Nouvelle école à Scott : une «vitrine» pour la province [VIDÉO]

Éducation

Nouvelle école à Scott : une «vitrine» pour la province [VIDÉO]

Première pelletée de terre, mardi, pour la nouvelle école primaire de Scott. Un projet innovateur qui tente de représenter le futur des écoles québécoises.

Un toit vert, une classe extérieure, des salles aux murs amovibles qui répondent aux besoins de différents groupes d’âge...


Vous n'êtes pas dans une école scandinave, mais bien au 15, rue Armand-Claude à Scott en Beauce. «Quand on fera l’inauguration, ce sera une vitrine pour la province en termes d’école», a déclare le député de Beauce-Nord, Luc Provençal.

Un groupe de parents d’élèves sont venus spécialement pour l’occasion. Un père ému s’adresse aux députés pour signifier la fierté qu’il ressent de savoir que ce projet verra le jour à Scott.


Installée sur un terrain de 24 200 m2, l'école compte accueillir plus de 260 élèves à la rentrée 2022. Le coût total du projet est estimé à 29 millions de dollars et est entièrement financé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. L’établissement comprendra 21 classes, un gymnase, une bibliothèque, ainsi que de nombreux espaces communs intérieur et extérieur pour organiser des activités ou simplement se détendre.


«On donne, au point de vue pédagogique, les outils physiques pour pouvoir faire des apprentissages très différents», indique Odette Roy, l’architecte chargée de projet au consortium Roy Jacques CCM2. Un projet qui est précurseur du guide de la nouvelle génération d’écoles publié en mars dernier par le gouvernement, explique-t-elle.

Dans ce guide, on préconise l’utilisation de matériaux comme le bois, l’aluminium et de grandes baies vitrées. On encourage aussi la création d’espaces verts, ainsi que les lieux qui pourront être bénéfiques à toute la communauté (terrains de sport, jardins, etc.).

L’école primaire de la municipalité a été victime de fortes inondations en 2017 et en 2019. À la suite de ces catastrophes, le gouvernement a décidé de reconstruire une nouvelle école à l’abri de la zone inondable.

42 Québec: une nouvelle formation numérique de haut niveau à Québec

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42 Québec: une nouvelle formation numérique de haut niveau à Québec

À toute heure du jour, installés derrière leur écran d’ordinateur, 200 passionnés de programmation et de web investiront, dès janvier 2021, un bâtiment du centre-ville pour suivre la nouvelle formation 42 Québec strictement dédiée aux technologies de l’information.

Un projet «un peu fou», «hors-norme», «synonyme d’innovation», voilà comment Carl-Frédéric De Celles, président de l’organisme à but non lucratif Québec numérique, qualifie sa nouvelle formation technologique. Le programme sans enseignant, «basé sur l’apprentissage par projets et par les pairs», offrira à 200 étudiants de suivre une formation en informatique gratuite, sans prérequis de diplôme nécessaire.

Les locaux de l’école, installée au coin de Dorchester et de St-Vallier Est, seront ouverts 24h/24 et 7 jours/7 et permettront aux étudiants d’apprendre à leur rythme. Les cours magistraux et les horaires définis sont bannis du projet 42 Québec.

Inspiré des jeux vidéo, le programme de 42 Québec est composé de différents niveaux. Pour les franchir, les étudiants devront monter des projets concrets pour «récolter des points». Ceux-ci permettront aux élèves de progresser dans la formation qui s’échelonne, en moyenne, sur une durée de trois ans.

Le gouvernement du Québec, en collaboration avec la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), octroie un financement de 5 millions de dollars sur cinq ans à Québec numérique afin de mettre sur pied la formation. Ce financement est conditionnel à la mise en place d’un observatoire du projet afin «d’évaluer ses retombées réelles dans la réalité québécoise et d’évaluer la possibilité pour les étudiants d’obtenir une reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) avec des établissements d’enseignement postsecondaire reconnus», selon le gouvernement. La nouvelle formation n’est, à ce jour, pas encore reconnue par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Aucun diplôme officiel ne sera donc fourni, pour l’instant, aux étudiants finissants.

La Ville de Québec, partenaire du projet, investira quant à elle 3 millions de dollars sur cinq ans afin de soutenir cette nouvelle école du numérique qui prendra place en plein cœur du quartier Saint-Roch. Au total, avec le financement des divers partenaires, le projet de Québec numérique recevra 11,8 millions de dollars sur cinq ans.

Pour le gouvernement et la Ville, 42 Québec répond à la pénurie de main d’œuvre qui sévit actuellement dans l’industrie des technologies de l’information. Selon Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, plus de 4000 postes se retrouvent vacants chaque année dans l’industrie alors que seulement un peu plus de 2000 étudiants entrent sur le marché du travail.

«Un des secteurs les plus névralgiques, c’est celui des technologies de l’information. […] On va venir combler un besoin qui est important parce que l’écart va continuer de s’accroître. [42 Québec] répond à un besoin concret du marché du travail», affirme Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Des entreprises du secteur, bien implantées à Québec, ont d’ailleurs déjà approuvé le projet et se sont dit prêtes à embaucher les étudiants formés chez 42 Québec. Parmi celles-ci, on retrouve notamment Beenox, NovAxis Solutions, Ubisoft, GFT Technologies Canada ou encore Mon Avenir TI. Les étudiants formés chez 42 Québec pourront travailler pour des sociétés de jeux vidéo, mais aussi dans le secteur «de la cybersécurité ou de l’intelligence artificielle», spécifie M. Caire.

Vocation internationale

Le projet 42 Québec est membre du réseau international «42 Network». Plus d’une quinzaine de campus similaires ont vu le jour un peu partout dans le monde notamment en Europe, aux États-Unis ou en Amérique du sud.

C’est l’École 42, une école informatique parisienne, qui a mis au point cette formation sur les technologies de l’information.

Les étudiants de 42 Québec, en plus d’avoir accès à des stages en milieu professionnel dès le début de leur formation, pourront, 12 à 18 mois après avoir entamé leurs études, faire un stage d’une durée de 6 mois à l’international chez un des membres du réseau « 42 Network ».

Québec numérique possède l’exclusivité sur les futures projets 42 au Canada et pourra développer ces campus à travers le pays.

Un impact social important

Par cette formation qui sort des sentiers battus, Québec numérique souhaite particulièrement ramener dans ses locaux des individus aux parcours atypiques, à qui une formation scolaire traditionnelle ne convient pas. «Ce qui nous séduit là-dedans, c’est son aspect novateur socialement. Dans le modèle traditionnel de formation, ceux qui sont différents trébuchent souvent», souligne le maire de Québec, Régis Labeaume.

42 Québec permettra également « d’intéresser des personnes qui étaient moins susceptibles d’étudier en technologie de l’information notamment les femmes. 40% des nouvelles personnes qui viendront ici sont des femmes», précise M. Boulet.

Cette volonté d’intégrer davantage de femmes dans le milieu des technologies de l’information permettra peut-être de changer la dynamique de cette industrie récemment critiquée dans les médias pour sa masculinité toxique. En effet, plusieurs cadres d’Ubisoft sont actuellement visés par des accusations d’agressions et d’harcèlement sexuel. L’École 42 à Paris, instigatrice des projets 42, a elle-même fait les manchettes, en 2017, après que plusieurs étudiantes aient dénoncé le comportement sexiste et inapproprié de plusieurs de leurs collègues masculins.

Des portes ouvertes… virtuelles au Collège François-de-Laval

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Des portes ouvertes… virtuelles au Collège François-de-Laval

En temps de crise, les établissements scolaires ont aussi dû se réinventer. C’est le cas du Collège François-de-Laval qui a eu l’idée de faire visiter son établissement grâce à la réalité virtuelle. Via une application mobile, les futurs élèves et leurs parents peuvent ainsi visiter l’école en 360 degrés, et ce, en toute sécurité.

«On planifie normalement les portes ouvertes au printemps. Mais on se posait de sérieuses questions quant à la possibilité de réunir des familles nombreuses à l’intérieur du Collège à cause de la COVID-19», entame Marc Dallaire, directeur général du Collège. Vers la mi-mai, ce dernier a fait appel au concepteur Olivier Dufour, diplômé du Collège, qui, avec une équipe de collaborateurs, a créé une application qui permet une visite en réalité virtuelle du Collège. «L’EXPÉRIENCE CFDL» permet donc d’offrir une expérience immersive de l’école secondaire située dans le Vieux-Québec. 

«Avec les diverses mesures mises en place par la Direction générale de la santé publique qui découlent du contexte évolutif de la COVID-19, nous avons saisi cette opportunité afin d’innover et de proposer une nouvelle expérience numérique», ajoute M. Dallaire. 

Un «produit unique»

L’application ludique et interactive a été conçue pour les jeunes. Les images 360 degrés illustrent les différentes pièces du Collège sur une musique thème composée pour l’occasion et une narration assurée par le comédien Martin Laroche, également diplômé du Collège.

«Notre concept c’est de donner les clés virtuellement à un élève. Il peut découvrir tous les aspects du Collège même s’il demeure confiné à la maison, explique M. Dallaire. C’est différent des portes ouvertes régulières, car avec l’application, l’élève peut faire la visite à son rythme. C’est ça qui la rend encore plus intéressante.»

L’application est disponible sur le site Web du Collège. Elle peut être visionnée sur les tablettes ou téléphones intelligents iOs ou Android. Pour une expérience optimale, M. Dallaire propose d’utiliser les lunettes de réalité virtuelle Google Cardboard. Les élèves et leurs parents peuvent en faire la demande gratuitement sur le site Web au Collège. Elles leur seront ensuite remises par la poste. 

