Éducation

Le ministre de l’Éducation exige une enquête sur la Commission scolaire English-Montréal

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’administration et la gouvernance de la Commission scolaire English-Montréal mercredi matin.

Il a exigé de demeurer informé tout au long de l’enquête si des mesures doivent être prises avant la fin du processus.

Un rapport devrait être remis le 10 septembre prochain.

Le ministre Roberge affirme avoir été mis au fait, dès sa nomination, de nombreuses allégations sérieuses concernant la CSEM qui remonteraient déjà à plusieurs années.

Lors d’une conférence de presse au parlement à Québec, le ministre a évoqué un conseil des commissaires paralysé par un climat malsain et des irrégularités concernant les programmes de formation professionnelle.

Jean-François Roberge soutient qu’il n’a pas posé ce geste «de gaieté de coeur», mais pour s’assurer que chaque dollar investi dans le système d’éducation serve le mieux possible les élèves.

Éducation

Compromis recherché pour l'agrandissement de l’école des Pionniers

Largué par la Ville de Saint-Augustin, le projet d’agrandissement de l’école secondaire des Pionniers pourrait tout de même aller de l’avant en 2019.

«Je suis confiant qu’on va trouver une voie de passage», commente Alain Fortier, président de la commission scolaire des Découvreurs.

Le maire de Saint-Augustin Sylvain Juneau a accepté de discuter du projet pendant une heure mercredi avec M. Fortier. Interrogé à la sortie de la rencontre, le président de la commission scolaire explique qu’il comprend la «réalité financière» de la Ville, mais qu’il ne serait pas responsable de laisser tomber tout le projet. 

«Pour avoir les deniers du gouvernement, on n’a pas le choix. Depuis quelques années, on est dans une logique d’utiliser au maximum les infrastructures sportives et il faut une collaboration avec les municipalités», explique-t-il. 

Il a été décidé en 2011 que le pavillon Laure-Gaudreault de l’école des Pionniers accueillerait les élèves de quatrième et cinquième secondaire, alors qu’auparavant, ces jeunes devaient se déplacer à Sainte-Foy pour finir leur secondaire. 

Cette décision s’accompagne toutefois d’un agrandissement du pavillon de près de 10 millions $ qui comprend huit classes et un gymnase. Le ministère de l’Éducation a approuvé ce projet en 2017 et a accepté d’y investir 3,2 millions $, alors que la commission scolaire paiera 5 millions $ et la Ville de Saint-Augustin, 1,7 million $. 

Au conseil municipal mardi soir, le maire Juneau a toutefois annoncé que la Ville abandonnait le projet, étant donné la dette trop importante avec laquelle Saint-Augustin doit composer. Une décision qui a été décriée par plusieurs citoyens présents dans l’assistance. 

La Ville ne s’est pas encore entendue avec la commission scolaire sur le partage de l’espace sportif, alors que la construction doit débuter en 2019. Sur son blogue, le conseiller municipal Yannick LeBrasseur a soutenu mercredi que depuis deux ans, «les communications entre la ville, l’école et la commission scolaire sont quasi inexistantes».

Mis au fait de ce dossier, le ministre de l’Éducation dit vouloir le suivre de près. «Nous appelons tous les acteurs dans ce dossier à garder en tête que ce qui doit primer, c’est l’intérêt des élèves», indique Francis Bouchard, attaché de presse du ministre Jean-François Roberge.

Éducation

Québec accorde 7,5 M$ de plus aux universités en région

Cinq universités en région se partageront une enveloppe supplémentaire de 7,5 millions $ cette année, a indiqué mardi le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

L’Université du Québec à Chicoutimi obtient la part du lion (2,1 millions $), suivie de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (1,8 millions $), de l’Université du Québec à Rimouski (1,6 millions $), de l’Université du Québec à Trois-Rivières (1 million $) et de l’Université du Québec en Outaouais (1 million $).

En conférence de presse à Québec, M. Roberge a indiqué que son gouvernement venait ainsi «corriger l’erreur» du précédent gouvernement, qui a éliminé une enveloppe de 15 millions $ dédiée au développement régional lors de la dernière révision de la politique de financement des universités.

Les libéraux ont augmenté les subventions totales versées aux universités de 197 millions $ cette année.

Les compressions de 15 millions $, «c’est quelque chose qui a mis à mal notre réseau des universités du Québec en région [...] qui fait de la recherche souvent axée sur les besoins régionaux, qui nous assure une main-d’œuvre qualifiée et qui est un carrefour de développement social et économique», a déclaré M. Roberge.

