Éducation

Un dossier sur chaque tout-petit en 2020

Le ministre de la Famille Mathieu Lacombe repousse de six mois l’obligation pour tous les services de garde reconnus de fournir aux parents un dossier éducatif sur le développement de leur tout-petit. Les éducatrices demandent quant à elles d’être formées et payées pour accomplir ce travail.

À partir de mai 2020, les parents dont l’enfant fréquente un service de garde éducatif recevront deux fois par année un dossier dans lequel seront inscrites des observations sur la façon dont leur bambin de 0 à 5 ans évolue.

Un règlement publié mercredi par le gouvernement prévoit que les observations porteront sur le développement physique, cognitif, langagier et social de l’enfant. Si certains Centres de la petite enfance (CPE) demandent déjà de remplir ce type de dossier, la procédure est nouvelle pour plusieurs éducatrices, qui avaient plutôt l’habitude de communiquer verbalement avec les parents. 

«Sur le fond, on salue la volonté du gouvernement et on est d’accord pour mettre l’accent sur le côté éducatif des services de garde. Par contre, il y a beaucoup d’intervenantes qui vont avoir besoin de formation», commente Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ). 

C’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé d’octroyer «davantage de temps» aux CPE, garderies subventionnées, garderies en milieu familial reconnues et garderies privées pour «s’approprier les nouvelles exigences», explique Antoine de la Durantaye, attaché de presse du ministre Lacombe. Il ajoute que le ministère de la Famille «entend fournir toute la formation et le soutien nécessaire» aux milieux de garde. 

Compensation financière demandée

Mme Grenon réclame également une compensation financière pour ses membres qui auront à accomplir cette nouvelle tâche. «C’est une surcharge, parce que c’est pas un travail qui va pouvoir être fait en présence des enfants.» 

La représentante syndicale croit que des journées ou des heures pédagogiques devraient être octroyées aux éducatrices en installation, alors que les responsables d’un service de garde en milieu familial devraient être payées davantage, étant donné qu’elles passent déjà 50 heures par semaine en présence des enfants. Ces revendications feront partie des négociations qui s’amorcent avec le gouvernement. Dans un communiqué, le ministre Lacombe fait valoir que la création de ce dossier aidera au dépistage précoce des difficultés d’apprentissage des enfants. Il s’inscrit ainsi dans la stratégie déployée par son collègue Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé. «Le dossier éducatif contribuera à cerner rapidement ces difficultés et favorisera les transitions harmonieuses, dont celle vers l’école», ajoute M. Lacombe. 

«Ça va être une porte d’entrée pour parler des difficultés de l’enfant avec les parents, sans émettre de diagnostic, parce qu’on n’a pas l’autorité pour faire ça», commente Valérie Grenon. Lorsque leur enfant sera en âge de fréquenter la maternelle, les parents auront le choix de transmettre ou non ce dossier à l’école.

Éducation

La nouvelle école de Scott moins coûteuse que prévu

La nouvelle école primaire de Scott, en Beauce, verra le jour à l’été 2021 au coût de 14 millions $, soit 4 millions$ de moins que prévu.

La Commission scolaire de Beauce Etchemins (CSBE) vient de publier des appels d’offres pour différents services professionnels (architecture, structure et mécanique-électricité). 

La nouvelle école primaire, qui sera construire sur un terrain appartenant à la CSBE situé en dehors de la zone inondable, pourra accueillir trois groupes de l’éducation préscolaire et 18 groupes de l’enseignement primaire. La superficie estimée du projet est de 4300 m².

En deux moins de deux ans

Début mai, le premier ministre François Legault s’était dit déterminé à tout faire pour que la nouvelle école soit construite en moins de deux ans. 

«On va accélérer le processus pour construire une nouvelle école. Vous savez, au ministère de l’Éducation, on me dit que le plus vite, c’est deux ans, mais j’ai comme objectif de raccourcir ce délai-là», avait-il déclaré le 6 mai.

Selon l’échéancier prévu dans les appels d’offres, les travaux de construction débuteront le 18 mai 2020, et la nouvelle école devrait être livrée pour le 16 juillet 2021. 

Une chanson pour Legault

Triste d’avoir vu son école partiellement détruite par les récentes inondations, un élève de Scott, James Paquet, avait écrit une chanson au premier ministre pour réclamer la construction d’un nouveau bâtiment. Touché, François Legault avait convenu avec le jeune élève du primaire que le bâtiment, construit dans les années 30, «fait dur».