Fusion administrative entre le Collège François-de-Laval et l’École des Ursulines

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Fusion administrative entre le Collège François-de-Laval et l’École des Ursulines

À moins d’un kilomètre l’un de l’autre, le Collège François-de-Laval, encore connu sous le nom du Petit Séminaire de Québec, et l’École des Ursulines de Québec ne pouvaient pas se rapprocher physiquement davantage. Mais, afin d’unir les deux établissements sur les plans administratif et pédagogique, les deux conseils d’administration ont choisi de confier leur poste de directeur général au même homme: Marc Dallaire.

Les deux institutions d’enseignement de plus 300 ans partageaient déjà des valeurs communes comme la rigueur et l’excellence. En unifiant leurs deux administrations générales, l’École des Ursulines de Québec, de niveau préscolaire et primaire, et le Collège François-de-Laval, de niveau secondaire, pourront offrir un continuum pédagogique au parcours scolaire de leurs étudiants. 

Marc Dallaire, actuel directeur général du Collège François-de-Laval, succédera donc à M. Jacques Ménard au poste de directeur général de l’École des Ursulines de Québec. M. Dallaire travaille depuis plus de 30 ans au Collège François-de-Laval. Avant d’en être le directeur général, il a tout d’abord été enseignant, directeur des services pédagogiques, puis directeur des services aux élèves. 

À noter qu’en se jumelant ainsi, les deux établissements disent vouloir partager certaines ressources dont profiteront tous les élèves et l’équipe-école tout en gardant une certaine indépendance. En effet, les deux institutions du Vieux-Québec assurent qu’elles garderont leur identité propre, leur autonomie ainsi que leur gouvernance et leurs missions respectives.

Université Laval: célébrer la réussite des étudiants en vidéo

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Université Laval: célébrer la réussite des étudiants en vidéo

Privée de collation des grades à cause de la pandémie, l’Université Laval a tenu à célébrer la réussite de ses finissant(e)s avec une vidéo réunissant la direction et d’ancien(ne)s diplômé(e)s.

L'UL avait d'abord prévu tenir des cérémonies de façon virtuelle, comme dans de nombreux autres établissements d’enseignement supérieur à travers le pays. Les demandes des étudiants ont changé la donne. Les collations des grades seront donc reportées. 

«La première collation des grades à l’Université Laval a eu lieu dans les années 1859 à 1860», rappelle Monique Richer, secrétaire générale au début de la vidéo. «À ma connaissance, c’est la première fois que l’on remet à plus tard la collation des grades», ajoute-t-elle.

En attendant, l’Université tenait à marquer le coup. 

La vidéo d’une vingtaine de minutes comporte un slam émouvant du conférencier et rappeur, Webster, sur un montage photo d’étudiant(e)s fraichement diplômés, dont certains, qui ont trouvé des façons originales de célébrer malgré la distanciation. 

L’astronaute de l’Agence spatiale canadienne David Saint-Jacques, lance aussi des mots d’encouragement aux étudiant(e)s qui ont dû finir leur étude dans un contexte éprouvant. Ça fait aujourd’hui 15 ans qu’il a reçu son diplôme en médecine. «L’isolement est particulièrement difficile quand on doit passer à travers des épreuves comme la maladie ou la mort d’un proche», déclare-t-il. «Vous avez peut-être trouvé que la vie en cohabitation avec votre famille ou vos colocs, ce n’est pas pareil quand on se voit 24 h sur 24. Vous avez dû développer une bonne dose de patience, de flexibilité et d’empathie. En fait, c’est la même chose que pour l’équipage d’un vaisseau spatial». 

L’artiste lyrique Marie-Nicole Lemieux et le premier ministre du Québec de 1996 à 2001, Lucien Bouchard, livrent également leurs messages d’espoir. «Le Québec aura besoin d’innovation pour rebondir après la crise et la cohorte 2020 est prête à relever des défis complexes. J’ai confiance en son avenir», exprime la rectrice de l’Université Laval Sophie D’Amours dans le communiqué.

L’année 2019 représente un record d’étudiant(e)s diplômés à l’Université Laval, soit 4660 finissant(e)s qui ont participé à la collation des grades. Quand on sait que chaque étudiant a le droit d’inviter trois personnes pour le voir graduer, l’évènement prend une ampleur impressionnante. L’Université attend de voir l’évolution des directives sanitaires de distanciation sociale avant d’annoncer la date de report des cérémonies pour la cohorte 2020.  

Le Québec retournera à l’école à temps plein à l’automne [VIDÉO]

Éducation

Le Québec retournera à l’école à temps plein à l’automne [VIDÉO]

MONTRÉAL - Québec a confirmé mardi l’information qui circulait déjà, à savoir que la rentrée scolaire se fera en septembre, selon les ratios habituels, jusqu’en 3e année du secondaire inclusivement.

«La fréquentation scolaire pour l’automne redevient obligatoire, de 6 à 16 ans. À moins d’avoir une condition médicale très particulière, les enfants devront se présenter à l’école», a rappelé le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, en conférence de presse à Montréal.

Cette rentrée post-crise du coronavirus se fera cependant sous une forme différente dans les classes proprement dites, soit en s’inspirant de «bulles», de sous-groupes.

Ainsi, les élèves seront regroupés par équipes d’au maximum six élèves, où il n’y aura «pas de distanciation requise», a précisé le ministre Roberge.

Cette «bulle» de six élèves, valide pour les élèves jusqu’en 3e année du secondaire, «c’est comme nos frères et soeurs», a illustré le ministre.

Ensuite, le reste de la classe sera considéré «comme une famille élargie». «On reste ensemble, on reste dans notre local, on reste en équipe. Ça veut dire que ce sont les professeurs qui changent de locaux, sauf exception», a-t-il expliqué.

Les sous-groupes entre eux devront garder une distance d’un mètre dans la même classe.

Et entre les élèves et les enseignants, une distance de deux mètres est requise de manière générale. Il pourra y avoir exception, par exemple pour un élève du préscolaire qui a besoin d’être consolé, a illustré le ministre de l’Éducation.

Fin du secondaire

Pour les 4e et 5e années du secondaire, là où ce sera possible de le faire, on gardera les mêmes groupes, comme pour les plus jeunes.

Le ministre a souligné qu’il n’y aura «pas de mur à mur», qu’il faudra être flexible, compte tenu de l’aménagement des lieux, du personnel disponible et autres données à soupeser.

Il se peut, donc, «qu’on doive permettre une formation hybride: ça veut dire du temps en classe et, parfois, du temps à la maison», a-t-il prévenu.

Un minimum de présence a toutefois été établi: au moins un jour sur deux en classe, a insisté le ministre Roberge.

Il y aura des apprentissages en ligne et des travaux à faire à la maison pour compléter la formation des élèves qui se trouveront dans cette situation.

Cégep, université, formation professionnelle

Pour les étudiants de cégep, d’université et en formation professionnelle, les cours aussi recommenceront plus normalement dans les établissements.

«C’est 1,5 mètre de distanciation entre les étudiants et deux mètres avec le professeur», a rappelé le ministre Roberge.

Après s’être entretenu avec les directions de ces établissements, le ministre s’est montré confiant. «On va avoir une fréquentation la plus grande possible de nos campus. On sait: la vie de campus, voir nos professeurs, voir nos amis étudiants, ça fait partie de l’expérience en enseignement supérieur. Tout le monde est mobilisé pour maximiser la présence sur les campus en respectant les mesures sanitaires et les mesures de distanciation.»

Une école adaptée à la COVID [PHOTOS]

Éducation

Une école adaptée à la COVID [PHOTOS]

Le 11 mai, les écoles primaires du Québec ont vécu une rentrée pas comme les autres. Après un long confinement, professeurs et élèves sont retournés en classe dans un mélange d’excitation et d’appréhension. C’était le cas à l’école Saint-Michel, dans le secteur de Sillery, où s’était rendue notre équipe de reportage. Un mois plus tard, Le Soleil est retourné sur place pour constater que tout le monde s’est adapté à la nouvelle routine imposée par la crise sanitaire.

«Bonjour Rosalie! Bonjour Leslie! Vous allez bien? Quand vous aurez déposé vos choses, allez vous laver les mains.»

Éducation en français en C-B : victoire pour les parents devant la Cour suprême

Éducation

Éducation en français en C-B : victoire pour les parents devant la Cour suprême

La Cour suprême du Canada a tranché en faveur des parents francophones de la Colombie-Britannique qui réclamaient pour leurs enfants une éducation en français équivalente à celle offerte en anglais.

Cette décision était attendue de tous les francophones hors Québec, qui se battent pour l'avenir de l'éducation en français en milieu minoritaire.

Avec sa décision partagée 7-2 rendue vendredi, le plus haut tribunal du pays a mis fin à une saga judiciaire qui a duré plus de 10 ans.

La Cour suprême a confirmé le droit à une éducation équivalente, de la même qualité que celle offerte à la majorité linguistique, et non pas juste une éducation «proportionnellement équivalente».

De plus, huit communautés de la Colombie-Britannique ont le droit d'obtenir des écoles francophones, a aussi décidé la Cour suprême, sous la plume du juge en chef québécois, Richard Wagner. Le sort d'une neuvième école sera décidé ultérieurement.

Une autre question très importante a été tranchée : l'argent — et chercher à réaliser des économies — n'est pas une raison pour ne pas respecter l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui protège le droit des minorités linguistiques à une éducation dans l'une des deux langues officielles.

«C'est une décision vraiment historique pour la francophonie canadienne», s'est exclamé en entrevue Jean Johnson, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).

Cette cause a opposé des parents ainsi que le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF) et la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique (FPFCB) au gouvernement de la province.

Ils lui reprochent un sous-financement chronique des écoles de langue française, illustré par des bâtiments et un transport scolaire inadéquats.

Ce faisant, la province a violé leur droit à l'instruction dans la langue de la minorité garanti par l'article 23 de la Charte.

