Éducation

L’éducation sexuelle obligatoire, «mesure phare» pour prévenir les agressions

La lutte contre les agressions sexuelles a franchi un pas important, jeudi, avec l'annonce, par le premier ministre Philippe Couillard, de tout un train de mesures gouvernementales destinées à prévenir ce fléau et à mieux traiter ses victimes.

L'initiative du gouvernement passe d'abord par un meilleur soutien financier aux organismes, sur le terrain, chargés d'informer et de venir en aide aux victimes. Ils se partageront 17 millions $ supplémentaires, au cours des trois prochaines années.

Ces sommes devraient servir à embaucher plus de personnel, au moment où les lignes téléphoniques de ces organismes explosent, à la suite du mouvement planétaire de dénonciation des victimes d'agression sexuelle.

Pour prévenir ce type d'agressions, changer les mentalités et les rapports hommes-femmes, le premier ministre a confirmé que l'éducation sexuelle serait obligatoire, à compter de septembre, pour tous les élèves du primaire et du secondaire.

Sur le plan législatif, Québec entend aussi intervenir en modifiant, dès l'hiver prochain, la Loi sur les normes du travail. Bientôt, tous les employeurs devront se doter d'une politique de prévention du harcèlement et d'une politique de traitement des plaintes. On veut ainsi faire en sorte qu'une employée qui se sentirait lésée puisse rapidement trouver sur place un recours, un service d'aide.

Il faut «stopper dans l'oeuf des situations, dès le début», a dit M. Couillard, en mêlée de presse.

De plus, la loi actuelle interdit le «harcèlement psychologique» sur les lieux de travail, mais ne dit pas un mot sur le harcèlement sexuel. Cette erreur sera corrigée.

De plus, Québec se dotera d'une politique contre le harcèlement sexuel.

On verra par ailleurs à faire en sorte que les policiers susceptibles de traiter des cas d'agressions sexuelles reçoivent une meilleure formation.

Telles sont les principales mesures annoncées jeudi, au terme du forum sur les agressions sexuelles parrainé par la ministre de la Condition féminine, Hélène David.

Le forum, axé surtout sur les agressions en milieu de travail, a réuni toute la journée au Centre des congrès de Québec quelque 200 personnes (responsables d'organismes d'aide, experts, syndicats, etc.) touchées de près par ces questions, sans compter sept ministres qui étaient présents, autour du premier ministre, qui tenait à être là pour bien montrer l'engagement de son gouvernement à «faire reculer ce fléau».

Approche contestée par les enseignants

La «mesure phare», celle qui lui apparaît «capitale» en termes de prévention des agressions, est sans contredit l'éducation sexuelle désormais obligatoire, a indiqué le premier ministre en mêlée de presse, au terme des échanges en ateliers.

Il a tenu à rassurer les enseignants, qui recevront, a-t-il promis, la formation requise pour bien s'acquitter de ces nouvelles responsabilités.

Les syndicats contestent l'approche retenue par Québec pour enseigner la sexualité, qui se fera par des «apprentissages» intégrés aux cours existants, qu'il s'agisse par exemple du français ou des mathématiques. Les élèves ne recevront donc pas un «cours» comme tel lié uniquement à l'éducation sexuelle.

Aux 17 millions $ versés aux groupes s'ajouteront 8 millions $ sur trois ans destinés à financer diverses mesures. «C'est un investissement majeur», a noté la ministre Hélène David.

Les groupes d'aide directement visés par l'annonce sont pourtant restés sur leur faim, insatisfaits des informations reçues et des sommes promises.

«C'est assez flou l'annonce du premier ministre. On ne sait pas trop quoi en penser. On s'attendait à quelque chose de plus concret», a commenté la porte-parole du Regroupement québécois des 26 centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, Stéphanie Tremblay.

Selon elle, les sommes additionnelles prévues demeurent encore bien en deçà des besoins, ce qui indique que le gouvernement «n'a pas saisi l'ampleur du problème».

