Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Éducation

Loi sur l’abolition des commissions scolaires: le PQ craint la centralisation des pouvoirs

Contrairement à ce qu’il prétend, le gouvernement Legault s’apprête à s’arroger tous les pouvoirs en éducation et à centraliser à Québec la prise de décisions, selon l’opposition péquiste.

En principe, le projet de loi 40, présentement à l’étude, vise à abolir les élections scolaires et les commissions scolaires, transformées en centres de services, dans le but de donner plus de pouvoirs décisionnels aux directions d’écoles et aux parents.

Or, selon la porte-parole péquiste en éducation, la députée Véronique Hivon, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est en train de se donner l’outil légal lui permettant de centraliser tous les pouvoirs à son bureau, avec tous les risques que cela comporte.

Elle en donne pour preuve l’article 310 du projet de loi, qui stipule que le gouvernement pourra prendre, par règlement, «toute mesure utile à l’application de la présente loi ou à la réalisation efficace de son objet».

«Il centralise à outrance», a commenté la députée, lundi, en mêlée de presse, en marge de la consultation menée cette semaine sur le projet de loi 40, ce qui est «extrêmement inquiétant».

La réforme de structures présentée par le ministre Roberge peut se résumer en deux mots : centralisation et politisation, «c’est clair», selon la députée de Joliette, déplorant qu’une fois la loi adoptée le ministre pourra, par exemple, communiquer directement avec le personnel enseignant s’il le désire.

L’article 310, c’est «du jamais vu», selon la députée, qui qualifie l’approche du ministre d’«autoritaire» et d’«improvisée».

«Il veut aller trop vite», selon Mme Hivon.

Projet de loi costaud

Le projet de loi 40 est costaud et ratisse large : avec sa centaine de pages et plus de 300 articles, il modifiera 80 lois existantes.

On voit mal comment il pourra franchir toutes les étapes menant à son adoption avant l’ajournement des Fêtes, le 6 décembre.

Comme d’autres projets de loi avant lui, la loi 9 sur l’immigration et la loi 21 sur la laïcité, tout indique que le projet de loi 40 sera donc adopté sous bâillon, selon la députée de Joliette.

Après la consultation, qui se termine mercredi, le texte législatif controversé devra franchir l’étape de l’adoption du principe, puis l’étude article par article, ce qui pourrait prendre des semaines, voire des mois de travaux en commission.

Or, à compter de la semaine prochaine, il ne restera que quelques jours de travaux parlementaires, avant les deux semaines de session intensive.

Le ministre Roberge veut procéder rapidement, car le mandat des commissaires se termine le 29 février 2020.

Selon ses vœux, les futurs centres de services seraient administrés par un conseil d’administration composé de 16 membres non rémunérés : huit parents, quatre personnes issues de la collectivité et quatre membres du personnel scolaire.

Mais le ministre de l’Éducation va pouvoir garder la main haute sur cette nouvelle structure. Le projet de loi lui permettra notamment d’imposer des regroupements de services (pour la perception de la taxe scolaire, par exemple), et de déterminer des objectifs ou des cibles portant sur l’administration, l’organisation ou le fonctionnement d’un ou de l’ensemble des centres de services scolaires.

Il imposerait en outre aux membres des conseils d’administration, et à ceux des conseils d’établissement, une formation obligatoire fournie par le ministère. Les centres de services se verraient aussi imposer des normes d’éthique et de déontologie.

«Je protège mon école publique»

Le mouvement «Je protège mon école publique», constitué de parents et reconnu pour ses chaînes humaines réclamant un réinvestissement dans le réseau scolaire, est loin d’être convaincu de la pertinence du projet de loi 40, qui devrait être mis sur la touche selon lui, le temps de bien réfléchir à la question.

Lundi, deux porte-parole de cet organisme sont venues exprimer en commission parlementaire leur crainte de voir le ministre posséder trop de pouvoirs et vouloir agir dans la «précipitation». Car les futurs conseils d’administration risquent d’être réduits à de simples «courroies de transmission», a fait valoir l’une d’elles, Patricia Clermont.

Elle craint que ces nouvelles structures deviennent en fait des outils au service du ministre lui permettant de relayer ses directives, au lieu d’incarner «un sain contre-pouvoir» au ministère.

L’organisme a aussi réclamé des États généraux sur l’éducation durant le présent mandat.

Éducation

L’Université Laval offrira de nouveau son cours gratuit sur le TDAH

L’Université Laval revient avec son cours gratuit sur le trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) pour la session d’hiver. Plus de 10 000 ont suivi le cours à l’automne.

Étant donné la popularité du sujet et la forte demande, l’UL offrira de nouveau sa formation en ligne sur le TDAH. Il s’agissait de son cinquième MOOC (massive open online course), ces cours en ligne, gratuits et ouverts à tous. 

La formation propose un tour d’horizon du trouble de l’attention, fondé sur la littérature scientifique récente. Les participants pourront mieux comprendre les symptômes et les manifestations. Diverses approches d’intervention sont aussi observées.

Deux cheminements du cours sont offerts. Le premier pour les parents d’enfants âgés de 5 à 17 ans qui présentent un TDAH, le deuxième pour le personnel scolaire de ces élèves. Les deux parcours abordent les mêmes sujets, mais suggèrent des activités plus adaptées à la réalité de chaque contexte d’intervention, soit le milieu familial ou scolaire. 

La formation se tiendra du 24 février au 13 avril 2020, et il est possible de s’inscrire jusqu’au 2 mars. Le nombre de places est illimité. 

> Pour s’inscrire

LIRE AUSSI : Un cours gratuit sur le TDAH 

Éducation

L'Université Laval: 7e meilleure université de recherche au Canada

L’Université Laval se hisse au 7e rang parmi les plus grandes universités de recherche au Canada, sur un total de 50.

L’ULaval fait bonne figure grâce à des fonds de recherche de 403,8 millions $. Le palmarès a été publié par Research InfoSource le 7 novembre.

«Ceci témoigne de l’excellence de la recherche réalisée par la cohorte de nos professeurs et leurs équipes à l’Université Laval ainsi que du soutien de nos partenaires» a indiqué la rectrice, Sophie D’Amours. 

La bonne nouvelle a été partagée sur Facebook vendredi.

Les fonds de recherche de l’institution de Québec ont fait un bond de 13,1 % par rapport à l’année 2018. On attribue cette performance entre autres à l’obtention de subventions de la Fondation canadienne pour l’innovation pour le financement de projets d’infrastructures de recherche. L’Université s’est aussi démarquée en remportant plusieurs subventions des Instituts de recherche en santé du Canada.

L’Université de Montréal est la première université du Québec à apparaître sur le classement, au 3e rang. L’Université de Toronto se trouve en tête de palmarès. 

> Pour consulter le classement

Éducation

Commission scolaire English Montreal: mise sous tutelle et demande d’enquête

Québec impose une tutelle partielle à la Commission scolaire English Montreal (CSEM) et demande à l’UPAC d’enquêter sur les pratiques administratives de l’institution.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé mercredi qu’à la lumière du rapport d’enquête qu’il avait réclamé en janvier et qui lui a été remis en septembre dernier, son gouvernement n’avait d’autre choix que de retirer la gestion de la commission scolaire au conseil des commissaires.

«L’enquête a démontré des lacunes troublantes dans la gouvernance et l’administration de la CSEM», a déclaré le ministre Roberge en conférence de presse, à Québec.

M. Roberge n’a pas raté l’occasion pour lancer une flèche en direction des gouvernements libéraux précédents, soulignant qu’il s’agissait du troisième rapport en neuf ans faisant état de problèmes avec la gouvernance de l’institution.

«Le rapport démontre que cette situation perdure depuis très longtemps et que le précédent gouvernement libéral, bien qu’interpellé pour agir, a préféré regarder ailleurs par manque de courage politique», a-t-il tranché.

Dépenses et octroi de contrats douteux

En fait, le ministre a en mains deux rapports, soit celui de l’enquête qu’il avait commandée en janvier dernier au ministère de l’Éducation et qui lui a été remis en septembre et un autre demandé au Conseil du Trésor à la suite des irrégularités dans l’octroi de contrats constatées par les enquêteurs au premier rapport.

Celui de son ministère, qui fait 140 pages, a été rendu public, mais il est lourdement caviardé. Il fait notamment état de remboursements de frais de dépenses douteux et de fractionnement de contrats pour des sommes inférieures à 25 000 $, ce qui permet d’échapper à la procédure d’appel d’offres.

«Dans les rapports, on voit qu’il y a eu attribution de contrats sans respecter les standards. Ce n’est pas à nous de juger si ça relève de la fraude, si c’était une maladresse, une incompétence ou par malveillance. Les soupçons sont assez grands pour qu’on transmette l’information à l’UPAC», a dit le ministre.