Cet article impose des «obligations positives» aux gouvernements provinciaux, «qui doivent être satisfaites en temps utile pour prévenir les risques d'assimilation et de perte des droits», a rappelé la Cour suprême.

Les parents avaient d'ailleurs fait valoir que la façon de procéder du gouvernement de la Colombie-Britannique accélère l'assimilation des francophones, car ces déficiences incitent bon nombre de parents à choisir pour leurs enfants les écoles de langue anglaise plutôt que celles de langue française.

La province de la Colombie-Britannique soutenait aussi que l'équivalence réelle entre les écoles de la majorité linguistique et celles de la minorité est impossible à mettre en oeuvre pour des raisons financières: cela coûterait beaucoup trop cher, faisait-elle valoir.

Et puis, il n'y a pas assez d'enfants francophones dans la province pour justifier un tel financement, avait-elle aussi plaidé.

En première instance, les parents et les deux organismes avaient remporté une victoire partielle, puis avaient été déboutés en appel. C'est pourquoi ils avaient porté leur cause devant la Cour suprême du Canada.

Celle-ci a tranché vendredi que «les juridictions inférieures ont adopté une interprétation démesurément restrictive de l'art. 23 de la Charte et de son rôle dans l'ordre constitutionnel canadien».

Cet article a un objet réparateur, qui vise à favoriser l'épanouissement des minorités linguistiques officielles et à modifier le statu quo, écrit la Cour suprême.

«En l'espèce, les juridictions inférieures ont commis une erreur en statuant que l'affectation juste et rationnelle de fonds publics limités constitue un objectif urgent et réel permettant de justifier des violations de l'art. 23», tranche le plus haut tribunal du pays.

Il octroie ainsi des dommages et intérêts au Conseil scolaire, de l'ordre de 6 millions $ pour le sous-financement du transport scolaire, ainsi que 1,1 million $ pour tenir compte des besoins en région rurale.

La dissidence des juges Russell Brown et Malcolm Rowe est très limitée, de leur propre avis : ils partagent pour l'essentiel l'avis des juges majoritaires.

Une plainte au Tribunal administratif du travail contre le ministre de la Famille

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Une plainte au Tribunal administratif du travail contre le ministre de la Famille

Le torchon brûle entre le gouvernement de François Legault et les responsables de garde en milieu familial.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) disent avoir déposé une plainte au Tribunal administratif du travail pour ingérence et entrave aux activités syndicales.

Dans un communiqué publié mardi soir, la FIPEQ-CSQ accuse le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, et ses représentants «d’attaques virulentes répétées» à son égard, au moment même où ses membres en milieu familial doivent se prononcer sur les offres finales du gouvernement.

En point de presse plus tôt dans la journée, le ministre Lacombe a reproché à la FIPEQ d’encourager ses membres à agir illégalement en facturant rétroactivement les parents pour la place que leur enfant n’a pas occupée pendant la crise sanitaire.

«Je le redis aux éducatrices : respectez la loi, n’embarquez pas dans ce jeu du syndicat. Vous avez reçu assez de sommes pour vous permettre de couvrir ces contributions parentales là, et, si vous vous faites prendre, ce n’est pas le syndicat qui va payer l’amende de 1000 $ à 6000 $, c’est vous», a-t-il déclaré.

Télé-enseignement: comme s’il n’y avait pas eu de crise à l'école Monseigneur Feuiltault

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Télé-enseignement: comme s’il n’y avait pas eu de crise à l'école Monseigneur Feuiltault

La pandémie de la COVID n’aura eu que des impacts mineurs pour les élèves du programme d’anglais intensif de l’école primaire Monseigneur Feuiltault de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin. Travaillant depuis le début de l’année scolaire 2019-220 sur des Chrome Book, ils ont pu, grâce au télé-enseignement, continuer à assimiler les éléments prévus à leur programme d’études pendant le confinement. Et depuis le retour en classe, la majorité des jeunes fréquentent l’école à temps plein comme ils le faisaient avant la crise.

«À cause des règles de distanciation qui limitent le nombre d’élèves en classe, nous travaillons actuellement en duplex», explique Julien Fecteau, professeur d’anglais à l’école Monseigneur Feuiltault, à Sainte-Marie. «Les élèves de chaque classe sont regroupés dans deux locaux, mais grâce à leur Chrome Book, aux tableaux interactifs et aux caméras Web, je peux donner mon enseignement aux deux groupes en même temps. Il y a même quelques élèves qui sont à la maison. Et parce que l’on utilise Google classroom pour les travaux, il n’y a aucune feuille de papier à distribuer. Les jeunes ont leur casque d’écoute et leur microphone. Ils peuvent me poser des questions et travailler en équipe avec les élèves de leur choix, peu importe d’où ils suivent le cours.»

Les élèves de cinq des six classes de sixième année de l’école Monseigneur Feuiltault sont inscrits dans le programme d’anglais intensif, soit environ une centaine de jeunes. Et en 2020-2021, ce sont tous les élèves de sixième année qui en feront partie. Les jeunes sont divisés en deux groupes. De septembre à la fin du mois de janvier, le premier fait de l’anglais à temps plein alors que le second fait des mathématiques et du français. Puis, c’est l’inverse à compter du mois de février. M. Julien Fecteau et Mme Amélie Deblois sont responsables des cours d’anglais alors que Mme Lisa Gobeil et Mme Annick Plourde enseignent les mathématiques et le français. S’ajoute pour chacun des profs une spécialité comme l’univers social, l’éthique et la culture religieuse, les sciences, la sexualité, etc.

Nombreux avantages

Le projet d’utiliser des ordinateurs portables en classe a vu le jour il y a quelques années à l’école Monseigneur Feuiltault. L’équipe de profs, des gens aimant la nouveauté et se tenir à la page, cherchait un moyen de motiver les jeunes. Elle a profité de l’achat de quelques mini-ordinateurs par leur école pour tenter des expériences. Et tout de suite, elle a vu le potentiel de ces appareils et des plateformes proposées comme Google classroom.

«Les technologies peuvent s’adapter à tous les élèves», confirme Mme Deblois. «Lorsqu’un élève s’absente, c’est plus facile pour un enseignant de lui mettre ses travaux en ligne que de commencer à le fournir en papier. Et comme il y a des aussi capsules qui ont été mises en ligne, rien de ce qui a été vu en classe n’est perdu. Le jeune peut le suivre virtuellement. C’est donc plus facile de reprendre le temps perdu à la maison.»

Présenté aux différents décideurs, le projet de doter les élèves de sixième année du programme d’anglais intensif de Chrome Book a reçu l’aval de tous. Après quelques questionnements, notamment est-ce que les jeunes continueraient d’écrire, les professeurs n’y ont vu que des avantages. Et depuis, plusieurs enseignants ont commencé à mettre des parties de leurs cours en ligne via la plateforme Google classroom.

«L’informatique nous permet de sauver du temps ce qui est très apprécié compte tenu que nous devons voir beaucoup de matière en moins de temps», mentionne Mme Gobeil. «Souvent les corrections des travaux et des examens se font sur-le-champ. Les élèves ont donc leurs résultats rapidement et on peut faire une rétroaction immédiatement après.»

«La collaboration entre les quatre profs du programme est assez intense», mentionne Mme Plourde. Quand un enseignant monte quelque chose qui peut nous servir, on l’utilise. Ça nous évite de travailler en double.»

L’enthousiasme a été le même du côté des parents qui y ont aussi vu de nombreux avantages dont une transparence, au sujet de ce que leurs enfants font à l’école. «Grâce à Google classroom les parents ont accès à tout», mentionne Mme Plourde. «Tant aux capsules pédagogiques qu’à tous les travaux et examens. Et si un enfant a de la difficulté dans un domaine quelconque, le parent n’a qu’à aller voir son Google classroom et il va le savoir.»

Après avoir songé à demander aux parents de défrayer les coûts d’achat des Chrome Book, entre 250 et 300 $ par appareil, l’école Monseigneur Feuiltault a réussi à les financer via les budgets accordés par le ministère pour les équipements informatiques.

«Une dépense qui s’amortissait sur quatre ans, soit la durée de vie approximative de l’appareil», explique M. Laurent Boutin, le directeur de l’école Monseigneur Feuiltault. «Et en bout de ligne, c’était une dépense qui n’était pas beaucoup plus dispendieuse que l’utilisation de manuels que l’on devait acheter et remplacer.»

Qu’on ne se trompe pas, l’utilisation d’outils électroniques dans le programme d’anglais intensif de l’école Monseigneur Feuiltault n’avait pas pour but de remplacer les enseignants. Mme Plourde explique qu’en temps normal, les enfants ne passent pas leur journée entière sur leur écran. «On est encore là pour leur enseigner et leur donner des explications. 

«Quand on était en confinement, les jeunes regardaient des capsules sur leur écran. Mais on organisait aussi des rencontres Google Meet, on enseignait encore beaucoup et on faisait aussi des activités.»

«La beauté avec notre projet c’est que les élèves ont des devoirs à faire avec leurs outils» indique Mme Deblois. «Et nous y avons un accès direct. Pendant le confinement, on savait qui travaillait et qui ne travaillait pas. On leur lâchait donc un petit coup de téléphone à ceux donc les documents n’étaient pas ouverts et on leur disait «là les amis, on se met à l’ouvrage». Je ne dis pas que tous ont travaillé comme ils l’auraient fait en classe, mais il y a eu un certain effort et tout le monde a continué à sa façon.»

Au moment où le bruit court que les élèves du secondaire pourraient amorcer la prochaine année scolaire avec des cours en ligne, l’expérience de l’école Monseigneur Feuiltault pourrait-elle être reprise ailleurs? Les profs du programme anglais intensif sont d’avis que oui. «À condition que les enseignants et les élèves aient les outils et qu’ils puissent utiliser les différentes plateformes», lance Mme Deblois. «Le défi sera de faire en sorte que tous les élèves aient les outils, les mêmes dans un monde idéal alors que plusieurs n’ont même pas Internet à la maison, et de les initier à leur utilisation à distance.»