De son côté, le Conseil du statut de la femme a salué la décision du gouvernement d'implanter des cours d'éducation à la sexualité obligatoires pour tous les élèves.

«L'éducation demeure le moteur de la prévention en permettant aux élèves de comprendre, dès le plus jeune âge, des notions comme le consentement, les stéréotypes sexuels, les relations amoureuses égalitaires et le lien étroit entre les inégalités entre les sexes et les violences à caractère sexuel», a indiqué par voie de communiqué la présidente de l'organisme-conseil, Louise Cordeau.

Éducation

Des cours d'éducation sexuelle obligatoires pour tous les élèves dès septembre

Tous les élèves québécois du primaire et du secondaire devront obligatoirement suivre des cours d’éducation sexuelle à compter de septembre prochain, selon ce qu’a appris La Presse canadienne mercredi.

L’information a été confirmée par le premier ministre Philippe Couillard, au cours d’un entretien exclusif avec l’agence à ses bureaux de Québec, en présence de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David.

Au cours des deux dernières années, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a bien tenté, sur la pointe des pieds, d’implanter graduellement, sur une base volontaire, l’éducation sexuelle à l’école, mais sans grand succès.

La grande majorité des écoles n’a pas suivi, tandis que les syndicats d’enseignants ont dénoncé sur tous les tons le manque de formation et l’approche retenue par Québec.

Mais voilà que le gouvernement Couillard décide de ne plus tergiverser dans ce dossier : dès septembre, toutes les commissions scolaires, toutes les écoles, devront offrir des cours d’éducation sexuelle, et ce, de la première année du primaire à la cinquième secondaire.

Aucune exemption

Au total, environ un million de jeunes auront donc accès, dès la prochaine rentrée scolaire, à de l’information, modulée selon leur âge, sur la sexualité, l’anatomie, l’image corporelle, les rôles sociaux, les agressions sexuelles, la vie affective et amoureuse, les relations sexuelles, les stéréotypes, les maladies transmises sexuellement, etc. Aucun jeune ne sera exempté.

«J’ai l’impression que la vaste majorité des Québécois souhaite ça», a commenté le premier ministre, convaincu qu’au Québec «on est rendus là, clairement».

Il ne s’agira pas d’un «cours» comme tel, mais plutôt «d’activités insérées dans le parcours de l’enfant», a-t-il précisé, à l’intérieur de ses cours de français ou de mathématiques, par exemple, conformément à la formule déjà testée depuis deux ans.

Québec a décidé de foncer, même si le premier ministre est bien conscient qu’il s’agit encore en 2017 d’un sujet délicat, controversé, qui «provoque certaines tensions sociales». 

Éducation

Le Québec bon dernier pour les investissements par étudiant

MONTRÉAL — Le Québec fait figure de cancre canadien en matière d’investissements en éducation.

Les données rendues publiques par Statistique Canada, mardi, démontrent que le Québec est la province qui investit le moins par élève lorsqu’on combine l’enseignement primaire, secondaire et postsecondaire, soit un total de 33 005 $ US par étudiant, comparativement à la moyenne canadienne qui se situe à 36 252 $ US.

En fractionnant les chiffres, on constate que le Québec vient au huitième rang parmi les provinces pour ce qui est des investissements par élève au niveau primaire et secondaire (10 221 $ US), mais ce sont les investissements au niveau universitaire (22 784 $ US) qui le font chuter au dernier rang pour l’investissement total.

Le Québec peut toutefois se consoler du fait qu’il se situe - tout comme le Canada - bien au-dessus de la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui est de 26 163 $ US. Cependant, puisqu’il s’agit d’une moyenne, tant le Canada que le Québec se situent derrière les deux plus grands investisseurs de l’OCDE que sont les États-Unis (41 504 $ US) et le Royaume-Uni (36 512 $ US).

C’est Terre-Neuve-et-Labrador qui arrive au premier rang avec des investissements totalisant 44 993 $ US par étudiant, suivi de la Saskatchewan (44 607 $ US) et de l’Alberta (43 458 $ US). De manière segmentée, Terre-Neuve-et-Labrador occupe le premier rang au niveau postsecondaire alors que la Saskatchewan a cette distinction au niveau primaire et secondaire.