Bouteille de vin à 45 $

Du côté des frais de dépenses, ceux-ci touchent une foule de remboursements pour des repas, du transport et autres qui soulèvent de nombreuses questions. À titre d’exemple, on y fait état d’achats de bouteilles de vin totalisant 1615 $ entre janvier 2017 et juin 2018, dont une bouteille à 45 $, le tout accompagné de la note suivante des enquêteurs : «Il est inhabituel et surprenant que la tenue de réunions du conseil nécessite l’acquisition de vin.»

Le rapport fait aussi état de frais de repas à de nombreuses occasions où de telles dépenses n’étaient pas justifiées, ou encore de frais de repas dépassant les limites acceptées par la CSEM et de nombreux cas où la dépense n’est accompagnée d’aucun reçu justificatif. On note aussi, à titre d’exemple, des factures de 552 $ et de 639 $ pour des cadeaux sous forme de chocolat en décembre 2016 et 2017, respectivement, des «cadeaux des fêtes payés par les fonds publics [qui] s’ajoutent aux repas de Noël payés aux employés de l’administration de la CSEM durant les mois de décembre de chaque année».

Ne pas «museler» l’action juridique

Cependant, la tutelle n’est que partielle, le ministre voulant laisser au conseil des commissaires la pleine autonomie en matière de poursuites judiciaires. La commission scolaire a déposé à la fin octobre une requête en Cour supérieure afin de faire invalider les articles de la loi 21 sur la laïcité qui interdisent au personnel enseignant et à la direction des écoles de porter un signe religieux dans le cadre de leurs fonctions. En septembre, elle en avait déposé une autre pour contester le transfert d’écoles à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’île.

La tutelle — qui doit durer six mois, mais qui est renouvelable — sera assumée par la vice-présidente du conseil d’administration du CIUSSS Centre-Sud et ex-députée fédérale de Notre-Dame-de-Grâce-Lachine, Marlene Jennings.

Mme Jennings assumera donc toutes les fonctions et tous les pouvoirs du conseil des commissaires «à l’exception de son pouvoir d’intenter et de gérer toute procédure devant un tribunal judiciaire». Le ministre lui a également demandé de présenter un plan de redressement de l’administration de la commission scolaire.

La CSEM accuse

La commission scolaire avait réagi mercredi matin avant même l’annonce, par voie de communiqué dont les propos ont été repris par son vice-président Joe Ortona, en après-midi.

«Le gouvernement de la CAQ déploie des efforts hors du commun pour discréditer la Commission scolaire English-Montréal», pouvait-on lire dans le communiqué diffusé en début de journée.

La CSEM reproche surtout au ministre d’avoir multiplié les sorties la visant sans lui remettre le rapport d’enquête du ministère de l’Éducation. Elle reproche également au Conseil du Trésor d’avoir coulé son rapport aux médias sans y inclure les explications que l’institution a fournies pour expliquer les observations de ses enquêteurs.

Éducation

L’immaturité souvent confondue avec un TDAH, selon une chercheuse [VIDÉO]

Les plus jeunes élèves dans une classe sont ceux qui reçoivent le plus souvent un diagnostic du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), selon une chercheuse.

Ce sont aussi ceux qui consomment le plus de médicaments, affirme la sociologue Marie-Christine Brault, professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi.

Mme Brault était à l’Assemblée nationale, mercredi, pour présenter les grandes lignes de sa recherche comparative entre le Québec et la Flandre sur les diagnostics reliés au TDAH. Une commission parlementaire se penche sur cet enjeu jusqu’à vendredi.

La sociologue en vient à la conclusion notamment que l’immaturité développementale est souvent confondue avec le TDAH.

Près de 15 pour cent des jeunes Québécois de 10 à 17 ans se feraient prescrire des psychostimulants, soit une proportion beaucoup plus importante que partout ailleurs au pays.

Selon Mme Brault, l’école québécoise met de la pression pour obtenir un diagnostic pour les enfants agités éprouvant des problèmes d’attention.

Les enseignants vantent souvent les bienfaits de la médication et se permettent même d’administrer des doses, s’est-elle étonnée.

Elle signale qu’en Flandre, la médication est recommandée en tout dernier recours.

Éducation

Réforme de l’immigration: la CAQ reste sourde à l’appel des étudiants étrangers

Le gouvernement caquiste est resté inflexible, mardi, devant le cri du cœur de nombreux étudiants étrangers qui sont perdants dans la réforme de l’immigration.

Malgré les témoignages d’étudiants en pleurs à l’Assemblée nationale et les assauts des partis d’opposition pendant toute une période de questions, le premier ministre François Legault et son ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, n’ont pas voulu les rencontrer ou ouvrir la porte à des assouplissements.

«Demander au ministre de l’Immigration de vous rencontrer et ne pas pouvoir avoir de réponse est un scandale», a tonné le député libéral Gaétan Barrette en Chambre.

«J’aimerais ça être capable de recevoir un million de réfugiés, un million de personnes qui voudraient venir vivre au Québec, mais notre capacité d’intégration est limitée», a justifié M. Legault, alors qu’il n’est pourtant nullement question de réfugiés.

Des centaines d’étudiants étrangers admis ici et bien intégrés pourraient être renvoyés, en raison du resserrement rétroactif à compter de juillet du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Ce programme très populaire permet aux étudiants étrangers titulaires d’un diplôme admissible ou aux personnes avec une expérience de travail au Québec de recevoir en vertu d’un traitement accéléré un certificat de sélection du Québec, qui permet d’immigrer ici.

Sauf que le PEQ sera resserré de façon rétroactive au 1er juillet dernier. Autrefois, tous les programmes étaient admissibles, alors que dorénavant, seuls sept programmes de doctorat, 24 de maîtrise, 54 de baccalauréat et 59 diplômes d’études collégiales font partie de la liste.

Ainsi des étudiants inscrits à des programmes universitaires et collégiaux apprennent soudainement qu’ils ne seront plus admissibles au PEQ. Selon les estimations, sur les 2000 étudiants accueillis grâce au PEQ par l’Université de Montréal, seuls 200 pourraient rester.

«Il n’y a pas un étudiant qui est venu au Québec avec la garantie qu’il obtiendrait la citoyenneté», a plaidé M. Legault, en ajoutant : «si on acceptait tous les étudiants, il y en 70 000...»

Quant à savoir si la rétroactivité de ce changement était juste, il a répondu laconiquement : «c’est pas ça». La priorité économique impose de choisir des candidats en informatique et en sciences infirmières, a-t-il évoqué.

Les partis d’opposition ont fait front commun pour les appuyer et réclamer le retrait de cette disposition du Plan d’immigration du gouvernement. Le leader parlementaire de la deuxième opposition, Gabriel Nadeau-Dubois, a interpellé le ministre Simon Jolin-Barrette alors que les étudiants étaient dans les tribunes.

«Je le mets au défi de leur expliquer pourquoi il ne veut pas d’eux au Québec», a-t-il lancé.

«J’ai senti une colère, une trahison, j’ai cru au père Noël, il te tend un cadeau, puis le reprend, c’est inhumain», a dit en mêlée de presse un étudiant français bien établi au Québec, Clément Sageste.

«Vous êtes en train de remettre tout notre avenir en question, on voudrait que ce règlement puisse être modifié, qu’on puisse entendre l’humanité dans tout ça, a lancé Alessandra de Bargigli, une étudiante belge, en conférence de presse. On a choisi le Québec parce qu’on avait des rêves.»

«Ses employeurs l’adorent et ils ne comprennent pas qu’elle doive quitter», a plaidé le député libéral Monsef Derraji en Chambre, pour après se faire accuser par Simon Jolin-Barrette : «Il faut arrêter de désinformer et de faire peur au monde.»

«Il est inacceptable que le leader (du gouvernement) dise que notre collègue désinforme quand la personne dont il citait les propos est en haut (dans les tribunes) et est en train de vivre la décision très lourde et inhumaine de ce gouvernement», a riposté le leader parlementaire libéral, Marc Tanguay.

En 2018, il y avait 11 000 personnes admises en vertu du PEQ au Québec.

Éducation

Le projet de loi sur les maternelles 4 ans adopté

Le projet de loi 5 permettant le déploiement de la maternelle 4 ans universelle vient d’être adopté.

Les députés l’ont voté à 69 voix contre 42, mardi après-midi. Le gouvernement n’a pas obtenu l’appui des partis d’opposition, qui ont tous voté contre le projet de loi.

Rappelons que le premier ministre François Legault avait mis son siège en jeu sur cette question lors de la campagne électorale. L’opposition le priait plutôt de prendre un temps d’arrêt avant d’implanter les classes de maternelles 4 ans partout au Québec.

Marwah Rizqy, du Parti libéral du Québec, Christine Labrie, de Québec solidaire, et Véronique Hivon, du Parti québécois, ont réclamé en vain un plan détaillé ainsi qu’une analyse des coûts approfondie et transparente.