Canada: plus de 18-24 ans qu’il y a 20 ans au collégial ou à l’université

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Canada: plus de 18-24 ans qu’il y a 20 ans au collégial ou à l’université

OTTAWA - La participation aux études collégiales et universitaires des jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans a augmenté de 29 % au Canada entre 2000-2001 et 2018-2019, pour s’établir à 44 % selon ce que rapporte mardi Statistique Canada.

L’agence fédérale attribue cette hausse, surtout, à l’augmentation de 56 % de la participation aux études universitaires pendant la même période.

En effet, le taux de participation aux études universitaires a augmenté dans huit provinces sur 10, en particulier dans trois d’entre elles: la Colombie-Britannique (84 %), l’Alberta (69 %) et l’Ontario (58 %).

Au Québec, la proportion des 18 à 24 ans qui fréquentaient le collège ou l’université en 2018-2019 s’élevait à 50 %, une progression de 34 % par rapport à ce qui avait été relevé deux décennies plus tôt.

Les syndicats d’enseignants du Québec choqués des offres du gouvernement

Éducation

Les syndicats d’enseignants du Québec choqués des offres du gouvernement

MONTRÉAL — Les deux fédérations de syndicats d’enseignants sont choquées des offres du Conseil du trésor, qui feraient passer de 32 à 40 heures la semaine de travail. De plus, les premiers échelons de l’échelle de salaire ne seraient plus abolis.

Pourtant, Québec avait dit à plusieurs occasions qu’il comptait abolir les six premiers échelons de l’échelle salariale des enseignants, afin d’attirer des candidats dans la profession.

Encore mardi, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, faisait référence au respect des engagements électoraux de la CAQ au chapitre de la rémunération des enseignants en début de carrière.

Mais les syndicats d’enseignants ont eu la surprise, au cours des derniers jours, de constater que les six premiers échelons n’étaient plus abolis dans les dernières offres du Conseil du trésor. Québec opte plutôt pour une bonification du salaire des six premiers échelons. Et l’échelle compterait toujours 17 échelons, soit 42 431 $ au premier échelon jusqu’à 82 585 $ au 17e.

«On a constaté que le gouvernement reniait ses engagements», a affirmé en entrevue, jeudi, le président de la FAE, Sylvain Mallette.

«Ça n’a pas été fait comme ça nous avait été annoncé. Et tous les autres éléments qui étaient des promesses ne se retrouvent pas dans le dépôt», a critiqué Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la CSQ.

De 32 à 40 heures

De même, la semaine normale de travail inscrite dans la convention collective passerait de 32 à 40 heures.

Depuis le milieu des années 1990, il y a un désaccord entre les parties sur la durée normale de la prestation hebdomadaire de travail.

Les offres du Conseil du trésor mentionnent qu’il faut «préciser que l’échelle de traitement des enseignants est basée sur une prestation hebdomadaire moyenne de 40 heures».

«Les 40 heures, c’est une vieille lubie qui traîne depuis le règlement sur l’équité salariale. C’est une obsession qu’a la partie patronale», affirme M. Mallette.

«Ça a été prouvé que les enseignants font déjà 40 heures, mais qu’on avait besoin de 32 heures à l’école. Inscrire 40 heures dans la convention collective, il n’en est pas question. C’est une augmentation de la bureaucratie, de la paperasse. Déjà, les enseignants n’ont plus le temps de faire leur préparation et ils travaillent 50, 60 heures», a tonné Mme Scalabrini.

Enseignant émérite

La FAE et la FSE prennent mal aussi la création du titre d’enseignant émérite - une nouveauté dans ces offres. Québec prévoit que le titre serait accordé à 400 postes équivalant à du temps complet en 2021-2022, par exemple.

«Ça veut dire quoi émérite? Ça veut dire que les autres ne le sont pas?» s’est insurgé M. Mallette.

«Nous, ce qu’on demande depuis des années, c’est de revaloriser la profession enseignante. Ce n’est pas revaloriser, ça, c’est l’équivalent d’une sorte de directeur adjoint qui va s’occuper de bureaucratie», déplore Mme Scalabrini.

Milieu défavorisé

Québec instaure aussi une prime de 5 puis 7 pour cent pour les enseignants à temps plein qui travaillent en milieu défavorisé.

M. Mallette y voit une façon de diviser les enseignants. Selon lui, c’est la composition des classes qui pose problème, et non le milieu défavorisé. Une classe peut être difficile, même en milieu qui n’est pas défavorisé, fait-il valoir.

«Ce qu’il amène, ça paraît bien, mais ce n’est pas expliqué. Pourquoi négocier sur la place publique au lieu de chercher avec nous des solutions?» demande Mme Scalabrini, de la FSE.

Ventilateurs dans les écoles: Québec ajuste le tir

Éducation

Ventilateurs dans les écoles: Québec ajuste le tir

Les ventilateurs seront finalement permis dans les écoles, temporairement, et à plusieurs conditions.

Mercredi, le sous-ministre à l’Éducation, Eric Blackburn, a envoyé une lettre aux directeurs généraux des commissions scolaires, ainsi qu’aux établissements privés, pour aborder l’enjeu de la chaleur.

D’ici la fin de l’année scolaire, les journées chaudes risquent d’être de plus en plus fréquentes, a-t-il reconnu d’emblée.

«Sachez que le niveau de risque lié à l’utilisation des ventilateurs et climatiseurs portatifs apparaît faible en milieu scolaire selon la santé publique», a-t-il précisé.

Cette mise au point survient environ une heure après que la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) eut sonné l’alarme.

Situation «infernale»

En entrevue mercredi matin, son président Sylvain Mallette a soutenu que les élèves et le personnel scolaire vivaient une situation «infernale» en pleine canicule, alors qu’il leur était interdit d’utiliser des ventilateurs.

La journée de mardi a été particulièrement éprouvante, a-t-il relaté. Certaines écoles vétustes n’ont même pas pu ouvrir les fenêtres, selon lui.

Selon M. Mallette, la santé publique avait expliqué lors du retour en classe que les ventilateurs pouvaient contribuer à propager la COVID-19 en dispersant dans l’air les gouttelettes expectorées.

Mercredi, M. Blackburn a informé les commissions scolaires qu’elles peuvent dorénavant «utiliser des ventilateurs sur pied ou des appareils de climatisation (portables, de fenêtre, «split») en évitant de diriger le flux d’air sortant vers les visages des enfants et de l’enseignant».

Il a toutefois averti que «lorsque la période de chaleur accablante sera terminée, il faudra remettre en oeuvre l’application des recommandations concernant la ventilation, soit une ventilation (renouvellement de l’air) en continu des milieux si possible et si la température le permet».

Le sous-ministre a également invité les écoles à:

- planifier les activités extérieures avant 10h;

- encourager les enfants à boire souvent;

- maintenir les fenêtres et les portes ouvertes jusqu’à 10h;

- fermer les rideaux lorsque le soleil brille;

- ventiler les locaux si possible lorsque la nuit est fraîche;

- assurer un apport de nouvel air au moins trois fois par jour, entre 15 et 20 minutes.

Selon Le Droit, en Outaouais, toutes les écoles des commissions scolaires au Coeur-des-Vallées et Western Québec sont fermées mercredi en raison de la canicule.

On s’attend dans cette région à ce que les températures ressenties frôlent les 40 degrés Celsius.

Chaleur dans les CHSLD: «on joue avec la vie du monde», accuse QS

Par ailleurs, la chaleur dans les CHSLD continue d’inquiéter au plus haut point les partis d’opposition, qui sont revenus à la charge, mercredi.

Québec solidaire (QS) a accusé le gouvernement Legault de n’avoir «rien fait» en prévision des premières canicules. «C’est grave parce qu’on joue avec la vie du monde», a déclaré le député de QS Vincent Marissal.

«Ces gens-là vivent dans des situations pitoyables. Et là, en plus, on va les faire mourir de chaleur parce que quelqu’un, quelque part, n’a pas allumé que l’été allait revenir», s’est-il indigné.

Le porte-parole du Parti québécois (PQ) pour les aînés et les proches aidants, Harold LeBel, a dénoncé des «situations catastrophiques» dans les CHSLD.

Il a rappelé que seulement une chambre sur quatre en CHSLD est climatisée.

M. LeBel a sommé la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, de «faire son travail» et de nommer un responsable au dossier.

Pourquoi la ministre n’a pas anticipé le problème? a demandé le député libéral André Fortin. Mme Blais s’est défendue en Chambre en disant qu’elle a dû attendre l’aval de la santé publique.

Québec a demandé mardi aux CHSLD de tout faire pour acheter ou louer des climatiseurs. Il n’était pas clair avant cette date si le coronavirus allait se propager dans la ventilation, a soutenu Mme Blais.

Les Premières-Seigneuries reviennent au calendrier scolaire régulier

Éducation

Les Premières-Seigneuries reviennent au calendrier scolaire régulier

Après avoir envisagé d’annuler la semaine de relâche et avoir publié un calendrier qui commençait une semaine plus tard que tout le monde, la commission scolaire des Premières-Seigneuries revient au calendrier régulier pour la prochaine année scolaire.

La situation n’a aucun lien avec la COVID-19 et les consignes édictées par la Santé publique et le ministère de l’Éducation pour la prochaine rentrée seront aussi appliquées aux Premières-Seigneuries.

Mais à moins d’avis contraire, à Beauport, à Charlesbourg, sur la Côte-de-Beaupré et à l’île d’Orléans, l’école recommencera donc le 28 août, comme ailleurs. Et la première semaine du mois de mars 2021 en sera véritablement une de relâche. Pour tous, élèves comme professeurs.