À l’opposé, la Colombie-Britannique vient au dixième rang des investissements par élève de niveau primaire et secondaire (8838 $ US) et l’Île-du-Prince-Édouard au neuvième avec une somme moyenne de 10 163 $ US par élève.

Les enseignants québécois moins bien payés

De manière parallèle, les enseignants québécois sont les moins bien payés au pays. Ainsi, un enseignant à temps plein au premier cycle du secondaire gagnera 42 407 $ CAN en début de carrière, comparativement à la moyenne nationale de 52 064 $ CAN, et verra son salaire atteindre 75 956 $ CAN au sommet de l’échelle salariale, alors que la moyenne canadienne se situe à 87 202 $ CAN.

Seul le Nouveau-Brunswick se situe aussi sous la barre des 80 000 $ CAN au sommet de l’échelle, à 76 753 $ CAN.

À l’opposé, c’est dans les Territoires du Nord-Ouest - où le salaire d’entrée de 76 311 $ CAN est supérieur au sommet de l’échelle québécoise - qu’un enseignant aura la meilleure rémunération au sommet de l’échelle, soit 108 624 $ CAN.

À l’échelle internationale, le Canada fait bonne figure puisque le salaire moyen de 65 621 $ US après 15 ans d’enseignement au premier cycle du secondaire le place au quatrième rang des 35 pays de l’OCDE. Les enseignants canadiens ne sont devancés que par leurs vis-à-vis du Luxembourg (113 136 $ US), de l’Allemagne (74 078 $ US) et des Pays-Bas (69 268 $ US).

Un Canada bien éduqué

Les données de l’agence fédérale nous apprennent par ailleurs que le Canada n’a rien à envier aux autres pays de l’OCDE quant au niveau d’éducation de ses citoyens, alors que 91 pour cent des Canadiens âgés de 25 à 64 ans sont titulaires au minimum d’un diplôme d’études secondaires ou d’une attestation d’études postsecondaires.

La moyenne des pays de l’OCDE se situe à 78 pour cent et seules la République tchèque (94 pour cent) et la Pologne (92 pour cent) le devancent à ce chapitre, alors que les États-Unis sont à l’équivalence à 90 pour cent.

De manière plus ciblée, plus de deux Canadiens sur trois (68 pour cent) détiennent un diplôme d’études postsecondaires, soit un niveau de loin supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE qui se situe à 42 pour cent.

Par contre, 12 pour cent des jeunes Canadiens de 15 à 29 ans n’étaient ni aux études, ni en emploi, ni en formation. Bien que ce pourcentage soit inférieur à la moyenne de 14 pour cent affichée par l’OCDE, il est comparable à ceux du Royaume-Uni et des États-Unis et supérieur à celui de l’Allemagne et du Japon, qui se situent à 10 pour cent dans les deux derniers cas.

Éducation

Frais scolaires: les parents réclament une facture unique

Pour arriver à faire «le ménage» dans les frais scolaires au primaire et au secondaire, les parents du Québec réclament une facture unique, très détaillée et envoyée en un seul bloc.

«On veut que ce soit aussi clair qu’une facture de chez Walmart», illustre Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents (FCPQ). À l’heure actuelle, des parents peuvent recevoir de la part de l’école de leur enfant trois factures ou plus par année, pour les photocopies, les sorties scolaires, les frais de transport, de surveillance, etc.

En conférence de presse lundi, la FCPQ a présenté les balises qui permettraient d’établir un «plancher de gratuité» scolaire, à temps pour la rentrée 2018. Pour qu’un frais passe la rampe et soit facturé, il ne devrait pas viser la recherche de profits ou «compenser une coupure de subvention». Il devrait aussi être «un frais direct, supplémentaire et significatif», qui ne vise que l’élève. 