Les travaux d’urgence qui doivent être réalisés à l’École l’Accueil pour corriger les dommages causés par les inondations sont évalués à un quart de million $. 

La nouvelle école sera un bâtiment «durable» et «évolutive», précise-t-on dans les appels d’offres.

Éducation

Québec investit 3 M$ pour rendre les cours d'école «plus attrayantes»

LONGUEUIL — Le gouvernement du Québec investit 3 millions $ pour rendre 140 cours d'école «plus attrayantes» en vue de la prochaine rentrée scolaire.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, en a fait l'annonce vendredi à Longueuil, en banlieue sud de Montréal.

Les écoles concernées auront notamment de nouveaux modules de jeux, des patinoires et des terrains de soccer, de basketball ou de baseball.

Les cours d'école de 49 commissions scolaires de l'ensemble du Québec seront rénovées. C'est en Montérégie où l'on retrouve le plus de projets de rénovation, avec un total de 21.

À Montréal, 17 établissements apparaissent sur la liste des rénovations du ministère, tandis qu'on en retrouve 14 en Outaouais et 13 dans la région de la Capitale-Nationale.

Dans un communiqué, le ministre Roberge a rappelé que les élèves pourront pleinement profiter de ces nouveaux aménagements étant donné que les écoles seront tenues d'offrir chaque jour deux récréations de 20 minutes lors de la prochaine rentrée.

«En rendant les milieux de vie encore plus dynamiques, nous développons leur envie de bouger et leur envie de fréquenter l'école, ce qui contribue à leur réussite», a-t-il déclaré.

Éducation

Le C.A. de l’Université Laval appuie la construction de 200 logis sur le campus

Cette fois sera-t-elle la bonne? Après l’enterrement de plusieurs projets de nouvelles résidences sur le campus de l’Université Laval, le conseil d’administration de l’institution vient de donner son appui à la construction d’un immeuble de quelque 200 logements notamment destinés aux couples et aux familles. Un projet évalué (pour l’instant) à 40 millions $.

«Depuis les 10, 15, dernières années […] il y a eu plusieurs moutures d’un projet similaire qui n’ont pas abouti», convient la porte-parole et responsable des relations avec les médias, Andrée-Anne Stewart. Cette fois, le dossier serait mieux ficelé : l’édifice d’environ 6 étages pousserait sur le stationnement de l’intersection des rues de la Médecine et de l’Agriculture. «Ça va être situé au cœur du campus.»

«Si toutes les étapes vont bien, se déroulent bien, nous on vise l’automne 2022 pour la réalisation de ce projet.» L’édifice serait alors construit et les locataires pourraient y emménager.

«On espère que ce sont des étudiants provenant des régions et de l’international qui vont s’intéresser à cette offre-là», souligne Mme Stewart. Car un des objectifs est d’accroître l’attractivité de l’institution auprès des universitaires étrangers.

Ceux-ci débarquent parfois avec un conjoint et des enfants, mais ne peuvent s’établir sur le territoire de l’université. «Il n’y a pas d’offre qui peut répondre à ces besoins.» Les 2300 chambres actuelles construites entre 1955 et 1970 sont plutôt destinées à l’habitation en solo. 

Le projet compte, en outre, l’aménagement d’«espaces de vie étudiante» au rez-de-chaussée afin de «dynamiser le campus». 

Même si tous les fils ne sont pas encore attachés, l’administration universitaire évalue sommairement qu’il lui en coûtera quelque 40 millions $ pour mener à bien l’entreprise. Une facture entièrement autofinancée, sans subvention gouvernementale, assure Andrée-Anne Stewart. Ni ponction dans les poches des étudiants : «Non, [ils] ne contribueront pas au financement du projet de construction des logements.»

Déjà le «feu vert»… en 2009

Le rêve de lieux d’habitation supplémentaires n’est pas neuf. Le conseil d’administration de l’ancienne équipe de direction avait d’ailleurs dit «Oui» à un projet comparable en mai 2009, rapportait Le Soleil. Le titre : «Feu vert aux nouvelles résidences.» Mais le souhait ne s’est pas concrétisé.

L’équipe de la rectrice Sophie D’Amours a repris le bâton de pèlerin en indiquant dans son plan stratégique 2017-2022 vouloir finalement arriver à construire le pavillon.

Collaboration avec la CADEUL

La Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) participera à l’élaboration des «espaces de vie étudiante» dans la nouvelle bâtisse, confirme le conseiller politique et attaché de presse, Simon La Terreur. 

