Éducation

Des étudiantes du Cégep de Sainte-Foy suspendues pour des propos islamophobes

Le Cégep de Sainte-Foy dit espérer qu’une vidéo embarrassante partagée sur les médias sociaux et montrant des membres de son équipe féminine de basketball critiquant les immigrants et les musulmans servira d’outil d’apprentissage pour toute la communauté étudiante.

L’école a suspendu quatre joueuses, la semaine dernière, et les obligera à effectuer 30 heures de travaux communautaires après leur retour en classe, mardi.

Une vidéo diffusée sur Twitter montre les jeunes femmes, dans le vestiaire de leur équipe, tenir des commentaires désobligeants sur les immigrants. On peut notamment entendre : «Fuck les musulmans, man! Tous des terroristes.»

Selon certains médias, les étudiantes auraient déclaré qu’il s’agissait d’une blague, ce que n’a pas confirmé lundi Claude Boutin, responsable de la vie étudiante et porte-parole du cégep. En entrevue lundi, Mme Boutin a expliqué que quelles que soient leurs intentions, les commentaires étaient «inacceptables et irrespectueux». Le cégep a agi sur les propos tenus, peu importe le contexte, a-t-elle dit.

Après avoir été alertée par un courriel mercredi dernier, la direction du cégep a rencontré toute l’équipe féminine de basket, et elle a annulé le match qui devait avoir lieu vendredi soir. Elle a aussi rencontré les quatre joueuses concernées.

Regrets

Mme Boutin ne croit pas que les sanctions étaient trop sévères. Elle estime que le cégep «va faire œuvre éducative», et que «les conséquences vont être constructives pour l’avenir des jeunes».

«Des propos de cette nature-là, ça ne se prononce pas, ça ne s’enregistre pas, et ça ne se diffuse certainement pas, a-t-elle expliqué. Les jeunes concernées regrettent beaucoup leur geste : je pense qu’elles n’ont pas mesuré l’impact des paroles dites dans un contexte, et regrettent aussi la diffusion sur les médias sociaux.»

Mme Boutin a aussi indiqué que le cégep offrirait une formation sur l’impact des médias sociaux, qui serait présentée à l’équipe de basket, mais peut-être aussi aux autres équipes et à tous les étudiants. La direction n’a pas encore déterminé par ailleurs la nature des travaux communautaires que devront effectuer les quatre joueuses.

Soulagement à la mosquée

En décembre dernier, le chef de la police de Québec avait indiqué qu’il y avait eu 42 incidents de crimes motivés par la haine envers les musulmans en 2017, soit le double du nombre enregistré en 2016.

En janvier 2017, un homme armé a abattu six hommes musulmans dans une mosquée de Québec. Quelques mois plus tard, la voiture de l’ancien président de la mosquée a été incendiée. Un homme de Québec a plus tard plaidé coupable et il a été condamné à 12 mois de prison, en 2018.

Le président actuel de la mosquée, Boufeldja Benabdallah, a déclaré en entrevue qu’il était satisfait de la réponse de la direction du Cégep de Sainte-Foy dans l’incident de la vidéo. «C’est grave, mais ce sont des jeunes qui n’ont pas fait attention, et le cégep a pris des mesures tout de suite pour calmer le jeu, servir une leçon, a-t-il estimé. On ne va pas en faire une grande histoire, on tourne la page.»

M. Benabdallah se réjouit aussi que le cégep ait décidé d’offrir des ateliers de sensibilisation sur l’impact des médias sociaux. «Je leur tire mon chapeau, et on tourne la page», a-t-il lancé.

«Peut-être que ces jeunes seront exemplaires pour le futur, sachant qu’ils ont fait une gaffe comme ça.»

Éducation

Paniers de légumes biologiques: de la ferme à l’école

Pour la première fois, cinq écoles de Québec, dont l’école primaire Sainte-Monique, participent à la troisième édition du projet Écoles enracinées, organisé par Équiterre. Le but, valoriser les produits de la ferme, inciter les enfants à mieux manger, et organiser une activité de financement originale pour les écoles.

