Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Éducation

Services de garde: aussi du temps et de l’écoute

Plus que de l’argent, le ministre québécois de la Famille doit «investir du temps et de l’écoute dans son réseau», réclament les intervenantes en petite enfance.

Elles accueillent avec enthousiasme le rapport qui reproche au ministère de la Famille de trop mal connaître les enfants qui ne fréquentent pas les services de garde pour bien répondre à leurs besoins. Le Soleil en dévoilait le contenu en exclusivité, jeudi matin.

À LIRE AUSSI: Québec connaît très mal les 156 000 bambins qui ne fréquentent pas les services de garde

«Tout le réseau aurait pu lui dire la même chose. Mais le rapport amène de bonnes solutions», affirme la présidente de la Fédération des intervenants en petite enfance du Québec (FIPEQ), Valérie Grenon.

Mme Grenon estime que le rapport Agir pour que chaque tout-petit développe son plein potentiel «nous donne encore raison quand on disait que c’était impossible que 156 000 enfants soient nulle part», dit-elle, à propos des 156 097 bambins hors réseau, soit 35,7 % des petits Québécois âgés de 0 à 4 ans.

«Ça démontre que les fameuses places en maternelle 4 ans n’ont pas servi à combler ce besoin-là. On revient avec la maternelle 4 ans, mais c’est [le ministre] qui sortait ces chiffres-là pour répondre à son besoin de création de maternelles 4 ans. Le rapport nous réconforte, ça fait longtemps qu’on leur dit», selon Mme Grenon.

Une pénurie de main-d’œuvre sévit ici aussi. «On peut bien ouvrir le nombre de CPE [Centres de la petite enfance] qu’on voudra, s’il n’y a pas d’éducatrices qualifiées, on va encore investir dans un lieu vide. Actuellement, il y a 10 000 places disponibles en milieu familial subventionné qui ne sont pas distribuées aux parents parce qu’il n’y a pas de responsables qualifiées», explique la présidente de la FIPEQ.

«La qualité passe par de meilleures conditions de travail pour attirer des personnes qualifiées et attirer des gens à vouloir étudier dans ce domaine», ajoute-t-elle, soulignant la baisse de 30 % d’étudiantes en technique d’éducation à l’enfance.

Parmi les autres solutions, «il faut aller chercher les familles défavorisées, le rapport le démontre bien. En ce moment, on travaille en silos et on attend que les parents [des milieux défavorisés] viennent. Mais les parents ne viennent pas! Il faut aller les chercher, qu’ils comprennent ce qu’on est capables de faire pour eux. On n’est pas là pour les remplacer, on est là pour les accompagner et les soutenir dans le développement de leur enfant», conclut Mme Grenon.

La FIPEQ représente 13 000 des 32 000 intervenantes en petite enfance au Québec, ce qui en fait le plus important syndicat du milieu. Environ 10 000 de ses membres travaillent en milieu familial et 3000 en CPE.

Cela survient en période de négociations avec l’État. Les responsables des services éducatifs en milieu familial entreprendront des moyens de pression à compter du 31 janvier en ouvrant 15 minutes plus tard les vendredis.

Éducation

Québec connaît très mal les 156 000 bambins qui ne fréquentent pas les services de garde

EXCLUSIF / Plus du tiers des petits Québécois de 0 à 4 ans ne fréquentent pas un service de garde. C’est 156 000 bambins. Et après six mois de recherche, le gouvernement ne sait toujours pas où ils se trouvent, dans quel environnement ils grandissent et, surtout, quels sont leurs besoins. Quand on sait que les enfants plus vulnérables sont moins présents dans les services de garde, c’est inquiétant.

Dans un rapport commandé par le ministère de la Famille dont Le Soleil a pris connaissance et qui sera rendu public jeudi, on apprend qu’une importante lacune dans la mise en commun des données des différents ministères au sujet des enfants d’âge préscolaire empêche de bien répondre à leurs besoins.

