Éducation

Avoir la force de se reprendre en main

Ils ont en commun d’avoir tout perdu à cause de l’alcool et des drogues. Mais aussi d’avoir eu la force de reprendre leur vie en main.

Ils s’appellent Maxyme, Alexis, Thomas et Élizabeth. Cette force qui les habitent, ils l’ont trouvée en eux, aidés par l’organisme Le Portage, qui reconnaissait dimanche le chemin vers l’abstinence parcouru par 202 participants inscrits à l’un des ses programmes.

Élizabeth, 25 ans, témoigne à la fois de la fragilité de l’être et de sa persévérance. «La toxicomanie, c’est insidieux. Quand on a perdu beaucoup de plumes, on n’a pas le choix d’accepter l’aide offerte. C’est ma troisième thérapie», avoue-t-elle. 

Pourquoi trois? Parce qu’elle s’est mise à risque après les deux premières. Son travail dans la restauration l’exposait à des tentations. Aussi peut-être parce qu’elle suivait les thérapies pour les mauvaises raisons. «Il faut que ça vienne de nous. Il ne faut pas le faire pour les autres. L’amour m’a motivé à suivre cette thérapie parce que je voulais renouer avec mon copain. Mais en cours de route, j’ai aussi découvert autre chose qui venait de moi», explique-t-elle encore.

Dimanche, elle était abstinente depuis maintenant cinq mois, a-t-elle pris soin de souligner, visiblement fière. Elle projette maintenant de compléter un baccalauréat en orientation dès janvier.

Tout perdre en une semaine

Il n’a que 18 ans et Maxyme peut dire qu’il a déjà perdu son emploi, son appartement et son statut d’étudiant... la même semaine. Il parle ouvertement de ce qu’il inspirait pour ses proches. «J’étais rendu lourd pour tout le monde autour de moi. Il y a des gens qui se sont épuisés à vouloir m’aider. Ils ont fui. Ils se demandaient si le vrai Maxyme n’était pas celui que j’étais devenu», reconnaît-il.

Maxyme version 2017, le vrai souhaite-t-il, est abstinent depuis sept mois et demi. La demie compte ici parce que tous savent que les démons peuvent ressurgir. Heureusement, il y a les projets. Et ça aussi, tous en ont.

C’est le cas de Thomas qui était rendu «invivable» avant son entrée à Portage en 2016. Aujourd’hui, il a des rêves pleins la tête et la capacité de les articuler. «Je ne veux plus retourner là-dedans. Je travaille et je vais à l’école. Je veux devenir entrepreneur. Je fais des choix de vie qui ne sont plus compatibles avec qui j’étais auparavant», lance-t-il du haut de ses 17 ans.

Alexis, 19 ans, est sobre depuis maintenant 20 mois. Il a lui aussi des projets, mais son abstinence tient également de l’amour pour sa mère, à qui il a rendu hommage. «Avant que j’entre à Portage, elle vivait une dépression. Mais elle ne m’a jamais abandonnée. Aujourd’hui, elle est décédée. Avant qu’elle meure, j’ai pu renouer une relation normale avec elle. Je sais qu’elle me regarde d’en haut. C’est vraiment la femme de ma vie.»

Éducation

Des cours pour gérer les fonds publics en milieu autochtone

Pour la première fois au Québec, un programme universitaire a été créé pour apprendre à bien gérer l’argent public en milieu autochtone.

«Enfin, on va arrêter de se faire accuser qu’on gère mal, on va arrêter de nous accuser qu’on manipule les fonds publics, alors que c’est faux. Mais on va se donner de meilleurs outils pour de meilleures chances», a commenté Michèle Audette, leader autochtone de Mani Utenam, lors du lancement de la formation à Québec vendredi.

C’est l’École Nationale d’Administration publique (ENAP), le Conseil en éducation des premières nations (CEPN), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) qui ont joint leurs forces pour créer ces cours menant à une maîtrise.

Justice et faits divers

Une enseignante s'effondre en classe

L’école secondaire Camille-Lavoie d’Alma est frappée par une tragédie. Une enseignante est morte après s’être effondrée devant ses élèves, en fin d’avant-midi mercredi, en pleine salle de cours. Les jeunes et le personnel de l’établissement ont été informés du décès de l’enseignante jeudi matin.

Il s’agit de Suzie Tremblay, âgée dans la quarantaine. Elle aurait succombé à un anévrisme, une information que la direction de la commission scolaire n’a pas voulu confirmer. Au moment du triste événement, elle se trouvait avec un groupe de cinquième secondaire.