En 2014, les membres de la CADEUL avaient refusé par référendum de payer une partie des 70 millions $ nécessaires à l’érection d’un «Quartier de la vie étudiante» incluant des logements et des lieux de rencontre. 

En 2017, les étudiants avaient cependant consenti à maintenir une cotisation de 5 $ pour le développement éventuel d’un «centre de la vie étudiante», nouveau pavillon qui pourrait accueillir des locaux d’étude, des lieux de rencontre, un café… un peu comme ce qui est prévu au rez-de-chaussée du futur édifice de 200 logements approuvé par le C.A. mercredi soir.

La CADEUL caresse en outre un projet de coopérative d’habitation. L’Université a toutefois refusé, fin 2018, que celle-ci soit construite sur ses terres.

Gageons, par ailleurs, que l’Association des parents-étudiants de l’Université Laval (APÉtUL) sera aussi très intéressée par le projet. Celle-ci réclame depuis belle lurette des résidences familiales sur le campus.

Éducation

Un cours gratuit sur le TDAH

L’Université Laval offrira une formation en ligne gratuite sur le trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH). Tout le monde pourra s’inscrire, et l’objectif est de défaire les mythes.

«La mission première c’est d’offrir gratuitement une information basée sur les données probantes, scientifiques. C’est de pouvoir offrir une source fiable d’informations. Souvent, si on regarde dans le Web en général, oui on peut tomber sur de bons sites, mais on peut aussi tomber sur des sources moins fiables. Il y a toutes sortes de croyances populaires, on va croire par exemple que c’est parce que ce jeune-là a mangé trop de sucre qu’il est comme ça», soulève la professeure en adaptation scolaire Nancy Gaudreau, qui supervisera le cours en ligne, disponible à l’automne 2019.

Ces cours en ligne gratuits et ouverts à tous de l’UL sont appelés plus communément des MOOC (massive open online course). Le cours nommé «Le point sur le TDAH : comprendre, soutenir et accompagner» sera le sixième MOOC offert par l’institution.

L’objectif de la formation est d’outiller pour le mieux les parents et le personnel éducatif auprès des jeunes atteints de TDAH. Toutefois, toute personne désirant se renseigner sur le sujet est admissible au cours. 

«On va souvent résumer l’intervention à la pharmacologie, comme si la seule solution pouvait être la médication. Oui, ça fait partie des solutions efficaces, mais ça ne fonctionne pas pour tous les enfants. Il y a aussi plusieurs autres stratégies d’intervention qui peuvent être mises en œuvre. Avec ce MOOC, on veut inciter sur le fait que chaque enfant est unique et qu’il n’y a pas de solution miracle», ajoute Mme Gaudreau.

Plateforme d’apprentissage simple et efficace

La formation sera transmise par plusieurs documents, des vidéos enregistrées par des experts, des capsules animées ainsi que des ateliers interactifs. Le contenu du cours a été préparé par neuf professeurs ainsi que plusieurs experts, avec la participation de quatre facultés de l’Université Laval.

«On est allés chercher l’expertise là où elle était. Par exemple, le volet sur la médication, c’est une professeure en pharmacie experte en médication pour le TDAH qui s’est chargée de choisir la documentation. Tout se passe sur la plateforme en ligne. Ça donne la possibilité à tout le monde de la francophonie de s’inscrire. Tout est conçu pour être facile à utiliser», indique aussi Mme Gaudreau.

La professeure insiste aussi sur l’outil de discussion intégré dans la plateforme.

«La force des MOOC c’est aussi les forums de discussion. Les participants peuvent partager leurs bons coups ou les obstacles rencontrés entre eux. Ça crée une communauté. Puis en retenant un public cible, les parents et le personnel des écoles, on voulait permettre à cette population-là de se doter d’un vocabulaire commun. Si tous les acteurs suivent le MOOC, tout le monde va avoir eu une information cohérente et va avoir retenu l’importance de travailler ensemble.»

La formation sur le TDAH commencera le 23 septembre et s’échelonnera sur six semaines, pour une implication d’environ trois heures par semaine. Dès lundi, il est possible de s’inscrire au cours sur le site Web de l’Université Laval. Le nombre de places est illimité.

Éducation

L’éducation à la sexualité «ne passe pas» auprès des enseignants, tranche la FSE

«Ça ne passe pas.» Dur constat que fait la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), neuf mois après le retour du cours d’éducation à la sexualité dans les écoles primaires et secondaires du Québec.