«On ne peut pas dire au ministre de quoi ç’a l’air, ces enfants-là. Il y a beaucoup de données sur les parents et les familles, mais peu de données précises sur les enfants. Le Québec doit se doter d’une façon de suivre la trajectoire des enfants. Les ministères de la Famille, des Services sociaux, de l’Éducation ont des données, mais ça ne se parle pas», constate Jean-Pierre Hotte, coprésident du comité-conseil auteur du rapport Agir pour que chaque tout-petit développe son plein potentiel et président de l’organisme Avenir enfants.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, se rend à l’avis des experts. «Ce qui m’a sauté aux yeux, c’est la lacune qu’on a dans la mise en commun de nos données pour arriver à dresser un portrait global de qui sont les petits Québécois et petites Québécoises, à quels services ils ont accès et où on devrait agir pour rejoindre les plus vulnérables», affirme M. Lacombe, surpris de ce constat.

Le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et la Colombie-Britannique ont déjà un système de suivi global de leurs enfants d’âge préscolaire. Le rapport recommande d’aller voir sur place pour s’en inspirer.

Pas que les mieux nantis

«Un rapport comme celui-là va me servir de coffre à outils pour le mandat, vers quoi on peut aller, quelles sont les meilleures pratiques et comment rejoindre les enfants les plus vulnérables. Parce qu’il faut cesser d’aider juste les enfants qui sont dans les familles les mieux nanties», déclare le ministre.

Même sans trop de données probantes, le comité présidé par M. Hotte et Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits, a rendu un document touffu de 92 pages colorées.

On y apprend que le ministre aurait beau livrer dès la semaine prochaine ses 15 000 nouvelles places promises en centre de la petite enfance (CPE) ou en garderies privées subventionnées, le problème resterait entier.

«Vous ouvrez 10 000 nouvelles places en CPE demain matin, on peut vous prédire avec un taux de certitude assez élevé que ce sont les plus instruits et les mieux nantis qui vont accaparer les places», avance M. Hotte.

«Les tout-petits qui bénéficieraient le plus des bénéfices associés à la fréquentation des services de garde, les enfants qui vivent en milieu défavorisé, les enfants de familles immigrantes, les enfants victimes de maltraitance, ceux pour qui ç’aurait le plus gros effet protecteur, souvent, c’est ceux qui sont moins dans les services», atteste Mme Dagenais.

«Parce qu’on constate que les barrières d’accès sont en majorité institutionnelles et non pas individuelles. Ce qui signifie qu’on peut agir dessus. Il y a la barrière de langue, juste de comprendre comment je fais pour obtenir une place en CPE, la barrière géographique, les horaires adaptés...» énumère la directrice de l’Observatoire des tout-petits.

Vulnérabilité en hausse

Ce sont 35,7 % des enfants de 0 à 4 ans qui ne fréquentent pas les services de garde éducatifs à l’enfance. Si on enlève les bébés de moins d’un an, on se retrouve avec près de 100 000 gamins en âge d’aller à la garderie et qui n’y vont pas.

Le ministère vise à réduire cette proportion d’enfants hors réseau de 2 % chaque année du mandat de la Coalition avenir Québec, donc atteindre 29 % en 2022-2023.

Surtout que le nombre d’enfants à la maternelle considérés comme vulnérables dans au moins un des cinq domaines de développement a grimpé de 25 %, en 2012, à 27,7 %, selon l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle de 2017.

De là toute l’importance de leur offrir un service de garde de qualité le plus tôt possible, argue le ministre.

Pistes de solutions

Aller vers les familles et les accompagner vers les services, là se trouverait la clé. «Ça prend des intervenants terrain où sont déjà les familles, dans des lieux naturels comme les centres communautaires ou même aller à la maison. Car parfois, remplir le formulaire s’avère déjà une montagne», illustre Mme Dagenais.

Le rapport recommande entre autres la déclaration obligatoire de grossesse partout dans la province et non seulement dans certaines régions, comme c’est le cas en ce moment. Une recommandation partagée avec la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse présidée par Régine Laurent.

«Faut pas juste offrir un service et attendre que les gens viennent, mais offrir un service et aller chercher les familles les plus vulnérables pour les amener vers le service», résume le ministre Lacombe.

«On a beau avoir le meilleur plan, si on n’est pas présent sur le terrain pour établir un lien de confiance avec les familles les plus vulnérables, on n’y arrivera pas. Le rapport nous donne de bonnes pistes de solutions pour ça.»

Éducation

Un potager pour motiver les élèves à l'école Jean-de-Brébeuf [VIDÉO]

Thierry, Alicia et Tumaini avaient un peu plus de motivation pour aller à l’école cette année : ils avaient des plantes à faire pousser, des comptes à calculer ou encore un logo à imaginer.