La direction des Premières-Seigneuries s’est finalement entendue avec ses enseignants et leur syndicat, rapporte le collègue Jean Carrier, du Beauport Express.

Après de nombreuses rencontres de médiation survenues l’automne dernier et d’âpres négociations jusqu’à tout récemment, on a bel et bien trouvé un terrain d’accord à propos des arrangements locaux de la convention collective. Une série de clauses négociée dans chaque commission scolaire et qui posait problème aux Premières-Seigneuries depuis trois ans.

Quelque 2200 des 3000 enseignants et enseignantes représentés par le Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SERQ) ont participé au vote, favorisant la nouvelle proposition dans une proportion de 86 %. À l’automne, une proposition précédente avait été rejetée à 51 %.

La direction avait depuis évoqué la possibilité de rayer la semaine de relâche du calendrier scolaire, puisque cela fait partie des arrangements locaux.

Puis il y a un mois, la direction avait imposé une version du calendrier où l’école commençait une semaine plus tard, le 4 septembre, et où la semaine de relâche était composée de quatre journées pédagogiques et d’un congé. Obligeant les profs à rentrer au travail du lundi au jeudi durant la relâche.

Plus question non plus d’avoir une journée pédagogique de tempête remise placée le 25 juin, au lendemain de la Saint-Jean-Baptiste!

Les Premières-Seigneuries regroupent 30 000 élèves dans 45 écoles. Ce calendrier scolaire ne s’applique qu’aux 33 écoles primaires et huit écoles secondaires.

Cas de COVID-19 dans les écoles: un portrait clair réclamé par des syndicats

COVID-19

Cas de COVID-19 dans les écoles: un portrait clair réclamé par des syndicats

Des syndicats du secteur de l’enseignement veulent savoir exactement combien de cas de COVID-19 ont été répertoriés dans les écoles, près de deux semaines après leur réouverture.

Ils réclament un état de situation, au moment où le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, affirme ne pas posséder de données pour chaque région.

Les médias ont recensé ces derniers jours six cas de COVID-19 dans des écoles en Mauricie, dans Lanaudière, au Saguenay–Lac-Saint-Jean et en Gaspésie.

Interrogé à ce sujet jeudi, le Dr Arruda a déclaré qu’il y avait probablement des cas de coronavirus dans les écoles, mais qu’aucune «situation problématique» ne lui avait été rapportée.

S’il y avait eu des cas d’élèves ou d’enseignants hospitalisés, on l’aurait avisé, a-t-il ajouté. De son côté, le premier ministre François Legault s’est limité à dire que la rentrée était à son avis un « vrai succès ».

Cette information parcellaire n’a pas satisfait la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) ni la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui réclament un portrait d’ensemble clair.

Les autorités ont la responsabilité de fournir à la population des données, de manière transparente, surtout que la santé publique s’est engagée à suivre la situation de très près au quotidien, estime le président de la FAE, Sylvain Mallette.

«Le premier ministre a une obligation à l’endroit des Québécois de dire : voici l’état de situation dans les écoles que j’ai décidé de rouvrir. Il a aussi à faire la démonstration que le choix politique qu’il a fait était le bon», a déclaré M. Mallette en entrevue jeudi soir.

«Transmettre ce type d’information-là, ça permet de valider le choix politique qui était le sien, mais ça permet aussi de rassurer la population, ceux qui travaillent dans les écoles publiques et ceux qui y vont», a-t-il renchéri.

Le ministère de l’Éducation n’avait pas encore confirmé le nombre de cas de COVID-19 dans les écoles du Québec au moment de publier jeudi.

«Ça ne m’étonne pas, a affirmé pour sa part la présidente de la FSE-CSQ, Josée Scalabrini. Est-ce qu’au quotidien on a les chiffres en santé ? […] On a vécu des grandes détresses et des choses qui n’auraient jamais dû survenir dans nos CHSLD, pourtant c’est arrivé, et on n’a même pas encore les données claires.»

La dirigeante syndicale s’est dite « convaincue » en entrevue qu’il y aura de plus en plus de cas de COVID-19 dans les écoles. « À ce moment-là, est-ce qu’il sera important qu’au niveau national on ait ces données-là ? Oui », tranche-t-elle, en exhortant le gouvernement à « donner l’heure juste à la population » afin de la « rassurer ».

Tous les élèves seront en classe cet automne

Éducation

Tous les élèves seront en classe cet automne

Le retour en classe cet automne pourrait se faire à temps complet pour tous les élèves du primaire et du secondaire, selon un des scénarios présentés jeudi au réseau scolaire par le ministre de l’Éducation. Si la santé publique ne le permet pas, l’école pourrait alors être à temps partiel pour tous les élèves.

Une chose semble claire : les élèves du primaire et du secondaire seront physiquement en classe cet automne, à temps plein ou à temps partiel.

Dans le document présenté au réseau scolaire dont La Presse a obtenu copie, la fréquentation à temps plein n’est pas exclue et l'idée de faire l'enseignement à distance pour les élèves du secondaire semble avoir été écartée.

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Faux de prétendre que les adolescents ont été oubliés, dit le ministre Roberge

Éducation

Faux de prétendre que les adolescents ont été oubliés, dit le ministre Roberge

QUÉBEC - Aucun élève québécois n’a été oublié pendant la pandémie, a déclaré mercredi en commission le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Il répondait à une question de la députée libérale Marwah Rizqy, qui évoquait l’anxiété vécue par les 330 000 élèves du secondaire qui ont été oubliés, selon elle.

M. Roberge a demandé d’éviter de «galvauder» le mot «oublié», avant d’indiquer qu’il était à la veille de déposer des scénarios pour la rentrée en septembre.

Il va présenter ces scénarios au conseil des ministres mercredi, puis aux partenaires du réseau le lendemain. Le ministre prévoit ensuite consulter les députés d’opposition lundi dans le but de bonifier le plan pour la rentrée.

Contrairement à ce qu’il affirmait la semaine dernière, M. Roberge veut maintenant «écarter» le scénario prévoyant un enseignement à distance seulement pour les élèves du secondaire en septembre.

En revanche, l’idée d’une fréquentation alternée semble faire son chemin au ministère, s’est réjouie la députée péquiste Véronique Hivon.

Par ailleurs, le ministre de l’Éducation n’a pas exclu de mettre sur pied des camps de perfectionnement cet été pour les élèves du secondaire, en disant que «la réflexion avance là-dessus».

Les écoles à vocation régionale en zones chaudes pourront rouvrir «incessamment», a ajouté M. Roberge.

«Quelques personnes ont dit que les adolescents ont été oubliés. Il n’y a personne qui a été oublié, ni nos 5 ans, ni nos 8 ans, ni nos 12 ans, ni nos adolescents», a-t-il déclaré.

«Les contraintes ont été telles qu’on a été obligé de fermer nos écoles, comme à peu près dans tous les états de l’Amérique du Nord, en Occident et presque à la grandeur de la planète. Est-ce que ça veut dire que chaque état a abandonné ou oublié ses adolescents? Je pense que c’est faux de dire ça.»

Enseignement à distance: le jeu pour faciliter l’apprentissage

Éducation

Enseignement à distance: le jeu pour faciliter l’apprentissage

Déjà quatre universités québécoises ont confirmé qu’elles offriraient leurs cours en ligne cet automne, et d’autres pourraient suivre. Les cégeps vont aussi, vraisemblablement, passer à l’enseignement à distance.

La Covid-19 a ainsi forcé les établissements postsecondaires à recourir massivement à l’enseignement en ligne. Comme cette formule pourrait être utilisée encore plusieurs mois, il faudra tenir compte des principaux écueils de ce type d’enseignement, afin de proposer aux étudiants les conditions d’apprentissage les plus adéquates possible.

En effet, l’enseignement en ligne présente plusieurs défis : sources de distraction accrues ; faible niveau de motivation ; diminution de l’engagement ; réduction des interactions sociales ; gestion de la dynamique de classe complexifiée ; inégalités numériques (accès à la technologie, au réseau, etc). Autant d’enjeux qui ne sont pas nécessairement étrangers à l’enseignement en présentiel, mais exacerbés par la transition au « tout en ligne ».

Dans ce contexte, l’apprentissage par le jeu peut contribuer à assurer la continuité des activités éducatives tout en répondant à certains défis de ce type d’enseignement.

Nous sommes experts en droit de l’environnement et depuis 4 ans, nous nous spécialisons dans l’utilisation d’activités d’apprentissage par le jeu dans le cadre de nos cours. Nous avons notamment créé plusieurs simulations de négociations internationales dans le champ de lutte contre les changements climatiques ou encore, la protection de la biodiversité.

Les avantages : personnalisation, autonomie et socialisation

L’apprentissage par le jeu propose l’usage de différentes formes de jeux et/ou de stratégies intégrant des mécaniques ludiques à des fins pédagogiques.

La plupart des jeux sont créés pour des joueurs cibles (occasionnels ou inconditionnels, public familial ou adulte, etc). De la même façon, l’apprentissage par le jeu se veut centré sur les apprenants. Ainsi, la conception et la mise en œuvre de ce type d’activités tiennent en principe compte de la diversité des étudiants, de leurs connaissances et de leurs expériences.

Les CPE s’adaptent au fil des directives [VIDÉO]

Éducation

Les CPE s’adaptent au fil des directives [VIDÉO]

Cecilia Olivia est gestionnaire de trois CPE dans Charlesbourg et Beauport. Depuis le début de la semaine, une autre tâche s’est ajoutée, celle de rappeler une fois et une autre à son personnel les mesures sanitaires. Lavage des mains, port du casque et du masque, respect de la distanciation… «J’ai l’impression de passer mon temps à jouer à la police. C’est tannant...»