Créé à Montréal il y a trois ans, l’événement connaît un bel essor avec la participation cette année de 75 écoles et garderies et 26 fermes aux quatre coins du Québec.

«Grâce à cette activité, il peut avoir un déclic chez les jeunes, ils s’approprient les légumes et ils vont avoir le goût de les cuisiner», a souligné Murielle Viens, chargée de projets en alimentation institutionnelle chez Équiterre.

Éducation

La mobilisation se poursuit pour l'école Cardinal-Roy

Pour manifester leur opposition face au changement de vocation de l’école Cardinal-Roy, une centaine de parents et citoyens du centre-ville ont décidé de former une chaîne humaine devant l’établissement à l’occasion de la dernière séance de consultation publique.

Le comité citoyen s’oppose vigoureusement à l’idée que les cycles du premier et deuxième secondaire pour les secteurs «réguliers» et «adaptations scolaires» ne soient plus offerts par l’établissement scolaire de Saint-Sauveur. 

Les porte-parole du comité J’aime Cardi voient dans cette proposition une façon pour l’école de miser sur les étudiants «performants» dans les programmes contingentés de sports-arts-études. 

«On veut s’impliquer dans cette école et prouver qu’il est possible de joindre les intérêts du sport-étude, et ce sans sacrifier une partie des élèves», souligne Claudine Thériault, co-porte-parole du comité J’aime Cardi et mère d’un enfant en adaptation scolaire.

Selon l’autre porte-parole du comité citoyen, Audrey Santerre-Crête, l’école Cardinal-Roy poursuit dans la même ligne de pensée qu’au moment où elle a retiré l’enseignement régulier et l’adaptation scolaire pour les élèves du troisième au cinquième secondaire en 2009.

«Au lieu de mettre des efforts pour rendre plus attrayante l’image de l’école, on se contente de déplacer des élèves vers d’autres écoles pour miser sur ceux qui ont les moyens de s’inscrire au programme de sports-études», ajoute-t-elle.

Recommandations

Parmi leurs recommandations, le comité-citoyen souhaite que le parcours complet de cinq ans soit rétabli au sein de l’établissement. Selon mesdames Santerre-Crête et Thériault, «le fait de proposer seulement le secondaire 1 et 2 n’encourage pas le nombre d’inscriptions à cette école».

De son côté, la présidente de la commission scolaire de la Capitale, Manon Robitaille, se défend de vouloir retirer des services aux étudiants ayant des parcours scolaires plus difficiles.

«La décision n’est pas encore prise, nous sommes ici ce soir pour écouter les mémoires de tous les intervenants. Il n’est pas question ici de couper des services à nos élèves, dans le projet il est, au contraire, question d’offrir plus de support à ses étudiants», explique Mme Robitaille.

Éducation

L’IRIS propose de convertir les garderies privées du Québec en CPE

Les chercheurs d’un institut qui se dit indépendant et progressiste recommandent de cesser de créer de nouvelles places en garderies privées au Québec et de convertir l’ensemble des garderies privées non subventionnées en centres de la petite enfance (CPE).

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) précise dans une note publiée mardi que l’État doit créer précisément 67 246 places en CPE et rétablir le financement des services de garde subventionnés au niveau de 2013. Les auteurs de la note affirment qu’une telle conversion permettra de diminuer le crédit d’impôt pour garde d’enfant.

«Évidemment, si d’un côté on ouvre plus de CPE, que les places sont disponibles, il n’y a plus de raisons de continuer avec cette bonification du crédit d’impôt pour frais de garde. Donc, on peut le ramener à son niveau de 2007, ce qui ferait économiser un peu plus de 500 millions $ en dépenses fiscales pour le gouvernement du Québec», explique le politologue Philippe Hurteau, chercheur à l’IRIS. L’IRIS a observé que depuis 2007, le nombre de garderies privées non subventionnées a augmenté de 1382 %.

L’Institut salue la promesse du nouveau gouvernement du Québec de mettre fin à la modulation des frais de garde, mais selon Philippe Hurteau, il faut aller plus loin.

