Bientôt un ordre des orthopédagogues

Si rien n'est joué pour les enseignants, les orthopédagogues du Québec devraient être régis par un ordre professionnel d'ici quelques années.
«Je pense que dans notre travail auprès les élèves en difficulté, on ne peut pas dire : ''Je choisis ce qui me tente ou je me mets à jour si ça me tente''», lance Isabelle Gadbois, présidente de l'Association des orthopédagogues du Québec.
Mme Gadbois dit avoir été témoin de plusieurs préjudices commis envers les élèves, par des gens qui s'affichent comme orthopédagogues, mais qui ne le sont pas, notamment en pratique privée. Faux diagnostics, méthodes d'apprentissage non prouvées scientifiquement : les exemples sont nombreux. «Je pense qu'il est temps qu'on fasse le ménage.»
Isabelle Gadbois, présidente de l'Association professionnelle des orthopédagogues du Québec
C'est pourquoi l'association a commencé il y a quelques années à rédiger une demande formelle à l'Office des professions pour la création d'un ordre professionnel. La Politique sur la réussite éducative, publiée en juin dernier, prévoit également la création de cet ordre. «Le ministre [de l'Éducation Sébastien Proulx] a été clair sur le fait qu'on s'en va dans cette direction-là, et on était très contents. En ce moment, on s'assure d'arrimer les choses et d'aller dans le même sens», explique Mme Gadbois. 
Deux scénarios viables
L'Association des ortho­pédagogues, les différentes universités et le cabinet du ministre Proulx sont en communication afin de définir la profession d'orthopédagogue et de déterminer les compétences nécessaires pour l'exercer. À l'heure actuelle, les orthopédagogues ont, comme les enseignants, une formation universitaire de quatre ans. Ils ont toutefois une spécialité en adaptation scolaire, ce qui est les rend aptes à travailler avec les élèves en difficulté. Mme Gadbois raconte qu'à long terme, l'objectif est de faire en sorte que les orthopédagogues soient encore mieux formés et aient tous une maîtrise universitaire en poche, soit un an de plus d'études.
Mme Gadbois ne souhaite pas prendre position pour ou contre un ordre des enseignants. Elle croit que les orthopédagogues continueront à travailler en collaboration avec les enseignants, qu'un ordre soit créé ou pas pour eux. «Les deux scénarios sont possibles, les deux scénarios sont viables.»
L'Association des orthopédagogues du Québec évalue à environ 4000 le nombre de personnes qui exercent cette profession au Québec à l'heure actuelle, alors qu'il y a plus de 100 000 enseignants dans le réseau d'éducation primaire et secondaire.