Les nouvelles sommes injectées par son gouvernement, alors que la moitié de l’année financière est déjà écoulée, sont une «bouffée d’air frais», selon le ministre, qui n’hésite pas à qualifier ce geste d’exceptionnel.

«C’est assez rare que les gouvernements fassent ça, a-t-il soutenu. Ça n’a pas été facile d’aller chercher cet argent-là au milieu de l’année.»

Il ne s’est pas engagé à rétablir l’enveloppe de 15 millions $ l’an prochain, tout comme il ne promet pas de déplafonner complètement les droits de scolarité d’une majorité d’étudiants étrangers tel que prévu dans la politique, et comme le demande depuis longtemps l’Université McGill.

«On travaille à s’assurer qu’il y ait une équité pour l’ensemble des universités», s’est-il limité à dire.

Le ministre reconnaît par ailleurs que les universités québécoises sont sous-financées, ce que son chef François Legault n’avait pas reconnu en campagne électorale.

Le 29 septembre dernier, M. Legault avait refusé de régler le sous-financement des universités, un manque à gagner évalué à pas moins de 860 millions $ par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

La CCMM soutient que les universités québécoises reçoivent en financement gouvernemental 600 $ de moins par habitant que la moyenne canadienne, soit 862 millions $ au total.

Mardi, M. Roberge a déclaré que des discussions se poursuivent avec toutes les universités dans le but de bonifier leur financement.

«Vous savez, pour notre gouvernement, la priorité c’est l’éducation et l’enseignement supérieur, a-t-il martelé. Il est possible que d’autres établissements voient leur financement bonifié.»

Entre temps, les universités en région du réseau de l’Université du Québec applaudissent la décision de mieux les soutenir.

«Pour l’Université du Québec à Chicoutimi, ce financement est une reconnaissance du rôle essentiel que joue notre institution dans le développement économique, social et culturel du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord», a notamment réagi la rectrice de l’UQAC, Nicole Bouchard, dans un communiqué.

Belles paroles

Selon le Parti libéral du Québec (PLQ), le gouvernement doit réinvestir beaucoup plus que 7,5 millions $ en enseignement supérieur, considérant que le surplus budgétaire du Québec frôle les 4 milliards $.

En entrevue téléphonique à La Presse canadienne mardi, la porte-parole libérale en éducation et enseignement supérieur, Marwah Rizqy, s’est interrogée sur le poids réel du ministre Roberge au sein du conseil des ministres.

«Il a demandé 15 millions $ et on lui a juste donné la moitié, s’est-elle exclamée. Si vous mettez l’éducation et l’enseignement supérieur comme la grande priorité du nouveau gouvernement, il faut que l’argent suive.

«Il ne faut pas que ce soit juste des belles paroles», a-t-elle renchéri.

Éducation

Recrutement à l’étranger: l’UQ veut avoir les moyens

L’Université du Québec (UQ) veut faire sa part pour régionaliser l’immigration. Sa présidente Johanne Jean demande au gouvernement de lui donner «les moyens financiers» pour recruter des étudiants à l’international.

«La compétition pour avoir des étudiants, elle est pas nécessairement entre les établissements ici, elle est avec les établissements à l’international», juge Mme Jean.

En entrevue au Soleil, la présidente de l’UQ raconte que les universités francophones du Québec doivent selon elle se coordonner pour aller en France, en Belgique et en Afrique du Nord parler des programmes qu’elles offrent. Parce que les étudiants aujourd’hui «magasinent» leur université. 

Alors que les universités anglophones ont accès à un «marché lucratif» d’étudiants prêts à venir étudier chez elles, la partie est loin d’être aussi facile pour les universités francophones. «Lorsqu’on parle des jeunes du Maghreb, par exemple, si on ne leur donne pas des conditions intéressantes pour venir étudier chez nous, ils ne viendront pas.»

Et s’ils viennent au Québec, il faudra en prendre soin. «Si on souhaite que ces jeunes-là diplôment et s’intègrent dans la société, il faut s’en occuper. Il faut pas juste les rentrer, dire : “Bienvenue et arrangez-vous.”»

Mme Jean croit que les étudiants étrangers sont l’une des clés de la pénurie de main-d’œuvre, qui ira en s’accentuant. 