«Mettre fin à la modulation, c’est un bon premier pas, mais il faudrait aller plus loin en créant des nouvelles places», affirme M. Hurteau, qui estime que la création de nouvelles places en CPE devrait passer avant l’engagement caquiste de créer des maternelles 4 ans.

M. Hurteau suggère au gouvernement de consacrer 892,4 millions $ pour que chaque enfant inscrit dans une garderie privée non subventionnée puisse avoir accès à un CPE pour profiter, à son avis, de meilleurs services éducatifs, d’un milieu de socialisation et de repas de qualité.

Éducation

Ressources en éducation: pour en finir avec le Yo-Yo

«Je ne vous pardonnerai jamais d’avoir coupé dans l’aide aux enfants en difficulté!» François Legault piquait ainsi Philippe Couillard lors du dernier débat de la campagne électorale. Le nouveau ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, marche dans ses pas en s’engageant à augmenter le nombre de professionnels dans les écoles dès septembre 2019, en plus de garantir un «plancher de services» aux élèves d’ici la fin du mandat.

«C’est inexcusable ce que les libéraux ont fait», peste M. Roberge en entrevue au Soleil. Pour atteindre l’équilibre budgétaire, des compressions importantes ont été faites à partir de 2015 et les commissions scolaires ont choisi de couper des postes de psychologue et d’orthopédagogue, par exemple. Résultat : le réseau scolaire a perdu environ 370 professionnels en deux ans, une baisse de 6 % des effectifs (voir tableau à la page 33).

«Je vous dirais que c’est le principe du yo-yo habituel. C’est pas la première fois que ça se produit, qu’on arrive dans une période de déficit zéro et le premier groupe qui est touché, c’est les professionnels», explique Johanne Pomerleau, présidente de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec.

Les enseignants sont protégés par un ratio d’élèves par classe, si bien qu’ils ne peuvent être coupés, mais aucune mesure semblable ne protège les professionnels, qui supportent ces enseignants dans leur tâche.

Pour M. Roberge, ce jeu du yo-yo doit cesser. «On pourra toujours aller plus haut, mais on ne pourra pas aller plus bas qu’un certain seuil», indique-t-il. Au travail depuis huit jours, il raconte avoir déjà donné plusieurs orientations et consignes à sa sous-ministre Sylvie Barcelo et à son équipe. Le dossier des services professionnels en fait partie.

Même si les libéraux ont recommencé à investir en éducation en fin de mandat et que de nouveaux postes ont été ouverts, M. Roberge estime que ce n’est pas suffisant. «Nous, la courbe [des professionnels scolaires] va être ascendante tout le long du mandat.»

Rattrapage

Mme Pomerleau croit également que du rattrapage reste à faire. «On n’a même pas atteint ce qu’on considérait comme un minimum en 2010. Et depuis, le nombre d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA) a augmenté.»

Selon une étude de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, publiée en avril, un élève sur cinq au Québec est considéré HDAA à l’heure actuelle. Entre 2001 et 2016, cette clientèle a connu une croissance de 72 %.

Mais même si le gouvernement de la CAQ ouvre les vannes, une pénurie de cette main-d’œuvre spécialisée pourrait se faire sentir. «On a une problématique d’attraction et de rétention. Pour plusieurs corps d’emploi, par exemple, les conditions de travail sont meilleures au privé et même au public en santé», indique Mme Pomerleau.

Ainsi, une orthophoniste qui travaille pour le ministère de la Santé peut le faire toujours à partir du même bureau et voit les patients un à la fois. «Sa liste d’attente, c’est des dossiers classés dans un tiroir. Quand tu es au scolaire, tu vas te promener dans quatre ou cinq écoles, tu vas travailler dans des petits locaux très bruyants et en plus, ta liste d’attente, elle court autour de toi. 

Les enfants, ils sont là, dans l’école», décrit Mme Pomerleau.

Le ministre Roberge se dit conscient du défi, mais croit que le plan de son gouvernement va créer des conditions gagnantes pour ramener les professionnels, tout comme les enseignants, vers les écoles. «La marée va changer de côté. Je suis confiant qu’en améliorant plusieurs choses, on va y arriver.»