Pendant des semaines, elles ont multiplié les amendements et les sous-amendements pour tenter de bonifier le projet de loi, testant ainsi la patience du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui les a accusées de faire de «l’obstruction systématique».

Elles se sont félicitées d’avoir arraché au ministre plusieurs concessions, dont celle de prioriser le déploiement des maternelles 4 ans en milieu défavorisé.

Avec l’ouverture cette année de 250 nouvelles classes, ce sont 644 classes de maternelle 4 ans qui sont présentement offertes en milieu défavorisé. La nette majorité des enfants qui les fréquentent recevaient déjà des services éducatifs avant de s’inscrire.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait promis de créer 5000 classes de maternelle 4 ans à temps plein, mais non obligatoire, durant son mandat. Cet engagement a depuis été révisé à 2600 classes. Le coût moyen de chaque nouvelle classe est passé de 120 000 $ en campagne électorale à 800 000 $.

Lors de l’étude du projet de loi, le ministre Roberge a affirmé qu’il n’excluait pas d’augmenter les subventions aux écoles privées pour qu’elles puissent offrir le service de maternelle 4 ans.

Éducation

La CAQ menace les droits des francophones hors Québec, selon les commissions scolaires

Le gouvernement Legault menace les francophones de partout au pays : son projet de loi sur l'abolition des commissions scolaires donnerait des munitions aux provinces anglophones qui veulent limiter les droits de leurs minorités.

C'est ce qu'a plaidé lundi l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (QESBA), au premier jour des consultations sur le projet de loi 40. Cette pièce législative importante prévoit la fin des élections de commissaires et l'abolition des commissions scolaires, qui seront remplacées par des centres de services.

Éducation

L'interdiction des téléphones en classe entre en vigueur en Ontario

TORONTO — De nouvelles restrictions sur l'utilisation des téléphones cellulaires dans les salles de classe en Ontario entrent en vigueur aujourd'hui.

Selon la directive, les étudiants ne peuvent utiliser leurs appareils mobiles personnels pendant les heures de cours qu'à des fins éducatives, pour des raisons médicales ou pour répondre à des besoins particuliers.

Certaines écoles ont déjà des politiques similaires, mais la directive établit une norme provinciale.

Le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford a mené des consultations sur l'éducation l'année dernière, et les répondants étaient majoritairement en faveur d'une restriction des téléphones en classe.

Le Conseil scolaire du district de Toronto avait déjà interdit les téléphones cellulaires, mais avait annulé cette décision quatre ans plus tard pour permettre aux enseignants de choisir ce qui fonctionne le mieux pour leurs salles de classe.

Un article publié en 2015 par la London School of Economics and Political Science a révélé que «les performances des étudiants aux examens importants augmentent considérablement» avec l'interdiction des téléphones mobiles.

Éducation

La CSQ craint que la réforme Roberge n'accentue les inégalités entre les écoles

MONTRÉAL — La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), dont 125 000 membres font partie du personnel d'éducation, réclame de nombreuses modifications au projet de loi du ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur sur la réforme du système scolaire. La CSQ craint l'accroissement des inégalités de services entre les écoles et dénonce une attaque directe contre les enseignants.

La présidente de la CSQ, Sonia Éthier, compare la méthode du ministre Jean-François Roberge à celle de l'ex-ministre libéral de la Santé Gaëtan Barrette. Elle lui reproche d'avoir élaboré son imposante réforme sans aucune consultation préalable des enseignants.

«C'est un manque de respect pour celles et ceux qui font l'école de ne pas avoir été consultés», a-t-elle dénoncé en conférence de presse, dimanche.

Un total de 14 recommandations seront présentées par la CSQ en commission parlementaire, lundi, auxquelles s'ajoutent neuf autres recommandations formulées par la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) affiliée à la CSQ.

Ce que craint le plus le syndicat, c'est la philosophie de marchandage de l'éducation qui soutient la réforme du système scolaire. Le fait de permettre aux parents d'inscrire leur enfant dans l'école de leur choix va entraîner une concurrence entre les écoles et l'émergence d'un système d'«école à la carte» que dénonce le syndicat.

«On craint que ça déstabilise le fondement même de l'école publique et que ça accélère les inégalités des chances parce qu'on le sait que ce ne sont pas les enfants des milieux défavorisés qui vont avoir cette possibilité-là», affirme Sonia Éthier.

«On va vider des écoles, et cela va créer une instabilité du personnel, au lieu de s'occuper de chacune de nos écoles», renchérit le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS) Éric Pronovost.

Du côté de la FSE, c'est l'ingérence de l'autonomie professionnelle des enseignants que sa présidente Josée Scalabrini dénonce. Elle s'en prend aux articles du projet de loi 40 qui permettent la manipulation des notes des élèves; qui impose des formations aux enseignants sans tenir compte de leurs besoins particuliers; qui affaiblit la représentation des enseignants au sein des conseils d'établissement.

Des modifications à la Loi sur l'enseignement public qui viennent dévaloriser la profession enseignante aux yeux de Mme Scalabrini.

«Les enseignants ne veulent plus se sentir comme des exécutants. Ils veulent être partie prenante des décisions. Le projet de loi nous amène encore plus à devenir des exécutants que des gens qui font partie des solutions», estime-t-elle.

La présidente de la CSQ, Sonia Éthier, s'interroge sur les véritables motivations du ministre Jean-François Roberge de ne pas consulter les professionnels de l'éducation avant de déposer sa réforme.

«Quand va-t-on s'arrêter une fois pour toutes pour réfléchir ensemble au système d'éducation que l'on veut au Québec ? Il n'est pas trop tard pour le ministre de corriger le tir et d'entendre les préoccupations des différents intervenants du réseau», souligne Mme Éthier qui présente les nombreuses recommandations de son syndicat comme une main tendue au gouvernement.

Le projet de loi 40 sur l'organisation et la gouvernance scolaires a été déposé le 1er octobre. Les auditions publiques devant la Commission de la culture et de l'éducation, permettant de s'exprimer sur le projet de loi, débutent lundi et se poursuivront jusqu'à la mi-novembre.

Éducation

Salaire des enseignants: la moyenne canadienne et 9 %, demande la FAE

La FAE, qui représente des enseignants du primaire et du secondaire, demande une nouvelle échelle salariale qui porterait le salaire maximal de ses membres de 83 000 $ à 92 000 $, en plus d’augmentations de 3 % pour chacune des trois années de la convention.

De plus, la nouvelle échelle salariale qui est demandée par la Fédération autonome de l’enseignement serait amputée de ses six premiers échelons. Elle en contient actuellement 17.

Après la FTQ, la CSQ et l’alliance FIQ-APTS, c’était au tour de la FAE, mardi, de déposer ses demandes en vue du renouvellement des conventions collectives des secteurs public et parapublic, qui arriveront à échéance le 31 mars prochain.

«Le premier ministre, en novembre 2018, a dit que l’éducation était la priorité du gouvernement. Comment il entend respecter cet engagement-là? Ça ne peut pas n’être qu’un simple discours; il faut qu’il pose des gestes», s’est exclamé le président de la FAE, Sylvain Mallette, en entrevue.

«On a une situation économique enviable; le gouvernement engrange des surplus. Et là, c’est à notre tour; c’est au tour des profs», a-t-il lancé.

Moyenne canadienne

À l’heure actuelle, l’échelle salariale des enseignants va de 42 431 $ au premier échelon à 82 585 $ au 17et dernier échelon. En supprimant les premiers échelons et en portant le salaire au dernier échelon à 91 894 $, le salaire versé aux enseignants du Québec atteindrait celui de la moyenne canadienne, a plaidé la FAE.

«Le fait que les profs québécois soient les moins bien payés au Canada, qu’on soit payé en dessous de la moyenne canadienne, pour un prof qui fait 35 ans dans la profession, c’est 420 000 $ de manque à gagner» à la fin de sa carrière, a déploré M. Mallette.

Dubé: «c’est beaucoup»

En réplique, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, ne s’est pas montré surpris que les syndicats des secteurs public et parapublic déposent des demandes séparément — à l’exception de la FIQ qui fait alliance avec l’APTS — puisque le premier ministre François Legault avait lui-même évoqué des augmentations différentes selon le titre d’emploi.

Dans les faits, ce sont les trois centrales, CSQ, CSN et FTQ, qui n’ont pas réussi à reconstituer le front commun intersyndical, malgré plusieurs rencontres en ce sens.

Le ministre Dubé a rapporté avoir rencontré «une dizaine» de représentants syndicaux depuis deux semaines. Et, à ce jour, il en conclut que «les demandes, je les trouve très importantes; je trouve que c’est beaucoup».

Il a convenu que les secteurs de la santé et de l’éducation étaient prioritaires, qu’il y aurait «des aménagements différents à faire» pour eux.

«On va revenir avec une façon différente de négocier», a-t-il lancé, avant d’ajouter qu’il «n’y aura pas de jaloux».