La classe transitoire de l’école secondaire Jean-de-Brébeuf rassemble les doubleurs de troisième secondaire. «On essaie de créer des projets pour qu’ils découvrent ou redécouvrent le plaisir de venir à l’école», explique leur enseignante, Anabelle Sirois. 

En début d’année, les 18 élèves de 16-17 ans du groupe ont imaginé un projet entrepreneurial qui leur permettrait de faire la promotion des saines habitudes alimentaires. L’idée de créer un potager hydroponique dans leur cafétéria leur est venue.

«Les élèves n’étaient pas certains au début, quand ils ont vu les petites pousses, c’est devenu plus concret et ils ont pris plaisir à entretenir le potager», raconte Mme Sirois.

Les élèves s’occupent de l’entretien des plantations, mais aussi de la vente de la récolte, de la vidéo promotionnelle et du marketing de leur projet. 

Thierry Maheu s’est d’ailleurs découvert une petite passion pour les plantes et le jardinage, c’est un peu l’expert du groupe. Il saura expliquer ce qu’hydroponique veut dire... Quant à Tumaini Mlebinge, il était moins enjoué à l’idée de jouer dans la terre, il a plutôt aidé au tournage de la vidéo promotionnelle du projet.

Pour Alicia Bérubé, qui s’occupe entre autres de la récolte et de la distribution, ses notes ont augmenté depuis septembre. «Ma motivation à l’école est vraiment devenue plus haute. Je me lève le matin et je veux venir à l’école, je sais que je vais faire autre chose de ma journée que juste des maths ou du français», indique-t-elle.

Du concret

La classe transitoire s’occupe aussi d’une coop de smoothie, mise sur pied il y a cinq ans. Elle fonctionne très bien et motive déjà les élèves. Le potager urbain est venu s’ajouter cette année.

«C’est l’objectif principal de les garder à l’école, développer un sentiment d’appartenance. L’idée est de faire autre chose que des matières scolaires. On parvient à développer un lien significatif avec l’élève grâce à la coop ou au potager», explique le conseiller en entrepreneuriat jeunesse, Hugo Fleury. 

Il a travaillé avec l’enseignante afin d’aider les élèves à mettre sur pied un projet complet. M. Fleury se déplace dans plusieurs écoles et estime que le potager hydroponique est l’un des projets les plus concrets qu’il a vus naître cette année.

«Ils développent des passions, ils sont démotivés au début de l’année, et là ils sont contents de travailler sur un projet concret, on voit le résultat physique», ajoute-t-il. 

Peut-être verra-t-on bientôt un comptoir à salades dans la cafétéria de l’école? La première récolte a permis d’amasser 112 laitues de trois variétés différentes, le tiers a été distribué aux élèves de l’école pour dégustation. Les portions de salades se sont envolées rapidement, tous voulaient goûter à ce qu’ils voyaient pousser tous les jours. Prochaine étape, les fines herbes... pour faire du pesto maison!

Éducation

Québec cherche à attirer plus d’enseignants, de l’étranger et d’ailleurs au pays

QUÉBEC — Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur met à jour mercredi sur son site web une initiative visant à attirer des travailleurs dans le domaine de l’enseignement, en invitant notamment les étrangers et les autres Canadiens à venir au Québec pour enseigner.

L’initiative est intitulée «1,216,791 bonnes raisons d’enseigner», le chiffre faisant référence au nombre d’élèves au Québec.

Le ministère signale d’ailleurs aux étrangers qu’ils soient enseignants ou non dans leur pays qu’il leur est possible de devenir enseignant au Québec. Il rappelle que plusieurs formations sont reconnues à l’international pour enseigner au Québec et que plusieurs parcours professionnels et scolaires mènent au métier d’enseignant, d’autant plus que les perspectives d’emploi dans le domaine sont excellentes en ce moment au Québec.

Le ministère s’adresse aussi aux résidents des autres provinces du Canada en leur rappelant qu’il leur est facile de devenir enseignant au Québec s’ils détiennent une autorisation d’enseigner délivrée par leur province. Grâce à l’Accord de libre-échange canadien, ils peuvent obtenir une autorisation d’enseigner au Québec.

Le ministère signale qu’il est possible pour les intéressés qui veulent réorienter leurs études ou leur carrière d’obtenir une autorisation provisoire d’enseigner.