« Une enseignante, qui était en classe devant les élèves, a eu un malaise et s’est effondrée, a expliqué la directrice adjointe à la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, Christine Flaherty. Un membre du personnel passait devant la classe donc des soins d’urgence ont été portés très rapidement. Une ambulance est aussi arrivée rapidement et les élèves qui étaient dans la classe ont été amenés dans un autre local en compagnie d’intervenants et enseignants. »

Mme Flaherty a précisé que le décès de l’enseignante n’avait pas été constaté à l’école. Au moment des événements, les ambulanciers ont demandé au personnel de l’école de retenir tous les élèves dans leur classe respective, le temps de procéder à l’évacuation complète de la victime. Ils sont donc restés en classe un peu moins de 10 minutes après le son de la cloche.

À la suite de l’annonce du décès de l’enseignante, les élèves qui ont assisté à la scène ont été pris en charge par des ressources professionnelles, ainsi que tous les élèves dont elle était tutrice. Le service a également été mis à la disposition de tous les élèves et du personnel enseignant.

« C’est très difficile, l’école est en deuil, a partagé Christine Flaherty. On va continuer de soutenir tout le personnel, le temps que la douleur va se faire ressentir. C’était une personne appréciée de tous, c’est traumatisant pour tout le monde. »

Dans une communication envoyée aux parents, la direction de l’école secondaire Camille-Lavoie a offert tout le soutien nécessaire aux élèves, tout en offrant ses condoléances aux proches et à la famille de la victime.

Avant de travailler à l’école Camille-Lavoie, Suzie Tremblay a enseigné à l’école secondaire Curé-Hébert d’Hébertville.

Éducation

Nouvelle clinique éducative dans Beauport

Les parents d’enfants qui présentent un trouble de déficit de l’attention, du spectre de l’autisme, de langage ou de comportement pourront dorénavant trouver de l’aide à la nouvelle clinique Déclic.

Située dans Beauport, cette clinique d’intervention éducative a ouvert ses portes mercredi, sous la direction de Marie-Julie Paradis, femme d’affaires et maman d’un enfant autiste. 

Les familles seront accueillies sur place avec des services d’orthophonie, d’éducation spécialisée et de psychoéducation. 

Déclic offre aussi des services mobiles dans les garderies et les écoles. Chaque mois, des soirées d’information et de partage seront organisées pour les familles. 

Il s’agit d’une première succursale à Québec pour Déclic, établie depuis 11 ans à Montréal et à Laval. 

Éducation

Changer d’école pour fuir la violence

Les études démontrent que le nombre de gestes violents est en baisse dans les écoles québécoises. Sauf qu’il y en a toujours et leurs ravages sont tout aussi importants. Alors que s’achève la 5e Semaine contre l’intimidation et la violence à l’école, des parents racontent leur histoire, question de montrer qu’il reste du chemin à faire quant à la façon dont l’école traite l’intimidation.

William (nom fictif*), 8 ans, a changé d’école primaire cette année et il s’y sent beaucoup mieux. Plus en sécurité. Alors qu’il était en deuxième année, il a été roué de coups par un autre enfant de sa classe et est resté très marqué par cette épreuve. Tellement qu’une psychologue lui a diagnostiqué un choc post-traumatique au cours de l’été. William faisait constamment des cauchemars et urinait au lit.

«Ça va rester un événement marquant dans sa vie, c’est évident», soupire son parent lors d’une entrevue à sa résidence de Sainte-Foy. Déjà en février, son parent avait remarqué que quelque chose clochait. «Les notes étaient en chute libre, son comportement était difficile.» La psychologue de l’école avait été alertée. William a été évalué. Pas de difficulté d’apprentissage, pas de trouble de comportement. 

Le 29 mai, dans le corridor près de l’abreuvoir, un enfant lui donne un coup à la tête, un autre au ventre et plusieurs coups dans les parties génitales. Deux jeunes témoins sont présents et lui crient d’arrêter. L’enseignante arrive, ne voit pas de marques à la tête ou au ventre, s’informe à William s’il veut de la glace. Il décline. L’incident est clos.

Lorsque son parent arrive à l’école le soir, William a de la difficulté à marcher. Il dit qu’il a mal à son pénis. Une fois à la maison, les dégâts sont évidents. Le pénis est bleu, très enflé et William a de la difficulté à uriner. Son parent l’amène voir un médecin le lendemain, qui remplit un rapport. William est suivi pour ses blessures pendant deux semaines, mais ne gardera pas de séquelles physiques. 