Autres demandes

La Fédération autonome de l’enseignement, qui représente 45 000 enseignants, veut aussi bonifier les mécanismes d’octroi de contrats à temps partiel et de contrats à temps plein. À l’heure actuelle, près de 25 % des enseignants à la formation générale ont un statut précaire. À l’éducation des adultes, ce serait 70 %, a noté M. Mallette.

En matière d’autonomie professionnelle, la FAE revendique également que Québec octroie «une pleine et entière liberté de choisir les modalités d’intervention, les approches et les méthodes pédagogiques, ainsi que le matériel didactique et les instruments d’évaluation».

L’organisation syndicale formule aussi des demandes touchant l’intégration des élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage en classe ordinaire, notamment en ce qui a trait à la pondération a priori des élèves, afin qu’on en tienne compte dans la formation des groupes.

Elle veut aussi resserrer les règles de formation de groupes à l’éducation des adultes et à la formation professionnelle, où l’on voit parfois des classes de 40 ou 50 élèves, a précisé M. Mallette.

Éducation

Roberge veut moins de programmes sélectifs

MONTRÉAL — Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, aimerait qu'il y ait moins de programmes particuliers sélectifs dans les écoles publiques, comme c'est le cas pour ceux axés sur les sports ou les sciences, et qui sont souvent assortis d'une facture pour les parents.

Il veut voir de plus en plus d'écoles publiques avec des programmes spéciaux - «des profils, des passions, des couleurs», dit-il - qui seraient ouverts à tous les élèves, peu importe le quartier où ils habitent et peu importe leurs résultats scolaires en français.

«J'ai l'ambition qu'il y en ait moins dans les prochaines années de ces programmes sélectifs», a-t-il déclaré jeudi en marge d'une conférence à laquelle il participait avec le ministre français de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, organisée par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Les programmes particuliers sont des concentrations ou profils, axés sur les sports, les arts ou les sciences par exemple, qui permettent aux élèves de consacrer un plus grand nombre d'heures à ces disciplines que dans le cadre du programme régulier. Ils requièrent souvent des examens d'entrée. Ces écoles qui offrent de tels programmes s'ajoutent aux écoles publiques qui n'offrent que des programmes réguliers et aux écoles privées subventionnées. Des experts ont dénoncé dans le passé la création de ce système scolaire «à trois vitesses».

Le ministre Roberge dit vouloir offrir un maximum à tous les élèves.

Mais surtout, selon lui, il y a une autre façon d'accéder à cela.

Il mise sur le déploiement du parascolaire gratuit dans toutes les écoles publiques secondaires: il parle de cinq heures par semaine d'arts, de science, de sport et de toutes sortes d'activités culturelles. Cette initiative a commencé à être implantée cette année, et se fera sur trois ans, dit-il.

«Je suis convaincu que ça va être un vrai facteur d'inclusion, a-t-il déclaré. Parce qu'on n'aura plus besoin d'inscrire nos jeunes dans un programme spécifique pour avoir un enrichissement.»

Quant aux programmes particuliers sélectifs, il a indiqué que son ministère est en train de réaliser un portrait de la situation, incluant un relevé des frais facturés aux parents. Cela sera rendu public et sera très transparent, a-t-il promis.

Va-t-il diminuer le financement de ces écoles publiques offrant des programmes spéciaux qui envoient malgré tout des factures aux parents?

«Mon intention n'est pas de m'attaquer à ce qui marche, mais de réparer ce qui ne marche pas», a-t-il répondu.

«Le réseau public non sélectif n'avait pas les moyens de se battre à armes égales, mais là on le finance mieux, on rénove nos écoles, on investit, on va améliorer aussi graduellement les conditions d'emplois de tous ceux qui sont dans nos écoles, c'est certain, et on va déployer notre réseau d'activités parascolaires.

«On est convaincus qu'au fil des années, avec toutes ces actions-là, le public va revenir dans le public non sélectif.»

Éducation

Une prof de l’UL payée par la Ville

La directrice de la Division du patrimoine et des relations internationales de la Ville de Québec est nommée professeure invitée à l’Université Laval. Un poste qu’elle occupera durant trois ans. Mais ce n’est pas l’institution d’enseignement qui paiera son salaire. La mairie continuera de prendre en charge ses émoluments.

Dans un peu plus d’une semaine, Odile Roy s’installera donc à la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design de l’Université Laval, nous confirme une conseillère en communication municipale, Wendy Whittom. «Le prêt est d’une durée de trois ans à compter du 28 octobre 2019. Il s’agit d’un prêt à temps plein.»

Des documents récemment diffusés précisent : «Pendant toute la durée de l’affectation, la Ville de Québec continuera d’assumer la totalité du salaire ainsi que les avantages sociaux dont madame Roy bénéficie actuellement.» Son poste de cadre à la municipalité offre une rémunération maximale de 122 462 $ plus les avantages sociaux.

L’Université Laval remboursera néanmoins certains «frais inhérents à son travail (déplacements ou autres)», spécifie le contrat entérinant le transfert de l’employée. Cela inclut «le matériel nécessaire à l’exercice de ses fonctions».

Pourquoi la Ville accepte-t-elle de payer le salaire de son employée durant trois ans alors qu’elle sera, dans les faits, prof à l’Université Laval? «La Ville de Québec soutient cette occasion professionnelle», nous écrit Wendy Whittom.

Pas de retour

En consultant le contrat — signé entre autres par le maire Régis Labeaume —, nous apprenons par ailleurs que la directrice du patrimoine ne reviendra pas travailler pour la Ville au terme de son séjour dans les salles de cours. «À la fin du prêt de service, l’employée s’engage à prendre sa retraite de façon irrévocable à compter du 1er novembre 2022.»

D’ici là, elle conservera toutefois son statut d’employée municipale permanente. L’École d’architecture de l’Université Laval devra donc rendre des comptes à la direction générale de la mairie. Elle devra notamment transmettre : deux fois par année, un tableau des absences de Mme Roy; une fois en décembre, une évaluation écrite du rendement de la professeure; dès que possible, tout rapport sur d’éventuelles mesures disciplinaires et des accidents de travail…

Durant le séjour académique de Mme Roy, il faudra en outre la remplacer à la tête de la Division du patrimoine. L’actuelle directrice de projets-Bibliothèque de Québec, Mylène Gauthier, assumera l’intérim. Elle aura droit, en vertu de l’entente fixant les conditions de travail du personnel-cadre de la Ville, à une rémunération similaire à sa prédécesseure.

Selon des documents municipaux, Odile Roy a notamment été conseillère municipale de 1997 à 2005. Elle a présidé durant huit ans la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec. Elle a également enseigné à l’École d’architecture pendant une quinzaine d’années.

Éducation

Semaine UL pour toujours: la fierté d'une communauté

Dans la région de Québec, 158 000 personnes détiennent un diplôme de l’Université Laval, c’est plus d’une personne sur quatre. L’établissement scolaire souhaite célébrer de nouveau le sentiment d’appartenance à son université avec la Semaine UL pour toujours.

«Cette année, je sens que cette semaine prend pleinement son envol. Il y a beaucoup plus d’activités, le double que l’an dernier. C’est très apprécié de la communauté», note la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours.

Une trentaine d’activités

Du 12 au 18 octobre, une trentaine d’activités sont organisées pour les diplômés, les partenaires de l’université et pour les membres de la communauté de Québec. Le mercredi 16 octobre est notamment nommé la journée en rouge et or où tous les présents et anciens étudiants ou membres du personnel sont invités à porter fièrement les couleurs de l’université. Entrevues, concerts et rallyes sont aussi à l’horaire. 

«Les gens sont fiers de leur université et ils ont envie de le montrer. Ils veulent venir sur le campus pour voir ce que l’on fait. On veut entretenir ce sentiment, on ne veut pas que les gens oublient leur lien solide avec leur université, on veut garder bien actives nos relations avec nos diplômés. La semaine UL coïncide aussi avec les retrouvailles de nos diplômés samedi prochain, qui est un moment important», ajoute Mme D’Amours. 

Cette semaine spéciale a été mise en œuvre par la Fondation de l’Université Laval, le thème de cette année est L’expérience UL : au cœur de vos vies. Plus de 312 000 personnes dans le monde en sont diplômées.

«La réussite de l’Université Laval, c’est la réussite de notre communauté. C’est un succès qu’on se donne ensemble et qu’on veut célébrer ensemble», termine la rectrice.

La programmation complète des activités peut être consultée sur le site Web bit.ly/31eDjfb

Éducation

Une concentration en sports électroniques offerte à Québec

L’Académie Sainte-Marie, située dans l’arrondissement Beauport, sera la première école secondaire à offrir un programme en sports électroniques dès l’automne prochain, selon ce que rapporte Radio-Canada.

Ce programme occupera deux à trois heures par semaine dans l’horaire des élèves. La moitié de ce temps sera consacré à la théorie.