Malgré toutes ses bonnes intentions pour se conformer aux exigences gouvernementales, Mme Olivia a été forcée de se dépatouiller pour trouver des masques et des visières de protection, livrés en quantité insuffisante pour les éducatrices de ses établissements.

«Toutes les lunettes que les filles portent, c’est parce qu’on est allés en acheter dans les quincailleries», explique-t-elle, en regardant le personnel du CPE La Clef de sol s’occuper d’une vingtaine de bouts d’choux, dans l’espace de jeux extérieur.

L’endroit, qui accueille majoritairement des enfants d’employés de l’Institut universitaire en santé mentale, situé à proximité, fonctionne à l’heure actuelle à 40 % de sa capacité en raison des nouvelles règles. L’établissement n’a jamais fermé ses portes pendant la pandémie puisqu’il devait offrir des services de garde d’urgence aux travailleurs considérés comme essentiels. 

Cégep de la Gaspésie et des Îles: une rentrée surtout en ligne

L'Est du Québec

Cégep de la Gaspésie et des Îles: une rentrée surtout en ligne

À l’instar de celle dans plusieurs autres collèges québécois, la rentrée d’automne du Cégep de la Gaspésie et des Îles se fera majoritairement en ligne. Sauf pour des activités nécessitant une présence physique sur le campus, comme les laboratoire et les exercices pratiques.

Les étudiants s’y attendaient, mais c’est maintenant officiel. Le collège a décidé d’opter pour un modèle hybride, offrant le plus de cours possible via internet, mais en permettant tout de même à certaines activités de se dérouler sur le campus, à condition qu’elles respectent les mesures de distanciation sociale.

Les étudiants débutant leur parcours à l’établissement auront tout de même droit à certaines activités à l’intérieur du camps, histoire de favoriser leur intégration et leur réussite. Mais pour le reste, tout comme leurs collègues de deuxième et de troisième année, la majorité de classes se déroulera de façon virtuelle. Le Cégep a aussi réitéré son désir de recevoir des étudiants étrangers, malgré la pandémie de COVID-19. Ceux-ci devront cependant résider dans la région afin de pouvoir suivre les différentes formations offertes.

De nouvelles mesures pour les résidences étudiantes

Afin de s’assurer de respecter les mesures sanitaires imposées par la santé publique, le collège procédera à quelques modifications de ses façons de faire dans la résidence étudiante, notamment en réduisant sa capacité d’accueil. Les chambres en pavillon seront réservées au cas où un des résident devait se placer en isolement et les 48 appartements sur le campus accueilleront au maximum 4 personnes. Aussi, le collège s’assurera que toute les chambres soient en occupation simple dans le but de favoriser la distanciation physique.

Le secondaire à distance, un «scénario parmi d’autres», dit Roberge

Éducation

Le secondaire à distance, un «scénario parmi d’autres», dit Roberge

Faire l’enseignement à distance cet automne n’est qu’un scénario parmi d’autres pour les élèves du secondaire, assure le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge.

En mêlée de presse mercredi, le ministre a déclaré qu’il examinait tous les scénarios possibles pour la rentrée de septembre.

«Mais, évidemment, ce n’est pas très compliqué de penser qu’il y a un scénario identique à ce qu’on a en ce moment, de ne rouvrir que pour le primaire et le préscolaire puis d’avoir de l’enseignement à distance pour le secondaire », a poursuivi Jean-François Roberge.

Il rectifie le tir jeudi. «Soyons clairs : je vais tout faire pour que tous les élèves, ceux du primaire comme ceux du secondaire, puissent retourner à l’école pour la rentrée de septembre prochain», écrit le ministre sur sa page Facebook.

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Des étudiants s'inquiètent pour la qualité des cours en ligne et leur santé mentale

Éducation

Des étudiants s'inquiètent pour la qualité des cours en ligne et leur santé mentale

MONTRÉAL — Alors que des universités québécoises ont annoncé que la session d’automne se fera en ligne en raison de la COVID-19, des étudiants veulent que leurs droits de scolarité soient réduits, parce qu’ils estiment que la qualité de l’enseignement ne sera pas la même. D’autres s’inquiètent pour la santé mentale des étudiants, isolés chez eux.

L’Université McGill, l’Université Laval, l’Université de Montréal et l'Université du Québec à Trois-Rivières ont annoncé que les cours se feront principalement à distance, chacun chez soi, cet automne.

Un automne en ligne n’est pas une surprise vu la situation sanitaire, mais les étudiants ont beaucoup de questions.

«C’est clair que la qualité de l’éducation ne sera pas la même», lance Adam Gwiazda-Amsel vice-président externe de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM).

Les classes en ligne auront beaucoup plus d’étudiants et McGill, comme la plupart des universités, n’est pas prête à offrir l’enseignement à distance, explique-t-il.

Comment des cours d’interprétation musicale pourront-ils être de la même qualité? demande-t-il.

Et là se pose toute la question, selon lui: les étudiants paient-ils pour avoir «une note» ou pour une éducation?

On a déjà vu la frustration des étudiants avec les cours en ligne au cours de la session du printemps: il n’y a pas autant d’interaction avec le professeur, ni entre eux, dit M. Gwiazda-Amsel.

«Les professeurs ne sont pas formés pour ça et les étudiants ne se sont pas inscrits pour cela».

Il est toutefois concevable que cela aille mieux à l’automne, dit-il, car les professeurs ne seront pas jetés, en urgence, dans un enseignement en ligne.

Adam Gwiazda-Amsel s’inquiète aussi pour les étudiants qui ont des besoins particuliers pour leur apprentissage.

«C’est déjà difficile pour eux», et les cours en ligne vont ajouter des barrières à leur apprentissage.

«McGill n’a pas encore fait savoir clairement ce qu’ils allaient faire pour eux», se désole-t-il, alors qu’il juge cette question prioritaire.

À l’Université Concordia, les plus grandes préoccupations ont été exprimées par des étudiants internationaux, parce qu’ils paient vraiment beaucoup plus de droits de scolarité (plus que les étudiants québécois), a expliqué Christopher Kalafatidis, le coordonnateur général de l’Association étudiante.

Et ils paient beaucoup d’argent pour quelque chose qui n’a pas la même valeur, ajoute-t-il.

Les étudiants d’ici remettent aussi en question la valeur de l’éducation à distance: «eux aussi sentent qu’ils perdent beaucoup». Mais quant à exiger une réduction des droits de scolarité, l’association étudiante n’a pas encore pris une position officielle. Après tout, Concordia n’a pas encore fait savoir si tout l’enseignement se fera en ligne à l’automne.

Mais sur des forums étudiants, la frustration de certains est décelable.

«C’est juste horrible. Personne ne veut payer autant simplement pour voir les notes (des professeurs) à l’écran», écrit un étudiant au baccalauréat en gestion.

D’autres veulent joindre une initiative pour faire réduire les droits de scolarité «pour cette nouvelle éducation de faible qualité». Beaucoup écrivent qu’ils sont moins motivés d’apprendre si tout se fait derrière leur écran.

Une pétition a été lancée pour obtenir une réduction des droits de scolarité à l’Université Concordia: jeudi matin, elle avait récolté près de 4000 signatures.

L’Union étudiante du Québec (UEQ) n’a pas non plus encore pris de position formelle sur les droits de scolarité.

Mais le président Philippe LeBel est d’avis que la transition vers les cours en ligne n’a pas été parfaite ce printemps. «La qualité de l’enseignement a un peu souffert».

«On espère qu’ils vont être mieux préparés pour l’automne», a-t-il déclaré, ajoutant toutefois «qu’il ne faut pas tenir pour acquis que les cours en ligne sont moins bons».

Plusieurs associations universitaires s’entendent toutefois pour demander à leurs institutions d’enseignement respectives une réduction des frais afférents, facturés pour les activités étudiantes et les installations sportives, par exemple, qui ne seront pas utilisées.

Santé mentale

Interrogée à savoir si elle allait exiger la réduction des droits de scolarité, la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM) a répondu être surtout préoccupée par un autre sujet: la santé mentale des étudiants.

Elle veut s’assurer que l’Université de Montréal (UdeM) mette suffisamment de ressources à la disposition des étudiants pour qu’aucun d’eux ne souffre.

Le confinement et les cours en ligne, ça exacerbe la solitude et la détresse psychologique, a souligné en entrevue Sandrine Desforges, la secrétaire générale de la FAECUM: «C’est notre principale crainte».

Car une session en ligne signifie que les nouveaux élèves n’auront aucun contact avec leurs collègues de classe.

On veut mettre en place des solutions avec l’UdeM, comme cela a été fait ce printemps, a-t-elle expliqué.

Il faut que les étudiants aient suffisamment de soutien psychologique, mais aussi technologique.

Au printemps, par exemple, une ligne téléphonique d’aide 24/7 avait été instaurée, ainsi qu’un service de téléconsultation psychologique.

La FAECUM demande aussi de la flexibilité pour les étudiants, notamment pour ceux qui sont parents de jeunes enfants et ceux qui ont un accès restreint à l’internet.

Roberge gronde les jeunes du secondaire qui travaillent au lieu d'étudier

Éducation

Roberge gronde les jeunes du secondaire qui travaillent au lieu d'étudier

Les élèves qui se sont mis à travailler, parfois jusqu'à 30 heures par semaine, durant la pandémie commettent une «erreur», statue Jean-François Roberge.

Le ministre de l'Éducation a grondé ces élèves, ainsi que leurs parents, mercredi, lors de la période des questions à l'Assemblée nationale.

Pesant bien chacun de ses mots, il a affirmé que l'année scolaire n'était pas terminée, ni pour les enseignants ni pour les élèves.

Il venait de se faire reprocher par la députée libérale Marwah Rizqy d'avoir déclaré au tout début de la pandémie que les élèves étaient en «vacances».