«Ils ne m’ont jamais appelé. C’est ce qui est le plus difficile à comprendre», déplore son parent. Le lendemain, le parent réclame des explications à l’école. La direction n’est pas au courant et demande au parent s’il est sûr de ce qu’il dit.

Le parent insiste. Un rapport d’incident est complété deux jours plus tard et l’enfant qui a donné les coups doit écrire une lettre d’excuses. «Le jour même, il a encore frappé William. Encore une fois, je le retrouve en petits morceaux.»

Le lendemain, le parent débarque encore une fois à l’école et demande des mesures de protection, soutenant que William n’est plus en sécurité. La direction lui parle de conflits entre enfants, ce qu’il conteste. «Cet enfant-là ne peut pas avoir été battu comme ça sans avoir subi d’intimidation avant!» croit le parent. 

Plainte à la police

Durant les semaines qui suivent, les relations entre la famille et l’école se détériorent. Le parent porte plainte au Service de police de la Ville de Québec, qui juge pertinent d’envoyer une policière en observation plusieurs heures à l’école. Quelques jours plus tard, le jeune agresseur est arrêté à temps avant qu’il ne frappe de nouveau William. Le parent se sent «dépassé par les événements», mais c’est la période des examens et il juge que William doit «finir son année». 

«J’étais braqué. Je me disais : ‘‘C’est pas vrai que la victime va changer d’école.’’ Il a assez d’avoir eu ce traumatisme-là. Changer d’école, c’est un autre traumatisme pour un enfant!» Mais le lien de confiance avec la direction était brisé et le parent a demandé un transfert à la toute fin de l’année scolaire, ce qu’il a obtenu. 

Appelée à réagir, la commission scolaire des Découvreurs a défendu le travail du personnel de l’école en question. «Des altercations dans les cours d’école, bien que nous mettions tout en œuvre pour les éviter, surviendront toujours, malheureusement. Nous nous faisons un devoir à chaque fois d’intervenir et de rencontrer les élèves impliqués et les parents pour s’assurer que les événements ne se reproduiront plus et c’est ce que nous avons fait», indique le porte-parole Alain Vézina par courriel. 

Cette commission scolaire a déjà des démêlés judiciaires avec une mère d’un enfant de six ans qui avait été tabassé à l’école en 2012. Cette poursuite a été abaissée à 85 000 $, mais elle n’est toujours pas réglée. «Comment se fait-il que, dans la même commission scolaire, après cette situation-là, on ne soit pas en hyper-vigilance?» dénonce le parent de William. 

Le parent est conscient que, de la violence entre enfants, il y en aura toujours. «C’est pas ça la question. C’est plutôt la capacité des adultes à prendre les mesures adéquates pour enrayer le fléau de l’intimidation avant qu’il ne devienne un fléau.» Ces dernières semaines, William a été «brassé» par un autre enfant à sa nouvelle école. Mais une éducatrice spécialisée est tout de suite intervenue. «Je me suis dit : ‘‘Wow, ça existe!’’»

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L’histoire de Thomas

Il y a quelques semaines, un camarade de classe a violemment lancé un objet sur Thomas (nom fictif*), 10 ans. Résultat : Thomas a eu une lésion et une contusion importante à la tête. La blessure était assez grave pour consulter un médecin, raconte sa mère. L’enfant, qui fréquente une autre commission scolaire de la région de Québec, est depuis devenu plus anxieux. Sa mère raconte avoir tenté plusieurs fois de communiquer avec l’école pour savoir comment ils allaient traiter l’incident. Ses courriels et appels n’ont pas été retournés.

Après avoir insisté, elle a finalement appris qu’une rencontre entre les deux enfants et une travailleuse sociale avait eu lieu. «Le peu de considération apportée à la famille de la victime pour être tenue au courant, c’est aberrant», lance-t-elle. La maman avait l’impression que l’école «ne prenait pas au sérieux» ce qui s’était passé. «Je me suis sentie ignorée», dit celle qui croit que l’école doit se poser de sérieuses questions sur la façon dont elle communique avec les parents. 

Au cours des derniers mois, Le Soleil s’est entretenu avec une autre famille de Québec qui a vécu un épisode semblable, mais celle-ci n’a pas voulu témoigner par crainte de représailles.