Il sera question notamment d’initier les élèves sur des stratégies pour s’améliorer dans le jeu, sur la cyberdépendance et les saines habitudes de vie, selon ce qu’a affirmé à Radio-Canada Philippe Gauthier, le directeur général de l’Académie du eSport.

Pour le moment, 28 élèves devraient former la première cohorte. Ils seront initiés à Overwatch, un jeu de tir se jouant équipe, à six contre six. 

Un phénomène grandissant

Cette implantation du sport électronique dans les écoles survient moins d’un an après que Le Soleil rapportait que le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) souhaitait se lancer dans l’encadrement des compétitions interscolaires du sport électronique.

Le RSEQ souhaitait à l’époque offrir une structure qui faciliterait l’organisation de compétitions au sein des écoles ayant un programme en sport électronique. 

Outre Overwatch et League of Legends, on ignore sur quels autres jeux les élèves pourront s’exercer dans le cas d’une augmentation du nombre de programmes dans ce domaine.

Éducation

Maternelles 4 ans : le projet de loi franchit une autre étape

Le projet de loi 5 permettant le déploiement de la maternelle 4 ans universelle vient de franchir un pas de plus vers son adoption.

Jeudi, les députés ont terminé l'étude détaillée du projet de loi, auquel se sont farouchement opposées Marwah Rizqy du Parti libéral du Québec, Christine Labrie de Québec solidaire et Véronique Hivon du Parti québécois.

Les trois sont d'avis que le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, doit prendre un temps d'arrêt avant d'implanter les classes de maternelles 4 ans partout au Québec. Elles demandent un plan détaillé, ainsi qu'une analyse des coûts approfondie et transparente.

Pendant des semaines, elles ont multiplié les amendements et les sous-amendements pour tenter de bonifier le projet de loi, testant ainsi la patience du ministre, qui les a accusées de faire de «l'obstruction systématique».

Elles se sont félicitées d'avoir arraché au ministre plusieurs concessions, dont celle de prioriser le déploiement des maternelles 4 ans en milieu défavorisé.

Avec l'ouverture cette année de 250 nouvelles classes, ce sont 644 classes de maternelle 4 ans qui sont présentement offertes en milieu défavorisé. La nette majorité des enfants qui les fréquentent recevaient déjà des services éducatifs avant de s'inscrire.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait promis de créer 5000 classes de maternelle 4 ans à temps plein, mais non obligatoires, durant son mandat. Cet engagement a depuis été révisé à 2600 classes. Le coût moyen de chaque nouvelle classe est passé de 120 000 $ en campagne électorale à 800 000 $.

Jeudi, le ministre Roberge a affirmé qu'il n'excluait pas d'augmenter les subventions aux écoles privées pour qu'elles puissent offrir le service de maternelle 4 ans.

Par ailleurs, M. Roberge n'a jamais caché qu'il espérait une adoption prompte du projet de loi 5 pour pouvoir passer à l'étude du projet de loi 40, qui abolirait les élections scolaires et transformerait les commissions scolaires en centres de services.

Ce projet de loi doit être adopté à temps pour abolir le mandat des commissaires scolaires le 29 février 2020, a-t-il signalé.

Éducation

Projet de loi 40 sur la gouvernance scolaire: les enseignants insultés

QUÉBEC — La réforme de la gouvernance scolaire proposée par le gouvernement Legault est tout ce dont les enseignants n’ont pas besoin, martèle la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

Lors d’un point de presse à Québec mardi, l’organisation - qui regroupe neuf syndicats et représente plus de 45 000 enseignants au Québec - a tenu des propos durs à l’égard du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, un ancien frère d’armes.

Avec son projet de loi 40, M. Roberge «insulte» ses ex-collègues et «dévalorise» la profession enseignante, a dénoncé le président de la FAE, Sylvain Mallette, qui s’offusque que les enseignants n’aient pas été consultés.

«Le pouvoir, ça nourrit l’arrogance, a-t-il dit. Moi, ça m’a particulièrement troublé, choqué. On s’attendait à autre chose d’un ex-collègue.

«Il déçoit les profs, mais il choque les profs surtout, parce qu’on s’attendait à ce que pour une fois, un ministre de l’Éducation qui connaît la réalité de la classe, qui sait dans quelles conditions on doit souvent travailler, on s’attendait à ce qu’il nous écoute et il a fait le choix d’écouter d’autres groupes», a poursuivi le chef syndical.

Le projet de loi 40, qui a été déposé le 1er octobre dernier, aurait pour but de moderniser la structure de gouvernance scolaire, donner plus d’autonomie aux écoles, en plus de reconnaître l’expertise pédagogique du personnel enseignant et de l’actualiser par une formation continue.

Sur ce point, M. Mallette trouve particulièrement «méprisant» que M. Roberge ait introduit des sanctions visant à punir les enseignants qui refuseraient de participer à la formation continue obligatoire.

«Le ministre laisse croire que les enseignants ne se forment pas et qu’ils ne détiennent pas les compétences nécessaires pour accomplir leur travail, ce qui est faux.»

De plus, il s’insurge du fait que les enseignants deviendraient minoritaires au sein des nouveaux conseils d’établissement, ce qui lui fait croire que les enseignants, globalement, sortiront perdants de cette réforme.

«La lecture du projet de loi 40 m’a profondément choquée et estomaquée, a renchéri Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle à la FAE. Il contient tout ce dont les profs n’ont pas besoin, particulièrement dans le contexte où la profession est à bout de souffle, vit une pénurie de personnel inédite et est en manque flagrant de reconnaissance et de valorisation.

«Ce projet de loi va complètement dans le sens contraire, en ajoutant des contraintes au personnel enseignant, de la confusion dans les rôles et responsabilités de chacun et encore plus d’ingérence dans notre pratique.»

La FAE réfute la prétention du ministre selon laquelle l’abolition des élections scolaires, et la transformation des commissions scolaires en centres de services, dégageraient des économies qui serviraient à embaucher 160 nouveaux professionnels.

Si elle s’avère, ce serait l’équivalent d’une heure par semaine par établissement de plus en services professionnels, a illustré M. Mallette.

«J’ai 29 ans en arrière de la cravate dans le réseau scolaire (...), ce qui va arriver, c’est que les directions d’écoles et les gestionnaires de commissions scolaires à qui le ministre donne plus de pouvoirs vont dire: «Écoutez, on a beaucoup plus de responsabilités, on doit donc embaucher plus de personnel d’encadrement» (...), des gens qui surveillent des gens qui surveillent des gens qui surveillent les profs.

«C’est ça qui va arriver, il n’y aura pas l’ajout d’un service de plus et d’une ressource de plus, ce n’est pas vrai», a-t-il martelé.

La FAE a dit s’attendre à ce que le gouvernement «modifie de fond en comble» le projet de loi 40. Vu l’ampleur de la réforme proposée, l’organisation syndicale demande des consultations générales et non seulement sur invitation, tel qu’annoncé.

Le volumineux projet de loi contient 312 articles. Le ministre Roberge a déjà annoncé son intention de procéder rapidement, puisqu’il prévoit abolir les postes de commissaires scolaires le 29 février prochain.

Mardi, Marwah Rizqy, porte-parole libérale en matière d’éducation, a dit croire que le ministre aura beaucoup de difficulté à respecter son propre échéancier, étant donné que la Commission de la culture et de l’éducation n’a pas encore terminé l’étude du projet de loi 5 sur les maternelles 4 ans.

Éducation

Fini le sport-études à la polyvalente de Charlesbourg

En raison d’un manque d’inscriptions important, la polyvalente de Charlesbourg se voit dans l’obligation de mettre un terme à son programme sport-études pour la prochaine année scolaire.

Même si l’école a fait de nombreux efforts pour assurer la pérennité de son programme, les inscriptions demeurent insuffisantes. L’année prochaine marquera la fin d’un contrat de cinq ans avec les associations sportives partenaires, l’offre de services ne sera pas renouvelée.

Éducation

Université Laval: une nouvelle professeure en génie au parcours remarquable

Pampa Dey a entendu «le métier d’ingénieur, c’est difficile et c’est pour les garçons» pendant toute la durée de son parcours scolaire. Les filles de son entourage avaient terminé l’école dès l’âge de 18 ans pour se marier et fonder une famille.

Mme Dey, elle, a choisi de poursuivre ses études en génie civil jusqu’au doctorat. Elle aimait la science et elle était naturellement douée. 

«C’était ma culture. On grandit avec la mentalité que les femmes ne peuvent pas devenir scientifiques. Je voulais prouver le contraire. Les choses changent, je le vois et c’est génial. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire», exprime-t-elle en entrevue avec Le Soleil.

