L’édifice du Collège Bart dans les années 1940, dans la côte d’Abraham.

100 ans de formation adaptée au Collège Bart

Le Soleil fêtait ses 120 ans en 2017. Dans la région de Québec, plusieurs autres entreprises peuvent se vanter d’avoir atteint et même dépassé cet âge vénérable. Nous vous en avons présenté tout au long de l’année. Aujourd’hui : le Collège Bart

Presque tout le monde à Québec prononce le nom du Collège Bart à l’anglaise. Mais le «t» est muet. Il faudrait prononcer Bar simplement, car qu’il s’agit d’un nom très français porté par le fondateur Jean-Baptiste Bart.

C’est probablement parce que M. Bart a fondé son collège en 1917, il y a 100 ans, en enseignant l’anglais dans sa maison de la rue Couillard, dans le Vieux-Québec, puis a ouvert le Bart School quelques années plus tard. «Mon grand-père a fondé l’école et en plus de l’anglais, on y enseignait la clavigraphie, la sténographie et la dactylographie», raconte Marjolaine Bart.

Dans les années 1930 et 1940, la comptabilité et les mathématiques ont été ajoutées à l’anglais et au cours pour le secrétariat. L’enseignement était axé sur les affaires, notamment pour ceux qui voulaient reprendre l’entreprise ou le commerce familial.

L’édifice au 751, de la côte d’Abraham, lieu où le collège a toujours pignon sur rue, a été acquis en 1942. Six ans plus tard, Jean-Guy dirigera le collège fondé par son père. C’est sous sa direction que l’enseignement du secrétariat prendra de l’ampleur jusqu’à ce que la technique s’enseigne partout dans le secteur collégial qui vient de naître au Québec. Le collège offrira la technique collégiale sur deux ans, et ce jusqu’en 1994. Le secrétariat passe dans le giron du secondaire.

L’institution privée commence à manquer d’espace. Jean Guy Bart acquiert les édifices voisins aux 755, 765 et 775 de la côte d’Abraham, en 1974, pour mieux organiser les cours de secrétariat très populaires à l’époque, mais dont le déclin s’amorce avec la concurrence des cégeps. Mais c’est la formation en technique juridique qui viendra donner un coup de fouet aux affaires en même temps que l’ajout de la technique en administration. 

Jean-Guy Bart a pris la relève de son père dans l’entreprise et c’est lui qui a fait l’acquisition des bâtiments où loge toujours le Collège Bart.

Ainsi les attestations d’études collégiales (AEC) et les diplômes d’études collégiales (DEC) ont permis au Collège Bart de tirer son épingle du jeu auprès d’une clientèle qui n’avait pas besoin de repasser par les bancs d’un cégep avec les cours de base.

Le numérique

Puis en 2004, le collège privé réussit un autre bon coup avec la formation en animation 3D. Le monde de l’informatique, associé au jeu vidéo amènera une nouvelle poussée de croissance. Le graphisme en «motion design» apparaît aussi. Comme la formation sur les effets visuels. Tout cela est né à la suite d’une initiative de Steve Couture alors président du studio Frima.

D’ailleurs, plusieurs professeurs viennent des divers studios de Québec. Ils partagent leur expertise et prennent des jeunes sous leurs ailes dans des stages en entreprises. Plusieurs seront embauchés. Pendant trois ans, un spécialiste québécois qui œuvrait dans les grands studios de San Francisco viendra enseigner au collège tout en formant des professeurs sur des éléments pointus.

Les salles d’enseignement de la dactylographie, à l’époque.

«Si le collège est aujourd’hui aussi connu que réputé, nous le devons en grande partie au travail remarquable de ses enseignants au fils des ans. Des enseignants avec un gros B tatoué sur le cœur, dédiés à la réussite des étudiants et qui consacrent temps et énergie à développer des liens entre les employeurs et le collège», mentionne Michel Bellerose, directeur général.

Selon M. Bellerose et Mme Bart, il n’y a jamais de problèmes pour obtenir les accréditations du ministère de l’Éducation. Ni de problèmes pour le volet numérique et jeu vidéo qui se donnait aussi au Cégep Limoilou. Pour la technique juridique, il y a eu quelques tensions avec le cégep Garneau concernant les stages, mais rien de majeur, souligne-t-on.

Affaire de famille

Le collège Bart continue d’être une affaire de famille. Après Jean-Baptiste et son fils Jean-Guy, c’est Marjolaine qui reprend les destinées de l’entreprise avec son conjoint Michel Bellerose. Alors que la petite-fille du fondateur s’occupe des finances, M. Bellerose occupe la direction générale du collège privé.

Encore en poste pour la période du centenaire, mais à temps partiel ou à distance, comme les deux l’expliquent, les parents ont déjà commencé à laisser leurs responsabilités à la nouvelle génération. Ce sera autour de leur fille Dominique Bellerose-Bart et de leur fils Nicolas Bellerose, la quatrième génération, d’assurer l’avenir du collège privé.

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QUATRE QUESTIONS À LA NOUVELLE GÉNÉRATION

Q Quelles sont les perspectives pour une institution privée comme le collège Bart?

R Pour durer, il faut savoir s’adapter, expliquent Dominique Bellerose-Bart et Nicolas Bellerose. Les formations sont prévues en fonction du marché de l’emploi, mais l’offre de diplômes et d’attestation d’études collégiales dans des secteurs spécialisés permet de ne pas être en compétition avec les institutions publiques où les études sont gratuites ou presque.

La relation entre les employés et avec les élèves dans un contexte familial permet au collège de durer depuis 100 ans. L’encadrement d’un petit nombre d’étudiants permet de résoudre les problèmes rapidement.

Q Quels sont les projets d’avenir?

R Pour le tandem Dominique Bellerose-Bart et Nicolas Bellerose, ce sera de maintenir la qualité de l’enseignement à son plus haut niveau en répondant aux attentes des employeurs et des partenaires.

Sans oublier les professeurs qui ont à cœur de parfaire continuellement leur formation pour être à la fine pointe des besoins. Dans un petit collège, la transformation d’un programme de cours peut se faire rapidement. «Nous pouvons faire des changements en pivotant sur une pièce de 10 cennes», lance Nicolas Bellerose.

Dominique Bellerose-Bart et Nicolas Bellerose (à gauche) prendront la relève de leurs parents Marjolaine Bart et Michel Bellerose

Q Quelle est la recette de vos succès?

R «C’est encore aujourd’hui nos relations serrées avec les entreprises pour adapter nos programmes à la réalité du marché qui fait notre succès. C’est aussi en prévoyant les tendances pour les deux ou trois prochaines années avec nos partenaires pour former des élèves prêts pour le marché du travail», affirme M. Bellerose.

Outre les stages pour les étudiants, il y a les participations à des compétitions dans l’univers du jeu vidéo, comme le Pixel Challenge qui se tient pendant la Semaine numérique de Québec. C’est un bon élément de motivation, continue Nicolas Bellerose. L’autre point majeur est le placement des élèves qui fait partie des préoccupations constantes. Jusqu’à maintenant le taux de succès est très élevé, affirme l’équipe de direction.

Q Combien d’élèves accueille le collège?

R Il y a 375 élèves dans les divers programmes. Le personnel compte 60 employés, dont des chargés de cours et des professeurs à plein temps.