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Éducation

COVID-19 : la plateforme du ministère de l'Éducation L'École ouverte est en ligne

QUÉBEC — La plateforme web L'école ouverte est mise en ligne lundi par le gouvernement du Québec afin de permettre aux écoliers et à leurs parents de réaliser des activités pendant la suspension des cours causée par la crise de la COVID-19.

Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, explique que la plateforme a été conçue dans un esprit ludique. Elle offre des ressources variées donnant accès à des activités de différentes natures dans plusieurs matières et à tous les niveaux scolaires.

Le ministre Roberge croit que ces activités, qu'elles soient scolaires, sociales ou physiques, contribueront à parfaire les connaissances et les habiletés des élèves dans nombre de domaines.

De nouveaux contenus seront ajoutés chaque semaine. Des ajouts permettant de retrouver plus facilement des activités destinées aux élèves ayant des besoins particuliers seront également disponibles prochainement, selon le ministre.

Ces activités ne sont pas obligatoires et ne peuvent faire l'objet d'évaluations.

La semaine dernière, le ministère a annoncé qu'il enverrait aux écoles une trousse d'activités pédagogiques clé en main, prête à être envoyée aux parents.

Cette initiative mise en vigueur lundi se conjugue aux suivis hebdomadaires qui seront effectués par les écoles auprès de l'ensemble des élèves et aux suivis des ressources professionnelles auprès des élèves vulnérables.

Pour accéder à la plateforme L'école ouverte, il suffit de suivre le lien www.ecoleouverte.ca

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Éducation

Des cours en ligne dès lundi dans tous les cégeps : un scénario peu probable

MONTRÉAL — Si le premier ministre François Legault souhaite que les cégeps soient prêts à enseigner en ligne dès lundi, ce scénario est peu probable pour tous les collèges du Québec.

Certains cégeps seront prêts lundi, mais pas tous, reconnaît la Fédération des cégeps qui regroupe les 48 collèges publics du Québec.

La vaste majorité ne le sera pas, estime même Yves de Repentigny, le représentant syndical de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (Fneeq), affiliée à la CSN, qui représente les professeurs de 45 établissements du réseau collégial.

Certains sont pressés de recommencer l'enseignement, mais d'autres admettent que le «retour en classe» sera plus réaliste le 6 avril ou même le 14 avril, ajoute-t-il.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Philippe Clément, abonde dans le même sens : «il va y avoir une reprise graduelle des activités de formation». Tout ne va pas commencer la semaine prochaine, dit-il.

Les établissements d'enseignement du Québec ont été fermés le 13 mars en raison de la pandémie de la COVID-19.

Québec mise toutefois sur l'enseignement à distance pour que les cégeps et les universités puissent finir la session. Interrogé jeudi au sujet de la reprise attendue des cégeps pour lundi prochain, le premier ministre avait répliqué : «on le souhaite».

Mais peu importe la date de la reprise, des étudiants s'opposent : certains militent pour que la session soit suspendue et que les cours soient considérés comme réussis, sans note finale. Une pétition en ligne avait été signée par plus de 110 000 étudiants de cégeps et d'universités du Québec samedi matin.

Bref, ils souhaitent que le gouvernement «ferme ses livres».

D'autres étudiants se plaignent, notamment au Cégep de l'Outaouais, que des professeurs réclament des travaux depuis deux semaines, comme si de rien n'était. Ces cégépiens s'opposent à ce que le même horaire de remise de travaux scolaires soit maintenu — et la même quantité.

Et puis, que sont censés faire les étudiants les plus démunis, qui ne possèdent pas d'ordinateur, pour suivre leurs cours en ligne? demandent-ils.

Les difficultés

De nombreux obstacles se trouvent ainsi sur le chemin de la rentrée en classe virtuelle, selon les acteurs du réseau.

La Fédération des cégeps souligne qu'il est plus difficile de trouver des solutions pour les programmes techniques — il y en a plus de 100 —, car l'enseignement implique des laboratoires et du matériel spécialisé.

Des professeurs n'ont pas encore pu récupérer leurs ordinateurs et leur matériel d'enseignement qui se trouvent dans les cégeps désormais fermés à clé. C'est le cas aussi pour les étudiants qui ont besoin de leurs livres pour étudier.

Certains professeurs sont des pros de l'informatique, mais d'autres partent de zéro. Transférer tous leurs cours en ligne, avec des systèmes de vidéoconférence qu'ils ne maîtrisent pas, est ardu, souligne M. de Repentigny.

Et aussi, autant des professeurs que des étudiants sont des parents : difficile d'étudier ou d'enseigner lorsqu'il faut s'occuper d'un poupon, signale M. Clément.

Dans la note ministérielle transmise aux directions des cégeps jeudi, il est demandé aux établissements de prévoir un protocole afin de permettre aux enseignants de se rendre sur les campus pour récupérer ce dont ils ont besoin.

La façon de procéder

Bien que l'enseignement en ligne ait été évoqué le plus souvent publiquement par le gouvernement — à l'aide de plateformes interactives, telles que zoom — d'autres solutions de rechange seront utilisées.

Certains travaux pourront être envoyés par la poste aux étudiants, donne en exemple Judith Laurier, directrice des communications de la Fédération des cégeps.

Et des stages pourront être convertis en étude de cas, a ajouté de son côté M. Clément.

Mettre fin à la session ?

«La solution peut sembler alléchante, mais les compétences ne seront pas toutes atteintes», a commenté M. de Repentigny, donnant en exemple les formations techniques en santé. Accorder un diplôme à des infirmières, par exemple, qui n'ont pas eu certaines formations pratiques, peut en rendre frileux plus d'un.

Le syndicat demande au gouvernement de la flexibilité et de ne pas imposer une solution mur à mur aux cégeps.

«Les professeurs veulent faire leur effort de guerre», mais le gouvernement ne peut pas écarter tous les obstacles qu'ils rencontrent, juge-t-il.

La Fédération des cégeps ne veut pas non plus mettre fin à la session. Il y a 50 000 étudiants dans le réseau, souligne Mme Laurier, et beaucoup attendent leur diplôme pour travailler ou être admis à l'université. Ils veulent terminer la session, même si cela va être plus dur.

Elle assure que tout le monde travaille très fort pour aider les cégépiens à poursuivre leur parcours.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec demande de son côté aux étudiants de rester calmes. Il comprend que certains sont réellement inquiets, voire anxieux, mais souligne que toute la situation évolue rapidement et que certaines solutions sont mises de l'avant.

Il se déclare d'ailleurs satisfait de certaines mesures proposées par le ministère de l'Éducation, dont la possibilité pour les étudiants d'abandonner un cours, sans échec ni pénalité. La mention «incomplet» sera indiquée au bulletin et non «échec».

«Cela ne nuira pas à la cote R, a souligné Mme Laurier qui accueille aussi cette proposition d'un oeil favorable.

Si cette mesure peut être un soulagement pour certains étudiants, elle «ne doit pas être la seule solution» offerte, juge M. Clément.

Et puis, la fameuse «cote R», celle qui sert aux admissions à l'université, bénéficiera aussi d'un assouplissement.

Le ministère a proposé deux formules de calcul, dont l'une ne tient pas du tout compte de la session d'hiver en cours. Il retiendra le calcul le plus avantageux pour chaque étudiant, a expliqué M. Clément.

La FECQ ne croit pas que de mettre à terme immédiatement à la session est la bonne solution. Elle s'inquiète que cela ne crée plus d'iniquités entre les étudiants du collégial.

«Et personne ne doit être laissé derrière», insiste M. Clément.

Il demande aussi au gouvernement de prévoir de l'aide financière supplémentaire pour les cégépiens, ainsi que de l'aide psychologique.

Le ministère semble avoir entendu cette demande. Dans sa récente note envoyée aux directions des cégeps, il leur est demandé «de mobiliser tous les membres de leur personnel afin qu'ils puissent participer au nécessaire soutien psychologique et pédagogique des étudiants».

Éducation

Les tests de la COVID-19 accessibles à tous, informe l'UL 

L’Université Laval a annoncé jeudi que les tests de dépistage de la COVID-19 sont accessibles à tous ses étudiants: avec ou sans couverture médicale ou statut d’immigrant.

Dans une communication transmise en soirée, l’institution d’enseignement supérieur demande aux étudiants de contacter les autorités de santé publique s’ils présentent des symptômes apparentés au virus.

Qu’ils aient accès ou non à une couverture médicale et qu’ils possèdent un statut d’immigrant ou pas, «le gouvernement québécois a mis à la disposition de l’ensemble de la population des cliniques médicales dédiées au diagnostic de la COVID-19», explique l’Université Laval par courriel. Ces derniers peuvent contacter le 1 877 644-4545 pour être orientés.

Le test de dépistage de la COVID-19, ajoute l’UL, s’avère aussi admissible à un remboursement pour les étudiants étrangers. Ils ont «obligatoirement souscrit à une assurance privée qui offre des couvertures équivalentes à celles dont bénéficient les Québécois», peut-on lire.

Succès ou échec

Si les campus de l’Université du Québec à Rimouski ont décrété la fin de la session universitaire, l’Université Laval a plutôt choisi de mener à terme la session en retardant le moins possible la diplomation grâce à la migration, elle l’espère, de tous ses cours en ligne. Le 30 mars était la date butoir visée pour la transformation.

Après avoir repoussé la date d’abandon des cours sans mention d’échec pour l’hiver 2020, l’Université Laval a annoncé qu’un étudiant pourra, après avoir pris connaissance de la note finale de ses cours, soit la conserver ou encore choisir d’avoir une mention «échec» ou «succès».

Les pavillons demeureront fermés jusqu’au 1er mai.

Éducation

COVID-19: l’Université Laval débloque un fonds d’urgence pour ses étudiants en difficultés

L’Université Laval rend disponible un fonds d’urgence de 500 000$ pour ses étudiants plongés dans le pétrin par la crise de la COVID-19.

Un étudiant pourrait se voir remettre un montant maximal de 1500$, établi en fonction de chaque situation et en tenant compte des prestations gouvernementales annoncées. Le formulaire de demande est disponible en ligne sur le site du Bureau des bourses et de l’aide financière (BBAF). « Les fonds sont déjà disponibles, et les premiers versements seront remis aux étudiants dans le besoin dans un délai visé d’une semaine suivant la réception de la demande. Des membres du personnel, en télétravail, assurent le suivi des demandes et visent un traitement accéléré de ces dossiers prioritaires », assure Francis Brousseau, directeur du BBAF, par voie de communiqué.

Plusieurs étudiants ont perdu leur emploi brusquement au cours des derniers jours avec la fermeture d’une majorité de commerces. «Ce programme leur apportera un répit et une aide de première nécessité pour garder le cap et terminer plus sereinement leur parcours d’étude », espère Rénald Bergeron, vice-recteur aux affaires externes, à l’international et à la santé.

Le fonds d’aide pourrait être bonifié grâce à la contribution de la Fondation de l’Université Laval et à celle des associations étudiantes, la CADEUL et l’AELIES. Les donateurs privés peuvent aussi contribuer au fonds d’urgence par le biais de la page web https://www.ulaval.ca/fondation/covid-19.html.

La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, a profité de l’occasion pour interpeller les grandes institutions financières. « Nos étudiantes et nos étudiants vivent des heures très difficiles et la mise en place rapide de programmes de microcrédit pourrait être déterminante dans leur capacité à mener à bien leurs études, pour ensuite contribuer à la relance de notre société qui en aura grand besoin », affirme Me D’Amours.

L’Université Laval compte 43 000 étudiants, dont 7000 étudiants internationaux.

Éducation

L’ONU examine l’école québécoise à trois vitesses après avoir été alertée

QUÉBEC - La crise sanitaire révèle «l’injustice» de l’école à trois vitesses, estime un regroupement de 4000 parents qui se réjouit de l’arrivée de l’Organisation des Nations unies (ONU) dans le dossier.