Originaire de l’Inde, son sujet d’étude l’a fait venir en Ontario, à l’Université de Waterloo, pour réaliser son doctorat. Elle y a développé une expertise sur le comportement dynamique des ponts en aluminium en réaction aux activités anthropiques. Ses recherches portent plus précisément sur la conception de structures en aluminium. Elle confirme : rares sont les personnes qui maîtrisent ce sujet d’étude comme elle le fait.

«L’endroit ou la langue ne m’importait pas. L’endroit ne te donnera pas le savoir, ce sont les ressources qui sont disponibles qui sont importantes. Le sujet et l’environnement de travail étaient idéaux pour moi, c’est pour ça que j’ai choisi le Canada. Il n’y avait pas de limites.»

Âgée aujourd’hui de 31 ans, Mme Dey a grandi dans le village de Ranibandh. Elle a fait son baccalauréat à l’Université de Jadavpur à Calcutta et sa maîtrise en génie civil à l’Institut de technologie de Kanpur en Inde. 

«Quand tu aimes ce que tu fais, les autres facteurs ne devraient pas te déranger. J’ai déménagé beaucoup pour les études, et chaque fois, ça en valait la peine, de recommencer à apprendre une nouvelle langue ou rencontrer de nouvelles personnes.»

Premier emploi

Tout juste après la fin d’une année de recherches postdoctorales à l’Université de Waterloo, Mme Dey a commencé à regarder les emplois. Son plus grand souhait était d’enseigner, de transmettre ses connaissances.

«J’ai toujours su que je voulais enseigner, transmettre mon savoir. Je savais que si j’entrais dans l’industrie, ce n’était pas pour être seulement une professionnelle du sujet. Je veux être un modèle pour les femmes qui aspirent à devenir ingénieures. Je veux montrer que tu peux le faire si tu le veux vraiment.»

L’Université Laval a été le premier endroit où elle a déposé son CV. La voilà titulaire de la Chaire de leadership en enseignement sur la conception en structures durables en aluminium. En plus de poursuivre ses recherches, elle sera professeure d’un tout nouveau cours. Mme Dey commencera à enseigner dès l’hiver prochain. Cette nouvelle chaire a pour objectif principal de former la relève d’experts en conception et en construction de structures de génie civil en aluminium par des méthodes d’apprentissage adaptées à la pratique. 

Ce nouveau cours bonifiera de manière significative la formation des ingénieurs de l’Université Laval. 

«C’était parfait pour moi. Exactement ce que je voulais, et ça fonctionnait avec mes connaissances. Je sais qu’il y a un défi avec la langue. Si je peux apprendre l’anglais, je peux aussi apprendre le français. J’ai surmonté beaucoup d’obstacles dans mon parcours, je suis prête à surmonter celui-ci.»

Mme Dey a commencé ses recherches en 2018. Après un an à Québec, elle parle déjà un peu français et peut dire que c’est la plus belle ville dans laquelle elle a eu la chance de demeurer. Après l’hiver prochain, elle espère être en mesure d’offrir son cours en anglais comme en français. 

Éducation

La CAQ sonne la fin des élections scolaires

Le gouvernement caquiste sonne la fin des élections scolaires chez les francophones, mais permet aux anglophones de les conserver. Les écoles, de même que le ministre de l’Éducation, gagnent des pouvoirs.

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a déposé mardi le projet de loi 40, qui vise à remplir un engagement phare de la Coalition avenir Québec (CAQ) et à régler un débat de longue date sur la pertinence des commissions scolaires.

Les grandes responsabilités des commissions scolaires, soit l’organisation du transport des élèves, l’embauche du personnel et l’entretien des bâtiments, sont conservées. Seulement, celles-ci changeront de nom pour désormais s’appeler des centres de services scolaires. 

«Les commissions scolaires, c’est un modèle de gouvernance du passé, un modèle dépassé», a lancé le ministre Roberge en conférence de presse. Le temps est venu selon lui de «dépolitiser» les structures régionales pour remettre le pouvoir «entre les mains de celles et ceux qui connaissent les élèves par leur nom», soit les enseignants, les directions d’école et les parents. 

En 2015, le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait tenté d’abolir les élections scolaires. Il avait finalement reculé, face à la grogne de la communauté anglophone. Les anglophones disposent d’un droit constitutionnel de gérer leurs écoles.

La CAQ leur propose aujourd’hui «un compromis gagnant-gagnant», dit le ministre Roberge. Leurs commissions scolaires seront transformées en centres de services scolaires, mais le conseil d’administration de celles-ci sera élu au suffrage universel. Dans le réseau francophone, ce sont les membres des conseils d’établissement des écoles primaires et secondaires qui éliront les membres du conseil d’administration. 

Économies

Cette réorganisation permettra au gouvernement de faire des économies. Au lieu de payer 11 millions $ par année en salaires pour les commissaires, le gouvernement prévoit débourser environ 2 millions $ en jetons de présence pour les membres des conseils d’administration. L’État n’aura également plus à payer pour l’organisation d’élections scolaires tous les quatre ans. L’argent économisé sera investi dans les services directs aux élèves, promet M. Roberge. 

«C’est la plus grande opération de décentralisation gouvernementale des dernières années», s’est félicité le ministre Roberge. Les écoles n’auront plus à faire approuver leurs horaires ou leurs projets pédagogiques par une structure régionale. 

Par contre, le projet de loi 40 prévoit aussi une centralisation de certains pouvoirs à Québec. Le ministre de l’Éducation pourra imposer des regroupements de services, exiger que les centres de service atteignent des cibles administratives et il pourra s’adresser directement aux parents d’élèves. 

Pour l’heure, aucun employé administratif des commissions scolaires ne perd son emploi, mais l’objectif à long terme est d’économiser. «Il s’agit pas de mettre personne à la porte comme ça. Au fil des années, il est fort possible qu’il y ait des services qui soient mis en commun», indique M. Roberge. Des commissions scolaires pourraient par exemple s’unir entre elles pour percevoir la taxe scolaire ou collaborer avec des municipalités pour y arriver. 

Le ministre Roberge refuse que l’on compare sa réforme à celle que l’ex-ministre Gaétan Barrette a réalisée en santé. «On a regardé ce qu’a fait M. Barrette avec la réforme Barrette et on a fait le contraire», plaide-t-il.  

Le ministre profite également du projet de loi 40 pour reconnaître l’expertise et l’autonomie des enseignants. La loi précisera par exemple que seul l’enseignant peut modifier la note de son élève.

Éducation

Des écoles pigent dans le sac à collations

Dans certains établissements de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), l’allocation additionnelle pour frais de collation versée par Québec aux services de garde des écoles plus défavorisées n’est pas toujours utilisée à « bon escient » et de façon « transparente », jugent une employée et une ex-membre d’un conseil d’établissement.

Le ministère de l’Éducation octroie un montant de 109 $ par enfant inscrit sur une base régulière au service de garde des écoles dont l’indice de seuil de faible revenu est le plus bas (rangs déciles 8, 9 et 10). Une allocation qui, en principe, doit servir à l’achat de collations. C’est donc dire que pour une école où 200 élèves fréquentent le service de garde à temps plein, une subvention de près de 22 000 $ est versée par le gouvernement.

Éducation

Célébrer la diversité de l’école publique

C’est en faisant ressortir la richesse de sa diversité qu’a été dévoilée la programmation de la 10e semaine pour l’école publique dimanche à Montréal.

L’humoriste Philippe Laprise agira, pour une troisième année, à titre de porte-parole de l’événement qui aura lieu cette fois du 5 au 12 octobre.

Éducation

La FAE n'est pas convaincue de la vision de Québec en éducation

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) estime que c'est mardi que nous saurons si le gouvernement de François Legault a une vision cohérente pour son réseau d'écoles publiques.

Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, doit alors présenter son projet de loi qui vise la transformation des commissions scolaires en centres de services.

Le président de la FAE, Sylvain Mallette, juge que chaque volet du projet du gouvernement devra viser l'ajout de services ou de ressources aux élèves, particulièrement les plus vulnérables.

M. Mallette craint toutefois d'entrer dans une autre bataille de structures.

«On a déjà joué dans ce film-là !», s'est-il tristement rappelé dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, dimanche.

Le professeur d'histoire fait référence aux fusions lors du passage des commissions scolaires confessionnelles en commissions linguistiques en 1998.

«À l'époque, c'est Pauline Marois qui est ministre de l'Éducation. Elle avait promis des économies d'échelle qui ajouteraient des services et des ressources dans les écoles, relate le président de la FAE. C'est faux, ça s'est traduit par le gonflement des structures administratives au détriment des services et des ressources.»

Bien que Sylvain Mallette soit moins incisif envers le gouvernement de la Coalition avenir Québec qu'il ne l'était à l'égard du précédent gouvernement libéral, il qualifie le réseau public d'éducation actuel de «fragilisé».

«Le gouvernement caquiste a cessé la coupe à blanc libérale, image le syndicaliste. Il rembourse. Il prétend réinvestir. C'est faux, car on n'a pas atteint le même niveau qu'avant les grandes compressions.»