«La pénurie de main-d’œuvre, ça commence dans les restaurants, dans les magasins, mais après ça, ça monte dans l’échelle», avertit Mme Jean. Alors que la pénurie d’enseignants est déjà concrète, Mme Jean voit aussi poindre un manque d’ingénieurs à moyen terme. «Je pense qu’il faut se relever les manches.»

Surtout que la Coalition avenir Québec a promis d’investir massivement en éducation et de développer des classes de maternelle 4 ans partout au Québec d’ici cinq ans. Des classes pour lesquelles il faudra trouver de nouveaux enseignants. «On observe des baisses d’effectif étudiant en enseignement qui sont suffisamment inquiétantes pour qu’on doive s’en occuper rapidement.»

Former plus de profs

Mme Jean dit ne pas avoir «la recette» pour attirer les jeunes vers cette profession, mais que son réseau travaillera à la trouver. «Chose sûre, ça va prendre des gars en enseignement, ça prend des modèles masculins.»

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge a d’ailleurs rappelé il y a quelques semaines aux recteurs, dans un discours prononcé pour souligner les 50 ans du réseau, que l’Université du Québec avait été créée pour deux raisons fondamentales : rendre l’université accessible dans les régions et former des enseignants, alors que le Québec ouvrait des polyvalentes et prenait un virage éducatif. 

Aujourd’hui, Mme Jean se dit prête à renouer avec cette mission. «On a juste 50 ans. On est encore jeunes et on est capables d’être agiles et d’être audacieux.»

Pour l’heure, la présidente de l’UQ voit en M. Roberge un ministre «très à l’écoute» du réseau universitaire, même si les promesses de son parti visent davantage le réseau d’éducation préscolaire, primaire et secondaire. «La solution pour le préscolaire et primaire passe par l’universitaire. On ne peut pas déconnecter ça.»

Pour ce qui est de l’accessibilité aux études universitaires, Mme Jean juge qu’après 50 ans, le Québec «a encore du chemin à faire». Les 10 universités membres de l’UQ sont présentes physiquement dans 60 villes du Québec, parce que les jeunes qui vivent à moins de 40 kilomètres d’une université sont beaucoup plus enclins à la fréquenter. 

Malgré cela, le Québec accuse toujours du retard sur les autres provinces canadiennes quant au nombre de diplômes décernés. «Au Québec, on est passé de 5 % à 22 % des 15 à 64 ans qui ont un diplôme d’études supérieures. En 50 ans, c’est un bond important. Mais on peut aller plus loin.»

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Éducation

Des compétitions scolaires de sport électronique?

EXCLUSIF / Le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) songe à se lancer dans l’encadrement de compétitions interscolaires de sport électronique, ou eSports, a appris Le Soleil.

«Il y a un intérêt du Réseau à explorer la situation considérant qu’il y a des demandes qui sont faites par des établissements à savoir si le Réseau du sport étudiant pourrait prendre le relais», déclare Gustave Roel, président-directeur général du RSEQ en entrevue au Soleil

C’est que plusieurs établissements qui offrent des programmes ou des activités de sport électronique réclament une structure qui faciliterait l’organisation de compétitions interscolaires de jeux vidéo, comme le RSEQ le fait pour les sports «traditionnels».

Ainsi, une démarche de consultation auprès des partenaires scolaires du Réseau a été entreprise au cours des dernières semaines pour mesurer l’intérêt des établissements d’enseignement face à une implication du sport étudiant dans cette discipline.

Cela dit, les résultats se sont avérés peu concluants. Les responsables sportifs sondés ne s’occupent pas tous des activités liées au sport électronique dans leur établissement. La majorité d’entre eux n’étaient donc pas en mesure de se positionner clairement sur la question.

Devant cette situation, le conseil d’administration a décidé d’étendre la consultation aux directions des écoles secondaires publiques et privées, ainsi qu’aux directeurs des services aux étudiants du collégial et des universités. Ce sont eux qui chapeautent le plus souvent les eSports, a révélé le questionnaire. «On va à un autre niveau», dit M. Roel.

Le pdg explique qu’il n’y a pas urgence d’agir pour le RSEQ, puisque «ça reste que c’est quand même très embryonnaire comme démarche». Il ajoute que pour le moment, «c’est pas non, mais on n’a pas assez d’éléments concrets pour être capable de voir s’il y a une demande» réelle.