«Ça nous force à regarder la vérité en face», a déclaré en entrevue mardi le coordonnateur du mouvement L’École ensemble, Stéphane Vigneault.

«C’est un sujet qui est dans notre angle mort collectif. On aime beaucoup mieux regarder ailleurs. Là, de toute évidence, on n’aura plus le choix de le regarder en face», a-t-il ajouté.

L’École ensemble avait demandé à l’ONU plus tôt cette année d’inclure une question sur l’école inégalitaire québécoise dans ses questions au Canada, qui doit rendre des comptes en vertu d’un pacte international.

Le mouvement dénonce la «ségrégation scolaire» au Québec, avec le financement des réseaux public, public sélectif et privé, où les enfants sont séparés dans des écoles différentes en fonction du revenu de leurs parents.

Mardi, il s’est félicité d’avoir remporté une première manche.

L’ONU demande désormais au Canada de l’informer «sur les mesures prises pour assurer aux élèves un accès égal à l’éducation dans le cadre du système scolaire à trois vitesses au Québec».

Elle demande également des explications quant aux «mesures prises pour améliorer la qualité de l’éducation dans les écoles publiques ordinaires».

Il s’agit là d’une victoire, selon M. Vigneault. «Ils reconnaissent le système à trois vitesses, même ils vont parler d’écoles publiques ordinaires, donc ils reprennent exactement notre vocabulaire», s’est-il réjoui.

«Dans ce processus-là, c’est une victoire. Ça vient mettre le Québec face à ses responsabilités.»

La COVID-19 met en lumière les inégalités

En ce temps de pandémie, l’ONU prolonge ses délais et donne au Canada jusqu’au 30 juin 2021 pour répondre.

D’ici là, les mesures prises pour combattre la COVID-19, dont la fermeture des écoles et le confinement des élèves à la maison, continueront de mettre en lumière les inégalités dans le système d’éducation, croit Stéphane Vigneault.

Tandis que les écoles privées organisent des cours à distance, c’est le désordre dans les écoles publiques, selon lui. «Si les gens n’avaient pas encore compris que le système scolaire est injuste, il y a certains enfants qui peuvent continuer à apprendre et d’autres à qui on dit: «Occupez-vous finalement».

«(Le privé subventionné) peut par exemple dire: «Nous, on s’en va en télé-enseignement» sans se soucier du fait que plusieurs familles n’ont pas d’ordinateurs ni d’accès internet, les élèves du privé étant plus riches que les autres», a-t-il déploré.

Au retour des classes, de nombreux élèves seront en rattrapage, désavantagés par rapport aux autres, prévient en outre L’École ensemble. «C’est clair qu’on est en train d’échapper une partie des élèves. C’est très fâchant, très déconcertant. Comment ça se fait qu’au Québec, on en est là», s’exclame M. Vigneault.

Par ailleurs, la crise de la COVID-19 a révélé d’après lui que le système public de santé est «vraiment incroyable», tandis que le système scolaire, qui est basé sur la concurrence, est incapable «de prendre le choc».

Il espère que l’ONU émettra d’ici deux ans des recommandations au gouvernement du Québec, pour qu’il cesse notamment de subventionner avec des fonds publics l’école privée. Le calendrier de l’ONU pourrait coïncider avec le déclenchement des prochaines élections générales au Québec.

Éducation

COVID-19 : voici comment les profs peuvent enseigner à distance

Cette semaine, les universités du monde entier ont opté pour des cours en ligne dans un effort mondial pour contenir le coronavirus. D'innombrables professeurs sont pris au dépourvu face au défi de transformer ce qui reste de leur cours normalement offerts en personne en cours en ligne.

Cette semaine, les universités du monde entier ont opté pour des cours en ligne dans un effort mondial pour contenir le coronavirus. D'innombrables professeurs sont pris au dépourvu face au défi de transformer ce qui reste de leur cours normalement offerts en personne en cours en ligne.

Je faisais partie de l’équipe d'avocats qui a créé le Programme de pratique de droit, un programme d'apprentissage expérientiel juridique pour les futurs avocats en Ontario, à l’Université d’Ottawa. Je suis actuellement professeure au Programme de common law en français de l'Université d'Ottawa et j’enseigne en utilisant des cours hybrides.

Voici quelques conseils basés sur mon expérience pour ceux et celles d'entre vous qui s’aventurent dans le monde de cours en ligne pour la première fois.

Disséquer votre cours

En général, un cours se compose de quatre éléments principaux : la transmission des connaissances (des cours magistraux ou des lectures), le « bouchage des trous » (des questions des étudiants), l'application des connaissances et des compétences (activités diverses) et les évaluations.

Dans plusieurs cours universitaires, les deux derniers éléments sont souvent combinés. Ceci fait en sorte que la première et seule occasion offerte aux étudiants d'appliquer leurs connaissances est dans le cadre d'une évaluation. Il n'est pas nécessaire que ce soit ainsi. En fait, il est particulièrement important dans les cours en ligne de donner aux étudiants l’occasion d'appliquer leurs connaissances avant l'évaluation finale. Sans le contact visuel avec les étudiants, il faut prendre des mesures pour s’assurer qu'ils sont sur la bonne voie et comprennent bien la matière avant l’évaluation finale.

Assurez-vous que votre cours en ligne contient ces quatre éléments. Il n'existe probablement aucune solution qui convient parfaitement aux quatre éléments. Il est préférable d'utiliser différents outils pour chaque composante. Gardez à l'esprit que tous les outils pédagogiques en ligne dont nous nous servirons n’auront jamais été utilisés à cette échelle auparavant. Il est donc sage de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Examinez chaque élément individuellement et décidez quelle solution vous convient le mieux. Par exemple, vous pouvez pré-enregistrer des conférences sous forme de fichier audio (tel qu'un mp3). Pour la transmission de connaissances, utiliser un service de vidéo-conférence, comme Zoom, Adobe Connect ou Teams. Pour les foires aux questions, organisez des discussions de groupe en utilisant les plateformes éducatives en ligne de votre université pour l’application du savoir et demandez aux étudiants de soumettre leur devoir final par courriel.

Ne réinventez pas la roue

Renseignez-vous sur la plateforme d'apprentissage en ligne qu’utilise votre université actuellement. Un grand nombre de ces plateformes vous permettent d’afficher du matériel, de communiquer avec les étudiants (soit par annonces à tous, de forums de discussion ou même de clavardage direct).

À l'Université d'Ottawa, nous utilisons Brightspace, une excellente ressource qui est facile à naviguer. Même si vous ne l'avez jamais utilisé auparavant, il est fort probable que la plupart de vos étudiants la connaissent. Bien des universités ont même des unités spéciales en place pour fournir du soutien aux professeurs avec le développement des cours. Ils ont souvent des ressources (comme des vidéos avec instructions détaillées) sur la façon d'utiliser votre plateforme d'apprentissage en ligne. Utilisez-les.

Pensez aux différents types d'apprentissages

Tout comme dans la salle de classe, les professeurs devraient s'efforcer de donner à tous les étudiants l'occasion de briller. Cela signifie adapter votre enseignement, vos activités éducatives et vos méthodes d'évaluation à différents styles d'apprentissage. Par exemple, vous pourriez permettre aux étudiants de contribuer aux discussions de groupe en écrivant un texte ou en faisant une courte vidéo d'eux-mêmes commentant les lectures. Vous pouvez également proposer de répondre aux questions individuelles des étudiants par courriel ou par Skype.

Adaptez votre matériel au format en ligne

Alors qu'un cours magistral d'une durée de deux heures peut fonctionner lorsqu'il est offert en personne, le même cours sur vidéo n’est pas la meilleure façon de stimuler les étudiants. Pensez à découper vos cours magistraux en mini-cours d'environ 20 minutes pour les rendre plus digestes. Si vous avez déjà rêvé de faire une conférence TED  (Technology, entertainment and design), voici votre occasion!

Pensez aux circonstances dans lesquelles se trouvent vos étudiants

Nos étudiants sont confrontés à des circonstances difficiles et les enseignants doivent donc être flexibles. Heureusement, cette flexibilité et l'apprentissage en ligne vont de pair.

Dès lors que nos cours se donneront en ligne, nous ne sommes plus limités à enseigner pendant des plages horaires prédéfinies. Ceci ouvre nous un monde de nouvelle possibilité. Par exemple, des cours préenregistrés donnent aux étudiants la flexibilité dont ils ont tant besoin dans ces circonstances pour nous écouter quand ils le souhaitent. C'est l'idéal pour les étudiants qui sont parents avec des enfants à la maison ou ceux qui ont d’autres obligations. Si vous décidez d’offrir vos cours en direct par le biais d’un service de vidéoconférence, enregistrez-les pour les étudiants qui ne seront pas en mesure de participer en directe.

Essayez également de tenir compte de la situation financière de vos étudiants. De nombreux étudiants ne peuvent pas se permettre des forfait accès Internet illimités. C'est une autre raison pour éviter d'envoyer aux étudiants de gros fichiers vidéo de vous-même.

La perfection est l'ennemi du bien

Les experts en pédagogie passent des années, voire des décennies, à développer des outils d'apprentissage en ligne. Nous n'avons pas ce temps, mais nos étudiants comptent sur nous tous pour faire ce que nous pouvons. J'ai accepté que mes enregistrements vidéos et audio seront truffés de tics verbaux (hum… uhhhh) et de rires et des cris occasionnels (ou même fréquents) d'enfants dans l’arrière-plan qui cherchent leur maman. Soyez là pour vos étudiants et communiquez avec eux régulièrement. Cela vous achètera beaucoup de bonne volonté (c’est ce que j’espère).

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

Éducation

UQAR: trimestre terminé pour plusieurs étudiants

La fin du trimestre a sonné pour plusieurs étudiants des campus de Rimouski et de Lévis de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). La direction considère qu'un cours est terminé lorsqu'une ou des évaluations avaient déjà eu lieu. Il en est tout autant des stages qui ne sont pas soumis aux exigences du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, d'un organisme d'agrément ou d'un ordre professionnel.

Par contre, un cours pour lequel aucune évaluation n'a été réalisée à ce jour, que ce soit en raison de situations exceptionnelles, telles qu'une tempête ou une grève, ou encore parce qu'il est dispensé en mode intensif, ne peut être considéré comme terminé. «Des modalités d'évaluation doivent alors être convenues entre la ressource enseignante et les étudiants», fait savoir le recteur, Jean-Pierre Ouellet, dans un message adressé à la communauté universitaire.

Pour les stages soumis aux exigences d'un ministère, d'un organisme d'agrément ou d'un ordre professionnel, l'évaluation et la notation se feront en fonction des modalités établies par la direction du module ou du comité de programme. «[…] Les étudiants n'ont aucune démarche particulière à effectuer à ce moment-ci, précise M. Ouellet. Les modules et les comités de programmes concernés entreront en contact avec eux seulement si cela s'avère nécessaire.»

En considérant qu'il s'agit d'une situation sans précédent, le recteur de l'UQAR indique avoir pris ces décisions par souci de la santé et de la sécurité des membres de la communauté universitaire. «Nous sommes pleinement conscients que plusieurs étudiants, professeurs et chargés de cours ne sont actuellement plus dans des conditions favorables pour répondre à l'ensemble des exigences liées aux activités de formation […]», considère-t-il.

Des professeurs solidaires

Le Syndicat des professeurs et des professeures de l'Université du Québec à Rimouski (SPPUQAR) est favorable aux mesures prises par la direction de l'établissement. «Il s'agit d'une mesure sensible et équitable respectant la santé et la sécurité et qui traduit une bienveillance nécessaire en ces temps difficiles», estime la présidente du syndicat, Geneviève Brisson.