Les enseignants sont toujours mal à l’aise d’enseigner cette matière sensible, pour laquelle ils ne se considèrent pas des experts, selon la présidente de la FSE-CSQ, Josée Scalabrini.

En entrevue à La Presse canadienne, elle a déclaré en vouloir au gouvernement d’avoir rendu ce contenu obligatoire, sans vraiment consulter les enseignants, qui aujourd’hui éprouvent des difficultés.

Le gouvernement Couillard avait annoncé fin 2017 qu’il ramenait le cours d’éducation sexuelle — aboli lors de la réforme de 2003 — et le rendait obligatoire dès l’automne 2018, dans la foulée du mouvement  #moiaussi.

Des réticences exprimées par des parents et des enseignants ont ralenti l’implantation du cours, mais la nouvelle administration caquiste a persisté et tranché que le programme contenait des notions «primordiales pour nos jeunes».

Neuf mois plus tard, les enseignants sont pris avec cette tâche dont ils ne voulaient pas, selon Mme Scalabrini, et ils ne savent pas s’ils parviendront à enseigner les 5 à 15 heures d’éducation sexuelle.

«On est arrivé avec une solution qui nous est venue d’en haut, qui a été improvisée, qui n’a pas été préparée et on a obligé les enseignants à aller enseigner dans du mur-à-mur», a-t-elle pesté en entrevue téléphonique, en précisant pourtant être en faveur de l’éducation à la sexualité.

Éducation

Jeux vidéo en classe: les libéraux inquiets

L’opposition libérale s’inquiète de la volonté du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, de faire jouer les élèves à des jeux vidéos en classe, y voyant un risque de créer ou d’accentuer des dépendances chez les enfants. Selon le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, il ne faudrait pas «apeurer la population, quand même».

Pendant la période de questions de l’Assemblée nationale, jeudi matin, le ministre Carmant a été interpellé par le libéral André Fortin sur l’intention du ministre de l’Éducation de permettre les jeux vidéo dans les écoles «pour exploiter des repères historiques, littéraires et graphiques avec sa discipline», dixit le plan du ministre Roberge.

«Des dizaines de milliers de parents partout au Québec ont un défi quotidien: tenter de réduire le temps d’écran de leurs enfants, tenter de limiter le nombre d’heures que les enfants passent devant les jeux vidéo. Parce que les jeux vidéo, ça a des effets très directs sur la santé de nos enfants et ça mène aussi des adolescents à l’isolement, au repli sur soi, ça a des effets sur la santé mentale et ça peut créer des dépendances qui sont difficiles à briser», a exposé le député de Pontiac, ajoutant que «beaucoup de gens, beaucoup de parents» se demandent si le plan du ministre Roberge est «vraiment la voie à suivre».

André Fortin a rappelé que le ministre Lionel Carmant avait déclaré pendant l’étude des crédits de son ministère, la semaine dernière, qu’il n’avait pas été consulté sur le projet du ministre de l’Éducation, qu’il avait «appris ça dans le journal» et qu’il était «très hésitant à aller de l’avant». 

«Le ministre délégué à la Santé nous a dit que les chiffres devraient nous faire prendre une pause dans ce dossier-là, que, selon lui, l’augmentation des dépendances chez les jeunes, elle ne vient pas des substances, mais de la cyberdépendance», a rapporté le député libéral, tout en demandant au ministre Carmant comment il allait s’assurer que «quand on envoie nos enfants à l’école, ce n’est pas pour créer ou aggraver des dépendances».

«Je demanderais au député de Pontiac de ne pas apeurer la population, quand même. Ce qu’on sait jusqu’à présent, c’est que de zéro à cinq ans, les pédiatres ne recommandent pas plus de 30 minutes de temps d’écran. Ensuite, ce qu’il faut déterminer, c’est de quel âge à quel âge le temps d’écran est dangereux et quelle est la durée de ce danger-là. On prend le problème au sérieux, mais on a besoin de données scientifiques avant de prendre des décisions sur la meilleure façon de le traiter. Nous, on suit ça, les recherches sont en cours, on suit le problème de près et on va appliquer les bonnes solutions», a répondu le ministre Carmant. 

Selon le ministre délégué à la Santé, la cyberdépendance est «une science nouvelle qui est en train de se développer». «Elle est vraiment quand même réelle puisque cette année, il y a eu 300 admissions dans les centres de dépendances avec un diagnostic de cyberdépendance. […] On a demandé à des gens de faire de la recherche pour essayer de comprendre comment ça fonctionne, la cyberdépendance», a-t-il dit. 