D’ailleurs, ce deuxième sondage ne sera pas distribué avant le retour du congé des Fêtes. Gustave Roel espère que cette nouvelle démarche permettra finalement de voir si le RSEQ va de l’avant ou non.

Valeurs communes

Bien qu’il ne veuille pas être celui qui détermine si le sport électronique est vraiment du sport, le président-directeur général assure voir plusieurs similitudes entre les deux et un potentiel d’intérêt à offrir une plateforme.

Il affirme aussi que les valeurs qui sont véhiculées par le sport électronique «sont les mêmes que nous véhiculons». Toutefois, il est conscient que la population ne voit pas généralement ce lien.

«Quand on parle de eSports, on parle beaucoup de jeux électroniques, mais on oublie tout l’autre volet de santé et sport qui est donné à ces jeunes-là», poursuit M. Roel qui n’ose pas parler d’«étudiants-athlètes».

«Souvent, on pense qu’ils ne font que du jeu vidéo, alors que les programmes — je pense à celui du Cégep de Chicoutimi — donnent un service de nutrition et de préparation physique. Donc, il y a des éléments sur lesquels on est capable de se rattacher. 

«Au secteur scolaire, on a des instances régionales qui ont des ligues d’improvisation, des ligues d’échec, et la question s’est posée à l’époque. Dans le fond, c’est qu’on fait la gestion de compétitions qui sont sur la formule sportive. La matière peut être différente. L’improvisation s’est développée en calquant tout ce qui se faisait au niveau du hockey. Il y a des liens possibles», explique le pdg du RSEQ. À l’heure actuelle, le ministère de l’Éducation ne reconnaît pas le sport électronique comme du sport.

L’an dernier, moins de 10 écoles offraient un programme de sport électronique. Cette année, on en compte plus de 30 tous niveaux confondus, selon la Fédération québécoise des sports électroniques (FQSE) qui s’attend à ce que ce nombre double au cours de la prochaine année.

En 2017, le Cégep de Matane est devenu le premier cégep francophone à offrir un tel programme d’études.

Types de jeux

Advenant le cas où le Réseau du sport étudiant allait de l’avant avec son implication dans le sport électronique, il est encore trop tôt pour dire si des catégories de jeux seraient privilégiées.

Actuellement, les jeux comme League of Legends et Overwatch, axés sur le combat et la stratégie, sont les principales plateformes sur lesquelles s’exercent les étudiants.

Gustave Roel croit qu’il ne faut pas «dénaturaliser» la discipline. Selon lui, tout passe par la prévention, citant en exemple le cas du football où les joueurs sont amenés à se frapper.

«Je pense que si on embarque dans un processus en lien avec les eSports, il faut être respectueux de la discipline comme telle et, présentement, vous avez autant des jeux qui sont sportifs que d’autres qui peuvent être violents», dit celui qui est en poste depuis cinq ans au RSEQ. 

«Si on embarque comme Réseau du sport étudiant, vous pouvez être assuré qu’il va y avoir un encadrement qui va être fait par rapport à ça, c’est-à-dire un accompagnement avant, pendant et après», poursuit-il avant d’ajouter que le type de jeux n’est pas un frein à la démarche en cours.

«On a toujours le choix de dire : on laisse ces jeunes-là jouer à des jeux violents tout seul à la maison sans faire une intervention […] ou de les inclure à partir de l’école et leur donner un encadrement spécifique et éviter l’isolement qu’on a à la maison», résume-t-il.

Le Réseau du sport étudiant du Québec est présent dans 14 régions de la province et s’implique dans 21 sports.

Éducation

La direction de Cardinal-Roy se tourne vers l’avenir

La direction de Cardinal-Roy sort amère du débat qui a fait rage autour de son projet de se dédier aux programmes sports-arts-études, ce qui aurait causé le déménagement des élèves du secondaire régulier et de l’adaptation scolaire vers d’autres établissements. Elle se tourne néanmoins vers l’avenir… en exprimant des doutes sur la réelle intention des contestataires d’envoyer leurs enfants dans son école.

Les commissaires de la commission scolaire de la Capitale ont décidé à l’unanimité, mardi, de maintenir les trois cursus à Cardinal-Roy. Ils ont ainsi penché en faveur de citoyens qui militent depuis septembre pour l’abandon du dessein qui aurait réservé Cardinal-Roy à l’élite sportive et artistique.

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Le vote met fin abruptement à l’aventure dans laquelle se sont embarqués les gestionnaires de l’école plantée dans le parc Victoria il y a environ trois ans. 