Selon elle, la poursuite du trimestre aurait engendré d'importantes difficultés. Elle croit que cette mesure est équitable, tant pour les étudiants que le personnel enseignant, puisque plusieurs d'entre eux doivent s'occuper à temps plein d'enfants, soutenir leurs parents âgés ou appuyer leur conjoint qui est un intervenant de première ligne dans la lutte contre la pandémie. «Il est impensable de poursuivre un trimestre universitaire comme si de rien n'était ou en improvisant des formules pédagogiques à distance qui ne rempliraient pas nécessairement toujours les exigences de qualité d'un cursus universitaire [...]», soutient Mme Brisson. Elle ajoute que certaines formules d'enseignement sont inapplicables pour plusieurs cours, dont ceux qui requièrent des équipements spécialisés.

Éducation

Université Laval: les étudiants priés de quitter les résidences le plus rapidement possible

L'Université Laval prend les grands moyens pour éviter une éclosion de la COVID-19. Par mesure «préventive», l’établissement d'enseignement a demandé samedi aux étudiants des résidences de quitter aussitôt que possible.

Aucun cas n’aurait pour le moment été déclaré dans les résidences étudiantes du campus, selon Simon La Terreur, conseiller à la direction des communications de l'Université Laval.

Rappelons qu’un premier cas de COVID-19 s’était déclaré sur le campus de l’Université Laval en début de semaine, alors que le Centre intégré universitaire de la Capitale-Nationale (CIUSSS) confirmait qu’un étudiant de la Faculté de droit était atteint.

«Samedi matin, l'Université Laval a demandé aux personnes vivant dans les résidences, s'ils ont la chance de retourner à la maison, s'ils ont de la famille ou un ami qui peut les héberger, d'opter rapidement pour cette option», précise le porte-parole de l’institution.

«Nous tenterons tout de même d'accommoder de notre mieux, dans les limites de nos moyens, celles et ceux pour qui ce serait plus difficile de quitter les résidences», ajoute M. La Terreur.

Dans une conférence de presse en ligne présentée jeudi aux médias, la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, mentionnait que l’établissement d’enseignement n’avait pas l’intention de fermer les résidences, qui comptent 2300 chambres. Les résidences n’étaient alors occupées qu’à 50% de leur capacité, sachant que l’heure est présentement au virage en ligne pour les cours.

D’ici au 30 mars, la rectrice estime que presque la totalité des cours pourra se donner en ligne. Les pavillons de l’Université Laval demeureront fermés au moins jusqu’au 27 mars.

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10 NOUVEAUX CAS DANS LA GRANDE RÉGION DE QUÉBEC

Avec trois nouvelles personnes infectées dans la Capitale-Nationale et sept dans la région de Chaudière-Appalaches, le bilan s’élevait à 26 cas positifs de COVID-19 dans la grande région de Québec, samedi.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a obtenu 133 nouveaux résultats aujourd’hui, dont 3 sont positifs.

Depuis l’ouverture de la clinique désignée COVID-19 le 11 mars, 1726 personnes ont été testées, 802 résultats sont revenus négatifs et 13 positifs. 

Depuis le 18 mars, La Capitale-Nationale compte également une clinique à l’auto implantée à l’Hôpital Chauveau dans le secteur Loretteville. 

Le bilan provincial s’alourdit lui aussi avec trois nouveaux décès liés à la COVID-19 venant s’ajouter au tout premier de mercredi. Le Québec enregistre maintenant 181 cas confirmés de COVID-19, soit 42 nouveaux depuis l’annonce du ministère de la Santé et des Services sociaux, vendredi après-midi.

Éducation

Presque 100 % des cours en mode virtuel à l’UL [VIDÉO]

L’Université Laval a bon espoir que d’ici le 30 mars, la presque totalité des cours pourront se donner en ligne et que la diplomation ne sera pas mise en danger.

La rectrice Sophie D’Amours a fait le point sur la crise du coronavirus jeudi matin dans une salle qui sert justement de classe virtuelle. Les journalistes assistaient à cette présentation et posaient leurs questions via le web.

L’université, qui compte 45 000 étudiants, a eu un premier cas d’étudiant atteint de la COVID-19. Cet étudiant avait assisté à un cours à la faculté de droit.

Comme tous les établissements scolaires, l’UL est fermée au minimum jusqu’au 27 mars et peut-être pour plus longtemps, a indiqué la rectrice.

Depuis quelques jours, les professeurs et les chargés de cours s’affairent à transformer leurs cours pour qu’ils puissent se donner de manière virtuelle. Avant la crise, 27 % des crédits pouvaient être acquis en ligne à l’Université Laval. On vise à ce que ce soit le cas pour presque 100 % des crédits, a dit la rectrice. «C’est tout un chantier, mais à date, on a très peu de cours qui ne peuvent pas se donner en ligne d’une manière ou d’une autre», indique Mme D’Amours.

Les étudiants recevront les informations sur les cours virtuels au cours des prochains jours.

Pour l’instant, les stages en hôpital se poursuivent pour les étudiantes en soins infirmiers. Plusieurs autres futurs travailleurs de la santé ont toutefois vu leurs stages suspendus. 

Pour l’instant, la direction de l’Université Laval n’avait pas de réponse à donner aux finissants en médecine qui ont vu leurs examens de spécialité annulés.

La rectrice a souligné l’apport de professeurs-chercheurs de l’Université Laval qui, dit-elle, sont à pied d’œuvre pour développer des mécanismes de défense à la COVID-19, avec des chercheurs d’autres universités.

La rectrice estime que la diplomation pourra se faire de façon normale pour la grande majorité des finissants. Environ 12 000 étudiants obtiennent un diplôme de l’Université Laval chaque année.

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Éducation

Panique chez des enseignants du Québec après l’annonce de conventions collectives suspendues

MONTRÉAL - État de choc et de panique dans le milieu scolaire après l’envoi de certaines informations à des membres du personnel pour les aviser que leurs affectations, horaires et lieux de travail pourraient être modifiés, voire que «leurs conventions collectives ne tenaient plus», pour faire face à la situation actuelle liée à la pandémie de la COVID-19.

C’est ce qu’a raconté la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Ethier, en entrevue à La Presse canadienne mercredi soir après un entretien téléphonique avec le sous-ministre de l’Éducation, Éric Blackburn, dans l’espoir de clarifier la situation après avoir été inondée d’appels d’enseignants inquiets.

«On comprend que quelqu’un qui reçoit un courriel et qui se fait dire que sa convention collective ne s’applique plus est en situation de panique! On leur dit que l’ensemble de la convention collective ne s’applique plus alors que ce sont certaines dispositions, et seulement en cas de mesures d’urgence», a-t-elle déploré.

La CSQ représente plus de 200 000 membres, dont environ 125 000 font partie du personnel de l’éducation. Sa présidente dit avoir pris connaissance de l’arrêté ministériel en question, qui suspend ainsi certaines dispositions des conventions collectives de ses membres dans le réseau de l’éducation.

«C’est vraiment un arrêté ministériel pour prévoir le pire, mais les organisations syndicales n’ont pas été avisées et des consignes sont parties de tous bords, tous côtés, à l’ensemble du personnel, sans bien expliquer le sens voulu de cet arrêté ministériel. Ç’a alimenté la peur et les gens ont mal réagi», a affirmé Mme Ethier.

Le personnel de soutien aussi visé

Il n’y a pas que les enseignants qui ont reçu de telles directives puisque des avis similaires ont aussi été envoyés au personnel de soutien.

Dans une note interne de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries (CSDGS), obtenue par La Presse canadienne, il est indiqué «Afin de permettre à la CSDGS de maintenir ses activités essentielles, les horaires de travail pourraient être modifiés. Selon les besoins, vous pourriez donc être appelés à effectuer des tâches différentes, à l’extérieur des heures habituelles et de votre lieu de travail.»

Dans la Gazette officielle du Québec du 18 mars, il est effectivement indiqué que les conventions collectives ou ententes entre les commissions scolaires et l’ensemble des syndicats sont modifiées, notamment pour «permettre à l’employeur d’affecter le personnel à l’endroit et au moment où les besoins le justifient et que les articles relatifs aux horaires de travail sont modifiés pour permettre à l’employeur de répondre aux besoins.»

Sonia Ethier a dit prendre l’affaire très au sérieux, confiant même aux services juridiques de la CSQ le mandat d’analyser la situation. Elle a aussi eu des discussions avec des représentants de la FTQ et de la CSN à ce sujet.

Mise en garde au gouvernement

La présidente de la CSQ invite d’ailleurs le gouvernement Legault «à éviter d’adopter des mesures extrêmes, sans consultation, qui pourraient avoir l’effet contraire aux objectifs recherchés».

«On ne comprend pas le sens de cet arrêté ministériel étant donné qu’on a toujours dit que notre personnel était prêt à collaborer. Tout le monde est en état de choc. On ne s’attendait pas à ça. Il y a eu vraiment un manquement grave de la part du gouvernement.»

Pour Mme Ethier, il doit y avoir une collaboration étroite entre les employeurs et les organisations syndicales pour que les consignes soient claires et identiques dans tous les milieux afin de ne pas créer de la confusion justement.

Rappelons que toutes les écoles du Québec sont fermées, en principe jusqu’au 30 mars, dans l’espoir de freiner la propagation du nouveau coronavirus. Toutefois, le premier ministre François Legault a laissé entendre récemment que cette fermeture pourrait se prolonger jusqu’à l’automne, voire jusqu’en décembre si nécessaire.

Éducation

COVID-19: une fin de session en ligne pour l'Université Laval

L’Université Laval entame la transition d’un maximum de cours en présentiel vers des cours en ligne. Ces changements se feront graduellement d’ici les deux prochaines semaines, et ce pour le reste de la session. 

Les étudiants recevront les informations nécessaires au cours des prochains jours, entre autres les renseignements concernant la tenue des examens. Le 13 mars, l’université annonçait la suspension des cours en présentiel pour les deux prochaines semaines en raison des nouvelles directives du gouvernement provincial, l’objectif étant de limiter la propagation de la COVID-19.

L’UL assure travailler rapidement afin d’informer le personnel enseignant et administratif des modifications qu’implique ce travail de transition. «Nous comprenons que ce changement de mode de prestation aura un impact important sur notre communauté et que vous avez de nombreuses questions à ce sujet. Nous vous demandons de faire preuve de patience alors que nous cherchons à répondre à ces questions», écrit l’UL sur son site Web. 

Pour tous les cours déjà offerts en ligne, ils se poursuivront à compter de lundi 16 mars, comme à l’habitude. 

Les étudiants inscrits aux cycles supérieurs peuvent toujours accéder aux laboratoires de recherche si cette visite est essentielle à la continuité de leurs travaux de recherche. 

«La décision du gouvernement de suspendre les activités pédagogiques en présentiel a pour objectif de diminuer la propagation de la COVID-19. Dans ce contexte, nous recommandons aux étudiantes et étudiants d’éviter les réunions d’équipe et les rassemblements non essentiels sur le campus. Nous leur recommandons d’utiliser les outils de travail en ligne», écrit aussi l’UL.  

Il est à noter que les services administratifs de l’Université Laval sont maintenus. Ils fonctionneront toutefois au ralenti, en raison d’un effectif réduit. Les horaires seront modifiés le cas échéant. 

Toutes les activités sportives au PEPS sont suspendues et la bibliothèque est accessible uniquement en ligne.

Université Laval - Coronavirus (COVID-19)

Actualités

Garderies en milieu familial: maintien des moyens de pression vendredi

MONTRÉAL — Des responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) du Québec annoncent vendredi le maintien de leurs moyens de pression: elles seront en grève pendant une heure et 45 minutes dans le cadre d’une septième semaine de grèves progressives.

Ces 10 000 membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), dont 99 % sont des femmes, ouvriront donc leurs portes une heure et 45 minutes plus tard que d’habitude.

Dimanche dernier, elles se sont prononcées dans une proportion de 97,5 % en faveur d’une grève générale illimitée partout au Québec à compter du 1er avril prochain.

Entre-temps, une multitude de commissions scolaires et d’écoles privées du Québec ont annoncé la fermeture de leurs établissements en raison des risques de contagion au nouveau coronavirus, la COVID-19.