Éducation

Tous les étudiants de Laval pourront faire leurs stages en région

L’Université Laval a confirmé jeudi que son département d’éducation physique revenait sur sa décision de limiter à la région de Québec les stages de ses étudiants. Ceux-ci pourront donc être faits dans toutes les régions de la province.

La semaine dernière, une étudiante de Gaspésie, Cathia-Marie Bujold, avait été autorisée à faire ses stages dans sa région natale après avoir dénoncé la politique en vigueur. Le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, avait aussi réclamé la fin de cette limitation en rappelant la problématique de l’exode des jeunes.

«Après une analyse de la situation et une évaluation des possibilités, le département a réussi à trouver des solutions d’encadrement et de supervision à distance lui permettant ainsi de rouvrir les stages en région, et ce, tout en maintenant la qualité de la formation offerte dans ce domaine», a déclaré dans un communiqué de presse le vice-doyen aux études de premier cycle à la faculté des sciences de l’éducation, Jean-François Cardin.

Avec cette décision, il n’existe plus aucune restriction ou limitation territoriale en matière de stages en région dans la totalité des programmes offerts à l’Université Laval. Caroline Senécal, vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes, a indiqué que le cas des stages au département d’éducation physique était plutôt l’exception à la règle.

L’Université affirme également que la décision du département de limiter les stages au territoire de la Capitale-Nationale était une mesure transitoire et temporaire pour la période de reconstruction de sa banque d’enseignants associés.

«L’objectif à terme était de rouvrir les stages dans toutes les régions du Québec. Entièrement justifiée, la demande de madame Bujold nous a amenés à réévaluer plus rapidement notre décision et à trouver des solutions créatives», explique M. Cardin.

La Capitale

Taxe scolaire: uniforme entre voisins, variable entre régions

La réforme de la taxe scolaire présentée jeudi par le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx soulagera les factures de tous les propriétaires, mais pas de façon égale. Si des voisins qui habitent une même rue recevront des factures équitables, de grandes variations subsistent entre les régions.

En tout, les contribuables paieront 670 millions $ de moins en taxes scolaires l’an prochain. Le gouvernement s’engage à redonner ce montant aux différentes commissions scolaires, afin qu’elles ne soient pas perdantes au change. 

Le ministre Proulx parle d’une «subvention d’équilibre». Il explique que l’argent ne sera pas pris dans le budget du ministère de l’Éducation. La manoeuvre n’affectera donc pas les services aux élèves. La provenance exacte des 670 millions $ sera expliquée dans le prochain budget, au printemps 2018.

Selon M. Proulx, le projet de loi 166 ne constitue pas «un cadeau» pour les contribuables, même s’il doit arriver juste à temps pour la rentrée scolaire 2018 et le début de la prochaine campagne électorale. «Nous mettons fin à une iniquité qui dure depuis trop longtemps», justifie-t-il.

Cette iniquité, ce sont des factures de taxes scolaires dont l’écart était toujours grandissant entre des propriétaires d’une même ville, voire d’une même rue. L’écart était aussi marqué entre des commissions scolaires francophones et anglophones, notamment à Québec et à Gatineau, où certains contribuables avaient commencé à magasiner le taux de taxes le plus bas.

La richesse foncière et le nombre d’enfants d’âge scolaire ne sont pas répartis également dans une même région. À Québec par exemple, la commission scolaire des Découvreurs, qui couvre le territoire de Sainte-Foy et Cap-Rouge, a relativement peu d’enfants à accueillir et peut compter sur de grandes valeurs immobilières. Ce qui explique son taux de taxes scolaires très bas. 

Ajustement au taux le plus bas

À partir de 2018, les factures de tous les propriétaires seront ajustées sur le taux de taxes le plus bas de chaque région administrative. C’est dire que dans la grande région de Québec, par exemple, le propriétaire d’une maison de 300 000 $ verra sa facture être réduite à 368 $. 

