«Un des secteurs les plus névralgiques, c’est celui des technologies de l’information. […] On va venir combler un besoin qui est important parce que l’écart va continuer de s’accroître. [42 Québec] répond à un besoin concret du marché du travail», affirme Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
«Un des secteurs les plus névralgiques, c’est celui des technologies de l’information. […] On va venir combler un besoin qui est important parce que l’écart va continuer de s’accroître. [42 Québec] répond à un besoin concret du marché du travail», affirme Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

42 Québec: une nouvelle formation numérique de haut niveau à Québec

À toute heure du jour, installés derrière leur écran d’ordinateur, 200 passionnés de programmation et de web investiront, dès janvier 2021, un bâtiment du centre-ville pour suivre la nouvelle formation 42 Québec strictement dédiée aux technologies de l’information.

Un projet «un peu fou», «hors-norme», «synonyme d’innovation», voilà comment Carl-Frédéric De Celles, président de l’organisme à but non lucratif Québec numérique, qualifie sa nouvelle formation technologique. Le programme sans enseignant, «basé sur l’apprentissage par projets et par les pairs», offrira à 200 étudiants de suivre une formation en informatique gratuite, sans prérequis de diplôme nécessaire.

Les locaux de l’école, installée au coin de Dorchester et de St-Vallier Est, seront ouverts 24h/24 et 7 jours/7 et permettront aux étudiants d’apprendre à leur rythme. Les cours magistraux et les horaires définis sont bannis du projet 42 Québec.

Inspiré des jeux vidéo, le programme de 42 Québec est composé de différents niveaux. Pour les franchir, les étudiants devront monter des projets concrets pour «récolter des points». Ceux-ci permettront aux élèves de progresser dans la formation qui s’échelonne, en moyenne, sur une durée de trois ans.

Le gouvernement du Québec, en collaboration avec la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), octroie un financement de 5 millions de dollars sur cinq ans à Québec numérique afin de mettre sur pied la formation. Ce financement est conditionnel à la mise en place d’un observatoire du projet afin «d’évaluer ses retombées réelles dans la réalité québécoise et d’évaluer la possibilité pour les étudiants d’obtenir une reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) avec des établissements d’enseignement postsecondaire reconnus», selon le gouvernement. La nouvelle formation n’est, à ce jour, pas encore reconnue par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Aucun diplôme officiel ne sera donc fourni, pour l’instant, aux étudiants finissants.

La Ville de Québec, partenaire du projet, investira quant à elle 3 millions de dollars sur cinq ans afin de soutenir cette nouvelle école du numérique qui prendra place en plein cœur du quartier Saint-Roch. Au total, avec le financement des divers partenaires, le projet de Québec numérique recevra 11,8 millions de dollars sur cinq ans.

Pour le gouvernement et la Ville, 42 Québec répond à la pénurie de main d’œuvre qui sévit actuellement dans l’industrie des technologies de l’information. Selon Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, plus de 4000 postes se retrouvent vacants chaque année dans l’industrie alors que seulement un peu plus de 2000 étudiants entrent sur le marché du travail.

«Un des secteurs les plus névralgiques, c’est celui des technologies de l’information. […] On va venir combler un besoin qui est important parce que l’écart va continuer de s’accroître. [42 Québec] répond à un besoin concret du marché du travail», affirme Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Des entreprises du secteur, bien implantées à Québec, ont d’ailleurs déjà approuvé le projet et se sont dit prêtes à embaucher les étudiants formés chez 42 Québec. Parmi celles-ci, on retrouve notamment Beenox, NovAxis Solutions, Ubisoft, GFT Technologies Canada ou encore Mon Avenir TI. Les étudiants formés chez 42 Québec pourront travailler pour des sociétés de jeux vidéo, mais aussi dans le secteur «de la cybersécurité ou de l’intelligence artificielle», spécifie M. Caire.

Vocation internationale

Le projet 42 Québec est membre du réseau international «42 Network». Plus d’une quinzaine de campus similaires ont vu le jour un peu partout dans le monde notamment en Europe, aux États-Unis ou en Amérique du sud.

C’est l’École 42, une école informatique parisienne, qui a mis au point cette formation sur les technologies de l’information.

Les étudiants de 42 Québec, en plus d’avoir accès à des stages en milieu professionnel dès le début de leur formation, pourront, 12 à 18 mois après avoir entamé leurs études, faire un stage d’une durée de 6 mois à l’international chez un des membres du réseau « 42 Network ».

Québec numérique possède l’exclusivité sur les futures projets 42 au Canada et pourra développer ces campus à travers le pays.

Un impact social important

Par cette formation qui sort des sentiers battus, Québec numérique souhaite particulièrement ramener dans ses locaux des individus aux parcours atypiques, à qui une formation scolaire traditionnelle ne convient pas. «Ce qui nous séduit là-dedans, c’est son aspect novateur socialement. Dans le modèle traditionnel de formation, ceux qui sont différents trébuchent souvent», souligne le maire de Québec, Régis Labeaume.

42 Québec permettra également « d’intéresser des personnes qui étaient moins susceptibles d’étudier en technologie de l’information notamment les femmes. 40% des nouvelles personnes qui viendront ici sont des femmes», précise M. Boulet.

Cette volonté d’intégrer davantage de femmes dans le milieu des technologies de l’information permettra peut-être de changer la dynamique de cette industrie récemment critiquée dans les médias pour sa masculinité toxique. En effet, plusieurs cadres d’Ubisoft sont actuellement visés par des accusations d’agressions et d’harcèlement sexuel. L’École 42 à Paris, instigatrice des projets 42, a elle-même fait les manchettes, en 2017, après que plusieurs étudiantes aient dénoncé le comportement sexiste et inapproprié de plusieurs de leurs collègues masculins.