Mercredi, la directrice Élizabeth Fortin ainsi que le coordonnateur du sports-arts-études Danny Bell digéraient mal le camouflet. Et ils ont réservé un accueil antipathique, glacial, aux représentants du Soleil, à qui ils imputent une part de leur défaite. La couverture médiatique de la contestation populaire aurait fait passer les gestionnaires pour les «méchants» qui veulent «mettre dehors» les jeunes des classes ordinaires et ceux de l’adaptation scolaire, critiquent-ils.

M. Bell est particulièrement fâché : «Je suis amer parce qu’on passe pour les grands méchants loups.»

Projet mal compris

Le vétéran champion de balle au mur regrette que Cardinal-Roy doive refuser jusqu’à une centaine d’inscriptions par année dans ses programmes spécialisés, faute d’espace pour loger les élèves. Des jeunes qui cultivent une passion pour leur sport, leur art, insiste-t-il.

De l’autre côté, fait-il remarquer, il y a le programme régulier qui ne reçoit qu’une poignée d’inscriptions, en partie parce que les élèves doivent changer d’école pour les troisième, quatrième et cinquième secondaire, ces niveaux ayant été abolis il y a déjà un moment. Il n’y aurait donc pas assez d’élèves pour leur offrir des activités parascolaires, notamment.

La directrice Fortin prend cependant acte de la décision des commissaires. Elle note que les élus scolaires demandent à l’institution de développer un programme régulier «attrayant». Surtout, elle se réjouit qu’on lui offre d’aménager plusieurs nouvelles classes dans un bâtiment adjacent, ce qui réglerait le problème d’espace.

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Éducation

Les classes régulières resteront à Cardinal-Roy

Les commissaires de la commission scolaire de la Capitale ont pris la décision à l’unanimité, mardi, lors d’une séance extraordinaire, de ne pas donner suite à la demande du conseil d’établissement de l’école secondaire Cardinal-Roy. Celui-ci voulait supprimer l’enseignement général et adapté pour laisser toute la place au programme contingenté sports-arts-études.

Mais le statu quo n’étant plus possible, ils ont voté une résolution pour apporter des changements pour une offre bonifiée et des classes supplémentaires dans de nouveaux locaux.

Selon les commissaires, la proposition ne rejoignait pas une adhésion assez forte pour aller de l’avant avec cette demande. Ni le comité citoyen ni les écoles primaires et secondaires aux alentours n’étaient pour cette réforme. Cependant, puisque le statu quo n’était pas possible, ils ont demandé à l’école lors de sa démarche d’élaboration de son projet éducatif au 1er juillet 2019 de prendre en compte la réalité de la clientèle du secteur régulier du premier cycle afin de lui proposer une offre éducative attrayante.

Ils demandent aussi au conseil d’établissement d’analyser la possibilité de modifier l’horaire des élèves afin de maximiser la capacité d’accueil de l’école et de permettre le développement du programme sports-arts-études.

Ajout d’espaces

Les commissaires mandatent également la direction générale d’explorer pour 2019-2020 les possibilités d’ajout d’espaces pour l’école, notamment avec des locaux appartenant aux deux centres de formation professionnelle adjacents à l’école ou par l’ajout d’unités mobiles temporaires. La direction générale devra aussi voir la possibilité de convertir les espaces adjacents à l’école et disponibles afin d’ajouter à moyen et long terme l’espace permanent requis à son développement. Il s’agit en fait de convertir l’amphithéâtre du centre de formation professionnelle Wilbrod-Bhérer en une quinzaine de salles de classe pour accueillir environ 375 élèves de plus.

Enfin, la direction générale devra procéder avec les écoles concernées à l’analyse globale de l’offre éducative au secondaire dans le secteur du centre-ville afin de la rendre complémentaire.

Mobilisation

Dès l’annonce du projet de l’école Cardinal-Roy, des parents, des citoyens et des organismes communautaires se sont mobilisés pour convaincre la commission scolaire de la Capitale de ne pas y donner suite.

Ils ont été une centaine à former une chaîne humaine le 30 octobre. Une pétition de 1100 noms a aussi été signée. Plus d’une cinquantaine de groupes communautaires, parents, clubs sportifs, conseils d’établissement d’autres écoles et anciens élèves avaient également déposé des mémoires lors des consultations publiques.

Pour l’année 2018-2019, 854 élèves sont inscrits sur une capacité de 980. Les élèves du programme sports-arts-études représentent 85 % de la clientèle.