La CAQ a l’intention de rénover et de construire de nouvelles écoles beaucoup plus rapidement qu’avant et propose de créer davantage de classes spécialisées, afin de limiter le nombre d’élèves à besoins particuliers dans les classes ordinaires.

En chiffres
Nombre de professionnels dans les écoles du Québec (En équivalent temps plein)
Année     Nombre     Variation
2011-2012    6251    
2012-2013    6351 ↑
2013-2014    6418 ↑
2014-2015    6432 ↑
2015-2016    6236    ↑
2016-2017*    6061    ↓
2017-2018*    6311    ↑
2018-2019*    6911    ↑
Source : Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (système Percos)

* Évaluations faites par la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec, les chiffres du ministère n’ayant pas encore été mis à jour.

Éducation

Écoles alternatives: regain de popularité sur la Rive-Sud

Les écoles alternatives connaissent un regain de popularité à Lévis et dans la Beauce où au moins quatre groupes de parents militent pour que le réseau public ouvre ses horizons.

Pour l’heure, ni la commission scolaire des Navigateurs (CSDN) de la Rive-Sud ni la commission scolaire de la Beauce-Etchemin (CSBE) ont une école alternative. Il y a bien quelques établissements privés offrant des parcours pédagogiques sortant du cadre conventionnel, mais aucun dans le réseau étatique.

La rentrée de l’automne 2019 sera donc marquée d’un jalon : l’école primaire les Sittelles, à Saint-Georges, hébergera les deux premières classes Montessori publiques du vaste territoire qui s’étend jusqu’à la frontière étatsunienne. 

«La demande est venue d’un groupe de parents l’année dernière», explique la directrice des services éducatifs de la CSBE, Karina Roy. Et les enseignantes sont emballées; une quinzaine sont en formation.

Pour tester la formule, un groupe de maternelle et un autre de première année seront formés en 2019. Si les inscriptions sont assez nombreuses, la commission scolaire ajoutera un niveau à chaque rentrée jusqu’à la sixième.

«Nous, ce qu’on voulait, c’était d’avoir une école complète alternative», remarque cependant une des mères instigatrices du projet, Isabelle Reny, de Saint-Prosper. Elle se réjouit tout de même d’avoir réussi une percée. «On a fait bouger les choses. Ce n’est pas parfait, mais c’est un pas vers le changement.»

«On a été la bougie d’allumage», dit-elle. «On voyait que la Beauce était prête à ça.»

Une de ses acolytes, Danielle Bolduc, souligne qu’il faut être patient et déterminé pour concrétiser le désir des parents. Convaincre le réseau scolaire public à négocier le virage serait long. «Faire bouger une grosse machine comme ça, il faut s’atteler à travailler presque un an.»

Peu importe la charge de travail à abattre, les gains réalisés à Saint-Georges stimulent d’autres groupes militant pour la même cause. Des mères de Sainte-Marie de Beauce, entre autres, tentent depuis 2017 d’obtenir une école publique inspirée par la pédagogie Montessori. Elles ont présenté leur dossier à la CSBE récemment.

À Lévis

À Lévis aussi, au moins deux groupes s’activent. Dont celui de la motivée Catherine Berrigan qui aimerait être une pionnière en faisant la promotion d’une école Montessori publique. «Les parents veulent avoir le choix. […] On aimerait ça que l’école ouvre en 2020.»

Le projet suscite un certain intérêt; quelque 250 personnes suivent la page Facebook. Et cinq personnes ont joint Mme Berrigan pour former le comité faisant la promotion auprès des autorités.

Dans le modèle alternatif, «les enfants sont libres de choisir leurs activités», explique-t-elle. «Ce n’est pas l’enfant qui doit s’adapter à l’école, c’est l’école qui s’adapte à l’enfant.» Les parents seraient en outre plus impliqués dans l’apprentissage, participant parfois aux activités en classe.