Les Montréalais, qui profitent d’une taxation scolaire harmonisée depuis 1972, seront peu touchés par ces nouvelles mesures. Mais pour faire en sorte que tout le monde puisse profiter d’une baisse de taxes, le gouvernement a décidé d’ajouter une exemption sur 25 000 $ de la valeur des propriétés. M. Proulx soutient que c’est la «prospérité retrouvée» du Québec qui lui permet de «faire ces choix». 

Le projet de loi 166 forcera les commissions scolaires d’une même région à s’entendre entre elles à partir de 2019 pour fixer le taux de taxes. 

M. Proulx soutient que sa réforme n’est pas «un diachylon sur un bobo», mais une «solution durable» pour un mode de taxation qui n’a pas été réformé depuis 25 ans. 

Selon lui, il est normal que des variations subsistent entre les régions, comme les taxes municipales varient d’une ville à l’autre. Reste qu’en 2018, la facture moyenne de taxes scolaires sera de 751$ à Montréal, soit la plus élevée de la province, tandis que la facture moyenne la plus faible sera de 113$, en Abitibi-Témiscamingue.

Éducation

Enseignement supérieur et garderies: nouvelles lois, nouvelles normes

Des cégeps et des universités qui combattent les violences sexuelles. Des exigences plus élevées pour les garderies. Le gouvernement se hâte de mettre la touche finale à deux projets de loi qui devraient être adoptés d’ici vendredi, dernière journée de la session parlementaire.

Présenté il y a cinq semaines par Hélène David, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, le projet de loi 151 est presque arrivé en gare. Pour Mme David, il s’agit «du projet de loi le plus complet au Canada» sur les violences sexuelles en milieu postsecondaire. Il exige que tous les cégeps et universités aient adopté des politiques précises d’ici septembre 2019. 

Les relations intimes — amoureuses ou sexuelles — entre des étudiants et des professeurs devront être évitées. Si une telle relation existe, elle ne devra pas nuire à «l’objectivité et l’impartialité» du professeur ni «favoriser l’abus de pouvoir», indique la ministre David. 

Les cégeps et les universités auront à leur disposition 23 millions $ pour offrir de la formation à leur personnel et mieux accueillir et traiter les plaintes. Un poste à temps plein a été créé au ministère de l’Enseignement supérieur pour accompagner les établissements et veiller à l’application des nouvelles mesures. 

Mme David croit que les articles de loi qui seront adoptés «sont à la fois très exigeants, très contraignants pour les milieux collégiaux et universitaires, mais aussi très applicables». 

Catherine Fournier, députée du Parti québécois, s’est réjouie mercredi que la ministre David ait décidé d’accepter ses propositions. Ainsi, il n’y aura aucun délai de prescription sur les plaintes de violences sexuelles. Un étudiant qui a terminé ses études pourrait retourner dans son établissement d’enseignement et déposer une plainte. Les plaintes devront également être prises en charge dans un délai de cinq jours. 

Mme Fournier est toutefois «déçue» que les relations entre étudiants et professeurs ne soient pas formellement interdites. «Je pense qu’on aurait pu aller encore plus loin.»

Manon Massé, députée de Québec solidaire, s’est quant à elle dite très heureuse du travail réalisé sur ce projet de loi, qu’elle jugeait au départ bien «ficelé». 

Garderies

Déposé en juin dernier par l’ex-ministre de la Famille Sébastien Proulx, le projet de loi 143 sur la qualité éducative des services de garde a été transformé cet automne par Luc Fortin, nouveau titulaire de la Famille. Ayant subi les pressions de plusieurs garderies privées en milieu familial, qui menaçaient de fermer leurs portes, M. Fortin a accepté de ramener le ratio de quatre à six enfants pour un adulte.

Par contre, les responsables de ces garderies non régies auront de nouvelles règles à respecter. Elles ne pourront accueillir plus de deux poupons, elles devront réussir un cours de secourisme, détenir des assurances responsabilité et ne pas avoir été reconnues coupables de mesures dégradantes ou abusives envers des enfants. 

