

170 M$ pour le rattrapage

Ces sous versés sur deux ans serviront à fournir un accompagnement supplémentaire aux élèves du primaire et du secondaire afin qu’ils rattrapent le retard accumulé dans la dernière année. Diverses activités d’aide aux devoirs ou de cours de rattrapage ont été annulées dans le souci de respecter les règles sanitaires, notamment.

Des agents de liaison seront engagés afin de faciliter la communication entre les familles et les écoles.

«Ce qui est malheureux dans les chiffres avancés par le gouvernement, c’est qu’on ne sait pas combien d’élèves on va aider avec ça. […] Un élément reste très vague à savoir si on va être en mesure de combler tous les besoins», a commenté le député libéral André Fortin.

Le ministre des Finances a avancé que 20 à 25% des élèves se trouvaient en situation d’échec après la dernière année.

Et le sport? 

Le gouvernement s’est valu la grogne des étudiants et élèves sportifs à multiples reprises. Les membres des différentes équipes sportives et leurs alliés se sont d’ailleurs retrouvés devant l’Assemblée nationale au début du mois de mars pour exiger la reprise du sport, qui se voulait trop tardive selon eux.

Le sport et les loisirs représentent un gros morceau du parcours scolaire pour plusieurs jeunes. Les activités favorisent l’apprentissage et limitent le taux de décrochage. Le manque de socialisation et d’occasions de dépenser de l’énergie a laissé aussi un grand poids sur la santé mentale des étudiants.

Devant ce discours, le gouvernement entend apporter un appui supplémentaire à la promotion du loisir et du sport. D’ici 2026, le gouvernement consacrera 113 M$ à l’encouragement d’une pratique régulière d’activités physiques, sportives et récréatives.

Ces sommes permettront d’investir dans les infrastructures sportives scolaires, et ainsi d’aménager des parcs, des sentiers et des patinoires extérieures.