Cette déclaration est venue complètement saper la motivation des jeunes au secondaire, a-t-elle suggéré, en s'inquiétant des effets de la crise sur le taux de décrochage.

«On retrouve nos jeunes à l'épicerie, au dépanneur, au Walmart, mais on ne les retrouve pas en train d'étudier», a déploré la députée de Saint-Laurent.

Selon M. Roberge, ces jeunes font une erreur.

L'école à distance cet automne pour les élèves du secondaire?

Éducation

L'école à distance cet automne pour les élèves du secondaire?

Québec n’écarte pas le « scénario identique » à celui actuel pour la rentrée scolaire de l’automne prochain : c’est-à-dire qu’il n’est pas impossible que l’enseignement à distance se poursuive pour le secondaire si le nombre de classes n’est pas suffisant pour accueillir tout le monde en respectant les consignes sanitaires.

«On est en train de les concevoir les scénarios et on va les consulter», a fait valoir le ministre de l’Enseignement, Jean-François Roberge.

«Mais, évidemment, ce n’est pas très compliqué de penser qu’il y a un scénario identique à ce qu’on a en ce moment, de ne rouvrir que pour le primaire et le préscolaire puis d'avoir de l'enseignement à distance pour le secondaire», a-t-il poursuivi en mêlée de presse, après la période de questions.

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Un nouvel outil éducatif ayant pour base l’entrepreneuriat

Affaires

Un nouvel outil éducatif ayant pour base l’entrepreneuriat

Prendre part à un projet concret d’entrepreneuriat conscient et responsable. C’est ce que propose Idée éducation entrepreneuriale aux jeunes du primaire et du secondaire — qu’ils soient sur les bancs d’école ou à la maison —, grâce à un nouvel outil éducatif qui se veut un complément aux dimensions scolaires des écoles et aux initiatives du ministère de l’Éducation du Québec.

«Le projet éduque et forme les jeunes à la débrouillardise, à l’innovation, de même qu’à un entrepreneuriat nouveau pour l’humain, engageant envers l’environnement et le développement durable des communautés», explique Rino Lévesque, fondateur et leader d’Idée éducation entrepreneuriale. Chacun apprend à devenir l’entrepreneur de soi. En plus, le tout se passe sur le Web!». 

Le projet se nomme J’ai une idée, s’entreprendre à l’école et à la maison. Il s’intéresse à ce que les jeunes soient motivés à lire, à écrire, à compter et à acquérir des connaissances générales, mais en même temps il veut développer une culture entrepreneuriale.

«Ça commence par la confiance en soi, pour découvrir ses forces et ses talents, et apprendre à s’entreprendre. Et pour qu’un jeune y arrive, il faut lui donner l’occasion de s’exprimer dans différents contextes.»

Rino Lévesque mentionne que le projet J’ai une idée, s’entreprendre à l’école et à la maison poursuit quatre objectifs : permettre aux jeunes du primaire et du secondaire de s’engager positivement pour contribuer à faire plus de bien autour d’eux; agir en visionnaires responsables en imaginant des solutions à des besoins qui se posent à eux, à leur famille ou à leur entourage; faire un apprentissage scolaire en réalisant des choses concrètes à partir de vraies situations à la maison; contribuer positivement à la santé mentale et à l’équilibre psychologique de tous à la maison conformément aux directives du Québec en lien avec le confinement. Les activités du projet ont pour orientation générale cinq champs d’action, soit sanitaire, solidaire, responsable, communautaire et écologique.

Plate-forme Web

Les participants au projet sont conviés sur une plate-forme Web (www.sentreprendrealamaison.ca). Les jeunes, mais aussi leurs parents, les enseignants et les éducatrices en service de garde. Chaque deux semaines, une thématique entrepreneuriale sera proposée via une vidéo mise en ligne le lundi matin. Les participants seront alors invités à relever un défi. Un exemple donné mardi par les organisateurs : comment pouvons-nous soutenir les personnes âgées de notre entourage?

Au fil des jours, des capsules seront ajoutées. Certaines renfermeront de l’information alors que d’autres contiendront des messages enregistrés par des invités ayant pour but d’alimenter la réflexion des jeunes. Les personnes qui visiteront la plate-forme pourront aussi y trouver le nom de ressources et d’accompagnateurs — les «édupreneurs» — adaptées aux jeunes, aux enseignants et aux parents.

«À chaque premier vendredi, de la mise en ligne d’une nouvelle thématique», indique Jean-Sébastien Reid, directeur principal du projet. «Les jeunes, qu’ils soient à la maison ou en classe, seront invités à prendre part à une causerie où ils pourront discuter de ce qu’ils ont compris de la thématique et de ce qu’ils ont commencé à développer, partager leur inspiration et aussi poser des questions. Cette causerie d’une trentaine de minutes aura pour but de relancer les jeunes vers une deuxième semaine au cours de laquelle de nouvelles capsules seront mises en ligne. Et c’est le deuxième vendredi que nous bouclerons la boucle.»

Les initiateurs de la plate-forme souhaitent que les jeunes puissent clavarder avec eux, qu’ils partagent leurs idées, posent des questions et, plus tard, proposent leurs projets. «On a une page de projets où les jeunes peuvent déposer leurs réalisations et les associer à la thématique qui les avait touchés. On souhaite que les petits gestes, aussi petits soient-ils, puissent s’inscrire dans un mouvement plus grand et que tous ensemble on puisse contribuer à faire en sorte que notre monde soit un monde meilleur.

«La mise sur pied de J’ai une idée! S’entreprendre et s’engager à l’école et à la maison a des objectifs à très court terme afin d’aider à définir le nouveau modèle éducatif, actuellement en alternance entre l’école et la maison, que le Québec se devra d’imaginer et d’adopter dans les prochains mois, poursuit M. Reid. Mais nous avons aussi une visée à long terme pour inscrire ce projet comme un projet de société, où les jeunes d’aujourd’hui seront en mesure de s’entreprendre, de s’engager, d’entreprendre, d’innover et de contribuer au bien collectif au moyen de l’entrepreneuriat conscient.»

Legault masqué: «ironique», juge un syndicat d’enseignants

Éducation

Legault masqué: «ironique», juge un syndicat d’enseignants

L’arrivée d’un François Legault masqué à la conférence de presse de mardi a fait vivement réagir le président d’un syndicat d’enseignants.

Sylvain Mallette, de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), a dit trouver «très ironique» cette sortie du premier ministre, considérant que les enseignants ont dû se battre pour obtenir des masques.

M. Legault a défilé devant les caméras mardi le visage masqué, une première depuis le début de la pandémie il y a deux mois. Il a averti que désormais son gouvernement recommandait «fortement» le port du masque.

En entrevue, M. Mallette a rappelé que la FAE a dû longtemps insister auprès du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, afin que son ministère fournisse des masques aux professeurs à temps pour la rentrée.

M. Roberge a prétendu en commission parlementaire le 30 avril que le port du masque chez les enseignants n’était pas nécessaire, puisque la santé publique ne le recommandait pas.

Il a affirmé que les profs pouvaient porter un «foulard» s’ils y tenaient.

Le ministre a finalement changé de cap quelques jours plus tard en disant que le gouvernement allait débloquer des sommes pour fournir de l’équipement de protection aux enseignants qui le souhaitaient.

«J’expliquais : on ne demande pas à être habillés comme des astronautes là, on ne demande pas à ce que ce soit serti de pierres précieuses, on demande un masque», s’est rappelé M. Mallette en entrevue, mardi.

Les classes «distancées», en attendant les élèves

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Les classes «distancées», en attendant les élèves

Une classe de maternelle, c’est joyeux, c’est chaleureux. Celle de Lina* a maintenant un petit quelque chose de militaire.

Les 15 pupitres sont bien alignés, distants les uns des autres pour respecter la règle du deux mètres. Une petite zone pour bouger a été dessinée au sol, pour chaque enfant, toujours à deux mètres les uns des autres.

Il ne reste plus grand chose d’autre dans la classe, à part le tableau interactif et le bureau de Lina.

Avant le confinement, la classe de Lina était plutôt divisée en îlots, avec cinq grandes tables et un gros tapis de rassemblement.

Des enfants de cinq ans qui restent assis à un bureau, ça fait bien longtemps que les enseignants du préscolaire n’ont pas vu ça.

Quelques écoles secondaire utilisées pour le primaire

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Quelques écoles secondaire utilisées pour le primaire

Quelques écoles secondaires vides devront être utilisées par les écoles primaires de la région pour accueillir les élèves du réseau public la semaine prochaine.

Sur la Rive-Sud de Québec, ce sont finalement 71% des élèves des 30 écoles de la Commission scolaire des Navigateurs qui reviendront en classe lors d’une rentrée qui s’étalera sur trois jours. Ce sont 10 548 élèves sur un total de 14 937.

«Nous avons tout le personnel requis, tous les locaux requis et tout le matériel nécessaire», indique Louise Boisvert, porte-parole de la CSDN. 

Cinq locaux de l’école secondaire Pointe-Lévy et un de l’école secondaire L’Envol seront nécessaires pour accueillir les élèves.

À la Commission scolaire des Découvreurs, qui compte 19 écoles primaires, on estimait avoir besoin d’une quinzaine de locaux dans les écoles secondaires. Moins de dix enseignants du secondaire sont requis pour venir prêter main forte à leurs collègues du primaire. Toutes les classes régulières feront leur rentrée lundi. La plupart des classes spécialisées seront ouvertes à partir de mercredi.

La Commission scolaire de la Capitale prévoyait recevoir environ 60% de ses élèves. Elle aura besoin d'utiliser deux écoles secondaires. Trois à quatre groupes de l'école Saint-Jean-Baptiste seront installés à l’école Joseph-François-Perrault et six  groupes de l'école l'Accueil déménageront à l'école secondaire Roger-Comtois. Toujours en attente de certaines réponses, la Commission scolaire de la Capitale, qui compte 46 écoles primaires, n'était pas en mesure de dire s'il lui manquerait d'enseignants lundi.