La commission scolaire des Navigateurs ne ferme pas complètement la porte. La coordonnatrice aux communications, Louise Boisvert, souligne néanmoins que le projet est «très embryonnaire». Et que le souhait des mères se butera au débordement des classes de la Rive-Sud : «On n’a carrément pas de place dans nos écoles.»

+

Éducation

Le père d’un enfant autiste poursuit la commission scolaire de la Capitale

Avant même l’entrée à la maternelle, la commission scolaire de la Capitale savait que Thomas souffrait d’autisme et aurait besoin de soutien à l’école. Ce n’est que cinq ans plus tard que la porte d’une classe spécialisée s’est ouverte pour lui.

Le père de Thomas, Michel Labonté, témoigne cette semaine dans le cadre de la poursuite de 600 000$ qu’il a intenté contre la commission scolaire de la Capitale. Le père allègue que la commission scolaire a fait preuve de discrimination et n’a pas offert l’éducation primaire que méritait son garçon, aujourd’hui âgé de 15 ans.

En septembre 2007, alors qu’il fréquente une garderie, Thomas reçoit un diagnostic de trouble envahissant du développement (TED), une forme d’autisme. Le garçon est docile, gentil avec les adultes, mais peine à entrer en contact avec les autres enfants.

Son père se rappelle comment, lorsqu’il jouait avec Thomas, son garçon replaçait toujours les trains de façon rectiligne. Et il se revoit encore couvrir les oreilles de Thomas avec ses mains pour ne pas que l’enfant soit effrayé par le bruit des sèche-mains à la salle de bain.

Pas d’évaluation

Lorsque Thomas commence la maternelle à l’école Val-Joli de Val-Bélair, la commission scolaire a déjà reçu tous les rapports médicaux de Thomas. Selon la prétention du père, jamais les autorités scolaires n’ont procédé à l’évaluation des besoins et capacités de l’enfant, tel que le requiert la Loi sur l’instruction publique.

Thomas intègre la classe d’une enseignante d’expérience. Une technicienne en éducation spécialisée aide Thomas. Elles seront trois à se succéder auprès de l’enfant durant l’année scolaire.

Le garçon fait l’objet d’un premier plan d’intervention, qui sera suivi de plusieurs autres. Les parents participent à toutes les rencontres. « On veut être des partenaires », insiste Michel Labonté.

En première année, Thomas a énormément de difficultés avec les notions abstraites, surtout en français et en mathématiques. La période des leçons à la maison s’étire souvent sur plus d’une heure. « Il doit suivre le même rythme que les autres, raconte le père. La charge nous semble trop lourde, mais c’est notre premier enfant, on essaie de suivre la vague. »

Sur papier, les résultats scolaires de Thomas sont suffisants. Jusqu’en 4e année, qu’il devra recommencer.

Liste d’attente

En mars 2011, lorsque Thomas est en deuxième année, le médecin qui le suit fait une recommandation pour que l’enfant intègre une classe spécialisée.

Selon le père, la direction de l’école n’évoquera pour la première fois cette possibilité de classe spécialisée qu’après cette recommandation. Thomas n’y aura accès qu’en 2013, dans la classe Le Petit Prince à l’école des Écrivains, dans le quartier Les Saules. Selon la commission scolaire, ce retard s’explique en raison d’une longue liste d’attente.

Thomas devra faire deux fois sa quatrième année dans sa nouvelle classe spécialisée. Il y termine son cours primaire. Aujourd’hui, il étudie au secondaire, dans une classe spécialisée.

Le procès doit durer neuf jours.

Éducation

L'UL adopte le gaz naturel renouvelable

L’Université Laval fait un pas de plus dans sa lutte contre les changements climatiques et pour diminuer son empreinte écologique. L’établissement a conclu une entente avec Énergir pour s’approvisionner en gaz naturel renouvelable dans le but d’alimenter une partie de son système de chauffage : une première pour une institution d’enseignement au Québec.

En vigueur depuis septembre dernier, ce contrat permettra à l’Université de remplacer un million de mètres cubes, ou 8 %, de la consommation annuelle de gaz naturel d’origine fossile en gaz naturel renouvelable. Celui-ci est produit à partir de matières organiques résiduelles comme des restes de table.

