Au Québec, ce sont plus d'un million d'adultes qui sont aux prises avec des difficultés de lecture ou d'écriture au quotidien, à plusieurs degrés.

5 jours pour l'alphabétisation populaire au Québec

Le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ) lance la 3e édition de la Semaine de l'alphabétisation populaire, du 2 au 6 avril prochain. L'événement se veut d'abord l'opportunité de découvrir les organismes dans le domaine ainsi que leurs pratiques, à l'échelle de la province.

Les membres du RGPAQ affirment avoir développé, depuis près de 40 ans, «une approche unique» pour faire de l'apprentissage de l'écrit un outil de prise de parole et de pouvoir sur sa propre vie. 

«[Notre réseau] offre une réponse alternative aux adultes peu alphabétisés qui désirent renouer avec l’écrit, améliorer leurs conditions de vie et celles de leur famille ainsi qu’exercer leurs droits», explique d'emblée l'institution. 

Au Québec, ce sont plus d'un million d'adultes qui sont aux prises avec des difficultés de lecture ou d'écriture au quotidien, à plusieurs degrés. Faire des démarches d’alphabétisation n’est possible que dans un cadre strictement non-formel, pour la plupart, affirme le RGPAQ, dont l'approche est orientée en cette optique. 

Depuis 2002, le gouvernement québécois reconnaît la contribution des organismes en alphabétisation populaire dans son Plan d'action en matière d'éducation des adultes et de formation continue. Mais il faudrait encore renforcer ce soutien, plaide l'organisme.

«Nous souhaitons que la future stratégie d’alphabétisation annoncée dans la Politique de la réussite éducative renforce cette reconnaissance et réaffirme le rôle et la mission des groupes populaires d’alphabétisation en tant que lieu de formation pour les adultes peu alphabétisés qui, pour toutes sortes de raisons, font le choix d’apprendre dans un contexte non scolaire», avance le coordonateur du groupe, Christian Pelletier.

Un avenir incertain?

Malgré des bonifications récemment octroyées au financement des groupes comme le RGPAQ, le futur demeure relativement incertain, plaide le responsable. 

Quand le ministère de l'Éducation a confirmé, en novembre dernier, qu'il soutenait les organismes d'alphabétisation via le Programme d'action communautaire sur le terrain de l'éducation (le PACTE) par une subvention bonifiée sur cinq ans, Christian Pelletier a sauté de joie. «Après une décennie d’attente, l’investissement supplémentaire [...] a été reçu comme une bouffée d’air frais», dit-il.

Or, malgré cette excellente nouvelle, poursuit-il, son groupe et d'autres organismes dans le domaine s'inquiètent de la pérennité du financement gouvernemental pour l'avenir.

«Nous avons appris que la convention d’aide financière, qui se termine en 2022, pourrait faire l’objet de modifications dès l’été 2019 à la suite de la révision du cadre normatif du PACTE», soulève Pelletier en sens. 

Comme la nature de ces modifications n’a pas encore été révélée, ni n’a pas fait l’objet de débats concrets entre les parties, des questions demeurent. «Disons que nous sommes impatients d’entamer les discussions avec le ministère, afin que toutes modifications se fassent dans le respect, la reconnaissance et la spécificité des organismes», ajoute-t-il. 

Le travail doit donc se poursuivre, à ses dires, pour s'assurer que les gains qu'a faits le RGPAQ dans les derniers mois ne soient pas perdus. «Il serait déplorable que les organismes se retrouvent une fois de plus dans une situation précaire ne leur permettant pas de réaliser adéquatement leur mission», conclut le président.