La Capitale

Pères Maristes: le ministre de l’Éducation ouvre une enquête

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a ouvert mardi une enquête sur le dossier du séminaire des Pères Maristes, qui se voit forcé de garder dans son établissement des élèves qui ont plaidé coupable à des accusations de nature sexuelle.

En mêlée de presse à l’Assemblée nationale, M. Roberge a dénoncé le précédent gouvernement libéral, qui selon lui aurait dû déclencher une enquête sur les événements survenus à l’école privée de Québec avant que le dossier se retrouve devant les tribunaux.

«C’est devenu une question juridique, et on est un peu empêtré là-dedans parce qu’il semble que la direction ne peut pas agir», a-t-il indiqué.

«On dit, nous, depuis des années que ça prend un protecteur de l’élève qui soit neutre, qui soit capable d’intervenir autant dans le réseau public que dans les réseaux privés, avec la tête froide. Il n’y a pas ça en ce moment», a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, la direction du séminaire se désolait d’être dans une «impasse», étant donné qu’en vertu d’un jugement la Cour supérieure, elle ne peut expulser les élèves.

Plaider coupable

La semaine dernière, plusieurs médias rapportaient que deux élèves de l’école privée de Québec avaient plaidé coupable de leurre informatique, pour avoir partagé des photos intimes d’adolescentes. Selon «Le Soleil», un autre élève avait déjà reconnu sa culpabilité, mais il ne fréquente plus l’école.

Dans son communiqué, le directeur général, François Sylvain, a exclu la possibilité d’aller en appel de la décision du tribunal, et a affirmé que l’école allait se conformer à cette ordonnance.

À la mi-août, l’école avait décidé d’expulser les élèves visés par l’enquête policière concernant l’échange de photos explicites de trois jeunes filles. La décision touchait trois garçons, car trois des familles impliquées avaient volontairement accepté d’assurer la scolarisation de leur enfant dans une autre école.

Ordonnance de la cour

Le 23 août dernier, le juge Daniel Dumais a toutefois ordonné au Séminaire des Pères Maristes de réintégrer les trois élèves dans l’établissement secondaire à temps pour la rentrée.

Le juge Dumais plaidait qu’en les excluant, l’établissement causerait un préjudice puisque sa proposition de changer les élèves d’école «implique de déraciner l’élève d’un environnement éducatif devenu familier, de mettre de côté une certaine routine, des amitiés, un sentiment d’appartenance plus ou moins présent, des relations avec les professeurs et animateurs, etc.»

Cette réintégration a toutefois plusieurs conditions pour les trois élèves. Ils doivent notamment respecter les règles de vie de l’école, éviter tout contact avec les victimes présumées, et faire preuve de discrétion. Ils se voient également interdire l’utilisation d’un téléphone cellulaire ou d’une tablette sans l’autorisation du personnel de l’école - sauf en cas d’urgence.

«Une fois de plus, nous souhaitons réitérer que ce genre de comportements n’a pas sa place dans notre établissement. Bien que nous déplorions la tournure des événements, l’école entend se conformer aux décisions des tribunaux», a indiqué le directeur général, François Sylvain.

M. Sylvain avait aussi interpellé le ministre de l’Éducation du Québec. «Nous souhaitons qu’il puisse nous éclairer en pareilles circonstances et encore plus au moment où les tribunaux viennent dicter la conduite d’un établissement d’enseignement privé», a-t-il soutenu.

Éducation

CodeBoxx: école intensive pour les programmeurs de demain

Pour répondre aux besoins de main-d’œuvre dans le secteur de la technologie, CodeBoxx a vu le jour il y a trois mois avec une première cohorte de 27 étudiants qui ne connaissaient rien à la programmation.

Créée par Nicolas Genest, Jeff Fillion et Nadya Fortier, l’école se veut une sorte de bootcamp intensif. Pendant 14 semaines, les étudiants apprennent les différents langages de codage très recherchés dans les entreprises de la région, comme Python, JavaScript et le Go de Google.

Les étudiants ont été sélectionnés à travers le programme Genesis. Pendant deux semaines, les candidats devaient démontrer leurs capacités à apprendre le codage, répondre aux différents obstacles qui allaient se dresser devant eux, à travailler sous pression et rapidement et en équipe. «À l’issue de ce programme où les exigences sont tellement élevées, on est capable de déterminer si les technologies sont un domaine pour eux», a expliqué le PDG de CodeBoxx, Nicolas Genest. 