«L’effet combiné, juste dans la logique de l’empreinte écologique, est incroyable, souligne la rectrice, Sophie D’Amours. D’une part, utiliser une ressource qui se renouvelle continuellement. D’autre part, substituer l’énergie fossile. Lorsqu’on inclut ça, comme on l’a fait à l’Université Laval, dans une Stratégie globale énergétique où on utilise tous nos leviers, […] là on arrive à aller chercher des gains significatifs.»

Économies de 100 000$

Le partenariat avec Énergir, connu jusqu’à récemment sous le nom de Gaz Métro, permettra de développer un projet de recherche, dont le cadre reste toujours à déterminer, sur le gaz naturel renouvelable et la valorisation de la biomasse forestière.

Sophie D’Amours se réjouit que son établissement puisse s’inscrire en exemple dans ce contexte. Faire la démonstration qu’une institution comme l’Université Laval, qui compte 154 édifices dans la province, est capable de le faire, ça montre que tout le monde peut y arriver, dit-elle.

La rectrice n’écarte pas la possibilité de bonifier la quantité de gaz naturel renouvelable prévu pour l’instant dans l’entente. «On apprend à marcher et après à courir et après à faire des marathons, donc là, on s’inscrit dans cette démarche-là.»

Pas assez de production

La présidente et chef de la direction d’Énergir, Sophie Brochu, a quant à elle vanté «un accord qui est tourné vers l’avenir» puisque comme l’Université Laval, de plus en plus d’entreprises et d’institutions choisissent le gaz naturel renouvelable pour se chauffer.

«Les gens commencent à comprendre tout le potentiel sous-jacent au gaz naturel vert renouvelable, alors c’est une belle affaire», dit-elle.

Le seul problème, s’il en est un, c’est qu’il n’y a présentement qu’une seule usine de transformation des matières organiques en gaz naturel (biométhanisation) au Québec, à Saint-Hyacinthe. 

Celle-ci n’est pas en mesure de répondre à la demande par rapport à la capacité de produire.

«Le jour où on aura de plus en plus de production de gaz naturel vert renouvelable, le marché va être en mesure d’être complètement servi. Aujourd’hui, notre contrainte, c’est pas la demande du marché. Aujourd’hui, c’est la production», explique Mme Brochu.

L’entreprise répond actuellement à moins de 1 % de la demande pour cette énergie dite concurrentielle avec les autres formes d’énergies renouvelables, «mais veut atteindre 5 % le plus vite possible».

Pour augmenter sa production, Énergir dit travailler fort avec les agriculteurs québécois pour développer une filière agricole. «On va travailler avec l’Université Laval au développement d’une technologie avec la biomasse forestière», conclut-elle.

Éducation

Plus du quart des enfants à la maternelle considérés comme vulnérables au Québec

MONTRÉAL - Plus du quart des enfants québécois à la maternelle cinq ans sont considérés comme vulnérables dans au moins un domaine, selon une enquête de l’Institut de la statistique du Québec publiée jeudi.

La deuxième édition de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle s’appuie sur un questionnaire rempli par 5200 enseignants, dans 1900 écoles publiques et privées, anglophones et francophones, de la province. Les résultats touchent donc plus de 83 000 enfants qui fréquentaient la maternelle 5 ans durant l’année scolaire 2016-2017.

Le but de l’enquête était de documenter le développement des enfants dans cinq domaines: santé physique et bien-être, compétences sociales, maturité affective, habiletés de communication et connaissances générales, développement cognitif et langagier.

L’enquête a permis de constater que 27,7 pour cent des enfants de maternelle cinq ans sont considérés comme vulnérables dans au moins un des domaines de développement.

Il s’agit d’une hausse comparativement à 2012, alors qu’a eu lieu la première édition de l’enquête. Le pourcentage était alors de 25,6 pour cent.