Son collègue de l’Éducation a pour sa part souligné que la première «compétence» du nouveau cadre de référence de la compétence numérique déposé il y a quelques semaines est «d’agir avec éthique pour utiliser le numérique en se respectant soi-même et en respectant les autres». 

«L’utilisation du numérique en classe, c’est une bonne chose, à condition qu’on le fasse bien, Et certaines écoles prennent le taureau par les cornes. On ne bannira pas les écrans, mais on va apprendre à nos élèves, à nos enfants, à se discipliner, à minuter leur utilisation», a plaidé le ministre Jean-François Roberge.

Justice et faits divers

«Mon père vient d’essayer de tuer ma mère»

«Mon père vient d’essayer de tuer ma mère : dépêchez-vous!»

Au bout du fil avec le répartiteur du 9-1-1, un adolescent de 15 ans réclame des secours. Avec sang-froid, il répond aux questions pendant qu’on entend des cris de femme derrière lui.

Son père vient de poignarder sa mère à la tête. Le couteau avait une lame de 15 centimètres. La femme de 35 ans saigne abondamment.

Le garçon a tenté de désarmer son père puis a réussi à l’assommer avec des coups de pied. Sa jeune sœur, âgée de 12 ans, est aussi intervenue. Les deux jeunes ont eu des entailles superficielles aux doigts. Leur petit frère de neuf ans a assisté à la scène, mais n’a pas été blessé.

La mère part en ambulance pour l’hôpital, soigner une lacération à la tête et d’autres entailles aux mains et un traumatisme crânien.

Presque neuf mois après l’agression, le père, un homme de 46 ans que l’on ne peut nommer pour protéger l’identité des enfants, a plaidé coupable mercredi à des accusations de voies de fait armées et de voies de fait avec lésions sur son ex-femme et d’avoir causé des lésions corporelles à ses deux enfants. La Couronne n’avait pas porté d’accusation de tentative de meurtre.

Après avoir entendu la troublante histoire, le juge Pierre-L. Rousseau a condamné le père, détenu depuis l’équivalent de 12 mois, à une peine globale de 42 mois.

Victime de la guerre au Congo

L’avocat de défense Me Hugo Blanchette reconnaît la gravité des crimes commis. Si la dénonciation doit primer, le passé horrible de son client doit aussi peser dans la balance, soumet l’avocat, qui plaidait pour une peine de 18 mois.

Le père a émigré au Canada avec son épouse en 2004. Auparavant, il avait connu la guerre civile au Congo, avait assisté au viol collectif de sa mère et de ses sœurs et a vécu les horreurs des camps de réfugiés en Somalie.

C’est là qu’il a perdu sa première femme et son bébé et qu’il a rencontré celle qui allait devenir sa deuxième épouse et la mère de ses trois enfants.

L’homme souffrait de plusieurs chocs post-traumatiques à son arrivée au Canada, souligne son avocat, Il a obtenu de l’aide, mais pas assez. L’homme est devenu violent avec sa femme puis, en 2017, a été condamné à 12 mois de prison pour du leurre informatique. C’est à ce moment que le couple a éclaté pour de bon.

La procureure de la Couronne Me Lucie Tritz réclamait que l’auteur de l’agression purge une peine entre quatre et cinq ans de pénitencier.

Le soutien nécessaire

Les trois enfants et leur mère ont été lourdement affectés, plaide la procureure. En plus de la douleur physique, toujours présente, la mère a développé une véritable phobie des couteaux. Elle a perdu durant plusieurs mois son travail en entretien ménager.

Les enfants ont manqué des jours d’école et vécu beaucoup d’anxiété. «Je ne suis pas heureuse», répondra l’adolescente de 12 ans à une intervenante qui lui demande comment elle va.

La mère et les trois enfants ont depuis déménagé et vivent dans la crainte de revoir le père à sa sortie de prison.

Ce dernier n’a pas témoigné devant le tribunal. Il a fait dire par son avocat qu’il avait des regrets et aimait toujours ses enfants.

Le juge a spontanément demandé si la mère et ses enfants avaient «toute l’aide qu’ils méritent d’avoir». La procureure de la Couronne l’a rassuré, en pointant les amis et les intervenants sociaux qui entouraient les victimes.

Éducation

Mobilisation contre le projet de règlement sur l’enseignement à la maison [VIDÉO]

Plusieurs dizaines de familles ont manifesté, mardi, devant l’Assemblée nationale pour protester contre le projet de règlement sur l’éducation à domicile du gouvernement Legault.