La rémunération constitue le principal point en litige dans les discussions entre la FIPEQ et le ministère de la Famille. Les responsables de services éducatifs touchent une subvention du ministère pour dispenser le service à leur domicile.

Elles ont fait estimer leur rémunération à partir du montant de la subvention et leurs heures de travail et autres dépenses. La FIPEQ en conclut qu’elles touchent 12,42 $ l’heure et revendique l’équivalent d’un salaire horaire de 16,75 $, ce qui correspond au premier échelon pour une éducatrice non qualifiée en centre de la petite enfance (CPE).

Selon ses calculs, la plus récente offre gouvernementale revenait plutôt à 12,48 $/h. Quant au ministère, il ne diffuse pas ses propres chiffres.

Éducation

COVID-19: des écoles de Québec ferment en réponse aux directives du gouvernement

Plusieurs écoles privées de la région de Québec ont choisi de fermer leurs portes vendredi, en réponse à la situation entourant la propagation du coronavirus.

L’école Saint-Jean-Eudes, l’Académie Saint-Louis, le Séminaire Saint-François et le Collège Jésus-Marie de Sillery se plient aux directives du gouvernement de François Legault

«La Direction du Collège a pris la décision de placer une journée pédagogique spéciale, demain le vendredi 13 mars. [...] Pour la direction, cette journée permettra l’analyse de la situation, au regard de notre réalité. Plusieurs scénarios seront envisagés», peut-on lire sur le message du Collège Jésus-Marie. 

«Étant donné les informations données lors du point de presse du premier ministre du Québec de ce midi en lien avec la COVID-19, l’équipe de direction de l’Académie Saint-Louis a pris la décision de placer une journée pédagogique spéciale, demain, le vendredi 13 mars. Tous les élèves (préscolaire, primaire et secondaire) demeureront à la maison. Il n’y aura pas de service de garde. Cette journée permettra à l’équipe de direction d’étudier les mesures émises et de mettre en place son plan d’action», dit aussi l’Académie Saint-Louis.

Les écoles ont aussi informé que tous les membres du personnel et les élèves qui reviennent de voyage scolaire seront placés en isolement volontaire pour une période de 14 jours. 

Actualités

COVID-19: des remous jusque dans les écoles du Québec

La COVID-19 crée des remous dans les établissements d’enseignement : les profs revenant de voyage doivent rester à la maison ; il est interdit de réunir plus de 250 élèves dans une salle ; les séjours scolaires hors du Canada sont proscrits ; les étudiants étrangers n’ont plus le droit de venir nous visiter. Aussi, toute école où un seul cas sera confirmé devra barrer ses portes pour «une durée minimale de 14 jours».

Le gouvernement québécois songe même à fermer l’ensemble des écoles.  «On n'est pas rendu là. Mais, à ce moment-ci, on ne peut rien exclure», a indiqué le premier ministre François Legault en conférence de presse. «Vous avez vu des pays qui le font, des pays qui sont plus infectés que le Québec. Donc […] les prochaines semaines vont être critiques. Les deux, trois prochaines semaines, on va voir comment les infections évoluent, puis là, bien, les mesures pourraient évoluer.»

Quand le coronavirus (COVID-19) circulera dans la population québécoise, quand il n’infectera pas seulement les voyageurs, la décision de fermeture pourrait tomber, précise le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique. «Quand il va y avoir de la circulation locale, ça se peut qu'on ferme les écoles.»

«Pas à ce moment-ci»

«On ne demande pas de fermer des écoles à ce moment-ci», a insisté le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, un peu plus tard jeudi, au sortir d’une rencontre spéciale sur le coronavirus, tel que rapporté par des collègues de La Presse.

Quoi qu’il en soit, une directive transmise par l’État à tout le réseau de l’éducation stipule qu’il ne faudra qu’un élève atteint, qu’un employé malade, pour qu’une école cesse ses activités. «Prenez note que conformément aux recommandations de la Direction de la Santé publique, si un cas était confirmé dans un établissement du réseau de l'éducation, nous procéderons à la fermeture immédiate de celui-ci pour une durée minimale de l4 jours ou jusqu'à ce que l'ensemble des élèves et des membres du personnel soient testés», lit-on dans le document portant la signature du sous-ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Éric Blackburn.

Aussi, les autorités demandent aux parents, aux étudiants et aux travailleurs du réseau d’avertir la direction de leur établissement s’ils ont été en contact avec une personne ayant visité un pays à risque. A fortiori s’ils ont eux-mêmes visité un tel pays.

Des élèves seront soumis à une quarantaine.

Éducation

Des cafés étudiants dans le pétrin à l'Université Laval

2323 $, c’est le montant prélevé chaque jour par l’Université Laval aux quelque 16 cafés, comptoirs et carrefours alimentaires étudiants. Depuis le mois de novembre, la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) implore l’administration de diminuer les frais de bail facturés à ces concessions qui peinent à joindre les deux bouts.

La faillite continue de planer au-dessus des bannières de certains cafés et des comptoirs alimentaires étudiants à l’Université Laval. Près d’un an après la fermeture du Prolo Cuisine en raison de «difficultés financières», la requête semble toujours d’actualité. Le prix des loyers mettrait certains en péril, selon Laurence Vaillancourt, présidente de la CADEUL.

Depuis l’envoi de sa demande initiale en novembre, la CADEUL estime les frais de loyer facturés aux concessions à plus de 260 000 $. Annuellement, ce montant atteindrait tout près de 850 000 $, au dire de la plus importante association étudiante de l’Université Laval. 

Une action de mobilisation a eu lieu lundi devant le pavillon des sciences de l’éducation, où la vaste majorité des membres de l’administration travaille. Quelques dizaines d’étudiants, représentants des associations et des concessions alimentaires s’étaient alors réunis «pour les sensibiliser à l’enjeu».

Une situation répandue

«Ça presse d’arriver à une entente», martèle la présidente de la CADEUL, qui représente les 33 000 membres étudiants du premier cycle. Selon l’organisation, certains loyers sont jusqu’à trois fois plus élevés que le marché de la restauration à Québec.

«Au Toast Café, la situation financière est problématique. On ne fait pas suffisamment de revenus, alors on diminue les heures d’ouverture et on monte les prix», explique Cyndelle Gagnon, une employée, qui confirme que ces mesures ne font pas l’unanimité auprès de la clientèle du pavillon Paul-Comtois. 

«L’Association générale des étudiants en agriculture, alimentation et consommation [AGETAAC] doit payer le loyer», ajoute l’étudiante en agronomie, elle-même vice-présidente aux affaires internes à l’AGETAAC. «L’argent est donc malheureusement pris directement de la poche des étudiantes et des étudiants.»

Son de cloche similaire du côté du Cétéris Paribouffe, alors que les enjeux financiers assombrissent le paysage. «Le prix trop élevé des loyers nuit à notre survie et les personnes travaillant au Cétéris le font bénévolement», témoigne Noémie Collin-Paré, coordonnatrice du café du pavillon Charles-De Koninck.

La CADEUL, propriétaire de certaines concessions comme Saveurs Campus, affirme aussi avoir été contrainte d’entamer des réflexions «au détriment de la communauté étudiante». Les heures de services ont donc été restreintes.

«Réflexion de plusieurs mois»

Avant les Fêtes, la CADEUL envoyait une lettre à l’attention du vice-recteur à l’administration, André Darveau. «L’Université se doit de voir ses installations alimentaires étudiantes comme un service à la communauté et non pas comme une vache à lait dans ses revenus», a revendiqué l’association par écrit. 

Puis, devant la «sourde oreille» de l’Université Laval, l’association a lancé la campagne Sauvons nos caf’s et cafés, en janvier, afin de mobiliser la communauté étudiante autour de l’enjeu, par le biais du mot-clic #ByeBail.

«On a eu quelques rencontres avec l’UL depuis février. On voit que le dialogue est ouvert, mais on nous mentionne une réflexion de plusieurs mois», déplore Laurence Vaillancourt, craignant que cette inaction entraîne la fermeture d’autres concessions.

Du côté de l’Université Laval, on affirme prendre des «décisions afin de favoriser l’atteinte d’objectifs au bénéfice de la communauté». Par courriel, on mentionne que les associations étudiantes «ont adhéré aux conditions d’affaires en vigueur sur le campus». «Si des ajustements auxdites conditions sont requis en raison d’un changement à l’environnement d’affaires, l’Université évaluera la situation», termine-t-on, ajoutant que les discussions en cours «depuis plusieurs mois» avec la CADEUL se poursuivent. «L’Université dit appuyer les initiatives étudiantes, mais nous appuyer serait d’offrir un loyer plus représentatif de nos profits», insiste Cyndelle Gagnon.

«On espère que ça se règle d’ici la fin de la session», laisse tomber Laurence Vaillancourt.

Éducation

Les femmes d’exception honorées à l’Université Laval [VIDÉO]

Dix femmes diplômées se démarquant par leur parcours académique et professionnel étaient à l’honneur, lundi, à l’Université Laval. Au lendemain de la Journée internationale des femmes, la première université francophone en Amérique et le Conseil du statut de la femme présentaient l’événement Éclairons toutes les voix. Dix femmes au parcours académique et professionnel étaient à l’honneur.

Pour la première fois, le Conseil du statut de la femme et l’Université Laval s’unissaient pour mettre de l’avant la vie de dix «pionnières» de la société québécoise.

«On présente le parcours de dix pionnières qui, dans différents secteurs, ont été les premières à obtenir des diplômes à l’Université Laval et qui ont contribué à faire évoluer le Québec», a mentionné la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours. On fait le lien entre l’enseignement supérieur et l’évolution du Québec et ces femmes qui ont osé qui ont eu le courage d’aller là où d’autres n’avaient pas été dans le passé.»

Parmi elles, la première diplômée en médecine à l’Université Laval en 1938 et la première Québécoise nommée à la Cour suprême du Canada en 1951.

«On a voulu reconnaître la contribution des premières diplômées et des pionnières qui ont tracé la voie, qui ont fait preuve de beaucoup de persévérance et qui sont encore aujourd’hui des modèles», a ajouté Me Louise Cordeau, présidente du Conseil du statut de la femme. 

Une table ronde réunissait aussi Claire Deschênes, France Légaré et Louise Provencher, afin de témoigner des défis rencontrés par les femmes dans différents domaines d’études, en fonction des époques. Elles sont respectivement la première femme à enseigner le génie à l’Université Laval, une chercheuse dont la carrière a un rayonnement international exceptionnel et la première femme chirurgienne générale dans la région.

Les 10 pionnières sont:

  • Jeanne Lapointe – Sciences sociales (1938) : première laïque diplômée aux cycles supérieurs à l’Université Laval
  • Yvette Brissette – Médecine (1938) : première femme diplômée en médecine à l’Université Laval
  • Louise Dumais – Sociologie (1945) : fondatrice du premier Département d’éducation physique au Québec
  • Ida Rowland – Service social (1948) : première femme noire à obtenir un doctorat à l’Université Laval
  • Claire L’Heureux-Dubé – Droit (1951) : première Québécoise nommée à la Cour suprême du Canada
  • Hélène Alarie – Bioagronomie (1963) : première femme agronome au Québec
  • Estelle Lacoursière – Sciences forestières (1969) : première femme à la maîtrise en sciences forestières
  • Christine Vallée – Architecture (1970) : première femme diplômée de l’École d’architecture de l’Université Laval
  • Pauline Marois – Service social (1971) : première femme première ministre du Québec
  • Laurie Rousseau-Nepton – Physique (2017) : première femme autochtone du Québec diplômée en astrophysique

Éducation

Des nouvelles écoles rénovées et agrandies avec des matériaux du Québec [VIDÉO]

Du bois d’ici, de l’aluminium d’ici, du bleu du Québec et de grandes fenêtres. Voilà les principaux critères qui serviront aux architectes des nouvelles écoles que Québec veut voir pousser au primaire et au secondaire.