Investissements pour rénover une majorité d'écoles

Celui dont l'organisation représente plus de 45 000 enseignants accueille favorablement l'annonce récente de 2,3 milliards $ dans des projets de rénovation d'écoles.

Sylvain Mallette demande à Québec de s'assurer d'octroyer le total de la somme annoncée le 22 septembre dernier, puisqu'il juge «lamentable» l'état global du parc scolaire.

«Le gouvernement du Québec sait très bien que dans certaines régions il y a une pénurie de main-d'oeuvre dans la construction», laisse entendre le leader de la FAE.

M. Mallette ne va tout de même pas jusqu'à suggérer que le gouvernement Legault souhaite en profiter pour économiser.

«Je ne le pense pas, concède-t-il. Ce serait quand même odieux.»

Actualités

Le ministre de l’Éducation pas inquiet pour les femmes dans les futurs centres de services

QUÉBEC - Les femmes n’ont rien à craindre: elles auront leur place au sein des centres de services qui remplaceront les commissions scolaires, assure Jean-François Roberge.

Le ministre de l’Éducation réagissait ainsi à la sortie publique de Louise Lortie, vice-présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et présidente de la Commission scolaire de Laval, qui craint que la parité soit menacée.

Le gouvernement doit présenter dans les prochains jours un projet de loi visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de services.

Ce projet de loi entraînera assurément des pertes d’emplois, croit Mme Lortie, qui a souligné en entrevue à La Presse canadienne que la démocratie scolaire est le seul palier électif à avoir atteint la parité entre les hommes et les femmes.

À l’heure actuelle au Québec, il y a 309 commissaires et 23 présidentes femmes sur 656 élus scolaires, ce qui représente une majorité de 50,61 pour cent. La province compte 72 commissions scolaires.

M. Roberge présentera vraisemblablement la «Loi modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires» la semaine prochaine.

Il s’appuie notamment sur le fait que les élections scolaires coûtent environ 20 millions $ à organiser, mais sont généralement boudées par les Québécois.

Le précédent gouvernement libéral avait tenté d’abolir les élections scolaires, mais s’était buté à une contestation massive des élus scolaires, qui l’avait forcé à reculer.

Jean-François Roberge est quant à lui déterminé à aller de l’avant. Il n’a pas voulu s’engager à maintenir la parité dans la nouvelle gouvernance scolaire.

«Je ne suis pas inquiet du tout de ça, a-t-il déclaré en mêlée de presse. On va remettre les écoles dans les mains des communautés, on va valoriser les gens qui sont sur les conseils d’établissements, et c’est déjà pas mal des femmes qui sont sur les conseils d’établissements.

«Donc, quand on décentralise la prise de position vers les conseils d’établissements, je pense qu’on remet pas mal le pouvoir dans les mains (des gens). Je ne suis pas inquiet du tout», a-t-il ajouté.

La FCSQ fait présentement circuler une déclaration sur l’importance de préserver la démocratie scolaire. Elle demande entre autres aux élues de l’Assemblée nationale, tous partis confondus, de signer le document affirmant entre autres qu’»aucun recul des femmes en politique n’est acceptable».

Éducation

Nouveau Centre de valorisation à l’UL: prêt à accueillir des milliards de données [VIDÉO]

L’Université Laval a inauguré, mercredi, son nouveau Centre de valorisation des données. À la fine pointe de la technologie, ce Centre pourra accueillir des milliards de données de chercheurs, d’entreprises et d’organisations gouvernementales.

«On parle d’une capacité de centaines de pétabits. C’est monstrueux, mais quand on travaille dans le domaine de l’intelligence artificielle ou qu’on travaille sur des données massives, ça nous prend cette capacité-là. C’est difficile d’imaginer ce que ça peut représenter», a souligné René Lacroix, vice-recteur adjoint à l’administration.

Le nouveau Centre de valorisation offrira un accès simple et direct aux outils et aux fonctionnalités de collecte, de stockage et de traitement des données massives avec l’aide d’une équipe spécialisée en données. 

«C’est un tremplin qui va nous propulser dans nos capacités de recherche. On va pouvoir aller puiser dans toute la valeur des données pour prendre de meilleures décisions et accompagner les découvertes dans tous les domaines», s’est réjouie la rectrice l’Université Laval, Sophie D’Amours. 

Bâtiment sécuritaire et écologique 

Selon M. Lacroix, le bâtiment est totalement sécuritaire. «L’environnement est complètement fermé. Des appareils ont été installés pour couper toutes attaques externes», a-t-il assuré. 

M. Lacroix a insisté également sur le protocole mis en place pour éviter un vol de données à l’interne. «Qui a accès aux données? De quelles façons? Ce sont des éléments sur lesquels on travaille très fort. On est capable de monitorer qui accède à l’information et de quelle manière.»

La salle de serveurs aussi est logée dans un environnement résistant aux pannes. Les infrastructures matérielles et logicielles ont été construites autour d’une architecture Agile pouvant répondre à diverses contraintes liées à des projets de natures différentes et permettre aux projets d’évoluer au fil des besoins.

Enfin, la construction du Centre s’appuie sur des principes de développement durable. L’université peut par exemple, récupérer la chaleur pour chauffer d’autres immeubles du campus. 

Ce projet a été financé à hauteur de 21,5 millions $ par les gouvernements du Québec et du Canada, par l’entremise du programme fédéral du Fonds d’investissement stratégique (FIS) pour les établissements postsecondaires.

Éducation

Devenir prof en un an

Le Québec devrait permettre à ceux qui possèdent déjà un baccalauréat de décrocher leur brevet d’enseignant en l’espace d’un an, question d’être prêt à répondre à la vague d’élèves qui franchira bientôt les portes des écoles secondaires.

C’est ce que propose l’Institut du Québec (IDQ) dans une étude publiée mercredi. «Quelqu’un qui a un bacc. en mathématiques ne devrait pas avoir à se claquer un bacc. de quatre ans en enseignement», lance Mia Homsy, directrice générale de l’IDQ.

Éducation

La centralisation des achats en éducation dénoncée

Dès 2020, le gouvernement du Québec veut obliger tous les ministères et organismes à regrouper certains de leurs achats. Des économies de 295 millions $ par année sont dans la mire. Un projet décrié par le milieu de l’éducation, qui réclame plus de souplesse et d’autonomie.

Présenté la semaine dernière, le projet de loi 37 qui crée le Centre d’acquisitions gouvernementales (CAG) et Infrastructures technologiques Québec (ITQ) a fait peu de bruit. Mais dans le milieu de l’éducation, il a provoqué une onde de choc.

«On ne comprend pas le gouvernement. D’une main, il envoie plus d’argent directement dans les écoles, pour les services aux élèves, mais de l’autre main, il dit : “Finalement avec votre argent, vous allez acheter ce qu’on vous dit d’acheter.” C’est complètement incohérent comme discours», dénonce Chedlia Touil, directrice générale de Collecto, un organisme sans but lucratif qui offre des services regroupés aux écoles. 

Les écoles primaires, secondaires, les cégeps et les universités achètent environ 20 % de leur matériel de façon regroupée, ce qui n’est pas assez au goût de Christian Dubé, président du Conseil du Trésor. 

Mme Touil plaide que les achats regroupés à grande échelle s’appliquent mal au réseau éducatif. Selon elle, les enseignants et les écoles doivent rester autonomes afin d’acheter le matériel pédagogique qui leur convient. Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a l’intention cet automne de présenter un projet de loi pour abolir les élections scolaires et donner plus de pouvoir aux écoles. Il souhaite également reconnaître l’autonomie professionnelle des enseignants. 

Une volonté qui est contraire à ce que propose le projet de loi 37 de son collègue, évalue Mme Touil. «Le gouvernement n’apprend pas de ses erreurs. À chaque fois qu’on a essayé de centraliser en éducation, ça n’a pas fonctionné.»

Achats en trop

En conférence de presse la semaine dernière, M. Dubé a voulu se faire rassurant. «Ce n’est pas aux gens d’achats de dire que ça prend tel tableau pour donner l’éducation ou tel genre de seringue dans la santé.»

Par contre, il souligne que le système actuel a fait en sorte que des ordinateurs ou du mobilier ont souvent été achetés en trop et ont dormi dans des entrepôts. M. Dubé souhaite avoir une meilleure vue d’ensemble de tout ce qui est acheté par le gouvernement, afin de faire des économies. 

Dans tout l’appareil gouvernemental, environ le tiers des achats de près de 9 milliards $ par année sont faits de façon regroupée, selon la bonne volonté des ministères et organismes. M. Dubé compte voir cette proportion augmenter en obligeant les ministères et organismes à emprunter cette voie, pour acheter du papier ou de l’essence pour les véhicules par exemple. 

