Le directeur aux affaires juridiques de la Fondation 1625, Miguaël Bergeron, ne digère pas que la direction de l'Université Laval ait «choisi de ne pas garantir l'accès aux salles de cours».

Accès au cours pendant la grève: la Fondation 1625 s'attaque à l'Université Laval

La Fondation 1625 s'attaquera à la direction de l'Université Laval au cours des prochains jours en déposant une requête en mandamus afin de forcer l'institution à dispenser les cours dans les 16 départements où les associations étudiantes ont opté pour un vote de grève.
«Au lieu d'y aller d'une injonction pour empêcher les associations étudiantes de bloquer l'accès aux cours par des piquets de grève, le mandamus nous permet de nous adresser à l'Université Laval pour la forcer à mener les cours normalement pour ceux qui souhaitent y assister», expliquait lundi l'avocat lavallois Jean-François Nadeau, qui représente la Fondation 1625 dans ce dossier.
Comme il s'agit d'une mesure extraordinaire, la requête devrait être prête au cours des prochains jours et déposée cette semaine pour être plaidée rapidement. «Il y a des précédents : une telle requête a été accordée en 2012 au Cégep de Sherbrooke et à d'autres endroits également», soutient l'avocat.
Inacceptable
Présentement, 16 associations étudiantes de l'Université Laval sont en grève depuis une semaine, représentant plus de 3000 étudiants. Lundi dernier, l'Université Laval avait même délégué son service de sécurité afin de faire quitter les classes aux élèves des départements visés par des votes de grève.
Pour l'étudiant Jean-François Morasse, associé de la Fondation 1625, une telle façon de faire est inacceptable. «C'est l'Université qui a envoyé ses agents de sécurité pour bloquer les cours. C'est contraire à son mandat qui est plutôt d'enseigner», a-t-il déclaré en entrevue avec Le Soleil.
La Fondation 1625 considère que les grèves décrétées par les étudiants sont illégales et souhaiterait plutôt que les agents de sécurité empêchent les grévistes de bloquer l'accès aux cours et que le gouvernement du Québec légifère pour interdire cette pratique.
«Nous voulons éviter que des gens perdent leur session, car le ministre François Blais a déclaré la semaine dernière que le gouvernement ne paierait pas pour la reprise des cours si la grève s'éternisait. Nous doutons fortement que ce soit réaliste de ne pas reprendre les cours, mais comme c'est le gouvernement au pouvoir, nous ne voulons pas prendre de chance», indique M. Morasse.
Injonctions
Celui-ci indique que plusieurs étudiants auraient téléchargé le modèle de demande d'injonction que la Fondation rendu disponible en ligne. «Malheureusement, plusieurs sont dépassés par l'ampleur du travail que ça demande. Et c'est normal : ce n'est pas le job d'un étudiant de faire ça, ce devrait être le job de l'administration de l'Université.»
La Fondation 1625 soutient également 14 étudiants de l'Université de Sherbrooke qui, eux, se sont présentés devant les tribunaux lundi afin de déposer une demande d'injonction pour avoir accès à leurs cours.
La demande vise à la fois l'Université et l'Association générale des étudiants de la Faculté de lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke (AGEFLESH). Les 2000 membres de cette association sont en grève depuis une semaine et jusqu'au 7 avril, où un nouveau vote sera tenu.