Le premier ministre François Legault et le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, ont annoncé mardi à Montréal la nouvelle allure et la nouvelle signature des agrandissements, rénovations et futures écoles du Québec.

Québec veut aussi plus de gymnases et d’aires de jeux afin d’inciter les jeunes à bouger et à dépenser leur énergie pour mieux se concentrer après. Ces futures écoles comprendront également plus d’aires communes pour socialiser.

«C’est un peu gênant de se dire que sur les 2400 écoles qu’on a au Québec, il y en a 1800, donc les trois quarts, qui sont en mauvais état, a déploré le premier ministre Legault. Comme société, on ne devrait pas être fier de ça. On ne peut pas d’un côté dire “l’éducation, c’est notre priorité” et tout le monde fait des beaux discours, mais, en même temps, on a les trois quarts de nos écoles qui sont en mauvais état. En plus, beaucoup d’enfants sont dans des roulottes ou dans des locaux temporaires, parce qu’on n’a pas ajouté assez d’espaces assez rapidement.»

«Plusieurs centaines» d’écoles sont concernées, selon lui.

Priorités

Priorité sera donnée aux écoles qui manquent d’espace, qui sont surpeuplées et qui sont en mauvais état.

«D’abord, il y a une crise à gérer, il y a une crise à régler. Il y a des pénuries de locaux, c’est urgent. Il y a des écoles à Montréal où ça déborde vraiment; il y a même des écoles où il y a des fois deux ou trois dîners, des élèves qui dînent dans les rangées entre les casiers... c’est pas jojo! Il y a des endroits où on a fermé la bibliothèque, fermé le local d’art, fermé le local de musique. On manque de locaux», a décrit le ministre Roberge.

«On va rénover celles qui sont dans un état vétuste, délabré, qui sont cotées D et E. Mais on a suffisamment d’ambition et suffisamment de ressources budgétaires pour ne pas laisser tomber les autres», auxquelles on s’attaquera «rapidement» après, a assuré le ministre de l’Éducation.

Le gouvernement Legault avait déjà adopté un train de mesures en éducation avant celle-ci, notamment l’ajout de services aux enfants qui ont des difficultés d’apprentissage — ajout d’orthophonistes et autres spécialistes, ainsi que dépistage plus précoce des enfants ayant des difficultés — ajout de prématernelles 4 ans, ajout progressif d’une heure par jour pour les activités artistiques et sportives et l’aide aux devoirs.

Déjà, Québec a annoncé des travaux majeurs : construction de 20 écoles primaires et de 16 écoles secondaires, sans compter les autres projets d’agrandissement, de rénovation, a précisé le ministre Roberge.

Éducation

Deux boursières de 100 000 $ à Québec

Deux étudiantes de la région de Québec se sont vu attribuer la Bourse Loran évaluée à 100 000 $, soit la plus importante bourse de premier cycle de quatre ans au Canada.

Victoria Champagne, étudiante en Sciences humaines au Cégep Limoilou et Maryna Rusakova, étudiante au Collège Champlain St. Lawrence font partie des 36 jeunes à s’être distingués parmi plus de 5000 candidats canadiens. Seulement sept Québécois ont été récompensés.

La sélection s’effectue sur des indicateurs comme l’intégrité, le courage, la détermination et l’indépendance, qui témoignent du potentiel de l’étudiant. 

Éducation

Le ministre Roberge offre ses «excuses sincères» au professeur Weinstock

Quelques jours après avoir présenté des excuses plutôt mitigés au professeur Daniel Weinstock, le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, se reprend et lui offre ses «excuses sincères» pour l'avoir écarté, à titre d'expert, du forum de consultation sur la révision du cours d'éthique et de culture religieuse.

Par la même occasion, M. Roberge l'a invité à participer au prochain forum.

Éducation

Des parents québécois devant l’ONU

Un regroupement de 4000 parents québécois s’en va cogner à la porte de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour se battre contre l’école à trois vitesses, une forme de discrimination scolaire.

C’est le coordonnateur du mouvement «L’école ensemble», Stéphane Vigneault, qui en a fait l’annonce lors d’une entrevue avec La Presse canadienne diffusée vendredi.

Il a dit prendre les grands moyens, car le gouvernement du Québec n’est pas à l’écoute, selon lui. L’audience à l’ONU est prévue pour la mi-mars.

«Le ministre peut faire des labs-écoles, des maternelles 4 ans, même augmenter le salaire des profs, c’est comme dire : “On va mettre du nouveau gypse”. Mais la fondation est croche. Ça va constamment se refissurer, s’est-il exclamé. Malheureusement, il faut aller à une échelle internationale pour que quelqu’un d’autre porte nos questions.»

M. Vigneault s’insurge contre la «ségrégation scolaire» qui s’est installée au Québec au fil des ans, avec le financement des réseaux public, public sélectif et privé, alors que les enfants sont séparés dans des écoles différentes en fonction du revenu de leurs parents et de leurs résultats scolaires.

Il affirme avoir été surpris, lorsque sa fille est entrée à l’école primaire à Hull, de voir à peu près tous les parents abandonner l’école publique de quartier sans remords pour inscrire leurs enfants dans des programmes sélectifs.

«Tout de suite, moi j’ai vu ce qui allait arriver : on allait se faire écrémer les élèves les plus forts de notre école, donc on renforce le : “Ah, l’école n’est pas bonne” parce que les élèves pas bons y vont, les élèves bons la quittent.

«Aussitôt qu’on commence à offrir du “choix”, la ségrégation scolaire s’installe, c’est un cercle vicieux. C’est une personne, après ça deux, après ça dix, après ça l’école a mauvaise réputation et tout le monde la contourne», a-t-il déploré.

Le phénomène ne date pas d’hier : dès 2016, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) a déclaré dans un rapport que l’école québécoise est la plus inégalitaire au pays.

Le système d’éducation québécois favorise la concentration des élèves pauvres et en difficulté dans les écoles publiques ordinaires, constate M. Vigneault, qui considère que les conséquences de cette séparation physique entre enfants privilégiés et infortunés seront désastreuses pour le Québec, tant sur le plan social qu’économique.

Selon lui, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a eu plusieurs occasions d’agir pour régler le problème, entre autres avec son projet de loi pour baliser les frais scolaires l’an dernier, mais ne l’a jamais fait.

Tout récemment, lors de l’étude du projet de loi 40 qui abolit notamment les commissions scolaires, le ministre a fait preuve de «mauvaise foi» en refusant de répondre aux questions, accuse celui qui est le coordonnateur de «L’école ensemble» depuis 2017.

Il explique que le mouvement a fait parvenir un rapport au Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU l’enjoignant d’exiger du gouvernement québécois qu’il justifie sa politique de ségrégation scolaire en vertu de ses obligations en matière de droits de la personne.

Le Comité contrôle la mise en oeuvre du Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels, qui a été signé par le Canada, souligne Stéphane Vigneault. 

À cet égard, le Canada doit rendre des comptes environ tous les cinq ans concernant la mise en oeuvre de ses obligations découlant des traités.

M. Vigneault propose au Comité de prévoir au moins trois questions sur le Québec, concernant le financement des écoles privées, les frais imposés aux parents pour les programmes particuliers de type sports-études et la transparence des données scolaires.

Il espère que l’ONU émettra d’ici mars 2021 des recommandations au gouvernement du Québec, pour qu’il cesse notamment de subventionner avec des fonds publics l’école privée.

Le Comité se réunira à la mi-mars à Genève et «L’école ensemble» participera aux audiences par vidéoconférence. Le Comité fera paraître une semaine plus tard les questions qui seront adressées au Canada.

Éducation

Affaire Weinstock: l'opposition dénonce le ministre de l'Éducation

L'opposition libérale dénonce l'attitude jugée «cavalière» affichée cette semaine par le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, envers le philosophe et professeur de droit de l'Université McGill, Daniel Weinstock, spécialisé dans les questions d'éthique. M. Roberge a finalement reconnu son erreur, vendredi.

Considéré comme un expert en la matière, Daniel Weinstock devait participer en tant que conférencier à un forum sur l'avenir du cours d'éthique et culture religieuse (ECR), mais le ministère a retiré son invitation, peu après la publication, mercredi dernier, d'une chronique assassine de Richard Martineau, dans le Journal de Montréal.

La porte-parole libérale en éducation, la députée Marwah Rizqy, y voit «une attaque à la liberté académique» et un geste «honteux» de la part du ministre Roberge qui doit, selon elle, présenter ses excuses publiques au professeur.

«Manque de professionnalisme», «manque de jugement», «manque de rigueur» que cette façon de faire, selon Mme Rizqy, qui s'est montrée convaincue en entrevue téléphonique, vendredi, que le ministre Roberge était en train de se mettre à dos le corps professoral universitaire, dont elle-même fait partie, en tant que professeure de fiscalité rattachée à l'Université de Sherbrooke.

Le ministre Roberge «n'a même pas eu la décence d'appeler le professeur en question» pour lui annoncer le retrait de l'invitation, a dénoncé Mme Rizqy, déplorant le style «intempestif» du ministre.

Vendredi après-midi, en marge d'une conférence à Montréal, M. Roberge a fait «amende honorable», en admettant que les choses auraient dû se passer autrement.

«On aurait dû communiquer avec lui directement», a convenu M. Roberge en point de presse, en précisant qu'il s'était entretenu le matin même avec le professeur et que la conversation avait été «cordiale».

Sur le fond, cependant, la situation ne change pas: M. Weinstock pourra assister aux forums, mais ne sera pas conférencier, comme il était prévu au départ.

En entrevue à l'émission 24/60 diffusée vendredi soir à RDI, M. Weinstock s'est montré insatisfait des excuses présentées par le ministre.

«(Mon exclusion est) une manière d'écarter une voix sur la base d'une controverse que l'on a soi-même créée, ce qui me semble vraiment problématique et digne d'une véritable excuse de fond, a-t-il fait valoir. Le ministre s'est excusé pour une question que je qualifierais de politesse, plutôt que sur le fond.»

La chronique qui a mis le feu aux poudres faisait référence à des propos prêtés à M. Weinstock au sujet de l'excision des petites filles, au cours d'une conférence tenue en 2012.

M. Martineau a conclu des propos tenus à l'époque par l'universitaire qu'il favorisait «l'excision symbolique» des filles pratiquée par des médecins québécois.

Or, le professeur a expliqué par la suite qu'il avait simplement relaté, sans approuver cette pratique, que des médecins américains avaient pratiqué dans le passé des mutilations génitales «symboliques» à des petites Somaliennes pour leur éviter de retourner dans leur pays d'origine où elles seraient à coup sûr excisées.

Dans quelques entrevues publiées au cours des derniers jours, M. Weinstock a ajouté que l'excision était à ses yeux une «pratique inadmissible», tout en déplorant le fait que personne au ministère de l'Éducation ne l'avait contacté pour obtenir sa version des faits, ni effectuer quelque vérification que ce soit, avant d'annuler son invitation.

Vendredi, dans une brève mise au point, le chroniqueur Richard Martineau a reconnu la teneur «inexacte» de sa chronique dédiée à M. Weinstock.

Éducation

Les commissions scolaires anglophones contesteront la réforme devant le tribunal

MONTRÉAL — L’Association des commissions scolaires anglophones a fait savoir jeudi qu’elle allait bel et bien contester devant le tribunal la loi 40, même si les élections scolaires ne sont pas abolies pour les commissions scolaires anglophones, comme c’est le cas pour les francophones.

Le conseil d'administration de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec vient d'accorder un mandat en ce sens.

La réforme des commissions scolaires présentée par le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, transforme essentiellement les commissions scolaires en centres de services. Il n'y aura plus d'élections scolaires pour les commissions scolaires francophones, mais elles sont maintenues pour les anglophones. La loi prévoit aussi plusieurs autres dispositions, concernant par exemple la révision des notes des élèves et des pouvoirs plus importants accordés aux comités de parents.