La Commission scolaire des Premières-Seigneuries a réussi à trouver de la place pour tout le monde dans ses 33 écoles primaires des secteurs Charlesbourg et Beauport, notamment. Environ 66% des 17 000 élèves seront de retour à partir de lundi. Une vingtaine de professeurs spécialistes (anglais, musique, éducation physique) devront être assignés dans des écoles primaires pour combler les besoins.

La grande difficulté aux Premières-Seigneuries - et elle est vécue ailleurs dans la région - c'est d'avoir l'effectif suffisant pour le service de garde. "En date de vendredi matin, il nous manque encore une cinquantaine de personnes pour les services de garde pour respecter le ratio d'un éducateur pour 15 enfants, explique la directrice générale Martine Chouinard. Il faut dire qu'on a un taux de retour de 60% pour le service de garde."

Le service des ressources humaines travaille activement à trouver des éducatrices. S'il en manque encore, la commission scolaire a le pouvoir d'affecter du personnel. On pourra aussi faire appel aux parents si certains sont capables de garder leurs enfants le matin ou de les faire dîner à la maison.


Opération policière en zone scolaire

Les policiers de Lévis et de Québec seront nombreux autour des écoles primaires dès lundi pour rappeler aux parents les consignes de sécurité en zone scolaire.

Comme lors d’une «vraie» rentrée, les policiers vont surveiller la vitesse des automobilistes et le respect des zones de stationnement.

L’opération zone scolaire pourrait durer au moins deux semaines, prévoit-on. «C’est sûr qu’on s’attend à une influence plus importante», note Étienne Doyon, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec.

C’est que contrairement à une rentrée habituelle, la majorité des enfants qui prennent habituellement l’autobus seront véhiculés par leurs parents matin et soir. Et il y a fort à parier que plus de parents viendront aussi chercher leurs enfants pour le dîner.

Brigade scolaire en fonction

La Ville de Québec a annoncé que la brigade scolaire serait fonctionnelle et sécuritaire, dit-on. «Nous avons vérifié auprès des 258 brigadiers s’ils avaient des enjeux de santé, puis nous avons rappelé d’autres employés en renfort qui ont rapidement répondu positivement à l’appel. Ainsi, nous sommes prêts à assurer la sécurité des enfants dès lundi», affirme le maire de Québec Régis Labeaume par voie de communiqué.

Certains commis de bibliothèque et employés aquatiques recevront une formation en ligne sur les exigences du poste de brigadier. De plus, la Ville a effectué un marquage au sol de lignes d’arrêt sur plus de 200 intersections, des deux côtés de la rue. Les élèves devront s’immobiliser à la ligne d’arrêt, alors que les brigadiers resteront à 2 mètres de celle-ci. S’il leur est impossible de respecter cette distanciation physique, les brigadiers devront porter un équipement de protection individuelle, écrit la Ville.

Papa veut, mais pas maman: des parents séparés, divisés sur le retour en classe

Éducation

Papa veut, mais pas maman: des parents séparés, divisés sur le retour en classe

MONTRÉAL — Maman veut, mais papa ne veut pas - ou l’inverse. Des parents séparés qui ne s’entendent pas font appel aux avocats et aux tribunaux pour que soit tranchée cette difficile question: envoyer ou pas ses enfants à l’école lorsqu’elles vont rouvrir?

Le retour en classe et en garderie est prévu pour lundi prochain dans la plupart des régions du Québec, le 19 mai dans certains secteurs de Lanaudière et le 25 mai dans le Grand Montréal.

Aucun parent ne sera forcé d’y envoyer ses enfants, a précisé le gouvernement.

Or, la question divise.

Et parfois au sein d’une même famille. Ce conflit peut être encore plus difficile lorsque les parents sont séparés.

Les appels à ce sujet s’accumulent, a dit en entrevue Me Érica Gosselin.

Des parents sont pour le retour en classe et d’autres sont contre, dit-elle. «J’ai eu beaucoup d’appels», a confié l’avocate et médiatrice en droit familial qui a son bureau à Cowansville et pratique dans le district judiciaire de Bedford.

L’avocate spécialisée en droit familial Bianca Vigneault et son associé, Me Jean-Frédéric St-Amour, ont aussi reçu des appels de parents qui ne s’entendent pas.

Me Vigneault pratique dans les districts judiciaires de Terrebonne et de Joliette, deux endroits où le retour en classe et en service de garde aura lieu le 19 mai.

Elle n’a pas eu à se rendre en cour pour l’instant, mais les appels témoignent d’une inquiétude. «C’est un casse-tête pour les parents séparés», car il y en a qui ne s’entendent pas du tout, ajoute-t-elle.

C’est le cas aussi à Montréal. Me Caroline Harnois, qui pratique en droit familial au sein du cabinet Lavery Avocats, a reçu bon nombre d’appels de parents. «C’est très d’actualité cette semaine», a-t-elle commenté en entrevue.

C’est le cas parce que beaucoup de parents montréalais devaient aviser leurs écoles lundi si leurs enfants allaient y aller. «On est énormément consultés.»

Le différend entre parents peut toutefois se régler lors d’une séance de médiation familiale, a précisé Me Érica Gosselin. Beaucoup de médiateurs offrent des séances à distance, par visioconférence, en ces temps de pandémie de la COVID-19.

Mais s’il n’y a pas d’entente, il faut aller devant un juge.

Ce qui n’est pas facile actuellement, car seulement les cas urgents sont entendus, avertit Me Harnois. «Les causes procèdent au compte-gouttes», affirme l’avocate, ajoutant qu’un juge procède au tri des cas qui vont avoir le feu vert.

Ce dernier insiste pour que les parents se parlent d’abord. Me Harnois affirme avoir passé beaucoup de temps à négocier des solutions. «C’est mieux de tenter de s’entendre, explique-t-elle. Même si la solution n’est pas parfaite, au moins ce sont les parents qui l’ont décidée et pas un tiers.»

Toutefois, on ne peut couper la poire en deux dans une telle situation: soit l’enfant va à l’école, soit il n’y va pas, souligne-t-elle.

L’autorité parentale et les inquiétudes

Au bout du compte, cette question du retour à l’école relève de l’autorité parentale, qui est exercée conjointement par les deux parents. Il faut donc l’accord des deux pour que le petit prenne le chemin du retour à l’école lundi, a expliqué Me Gosselin.

«Le critère qui va guider un juge appelé à se pencher sur cette question est le meilleur intérêt de l’enfant», précise-t-elle. «Le critère numéro un», opine Me Caroline Harnois.

La loi prévoit que plusieurs facettes du bien-être de l’enfant doivent être prises en considération: ses besoins moraux, intellectuels, affectifs et physiques, son âge, sa santé, son caractère, son milieu familial ainsi que tous les autres aspects de sa situation.

Le magistrat peut donc évaluer son état de santé - l’enfant est-il atteint d’une maladie le rendant plus à risque de contracter la COVID-19? - ainsi que ses capacités scolaires: si l’enfant a des difficultés d’apprentissage, Me Gosselin a souligné qu’elle ne sera pas étonnée qu’un juge penche en faveur d’un retour à l’école.

Mais il y a beaucoup d’autres difficultés vécues par les familles qui peuvent entrer en ligne de compte. Si l’un des parents a des problèmes de santé, par exemple, ou est le proche aidant d’une personne malade.

«Chaque famille est unique», dit Me Vigneault.

Les parents qui l’ont consultée ont soulevé plusieurs inquiétudes, rapporte Me Harnois: la santé de leur progéniture, bien sûr, mais aussi l’inconnu: «l’inquiétude de ne pas savoir dans quoi ils (les parents) s’embarquent».

Normalement, les conflits sur l’autorité parentale portent sur le choix de l’école - francophone ou anglophone? publique ou privée? - ou sur la prise de médicaments par le bambin.

La situation actuelle est évidemment nouvelle.

Dans le cas du retour en classe ou en garderie, Me Gosselin s’attend à des décisions au cas par cas.

Comme d’autres avocats, elle attend les premiers jugements à ce sujet pour conseiller les parents québécois.

Rentrée scolaire lundi... ou mardi... ou mercredi

Éducation

Rentrée scolaire lundi... ou mardi... ou mercredi

Vous avez décidé de retourner votre enfant à l’école, lundi prochain. Mais sa rentrée pourrait être remise au mardi ou même au mercredi, selon son année scolaire.

C’est ce que le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge propose dans une lettre envoyée lundi «à l’ensemble des partenaires du réseau de l’éducation».

«Dans le but de donner au réseau scolaire un maximum de souplesse en vue du retour en classe, [...] il sera possible de répartir la rentrée scolaire sur trois jours en fonction des différents cycles scolaires», explique le ministre dans sa missive.

Par exemple, après une entente en ce sens avec la commission scolaire devenue centre de services scolaires, la direction de l’école pourrait commencer par accueillir les enfants de la prématernelle, maternelle, première année et deuxième année la première journée.

Puis le mardi, au tour des troisièmes et quatrièmes années de revenir en classe, le deuxième cycle. Pour finir le mercredi avec les élèves du troisième cycle, c’est-à-dire de cinquième et de sixième années.

«Il est important de noter cependant qu’après trois jours, tous les élèves inscrits devront avoir accès à l’école», affirme de plus M. Roberge.

Le retour en classe est prévu à compter du lundi 11 mai à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal, tandis que cela devrait se faire le mardi 19 mai dans la grande région montréalaise, au lendemain de la Journée nationale des patriotes. À moins que les indicateurs de transmission de la COVID-19 et d’hospitalisations ne le permettent plus une fois rendu là.