«Je crois que nous avons trouvé un équilibre entre la supervision des services de garde et la liberté de choix des parents», a soutenu M. Fortin. Le projet de loi prévoit aussi que les Centres de la petite enfance (CPE) et autres garderies qui sont régis par le Ministère rehaussent leur programme éducatif et préparent un dossier sur chaque enfant, avant que celui-ci ne quitte pour la maternelle. 

Geneviève Guilbault, députée de la Coalition avenir Québec (CAQ), étant satisfaite cette semaine que le gouvernement ait accepté de se ranger à sa position, soit de conserver un ratio de six enfants. 

Véronique Hivon, députée du Parti québécois, s’est quant à elle montrée très déçue que le gouvernement n’ait pas de réel pouvoir de contrôle et de surveillance des garderies en milieu familial non régies, alors que les exigences des services de garde régis augmentent. Elle déplore ce «deux poids, deux mesures» pour les tout-petits du Québec.

Éducation

Frais scolaires: les commissions scolaires se désistent

Les commissions scolaires se retirent des travaux qui ont eu lieu tout l’automne pour baliser la gratuité scolaire et uniformiser les frais que devraient payer les parents dans les écoles publiques.

Les commissions scolaires se retirent des travaux qui ont eu lieu tout l’automne pour baliser la gratuité scolaire et uniformiser les factures que reçoivent les parents dans les écoles publiques. 

Pour expliquer son désistement, Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), évoque de «sérieux risques pour les commissions scolaires» à poursuivre l’exercice entamé. Dans une lettre qu’il a transmise à Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents et sa principale partenaire dans ce mandat, il soutient qu’un avis juridique l’oblige à prendre cette décision. 

C’est que 68 des 72 commissions scolaires du Québec font face à un recours collectif de plusieurs centaines de millions de dollars pour des fournitures scolaires qu’elles auraient exigé en trop aux parents au cours de la dernière décennie. Des flûtes à bec, grammaires, dictionnaires et autres calculatrices scientifiques, payés par les parents, sont en jeu. 

M. Fortier avait déjà émis des craintes au début de l’automne. Il soutenait que faire le tri entre ce qui doit être fourni par l’école et ce qui doit être payé par les parents pourrait incriminer ses membres devant les tribunaux. 

«Ils ont peur d’avoir peur», a réagi Mme Payne en entrevue au Soleil mardi. Elle se dit «surprise» de ce recul à «minuit moins une». Selon elle, les commissions scolaires sont trop prudentes, étant donné que les parents avaient accepté de regarder la question des frais scolaires de façon beaucoup plus large que ce qui est en jeu dans le recours collectif. Par exemple, en examinant les diverses factures pour les sorties, le transport, la surveillance, etc.

Malgré ce désistement, la Fédération des comités de parents poursuit le travail seule et présentera, tel que demandé, des recommandations au ministre de l’Éducation Sébastien Proulx avant le 15 décembre.

Le ministre Proulx s’est dit «surpris» et «triste» d’apprendre que les commissions scolaires se retiraient de la tâche qu’il leur avait assignée. Selon lui, rien ne les empêche de «travailler pour l’avenir». «S’ils ne veulent pas le faire, bien on va le faire. Et on va le faire avec ceux qui veulent travailler», a-t-il réagi, faisant référence aux parents. 

M. Proulx a réitéré qu’il ne voulait pas «étirer» les délais et que de nouvelles balises sur les frais et les fournitures scolaires seront prêtes pour la prochaine rentrée scolaire, en septembre. Il a soutenu ne pas avoir besoin de déposer un projet de loi pour arriver à ses fins. «Je suis convaincu qu’on peut travailler actuellement à l’intérieur de la loi.»

Modifier la loi?

Cinq commissions scolaires de Montréal ont toutefois fait une sortie la semaine dernière sur la question des frais scolaires, en demandant au ministre de modifier la Loi sur l’instruction publique. 

Alexandre Cloutier, porte-parole du Parti québécois en éducation, invite quant à lui le ministre à cesser de «pelleter le problème en avant» et à avoir la volonté politique de trancher. «Le ministre est incapable de faire respecter sa loi», a-t-il soutenu, ce qui fait en sorte que le système d’éducation public est aujourd’hui truffé de différentes factures. «On a un concept de gratuité scolaire au Québec qui est carrément insignifiant, qui ne s’applique plus, et c’est le Far West.»