Même si les élections scolaires ne sont pas abolies pour les commissions scolaires anglophones, ces dernières estiment qu'elles perdent leur latitude à gérer leurs institutions. Elles plaident donc le «droit de la communauté d'expression anglaise de gérer et de contrôler ses établissements d'enseignement de la langue minoritaire».

Elles invoquent l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui protège nommément le droit à l'instruction dans la langue de la minorité.

Dans un communiqué diffusé jeudi, l'association soutient avoir «tout fait pour s'asseoir et discuter avec le ministre de l'Éducation», en vain. «Les communautés minoritaires d'expression française hors Québec se sont jointes à nous pour dénoncer le mépris total des droits de la minorité dans le projet de loi 40. Malheureusement, c'est tombé dans l'oreille d'un sourd», écrit-elle.

Jointe au téléphone, l'association n'a pas voulu commenter au-delà de son communiqué.

Les 340 écoles primaires, secondaires ou centres de formation professionnelle publics qui sont représentés par cette association reçoivent quelque 100 000 élèves.

Éducation

Un parcours régulier de la première à la cinquième secondaire à Cardinal-Roy

Autrefois menacé de fermeture, le secteur régulier de l’enseignement secondaire de l’école Cardinal-Roy prendra finalement de l’expansion : les troisième, quatrième et cinquième niveaux seront ajoutés progressivement, pour autant que les jeunes du quartier soient au rendez-vous.

«Ça n’avait jamais été annoncé officiellement. Ça a été confirmé aujourd’hui [mercredi]», indique Véronique Gingras, conseillère en communication de l’ex-commission scolaire de la Capitale. 

Déjà, on savait que les première et deuxième années du secondaire «régulier» étaient sauvées. Il est maintenant acquis que les trois autres s’ajouteront. «La troisième secondaire va être introduite à partir de la rentrée scolaire 2022.» La quatrième, l’année suivante; la cinquième l’autre d’après.

«On est vraiment content de voir que les préoccupations du milieu ont été entendues et qu’on se retrouve avec une école de quartier gratuite et accessible», se réjouit Éloïse Gaudreau, animatrice coordonnatrice au Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur. «On encourage les gens à s’inscrire à leur école de quartier!»

Voilà l’aboutissement d’une mobilisation populaire qui avait culminé en décembre 2018. Quelque mois plus tôt, la direction de Cardinal-Roy avait annoncé vouloir fermer ses classes régulières et de l’adaptation scolaire, faute de soutien financier de l’État. Les demandes d’admission pour les programmes spécialisés en arts et sports étaient en croissance et on cherchait des classes pour y répondre. Faute de subsides gouvernementaux pour aménager de nouveaux locaux, l’administration avait choisi d’abandonner sa mission de base pour favoriser ses programmes contingentés.

Il faut dire que, au fil des ans, les niveaux supérieurs avaient déjà été abandonnés; il ne restait que des groupes de première et deuxième secondaire du régulier.

Volte-face avant Noël

Finalement, un peu avant le congé des Fêtes 2018, la commission scolaire avait fait volte-face et avait autorisé le maintien du secteur régulier à Cardinal-Roy. Au cours de l’été 2019, le gouvernement de la Coalition avenir Québec avait octroyé plus de 15 millions $ à la direction pour remplir sa mission renouvelée.

Puis, durant les dernières semaines, l’ex-commission scolaire de la Capitale a consulté des conseils d’établissements des écoles primaires du quartier : partout on a appuyé le projet d’offrir un parcours scolaire complet à Cardinal-Roy, note Véronique Gingras. «Les avis reçus ont permis, après analyse, de donner l’aval au projet de troisième à cinquième secondaire au secteur régulier.»

«Ainsi, une superbe opportunité est offerte aux familles du secteur qui pourront y inscrire leur enfant pour tout le parcours secondaire», célèbre le communiqué de presse diffusé mercredi. Malheureusement pour ces parents du bassin de l’école Cardinal-Roy, cette annonce survient après la période d’inscription pour la prochaine année scolaire, terminée depuis le 14 février.

Cette année, l’école Cardinal-Roy accueille environ 910 jeunes : 50 élèves dans le secteur régulier Découvertes (première et deuxième secondaire); 788 en Sport-Arts-Études (première à cinquième secondaire); 62 élèves en cheminement particulier.

À LIRE AUSSI: Finies les classes régulières à Cardinal-Roy?

La direction de Cardinal-Roy se tourne vers l’avenir

Éducation

30 000 élèves privés de leur semaine de relâche?

EXCLUSIF / Les 30 000 élèves de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries risquent de ne pas avoir de semaine de relâche l’an prochain. À couteaux tirés avec la direction depuis trois ans, les enseignants songent à retarder la rentrée d’une semaine et ainsi biffer le congé de mars du calendrier scolaire 2020-2021.

«Notre intention est qu’il y ait une semaine de relâche l’an prochain», assure néanmoins au Soleil la secrétaire générale de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, Martine Chouinard, voulant se faire rassurante.

Commission scolaire devenue centre de services il y a quelques jours avec l’adoption de la loi 40 sous bâillon, les Premières-Seigneuries regroupe 45 écoles sur un territoire couvrant en gros Charlesbourg, Beauport, la Côte-de-Beaupré et l’île d’Orléans. Quelque 3000 enseignants y travaillent.

Camps patronal et syndical sont en attente d’une décision d’arbitrage sur un grief déposé au sujet des arrangements locaux de leur convention collective, volet incluant le calendrier scolaire. La décision est attendue dans les prochains jours.

Mais le temps presse. Par exemple, la Commission scolaire de la Capitale, voisine, publiera la semaine prochaine ses calendriers des trois prochaines années. Avec semaine de relâche.

Les semaines de relâche de 2022 et de 2023 sont donc aussi en jeu aux Premières-Seigneuries, puisque le tout se décide à coup de trois ans. Elles pourraient être réintroduites en chemin à la suite d’une entente.

Une situation semblable a déjà eu lieu à Saint-Jean-sur-Richelieu, à la Commission scolaire des Hautes-Rivières. En 2016, il n’y avait pas eu de semaine de relâche à cause d’un conflit similaire.

Les congés spéciaux

Le calendrier scolaire provincial que toutes les écoles du Québec pourraient suivre stipule que l’année de travail des profs s’étale du 1er septembre au 30 juin. Chaque année. C’est conventionné dans l’entente nationale, tout comme les salaires et de nombreuses autres clauses. Entente sur le point d’être renégociée avec le gouvernement Legault, ce printemps.

Mais dans chaque commission scolaire, on négocie ensuite un paquet de clauses qu’il est donné d’appeler les arrangements locaux. Ces arrangements comprennent le calendrier scolaire, convenu entre la direction de la commission scolaire et le syndicat de ses enseignants.

Depuis une quarantaine d’années au Québec, les profs conviennent donc avec leur commission scolaire respective d’une rentrée une semaine plus tôt, fin août, en échange d’une semaine de congé, début mars.

Les arrangements locaux incluent une vingtaine de clauses. Dont les modalités d’utilisation de la liste de rappel et les demi-journées de congés spéciaux pour s’occuper de son enfant. Aux Premières-Seigneuries, ces demi-journées étaient au nombre de six, trois journées complètes. C’est sur ce terrain que les deux partis s’affrontent.

Car sous justification de la pénurie de main-d’œuvre qui sévit dans les écoles, la direction de la commission scolaire interdit depuis trois ans la prise de ces demi-journées de congés spéciaux pour jeune enfant.

En fait, depuis 2017, mais après avoir obtenu une entente sur le calendrier pour les trois années suivantes, donc les relâches de 2018, de 2019 et de 2020, la commission scolaire a fait tomber tous les arrangements locaux. Comme le permet la loi après la signature d’une nouvelle entente nationale, celle de 2016.

Le syndicat ne voit pas pourquoi certaines clauses des arrangements locaux tiendraient toujours, tel le calendrier modifié avec une semaine de relâche, mais que d’autres, tels les congés spéciaux pour jeune enfant, n’existent plus. De là le grief.

Des négociations sur la question ont lieu depuis trois ans. En 2017, les offres patronales ont été refusées à 87 % par les syndiqués. À l’automne 2019, après une vingtaine de séances de médiation, 51 % ont voté contre en assemblée générale.

«On a encore du temps»

«C’est plus compliqué que relâche ou pas relâche», explique Daniel Gauthier, président par intérim du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SERQ). Ce syndicat défend aussi les intérêts des profs de la Commission scolaire de la Capitale, où les arrangements locaux ont été reconduits.

«Dans l’enseignement, on est autour de 80 % de femmes. Pas besoin de vous dire que ces demi-journées pour enfant sont très précieuses. Mais la commission continue d’appliquer les arrangements locaux qui font son affaire. Je leur ai dit : “Tu ne peux pas attacher ton bateau au bout du quai et penser qu’au lendemain d’une tempête, le quai n’est plus là, mais que ton bateau est encore là”», dit M. Gauthier, illustrant comment les arrangements locaux forment un tout.

Le syndicat n’attend qu’un petit ajout à l’offre patronale pour faire une nouvelle recommandation aux membres. M. Gauthier ne croit plus pouvoir retrouver pour ses membres l’ensemble des six demi-journées de congés spéciaux, pour lesquelles la commission est pourtant compensée financièrement par le ministère de l’Éducation.

«On nous dit : “Pas de semaine de relâche?” Pas de semaine de relâche comme pas de congés spéciaux ni d’arrangements sur les listes de rappel», résume le président du SERQ.

La direction de la commission scolaire ne perd pas espoir d’inscrire une semaine de relâche à son prochain calendrier. «On n’est pas encore en retard sur l’émission des calendriers. C’est sûr qu’en ce moment, on tiendrait notre période de consultation sur les calendriers, mais on a encore du temps», conclut la secrétaire générale, parlant d’une date butoir quelque part en mars.

Les Premières-Seigneuries couvre 33 écoles primaires, huit écoles secondaires, trois centres de formation professionnelle et un centre d’éducation des adultes.

Éducation

Terrains pour les écoles: Québec maintient sa position face aux villes

Québec demeure inflexible : pas question d’offrir une compensation financière aux villes qui seront forcées de céder des terrains pour y construire des écoles.

Les arguments présentés par quelques porte-parole du monde municipal, au cours d’une rencontre d’environ une heure mercredi, n’ont pas convaincu le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, et la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, de changer d’idée.

Le gouvernement et les municipalités se retrouvent donc dos à dos, dans une impasse causée par la loi 40.

Au bout du compte, ce sont les contribuables qui pourraient bien devoir payer la note, sur leur compte de taxes municipales.

Avec sa loi 40, le gouvernement permettra aux futurs centres de services scolaires d’acquérir des terrains municipaux sans débourser un sou. Les villes y voient un affront inacceptable, qui les privera éventuellement d’importantes sources de revenus.

Les maires ne cachent pas que le compte de taxes devra compenser ce manque à gagner.

Dans les plus grandes agglomérations «c’est en dizaines de millions [de dollars] que ça se compte», a calculé le maire de Gatineau et président du caucus des grandes villes de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Maxime Pedneaud-Jobin, en parlant du manque à gagner anticipé. À Montréal, il estime le trou financier éventuel à des centaines de millions.

«Ce n’est pas aux municipalités à assumer les responsabilités du gouvernement du Québec en matière d’éducation», a renchéri la présidente intérimaire de l’UMQ, Suzanne Roy, en mêlée de presse, au terme de la rencontre tenue au parlement, en fin de journée.

Conséquence inévitable : la loi 40, qualifiée de «vraiment radicale» par Mme Roy, aura «des impacts sur les comptes municipaux, c’est clair».

Les ponts ne sont cependant pas coupés : une autre rencontre est prévue dans deux semaines.

La ministre Andrée Laforest, qui a qualifié la rencontre de «cordiale», a résumé ainsi la situation au terme de la rencontre : «Le fond reste le même».