Et pas besoin d’être un geek pour postuler. «Le programme a vraiment été conçu pour apprendre les technologies à n’importe qui. On a une compréhension de l’apprentissage avec la chimie du cerveau, le rythme et les capacités d’attention. Grâce à cette connaissance, on peut aussi bien enseigner à un décrocheur de 16 ans qu’à quelqu’un de 53 ans qui veut faire quelque chose de différent», a-t-il mentionné.

Tout au long de la formation, les étudiants sont accompagnés de six mentors qui sont rémunérés seulement si les étudiants réussissent. «C’est un des éléments clés du programme. Ça permet d’accélérer l’apprentissage de façon significative», a-t-il fait valoir.

Un emploi à la clé

Pour assurer un emploi à leurs finissants, l’école a créé des partenariats avec quatre entreprises de Québec, CGI, Covéo, CyberCat et Fungo. Ces entreprises ont un droit de regard privilégié sur eux pour leur proposer des emplois.

Grâce à leur formation accélérée, les diplômés pourront intégrer rapidement une équipe de développement. «Ils vont pouvoir coder, implémenter un site Web, monter un système d’information ou parler à une intelligence artificielle comme Alexa ou Google Home», a indiqué M. Genest. «La moitié du programme répond aux besoins du marché et l’autre moitié c’est le futur. On leur apprend à être avant-gardistes et en avance sur certains aspects», a-t-il poursuivi.

Ceux qui ne seront pas choisis par l’une des quatre entreprises sont également assurés d’avoir un emploi. «CodeBoxx leur offre un emploi. On a une agence de projet et on va leur offrir une expérience de travail.»

Pour entrer à l’école, les étudiants doivent donner un dépôt de garantie de 2000 $ qui est remboursé avec l’obtention du diplôme. 

Lorsqu’ils trouvent un emploi, ils doivent verser 20 % de leur salaire annuel à CodeBoxx dans les six mois suivant leur embauche. L’école se rémunère également avec des frais de placement aux entreprises s’ils choisissent un candidat.

CodeBoxx a lancé un appel à l’aide également pour pouvoir ouvrir plus de classes, rendre le programme réalisable à distance et amener le programme dans les autres régions du Québec.

Éducation

Au Séminaire des Pères maristes de prendre «la bonne décision»

Maintenant que deux de ses élèves ont plaidé coupable à des accusations de leurre, le Séminaire des Pères Maristes doit réfléchir de nouveau au sort qu’il leur réserve.

C’est ce que croit le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, qui se dit «préoccupé» par l’histoire d’adolescents de Québec qui ont convaincu trois de leurs amies de leur envoyer des photos d’elles nues, avant de faire circuler ces photos dans l’école. Père d’adolescentes, le ministre Roberge croit que les gestes posés sont «assez graves» et que des «faits nouveaux» sont apparus dans le processus judiciaire. 

«Il appartient à la direction de l’école de prendre la bonne décision. Elle n’avait pas les bonnes informations pour prendre les bonnes décisions. Maintenant qu’elle les as, peut-être que ce sera autre chose», dit-il. 

Ces deux adolescents fréquentent toujours l’établissement d’enseignement privé, où l’une des plaignantes étudie encore. C’est la Cour supérieure qui avait forcé l’établissement privé de Sillery à réintégrer les jeunes avant la rentrée scolaire. À ce moment-là, ils n’étaient pas encore accusés.  

Lundi, le directeur général du Séminaire François Sylvain avait indiqué qu’il allait examiner le nouvel élément du dossier et «évaluer l’approche à préconiser dans les circonstances».

Le ministre de l’Éducation déplore que les victimes, dans cette histoire et dans bien d’autres, n’aient pas accès dans le milieu scolaire, à un «mécanisme d’appel» des décisions prises par les directions d’école. 

«Le protecteur de l’élève, pour le réseau privé, est carrément inexistant. Je l’ai dénoncé dans l’opposition et je peux vous dire que maintenant qu’on est au gouvernement, on travaille sur un projet de loi pour avoir un vrai protecteur de l’élève qui couvre autant les jeunes qui sont au privé que les jeunes qui sont au public», indique M. Roberge. 

Le ministre de l’Éducation est d’avis que le mécanisme de protecteur de l’élève actuel, qui s’applique seulement aux écoles publiques, ne fonctionne pas bien.