Affaires

L’UL au secours de l’industrie porcine

L’industrie porcine et avicole québécoise, souvent pointée du doigt pour l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’alimentation des bêtes et son impact négatif sur l’environnement, accueille avec satisfaction la création d’une nouvelle chaire de recherche de l’Université Laval vouée à l’exploration d’avenues «innovantes» pour lui permettre d’abaisser ses coûts de production et affronter la concurrence mondiale.

«Il existe un enjeu global pour l’industrie porcine dans le monde qui demeure toujours le même, soit la réduction des coûts de production», explique Raphaël Bertinotti, directeur Santé, qualité et recherche chez Les éleveurs de porcs du Québec, présent vendredi sur le campus universitaire, à l’occasion d’une conférence de presse annonçant la création d’une chaire de recherche «pour la durabilité des productions porcine et avicole».

«Le coût est le nerf de la guerre en alimentation animale. Ça représente plus de 60 % du coût total de production», explique au Soleil la titulaire de la nouvelle chaire, Marie-Pierre Létourneau-Montminy, professeure au département des sciences animales.

Les travaux permettront de trouver «des ingrédients de rechange et les voies favorisant leur utilisation de façon efficace afin d’optimiser les performances de croissance des animaux et d’abaisser le coût d’alimentation pour les producteurs».

L’industrie porcine et avicole évolue dans un marché où le prix du maïs et du soya, deux matières premières utilisées pour l’alimentation humaine, mais aussi pour l’alimentation des porcs et des volailles, est sujet à des hausses de prix en fonction de la demande, poursuit la professeure.

Éducation

L’Association étudiante du Cégep Garneau quitte l'ASSÉ

Fer de lance de la grève étudiante du «Printemps Érable», l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) vivote depuis plusieurs mois. Depuis la désaffiliation de l’Association étudiante du Cégep Garneau jeudi, son adhésion dépasse à peine les 40 000 membres.

La semaine dernière, les quelque 3000 membres de l’Association facultaire de langues et communication de l’Université du Québec à Montréal avaient aussi décidé de mettre fin à l’affiliation avec l’ASSÉ.

Les étudiants de Garneau ont voté à 85,8 % pour se désaffilier de l’ASSÉ, soit 417 voix pour la désaffiliation, 56 contre et 13 abstentions. Les 486 votants représentent 8 % de la clientèle de 6000 étudiants de l’établissement collégial, soit le quorum établi par l’association.

«Les étudiants ont voté de manière très marquée pour une désaffiliation de l’ASSÉ, à laquelle ils étaient affiliés depuis sa création en 2001», explique au Soleil Raphaëlla Rosebush-Mercier, responsable des communications de l’Association étudiante du Cégep Garneau.

Elle indique que plusieurs étudiants déploraient le manque de représentativité, de pouvoir d’action et d’efficacité de l’ASSÉ. «L’ASSÉ avait le droit d’envoyer deux personnes à Garneau pour défendre le maintien de l’affiliation et ils n’ont même pas envoyé personne. En fin de compte, ce sont des étudiants d’ici qui ont dû prendre en main le camp du non», poursuit Mme Rosebush-Mercier.

L’Association étudiante du Cégep Garneau payait 18 000 $ par année à l’ASSÉ, une somme qui sera réinvestie dans d’autres projets, dont des démarches afin de réclamer que soient rémunérés les stages effectués en formation technique.

Malgré son retrait de l’ASSÉ, l’Association étudiante de Garneau ne joindra cependant pas pour autant la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Elle s’unira plutôt aux associations étudiantes des cégeps Garneau, Sainte-Foy, Lévis-Lauzon, Limoilou, St. Lawrence et du Campus Notre-Dame-de-Foy pour former la toute nouvelle Coalition régionale des associations étudiantes de la Capitale-Nationale (CRACN).