Le ministre Jean-François Roberge a dit que la rencontre avait au moins permis de clarifier le «changement de paradigme» inscrit dans la loi 40, dont le but premier était d’éliminer les élections scolaires et les commissions scolaires.

Plus tôt, en mêlée de presse, le premier ministre François Legault a cherché à se faire rassurant.

«J’anticipe aucune hausse de taxes municipales», a-t-il dit, faisant valoir que lorsqu’une nouvelle école apparaissait dans un quartier, cela entraînait de la construction domiciliaire, donc «il devrait peut-être même y avoir une baisse de taxes».

Opposition

En matinée, l’opposition libérale avait sonné l’alerte, disant craindre que la loi 40 aurait précisément pour effet de faire gonfler le compte de taxes municipales.

La loi 40, adoptée sous bâillon dans la nuit de vendredi à samedi, stipule que le gouvernement donne au maximum deux ans aux futurs centres de services scolaires pour négocier avec les villes la cession de terrains convoités pour construire des écoles.

«Comment se fait-il que ce gouvernement-là n’a pas prévu ça?» s’est interrogé le chef libéral Pierre Arcand, en mêlée de presse, se disant persuadé que «c’est le citoyen qui va payer» au bout du compte.

«Toujours plus d’arrogance, toujours moins de transparence», a résumé de son côté la porte-parole péquiste en éducation, la députée Véronique Hivon, qui reproche au gouvernement d’avoir procédé «en catimini» dans ce dossier, «à la sauvette», sans consultation, un grave accroc à la démocratie, selon elle.

Éducation

Écoles hassidiques illégales: Québec savait depuis longtemps, dit une fonctionnaire

Une fonctionnaire qui supervisait la conformité de l’enseignement privé au ministère de l’Éducation a déclaré au tribunal mardi que le gouvernement savait depuis des dizaines d’années que des enfants juifs hassidiques à Boisbriand ne recevaient pas l’éducation laïque exigée par la Loi sur l’instruction publique.

Yochonon Lowen et Clara Wasserstein demandent à la Cour supérieure un jugement déclaratoire contre le gouvernement du Québec, qu’ils accusent de ne pas leur avoir assuré une éducation adéquate, comme le prévoit la loi. Le couple, qui a quitté la communauté ultra-orthodoxe Tash en 2010, soutient qu’il n’a reçu pratiquement aucune instruction laïque alors qu’il fréquentait l’école religieuse privée dirigée par cette communauté hassidique à Boisbriand, au nord de Montréal, dans les années 80 et au début des années 90.

Maryse Malenfant, qui était à la Direction de l’enseignement privé au ministère, a admis mardi devant le tribunal qu’elle avait pris conscience dès 2005 qu’aucun des garçons fréquentant les écoles religieuses de la communauté Tash n’était scolarisé selon les normes. Elle soutient que cette situation persistait déjà depuis plusieurs années, mais que la législation en vigueur à l’époque donnait au gouvernement du Québec des pouvoirs limités pour enquêter sur ces cas. À titre d’exemple, les inspecteurs ne pouvaient pas enquêter sans connaître l’adresse exacte de l’école, a-t-elle expliqué.

Interrogée par le juge Martin Castonguay, Mme Malenfant a indiqué que le ministère savait que des enfants ne fréquentaient pas l’école entre 2002 et 2005, mais ne savait pas par ailleurs où ces enfants se trouvaient exactement. Elle a soutenu que c’est à la suite d’une plainte que des fonctionnaires du ministère ont finalement visité en 2009 l’école pour garçons à Boisbriand.

Interrogée par l’avocat du couple, Bruce Johnston, Mme Malenfant a reconnu qu’en 1995, un rapport suggérait déjà que les autorités étaient au fait que la communauté hassidique dirigeait depuis 1980 des écoles religieuses illégales - ou qu’elle n’éduquait pas ses enfants conformément à la loi. Le rapport, qui traitait de la demande de permis pour une école hassidique pour filles, reconnaissait que le ministère de l’Éducation s’efforçait de «régulariser» la situation des enfants de cette communauté depuis l’ouverture de l’école en 1980.

Selon ce rapport, la demande de permis constituait une tentative de corriger la situation d’illégalité dans laquelle se trouvait l’école depuis son ouverture en 1980. Or, on ajoutait que rien n’avait changé pour les garçons des écoles primaires et secondaires hassidiques de la communauté Tash, qui recevaient essentiellement une éducation religieuse.

Dans leur demande introductive d’instance, M. Lowen et Mme Wasserstein affirment qu’ils n’ont reçu pratiquement aucune éducation laïque lorsqu’ils ont fréquenté les écoles religieuses de Tash. Ils soutiennent qu’en raison d’un manque d’éducation et de compétences linguistiques, ils ont du mal à trouver un emploi et à s’intégrer dans la société québécoise depuis leur retrait de la communauté ultra-orthodoxe en 2010.

Enseignement à la maison

Lundi, les avocats du gouvernement et ceux de la communauté Tash ont fait valoir que ces problèmes avaient été depuis résolus, grâce à des modifications apportées à la Loi sur l’instruction publique et à des ententes sur l’enseignement à la maison conclues entre les communautés juives et des commissions scolaires.

Le projet de loi 144, adopté en 2017, a conféré au gouvernement de plus larges pouvoirs pour imposer la fréquentation scolaire obligatoire; il a aussi obligé les autorités à créer un ensemble de normes pour l’enseignement à la maison. Cette loi a été modifiée par le gouvernement caquiste l’année dernière afin de renforcer les mesures visant à garantir la conformité et obliger les élèves à passer les examens du ministère.

Caroline Kelly, directrice de l’enseignement à la maison au ministère de l’Éducation, a déclaré au tribunal mardi que quelque 830 enfants de la communauté Tash de Boisbriand avaient été inscrits à ce système d’enseignement par le biais de la Commission scolaire Wilfrid-Laurier. Depuis qu’une entente avec cette communauté est entrée en vigueur en 2018, la commission scolaire a embauché trois conseillers à temps plein, a-t-elle dit. Ces conseillers travaillent de concert avec d’autres membres du personnel qui fournissent des ressources et des programmes éducatifs aux familles et rencontrent chacune d’entre elles au moins une fois par année.

Mme Kelly a aussi déclaré que les membres de la communauté hassidique rencontraient régulièrement des représentants de la commission scolaire et du ministère pour discuter des récentes modifications législatives qui prévoient que les élèves scolarisés à la maison devront satisfaire aux exigences minimales dans des matières telles que les langues, les mathématiques, les sciences et les études sociales.

Quelque 1400 élèves scolarisés à la maison dans d’autres communautés hassidiques de la région de Montréal sont aussi inscrits auprès de la Commission scolaire English-Montréal, a précisé Mme Kelly. Les familles hassidiques sont tenues de suivre les mêmes règles que tout autre élève scolarisé à la maison au Québec, a rappelé la directrice de l’enseignement à la maison.

Témoignant à l’audience lundi, Marie-Josée Bernier, de la Direction de la protection de la jeunesse, soutenait qu’une évaluation de l’enseignement prodigué à 320 garçons dans la communauté, en 2014, avait révélé que 280 d’entre eux ne recevaient pas l’instruction requise par la loi : la plupart de ces garçons qui parlaient yiddish étaient notamment incapables d’écrire ou de communiquer en anglais ou en français. La situation s’était nettement améliorée en 2017, a-t-elle dit, mais les connaissances de nombreux garçons étaient toujours inférieures à celles de leurs pairs du même âge.

Éducation

Voyage scolaire en péril: «On a annoncé aux filles qu’elles ne viendraient pas»

«Nous avons annoncé aux filles aujourd’hui [lundi] qu’elles ne viendraient pas avec nous. Nous sommes dévastés. On va avoir le cœur gros de les laisser à Québec.»

L’histoire de Eunice et Delphine Banza, réfugiées congolaises débarquées à Québec en 2014 sans leurs parents, avait touché plusieurs lecteurs du Soleil. Élèves finissantes de l’école secondaire Vanier de 17 ans et 18 ans, les sœurs sont empêtrées dans les dédales de l’administration fédérale.

Résumons : depuis un an et demi, elles amassent des fonds avec une quinzaine d’autres élèves pour un voyage humanitaire au Costa Rica. Elles avaient déjà participé à un séjour aux États-Unis avec l’école, sans embûches majeures; leur statut de résidente permanente suffisait pour franchir la douane de Donald Trump.

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Mais le Costa Rica est plus exigeant. Dès l’été 2018, elles ont donc entrepris les démarches pour obtenir leur citoyenneté canadienne, ce qui permettait ensuite de mettre la main sur le passeport canadien exigé par le pays d’Amérique centrale. 

Leur oncle, qui a déposé sa demande en même temps qu’elles, a décroché le sésame. Pas les sœurs Banza. 

Leur dossier de citoyenneté a tourné en rond. La tante et tutrice des Banza a mal compris les directives, a rempli un premier formulaire en tant que mère. Puis a recommandé en cochant la case «tutrice». Mais le mal était fait, le dossier venait de déraper. 

Le bureau du député-ministre Jean-Yves Duclos est intervenu. Sans le succès espéré.

Intervention de la consule

Les profs ont alors interpellé Le Soleil et ICI Radio-Canada dans l’espoir de secouer les autorités. 

Il y a eu des échos jusqu’à l’ambassade du Costa Rica à Ottawa. La consule au Canada a tenté d’intercéder en faveur des élèves de Québec, a tenté de leur obtenir un passe-droit. Sans succès. «Jeudi, on a reçu un message de la consule», raconte l’enseignant de sciences, Martin Ouellet. «La réponse est : “Non”.»

Lundi donc, à deux semaines du départ, les trois professeurs accompagnateurs ont dû se rendre à l’évidence. Avec les vaccins à recevoir, le passeport manquant, les achats à faire avant de fermer la valise et les autres préparatifs, il était temps de faire cesser le suspense. Ils ne voulaient pas entretenir de faux espoirs. 

«On a annoncé aux filles, qu’à moins d’un miracle, c’était impossible», laisse tomber avec émotions Martin Ouellet. «On a tout tenté ce qui était à notre portée.»

«Je suis extrêmement déçu», témoigne-t-il. «On avait juste 15 élèves avec trois accompagnateurs; le groupe était soudé serré.»

Lundi, Delphine et Eunice ne se sont pas présentées au cours d’espagnol hebdomadaire avec les autres. Les sœurs ne pouvaient pas supporter. «Les filles sont très déçues.»

«Ça fait un an et demi qu’on travaille sur ce voyage-là», répète l’enseignant, choqué. Les jeunes ont investi chacune plusieurs centaines de dollars en plus d’en amasser environ 2700 $ pour participer à l’aventure. Sommes qui pourraient être perdues.

Résilience

Néanmoins, au-delà du dépit, les sœurs Banza ont fait preuve de résilience, note M. Ouellet. L’école prépare un autre séjour, à Boston celui-là. Pendant la relâche, pendant que leurs amis seront au Costa Rica, elles ont dit aux profs qu’elles vont travailler pour amasser les sous nécessaires au voyage chez l’oncle Sam.

Éducation

Forum sur les écrans et les jeunes: la tablette au secondaire au banc des accusés

QUÉBEC - Plusieurs experts s’interrogent sur la pertinence d’avoir une tablette à l’école secondaire.

Dans la Silicon Valley, aux États-Unis, les parents choisissent de plus en plus des écoles privées qui n’ont aucune technologie.

Peut-être savent-ils quelque chose que nous ne savons pas, a illustré la professeure Caroline Fitzpatrick, de l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse.

Environ une centaine de chercheurs sont réunis à Québec, lundi, pour participer au tout premier forum gouvernemental sur l’utilisation des écrans et la santé des jeunes.

En moyenne, les adolescents passent sept à huit heures par jour devant des écrans. «C’est beaucoup plus significatif que prévu», a déclaré Patricia Conrod, du Département de psychiatrie à l’Université de Montréal.