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Exceptionnel et pas souhaitable

Il n’existe pas de statistiques au Québec sur le nombre d’élèves qui changent d’école parce qu’ils ont subi de la violence ou de l’intimidation. «On n’a pas de données là-dessus. C’est quelque chose qui est exceptionnel et qui n’est pas souhaitable», soutient Claire Beaumont, professeure à l’Université Laval. 

La titulaire de la chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif indique qu’une telle situation peut arriver lorsque les parents considèrent qu’ils sont à bout de ressources. «C’est une décision ultime, prise pour sécuriser leur enfant. Ça dénote une grande souffrance de la part de l’enfant et des parents, une souffrance dont il faut s’occuper», commente Mme Beaumont. 

La chercheure explique qu’il est impossible d’éradiquer complètement la violence et l’intimidation dans les écoles. Il faut seulement bien connaître la problématique, savoir la déceler et agir rapidement. 

Mme Beaumont considère que ce ne serait pas une solution acceptable non plus d’exclure de l’école l’enfant qui agresse d’autres enfants. «Les directeurs ont essayé ça par le passé et on sait aujourd’hui que ça ne fonctionne pas.» Si le climat de l’école reste inchangé, le phénomène tendra à se répéter. «Souvent, quand il y en a un qui est mis à la porte, il y a un autre leader négatif qui se dessine», explique-t-elle. 

La solution réside plutôt dans l’apprentissage d’une communication saine entre les enfants, afin que les droits de chacun soient respectés.

*L’anonymat des enfants et de leurs écoles a été préservé dans ce reportage afin d’assurer la protection de ces mineurs.

Éducation

Combattre la violence par la bienveillance

Sourire à quelqu’un qui semble triste. Respecter les goûts et les passions des autres. Être à l’écoute. Ce sont quelques gestes que les élèves de l’école secondaire De Rochebelle se sont engagés à poser en les inscrivant sur un mur de la bienveillance mardi.

Ils l’ont fait sous l’oeil de la ministre Francine Charbonneau, responsable de la lutte contre l’intimidation et du ministre de l’Éducation Sébastien Proulx, qui étaient de passage dans leur école. L’intimidation, un sujet chaud dans les écoles depuis quelques années, pourra-t-elle un jour complètement disparaître? «Je suis obligée de vous dire que d’après les études, on ne va pas l’enrayer, mais on va l’apprivoiser, on va la reconnaître et on va pouvoir après ça bien l’identifier et la combattre», soutient Mme Charbonneau.

«Je pense qu’il y a des comportements qui ne disparaîtront sûrement jamais. Ceci étant dit, l’objectif, c’est de travailler avec les jeunes pour que l’effet de masse se fasse sentir. C’est un peu comme la vaccination ça. Plus on est immunisés contre une situation, moins elle se représente dans notre environnement», croit M. Proulx. 

Éducation

Vers la fin de l'ASSÉ?

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante, qui s'est fait connaître pour ses positions plus combatives lors de la grève étudiante de 2012, est menacée d'implosion.
L'ASSÉ, auparavant représentée par le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, pourrait mettre la clé sous la porte, alors qu'une de ses associations membres compte proposer sa dissolution en congrès, ce week-end, à Montréal.

Éducation

400 CPE votent à 94 % pour la grève

Une menace de grève plane sur plus de 400 centres de la petite enfance (CPE), où quelque 11 000 travailleuses ont voté à 94 % en faveur d'un arrêt de travail de six jours dont le moment reste à déterminer.
«C'est le plus fort résultat de vote de grève dans le secteur des CPE affiliés à la CSN», a noté le président de la CSN, Jacques Létourneau, en conférence de presse jeudi à Québec.

Éducation

Résultats scolaires trafiqués: une procédure «normale», soutient le ministre Proulx

L'opposition officielle dénonce d'autres cas de résultats scolaires potentiellement trafiqués, alors que le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, n'y voit qu'une procédure «normale».
Le député péquiste Alexandre Cloutier a brandi, mercredi, en Chambre, une procédure de la Commission scolaire de la Capitale invitant les professeurs à discuter avec la direction avant d'attribuer une note entre 57 et 60 %.

Éducation

Proulx défend les services offerts en maternelle

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, estime avoir déjà répondu au besoin de ressources supplémentaires dans les classes de maternelle.
Il a réagi mardi à l'appel à l'aide des profs du préscolaire. Dans un sondage de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), ces enseignants sont presque unanimes à dire qu'il est difficile d'obtenir des services de psychologues, d'orthopédagogues ou d'autres spécialistes en classe.