Avec ce nouveau règlement, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, souhaite standardiser les pratiques éducatives à la maison selon le programme de formation de l’école québécoise et de rendre obligatoires les examens ministériels. 

Dans un point de presse du 27 mars, M. Roberge avait déclaré qu’il était inacceptable de pouvoir choisir d’étudier seulement certaines matières et de ne pas passer d’examens.

«On enseigne à nos enfants tout ce que les autres enfants apprennent à l’école. Sauf qu’on le fait à un rythme qui correspond à nos enfants. On ne veut pas faire une mini école chez nous. On veut conserver notre liberté. On a à cœur la réussite de nos enfants, on prend juste un autre chemin», a revendiqué Catherine Arrouart, l’une des porte-parole du mouvement. 

Déjà une loi bien structurée

Selon le Front de solidarité pour une liberté éducative, le décret 644-2918 de la loi 144 sur l’instruction en famille entrée en vigueur le 30 mai 2018 prévoit déjà des apprentissages similaires au programme de formation de l’école québécoise ainsi qu’un suivi du ministère de l’Éducation via la Direction de l’enseignement à la maison (DEM).

«La loi est vraiment bien structurée. Elle répond à tous les besoins et à tous les questionnements que le gouvernement peut avoir par rapport aux enfants qui ne sont pas dans le système scolaire», affirme-t-elle. 

Les protestataires demandent au gouvernement que le décret 644-2918 soit maintenu tel qu’il est actuellement et qu’il s’engage à collaborer avec les familles ayant fait ce choix.

«On demande au gouvernement d’attendre et de voir comment s’est passé la première année. On a établi un bon lien avec les gens de la DEM pour encadrer les familles. Chaque famille a un agent pour faire le suivi avec les enfants», explique Mme Arrouart 

Les familles reprochent également au ministre Roberge de ne pas avoir consulté la Table de concertation prévue dans la loi 144 et de l’avoir suspendue à son arrivée au pouvoir. Cette table de concertation avait été créée pour mieux comprendre et conseiller ceux qui font l’école à la maison. Le projet de règlement doit entrer en vigueur en juillet.

Éducation

Iniquité aux examens du ministère de l’Éducation?

GRANDE-RIVIÈRE – Nathalie Drapeau, une citoyenne de Chandler, en Gaspésie, demande au gouvernement du Québec de se pencher sur le manque potentiel d’équité entre étudiants utilisant une tablette informatique lors des examens du ministère de l’Éducation et ceux qui n’en utilisent pas.

Madame Drapeau a écrit au premier ministre François Legault, au ministre de l’Éducation Jean-François Roberge et à la ministre déléguée à l’Éducation Isabelle Charest pour leur faire part des impressions vécues par sa fille lors de l’épreuve de français du ministère, le 1er mai.

À lire aussi: Grogne des élèves de 5e secondaire contre la question d’examen du ministère

«Il y a des classes où la tablette est permise et d’autres où elle ne l’est pas. Dans ce dernier cas, ils ont le dictionnaire papier. Pour avoir vu des jeunes à l’œuvre depuis des années, ils sont plus rapides avec la tablette. Certains étudiants ne savent pas se servir d’un dictionnaire papier. Vingt pour cent de la grille de pondération est associée à l’orthographe. À la fin d’un examen, ce qui prend le bord, c’est la révision de l’orthographe. Ceux qui sont plus rapides avec la tablette qu’avec le papier mais qui ne peuvent compter sur la tablette sont désavantagés», analyse Nathalie Drapeau.

Selon les renseignements recueillis depuis qu’elle a écrit une première fois aux représentants du gouvernement québécois, le 2 mai, la tablette est acceptée dans des classes de plusieurs écoles du Québec depuis 2011-2012.

«Le ministère de l’Éducation a conclu que tous les étudiants avaient suffisamment de temps, qu’ils emploient la tablette ou qu’ils écrivent à la main. Je ne suis pas d’accord. Même si l’Antidote (un logiciel de correction) est désactivé, comme on me le souligne, bien des élèves sont plus rapides en composant directement leur brouillon sur la tablette, et pour faire la recherche dans le dictionnaire électronique lors de la correction. Ceux qui n’ont pas accès à la tablette et qui doivent faire la rédaction de leur brouillon à la main, puis transcrire leur copie au propre, sont clairement désavantagés», ajoute-t-elle.