La chercheuse Tania Tremblay, du Collège Montmorency, s’est dite abasourdie de voir les écoles privées du Québec imposer la tablette, alors qu’il n’y a aucune étude qui a mesuré son impact notamment sur la dynamique familiale.

Selon elle, de plus en plus de parents se plaignent que cette dynamique familiale est devenue «très complexe».

Le parent, dit-elle, se retrouve complètement «déboussolé» et hérite d’une «charge de plus». Même si les adolescents utilisent la tablette pour étudier, ils sont distraits par toutes sortes de sonneries, avance-t-on.

Mélanie Henderson, pédiatre endocrinologue au CHU de Sainte-Justine, y est allée d’une anecdote personnelle: sa fille au secondaire lui a rapporté avoir cassé son iPad pendant son cours de gym.

«Est-ce que vraiment on utilise le iPad à sa juste valeur? J’ai de sérieux doutes», a-t-elle déclaré.

Doit-on retirer son enfant d’une école qui impose la tablette, s’est demandé la directrice générale du Centre Cyber-aide, Cathy Tétreault, qui dit s’inquiéter pour la santé, la sécurité et la sexualité des jeunes.

«Je suis vraiment soulagée de ce que j’entends (...) j’en tremble, a-t-elle relaté devant le groupe, en disant avoir longtemps été traitée d’«alarmiste».

Mme Conrod a dit avoir observé une croissance du nombre d’adolescents aux prises avec des troubles anxieux, de la dépression et des idées suicidaires.

«Est-ce que le temps d’écran est lié à cette tendance?» a-t-elle lancé.

Le forum de lundi réunit des experts. Une deuxième journée de consultations est prévue le 20 mars, cette fois avec des groupes communautaires. Le tout devrait éventuellement déboucher sur un plan d’action gouvernemental.

Éducation

D'ex-commissaires scolaires craignent un «système scolaire à deux vitesses»

MONTRÉAL — Des commissaires scolaires dépouillés de leur poste à la suite de l'adoption sous bâillon du projet de loi 40 dans la nuit de vendredi à samedi, craignent que la réforme de l'éducation engendre d'importantes conséquences pour certains élèves en difficultés.

Par exemple, l'ancien président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin, croit que la nouvelle loi controversée ouvre la porte à un système scolaire «à deux vitesses», dans lequel «la redistribution de services tels que l'orthopédagogie ou encore la psychothérapie se fera au plus fort la poche.»

«On se fiait à des indices de défavorisation qui nous permettait de comprendre dans quels établissements, il fallait en offrir plus. Pour qu'une petite école avec peu de moyens ait les mêmes chances de succès et offre les mêmes services qu'une école mieux nantie. Aujourd'hui, c'est clair qu'il va y avoir des écoles à deux vitesses» a fait valoir M. Sarrazin au cours d'une entrevue à La Presse canadienne.

Jusqu'à l'adoption du projet de loi, M. Sarrazin faisait partie des quelque 700 élus scolaires du Québec.

La nouvelle loi transforme les commissions scolaires en centres de services et remplace les conseils des commissaires par des conseils d'administration qui seront formés de parents, d'employés et de gens de la communauté.

L'ancien président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs craint que ces conseils puissent être «noyautés» par des gens qui ne représenteront pas nécessairement les intérêts de la population.

«Chacun risque de tirer la couverture de son côté» a illustré M. Sarrazin, pour qui les commissaires scolaires élus jouaient «le rôle d'arbitre» pour redistribuer les services.

Ses craintes sont partagées par Alain Fortier, le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et président de la commission scolaire des Découvreurs dans la région de Québec.

«La force des commissaires était d'être capables de porter un jugement pour l'intérêt supérieur et non pas de représenter des intérêts corporatistes, a indiqué Alain Fortier en précisant qu'il croyait que l'équité des services dans les écoles était en péril. Si vous avez par exemple un nouveau directeur d'école qui a de la difficulté à faire sa place à côté d'une école ou le directeur a 20 ans d'expérience, vous verrez que les ficelles seront plus faciles à tirer par l'expérimenté que par le novice.»

Contestation

La Fédération des commissions scolaires du Québec, qui regroupe la vaste majorité des commissions scolaires francophones du Québec, a publié un communiqué vendredi, avant l'adoption de la loi, pour annoncer qu'elle comptait «s'adresser aux tribunaux pour faire surseoir» à la mise en application de la nouvelle loi.

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) a également fait savoir vendredi qu'elle ira au bout de tous les recours possibles pour faire invalider la loi.

Les commissions scolaires anglophones comptent bien les imiter.

Une source bien placée au sein de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) a déclaré samedi que l'organisation - qui représente notamment la Commission scolaire English Montreal - que la contestation de la nouvelle loi irait devant les tribunaux. La source a parlé sous couvert d'anonymat, car l'équipe juridique de l'association n'avait pas entièrement relu le texte du projet de loi 40.

Noel Burke, vice-président de l'ACSAQ et président de la Commission scolaire Lester B. Pearson de langue anglaise, a déclaré samedi que les avocats de son association avaient déjà mentionné que la loi sur la réforme de la gouvernance scolaire était inconstitutionnelle. Mais les avocats n'avaient pas encore examiné les amendements de dernière minute inclus dans la version finale du projet de loi, a ajouté monsieur Burke.

«La décision d'engager une action en justice sera prise la semaine prochaine, après que notre conseiller juridique aura examiné la dernière étape du projet de loi», a-t-il déclaré lors d'un entretien.

Il a également confirmé que l'ACSAQ avait demandé 125 000 $ en financement fédéral pour une éventuelle action en justice contre le projet de loi 40, une demande qui, selon lui, a été acceptée avant Noël. L'association n'a toutefois pas encore reçu d'argent du programme.

Le Programme de contestation judiciaire du Canada est un organisme indépendant sans but lucratif dirigé par l'Université d'Ottawa. Il fournit un soutien financier aux groupes qui portent devant les tribunaux des affaires relatives aux droits de l'homme ou à des questions linguistiques d'importance nationale.

Dans un courriel à La Presse canadienne, Francis Bouchard, l'attaché de presse du ministre de l'Éducation Jean-François Roberge, a indiqué que le gouvernement est «confiant» que la loi résistera à de potentielles contestations judiciaires.

«Nous réitérons qu'il est inacceptable que des fonds fédéraux soient utilisés pour contester des lois dûment votées par les élus de l'Assemblée nationale du Québec. L'éducation est une compétence exclusivement provinciale. Le gouvernement fédéral doit respecter les choix faits par les Québécois et ne doit pas faire indirectement ce qu'il ne fait pas directement» peut-on lire dans le courriel.

Éducation

Bâillon: «Méprisant», «Arrogant», «Cynique», selon l'opposition

Sans surprise, le projet de loi 40 modifiant la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaire a été adopté sous bâillon.

Le vote final a eu lieu à 3 h 21 samedi matin. Parmi les députés qui étaient toujours présents, 60 ont voté pour et 35 contre. Il n’y a eu aucune abstention.

Le recours au bâillon pour adopter le projet de loi très controversé de 300 articles et 160 amendements avait été entamé vendredi à 8 h 00.

La réforme de l’éducation du gouvernement Legault prévoit notamment l’abolition des élections scolaires et des commissaires, ainsi qu’une foule d’autres dispositions.

Dans les heures précédentes, les partis d’opposition à Québec n’ont pas caché leur colère, soulignant qu’il s’agissait de la quatrième procédure sous bâillon du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) en huit mois, après la loi sur la laïcité, la réforme de l’immigration et la loi sur la déréglementation des tarifs d’Hydro-Québec.

Colère dans l’opposition

«Méprisant», «Arrogant», «Cynique»: l’opposition à Québec ne mâchait pas ses mots, tard vendredi soir, pour dénoncer un amendement de dernière minute qui, selon les partis, venait éliminer toute période de transition pour les commissaires élus, qui perdaient ainsi leur emploi samedi dès la sanction.

La porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, Véronique Hivon, a dit croire que le gouvernement caquiste «ajoutait l’insulte à l’injure» en déterminant que la sanction ferait foi de tout, alors que le projet de loi prévoyait plutôt la date du 29 février pour l’abolition des élections scolaires et des commissaires.

Le leader parlementaire de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a parlé d’»un geste cynique et méprisant».

La porte-parole du Parti libéral Marwah Rizqy a déploré un «spectacle» et un manque flagrant de transparence.

«Nous recevons des courriels de comités de parents - plus de trente - pour dire que le projet de loi 40 n’est pas la solution. Ces parents doivent aussi être entendus. Les oppositions sont bâillonnées, et les commissaires sont congédiés», a-t-elle déclaré en point de presse.

Après plus de 65 heures en étude détaillée en commission parlementaire, le gouvernement Legault a décidé qu’il en avait assez et a invoqué la procédure accélérée d’adoption.

Le projet de loi 40 prévoit notamment l’abolition des élections scolaires et des commissaires, mais comporte une foule d’autres dispositions qui «saccagent la Loi sur l’instruction publique», a dénoncé le chef intérimaire de l’opposition officielle, Pierre Arcand.

Le texte législatif aborde entre autres la formation du personnel enseignant, les conseils d’établissement, les regroupements de services, le choix de l’école, les rapports, la révision des notes, le rôle du directeur, etc.

Plus tôt vendredi en Chambre, le premier ministre François Legault a invité l’opposition à «aller dans les centres commerciaux pour demander aux gens s’ils souhaitent conserver les élections scolaires ou non».

Le ministre délégué Éric Caire a, pour sa part, fait valoir que le gouvernement allait économiser 10 millions en abolissant les élections scolaires. Il a plaidé que les commissions scolaires sont une «hypothèque à la réussite scolaire», en ajoutant que le projet de loi redonne le pouvoir aux parents, qui siégeront aux conseils d’établissement des écoles.

«Les parents ne sont pas des géniteurs incompétents», a-t-il affirmé.

Répercussions et recours

La Fédération des comités de parents a prévu une réunion dès ce samedi en conseil général pour examiner la suite des choses.

De son côté, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a fait savoir, vendredi, qu’elle ira au bout de tous les recours possibles, pour faire invalider la future loi. Elle entend entre autres contester notamment les heures de formation imposées dans le projet de loi, parce qu’elles n’ont pas été convenues, comme il est coutume de le faire, dans un processus de négociation libre entre les deux parties.

***

Voici ce qu’édicte entre autres le projet de loi.

  • Le mandat des commissaires actuels prendra fin dès que le projet de loi sera sanctionné. Ils seront néanmoins payés jusqu’au 30 juin pour assurer la transition dans des comités conseils.
  • Les écoles pourront avoir le dernier mot sur le projet éducatif de leur établissement et se saisir d’un mandat d’initiative sur des questions touchant directement les élèves.
  • Le projet de loi permet notamment au ministre d’imposer des regroupements de services (pour la perception de la taxe scolaire, par exemple), et de déterminer des objectifs ou des cibles portant sur l’administration, l’organisation ou le fonctionnement d’un ou de l’ensemble des centres de services scolaires.
  • Les centres de services, qui remplaceront les commissions scolaires, seront administrés par un conseil d’administration composé de cinq parents issus des conseils d’établissement des écoles, cinq membres du personnel scolaire, cinq personnes issues de la collectivité.
  • Le conseil d’établissement de chaque école serait formé d’au moins quatre parents, au moins quatre membres du personnel scolaire, dont deux enseignants minimum, au moins un membre du personnel professionnel non enseignant et au moins un membre du personnel de soutien, élus par leurs pairs, ainsi que deux représentants de la communauté; un membre de services de garde est ajouté dans une école où ce service est offert; deux élèves du second cycle sont ajoutés dans le cas d’une école secondaire.
  • Dans le réseau francophone, les parents qui siègent aux conseils d’établissement élisent les administrateurs, tandis que la procédure au sein des centres de services anglophones est différente; elle permettra que des membres soient élus au suffrage universel.