La Fédération des cégeps dénonce l’intention du gouvernement de créer ces deux superstructures (CAG et ITQ), compte tenu de «l’expérience désastreuse» qu’a connu le Centre de services partagés du Québec (CSPQ) depuis une décennie. Les nouvelles structures remplaceront le CSPQ. 

«Alors qu’on demande au milieu de l’éducation d’être agile et d’agir plus rapidement en fonction du contexte changeant de la société québécoise, le gouvernement impose une approche rigide qui ne peut que conduire à une plus grande lenteur dans notre capacité à répondre aux besoins de la population», souligne Bernard Tremblay, pdg de la Fédération des cégeps. 

Le réseau universitaire se dit également consterné par le projet de loi 37. Le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI) défend la diversité et la particularité des services et des biens qui sont achetés par les universités au Québec, étant donné leurs différentes activités de recherche. 

Impact en région

«Ce projet de loi aura aussi un impact néfaste direct sur l’approvisionnement local et le tissu socio-économique de toutes les régions où sont déployés les établissements universitaires», déplore Pierre Cossette, président du conseil d’administration du BCI. 

Une préoccupation partagée par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), qui s’inquiète que des PME installées en région ne puissent pas avoir une capacité de production assez grande pour continuer de faire affaire avec le gouvernement, les écoles ou les hôpitaux. «Personne n’a intérêt à voir émerger un monopole, un fournisseur unique qui approvisionnerait l’ensemble des ministères ou du système de santé avec une gamme précise de produits», prévient Stéphane Forget, pdg de la FCCQ. 

À ce sujet, M. Dubé indique que son gouvernement prendra en compte le coût de transport du matériel en région avant d’obliger un quelconque regroupement. 

Éducation

Commissions scolaires: sur un pied de guerre, la Fédération recherche l’appui des femmes

La survie des commissions scolaires telles qu’on les connaît passera-t-elle par les femmes?

C’est ce qu’espère la vice-présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Louise Lortie. En entrevue à La Presse canadienne, elle demande aux femmes de mettre tout leur poids dans la balance lorsque viendra le temps de débattre du projet de loi caquiste visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de service.

Elle craint que la réforme promise par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’entraîne des pertes d’emplois et que les femmes soient particulièrement affectées. Par ailleurs, elle considère que le pouvoir citoyen doit rester à l’ensemble de la population; les femmes doivent continuer de pouvoir voter aux élections scolaires.

«Je vois ça comme un mouvement d’appui des femmes du Québec aux femmes en politique scolaire, aux femmes qui ont atteint la parité et qui se dévouent dans ce travail-là d’être représentantes des citoyens», a déclaré Mme Lortie, qui est également présidente de la Commission scolaire de Laval.

Selon la FCSQ, la démocratie scolaire est le seul palier électif à avoir atteint la parité entre les hommes et les femmes. À l’heure actuelle au Québec, il y a 309 commissaires et 23 présidentes femmes sur 656 élus scolaires, ce qui représente une majorité de 50,61 %.

Offensive multi-volets

La fédération a lancé une véritable offensive multi-volets en vue du dépôt du projet de loi, prévu cet automne. Elle demande entre autres aux élues de l’Assemblée nationale, tous partis confondus, de l’appuyer en apposant leurs signatures au bas d’une déclaration sur l’importance de préserver la démocratie scolaire.

Déjà, une dizaine d’anciennes élues, telles que Marie Malavoy, Suzanne Tremblay, Élizabeth Larouche, Colette Roy Laroche et Josée Bouchard, ont signé cette déclaration, dont certains extraits se lisent ainsi : «Aucun recul des femmes en politique n’est acceptable. [...] Très souvent, les femmes hésitent à s’engager en politique. Les progrès réalisés à ce chapitre et l’atteinte de la parité seront grandement compromis par l’abolition de la démocratie scolaire.»

Les élus masculins préoccupés par la place des femmes en politique sont également invités à manifester leur appui. «Je vous dis, s’il le faut, je vais les appeler tous, et puis mes collègues commissaires à travers le Québec sont prêts à m’aider à mobiliser l’ensemble de la population, assure Mme Lortie. Je pense que ce mouvement-là va partir et il ne s’arrêtera pas.»

La FCSQ mise sur le fait que les Québécois en général sont désormais beaucoup plus sensibles à l’importance de la parité hommes-femmes dans les lieux de pouvoir, notamment. «La parité fait plus de sens dans la tête de tous les citoyens québécois», insiste sa vice-présidente.

Par ailleurs, l’élimination d’un droit démocratique n’a jamais fait progresser une société, fait valoir Mme Lortie, qui suggère plutôt au gouvernement de François Legault de concentrer ses efforts à améliorer la participation citoyenne lors des élections scolaires en mettant en œuvre des propositions déjà convenues, telles que le vote électronique.

Le Québec compte 72 commissions scolaires. Les élections scolaires sont en général boudées par les citoyens, le taux de participation n’atteignant même pas 5 %.

Éducation

Plus de 2,3 milliards $ pour rénover les écoles délabrées

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé dimanche un investissement de plus de 2,3 milliards $ dans des projets de rénovation des écoles. Les sommes seront engagées durant l'année financière en cours, mais les commissions scolaires auront jusqu'à trois ans pour mener à bien leurs projets.

Accompagné du président du Conseil du trésor, Christian Dubé, dans l'Est de l'île de Montréal, le ministre Roberge a promis de remettre en état 60 pour cent des établissements scolaires à travers la province d'ici 2022.

«Aujourd'hui, nous lançons une opération grand rattrapage pour retaper nos écoles, qui ont tant manqué d'amour dans les dernières années, a déclaré Jean-François Roberge. C'est une excellente nouvelle non seulement pour les élèves, mais également pour les enseignants et pour tout le personnel scolaire.»

Selon M. Roberge, l'enveloppe consacrée «au maintien des bâtiments et à la résorption du déficit de maintien» est deux fois et demie supérieure à celle qui avait été investie par le gouvernement libéral lors de sa dernière année au pouvoir.

1800 écoles visées

Les projets de rénovation des écoles jugées les plus désuètes seront priorisés.

M. Dubé estime que 60 % des quelque 3000 établissements scolaires du Québec pourront être remis à niveau.

«Ça veut dire qu'il y a 1800 écoles qui vont être touchées et qui sont en ce moment avec un taux de désuétude, c'est-à-dire qu'on dit qu'elles sont vétustes, qu'on a besoin de les améliorer», a souligné le président du Conseil du trésor.

La ministre responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau, était également présente à l'école primaire Montmartre, dans l'arrondissement Rivière-des-Prairies--Pointe-aux-Trembles, car près de 625 millions $ de cette somme seront accordés aux cinq commissions scolaires de la métropole.

Les montants pour chacune des autres régions du Québec seront dévoilés dans les prochaines semaines par les ministres titulaires.

La liste complète des projets de rénovation par école sera connue l'automne prochain.

Plus tôt cet été, le gouvernement de la Coalition avenir Québec avait annoncé l'injection de 1,7 milliard de dollars pour la construction et l'agrandissement d'écoles.

Une remise à niveau du parc immobilier scolaire figurait parmi les promesses électorales de la formation de François Legault.

Éducation

Université Laval: sommet sur le climat à l'été 2020

L’Université Laval sera l’hôtesse du premier Sommet international jeunesse universitaire pour l’action climatique qui aura lieu au cours de l’été 2020. L’institution espère réunir dans la capitale quelque 300 étudiants et conférenciers durant une semaine.

«C’est une première au Québec, je pense que c’est une première au Canada. Il y a eu quelques grands sommets dans le monde étudiant anglophone, mais très certainement ici chez nous c’est une grande première», avance la rectrice Sophie D’Amours.

Le Sommet va permettre à des jeunes de plusieurs pays, qui font face à une grande diversité d’effets des changements climatiques, d’échanger dans la capitale. Et d’y chercher des solutions, fait-elle valoir. «C’est une occasion unique de mettre en valeur la science québécoise, la connaissance québécoise.»

L’événement, publicisé jeudi en conférence de presse, sera piloté par l’Institut en environnement, développement et société (EDS) de l’Université Laval. On annonce des débats et conférences traitant notamment : de la transition vers une «économie sobre en carbone» ; des migrations humaines et des conflits liés aux changements climatiques ; de biodiversité ; de sécurité alimentaire ; des perturbations environnementales extrêmes…

«Une urgence climatique pèse sur nos têtes», observe le directeur de l’EDS, Étienne Berthold. Et les générations montantes s’attaqueront à l’adaptation de l’humanité aux changements à venir. «Ce sont les jeunes qui mettront à leur main ce qu’on appelle aujourd’hui développement durable.»

«La lutte contre les changements climatiques est un combat qui surpasse tous les autres», ajoute le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette, annonçant une contribution de 300 000 $ du gouvernement québécois.

L’organisation du Sommet évalue son budget à 700 000 $.

L’établissement d’enseignement compte renouveler l’expérience aux deux ans.