«Un enfant vulnérable, c’est un enfant qui est plus susceptible que les autres d’éprouver des difficultés au cours de son parcours scolaire. Il pourrait avoir par exemple des difficultés à communiquer clairement ses besoins, à suivre une routine», explique Micha Simard, chargée de l’enquête.

La vulnérabilité touche par ailleurs davantage certaines catégories d’enfants. Par exemple, les garçons sont proportionnellement plus nombreux que les filles à être classés vulnérables dans au moins un domaine de développement - à 35 pour cent contre 20,2 pour cent -, tout comme ceux qui étaient âgés de moins de 5 ans et 9 mois au moment de l’enquête et ceux qui vivaient dans un milieu très défavorisé sur le plan matériel ou social.

Certaines régions présentent par ailleurs un plus grand pourcentage d’enfants de maternelle considérés comme vulnérables. C’est le cas de Montréal, l’Outaouais, Laval et les Laurentides. À l’opposé, quelques régions se distinguent avec des proportions d’enfants vulnérables plus faibles par rapport au reste du Québec: la Capitale-Nationale, la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le Centre-du-Québec, Lanaudière et Chaudière-Appalaches.

Mme Simard précise toutefois qu’un indicateur de vulnérabilité à la maternelle n’est pas nécessairement un signe que l’enfant connaîtra des difficultés tout au long de son parcours scolaire.

«On sait que les enfants qui sont vulnérables à la maternelle, ce n’est pas nécessairement une fatalité. Ils ne vont pas nécessairement rester en difficulté durant tout leur parcours scolaire. Ils sont juste plus à risque d’être moins équipés ou d’avoir des performances un peu plus faibles», souligne-t-elle.

«On a eu d’autres études qui ont montré que, par exemple, (parmi) les enfants vulnérables à la maternelle, il y avait 50 pour cent d’entre eux qui réussissaient à avoir une performance égale ou supérieure à l’ensemble des autres enfants en 4e et 6e année du primaire.»

Éducation

Commission scolaire condamnée pour avoir oublié un enfant dehors

Pour avoir «oublié» une enfant autiste dans la cour d’école durant une heure et demie par un froid de -20 degrés, la Commission scolaire des Laurentides est condamnée à verser 6500$ en dommages moraux au tuteur de l’enfant.

Le 19 décembre 2016, la fillette avait été déposée à l’école Notre-Dame-de-la-Sagesse, à Sainte-Agathe-des-Monts par l’autobus scolaire, alors que celui-ci était en retard.

L’enseignante qui en avait la charge était déjà entrée en classe, tenant pour acquis que l’enfant était absente cette journée-là.

Or, la procédure prévoit que l’école assure un suivi auprès des parents en cas d’absence imprévue, ce qui n’a pas été fait.

L’enfant, décrite par ses parents comme étant «totalement sans défense», est atteinte d’autisme de type passif et «reste au même endroit» si on ne l’appelle pas.

Une heure et demie dehors

Elle est donc demeurée dans la cour d’école jusqu’à ce qu’une éducatrice l’aperçoive vers 10h30, soit environ une heure et demie après qu’elle soit descendue de l’autobus d’écoliers.

L’éducatrice raconte que l’enfant tremblait et pleurait à chaudes larmes et «il est évident que (la fillette) était alors dans un état de panique et de choc et qu’elle était transie et gelée», écrit le juge Jean-Pierre Archambault, de la Cour du Québec.

Il ajoute que «sans la rencontre fortuite et l’intervention de (l’éducatrice) qui a décidé de passer par la cour d’école et qui y a découvert (l’enfant) qui se trouvait là depuis plus d’une heure et demie, la situation aurait pu être autrement plus dramatique et possiblement tragique».

De plus, les parents n’ont été avisés de la situation que vers 15h00 en après-midi; pourtant, l’enseignante avait parlé à la mère au téléphone en avant-midi sur un autre sujet, mais n’avait pas mentionné l’incident.

Si le juge Archambault se dit «convaincu que ce comportement est fautif», il précise qu’»il n’est pas intentionnel» et n’accorde donc pas de dommages punitifs au plaignant, qui réclamait en tout un dédommagement de 15 000$.