Quant aux gens qui ont terminé leur formation universitaire dans une matière enseignée dans les écoles primaires et secondaires au Québec, ils peuvent devenir enseignants en complétant une maîtrise qualifiante.

Les diplômés en études professionnelles sont aussi invités à réorienter leur carrière vers l’enseignement en formation professionnelle.

Éducation

L’école Jeunes-du-Monde s’enfonce

Le pavillon Champfleury de l’école primaire Jeunes-du-Monde du quartier Maizerets à Québec s’enfonce. Il faudra deux étés à des ouvriers spécialisés pour stabiliser le bâtiment où s’instruisent des élèves du préscolaire 4 et 5 ans ainsi que de la première et deuxième année.

Allons-y tout de suite avec la question que les parents des nombreux petits vont se poser : y a-t-il un risque? «L’état actuel de la bâtisse ne présente aucun danger pour les élèves et les membres du personnel», assure au Soleil la nouvelle conseillère en communication de la commission scolaire de la capitale, Véronique Gingras.

N’empêche, le sol est instable. «L’école date des années 1950, et avec les années, des signes de tassements différentiels ont été constatés. […] Les travaux visent à stabiliser la fondation dans le but d’assurer la pérennité du bâtiment.»

«Les travaux de stabilisation et de renforcement de la fondation […] s’effectueront par la pose de pieux d’acier, qui rendront le sol plus résistant au poids de la bâtisse, ce qui arrêtera le phénomène de tassements différentiels», précise-t-elle par courriel.

Activité pendant deux ans

Le voisinage remarquera donc de l’activité en continu pour au moins deux ans, même durant la pause suivant la fin des classes de juin. «Les travaux […] seront effectués pendant les périodes estivales 2020 et 2021.»

«Il est prévu qu’à l’été 2020, ces travaux soient effectués sur une première partie du bâtiment. Puis, à l’été 2021, ils seront faits sur la fondation de la deuxième partie du bâtiment.» La finition intérieure et extérieure sera aussi réparée là où le mouvement a causé des bris, dont des fissures dans les murs et dans les planchers.

Le chantier sera d’une certaine envergure. La Commission scolaire de la capitale ne dévoile toutefois pas le coût prévu. «Le montant n’est pas encore connu puisque nous sommes en processus d’appel d’offres pour ce projet. De plus, nous ne divulguerons pas d’estimation pour ne pas influencer les soumissionnaires.»

L’école primaire Jeunes-du-Monde accueille environ 490 élèves dans ses deux pavillons situés entre les avenues Champfleury et Bardy ainsi qu’entre la 25e Rue et la rue Georgette-Lavallée.  

Éducation

Les prêts aux étudiants fédéraux sous la loupe du vérificateur général

OTTAWA — Le programme fédéral des prêts aux étudiants est sous la loupe du vérificateur général qui cherche notamment à savoir s'il aide les étudiants à prendre des décisions financières mieux éclairées, selon de nouveaux documents.

La vérification, prévue d'ici avril, examinera l'efficacité avec laquelle deux agences fédérales participant au programme — Emploi et Développement social Canada (EDSC) et l'Agence du revenu du Canada — ont géré les «risques pour le Trésor public» en distribuant de l'argent aux étudiants.

Un autre élément de la vérification portera sur les «activités de recouvrement des prêts étudiants» des ministères, et une troisième piste d'enquête évaluera dans quelle mesure l'Agence de la consommation en matière financière du Canada a travaillé pour améliorer la littératie financière des étudiants.

Bien que le rapport du vérificateur général ne soit pas publié avant des semaines, les détails de haut niveau de la vérification figurent dans une note d'information obtenue par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Le document préparé pour le plus haut fonctionnaire d'Emploi et Développement social Canada note que les travaux de vérification sont en cours depuis mai 2019.

Le bureau du vérificateur général ne commente généralement pas les examens avant qu'ils ne soient rendus publics et a refusé d'en discuter, le qualifiant de «prématuré» de le faire.

De même, EDSC a déclaré dans un communiqué qu'il n'était pas «libre de divulguer des informations relatives à une vérification en cours», tandis que l'Agence de la consommation en matière financière du Canada a énuméré ses efforts, y compris les ressources offertes aux enseignants et aux bureaux d'aide financière, lorsqu'on lui a demandé toutes les données sur la performance de l'agence.

Les prêts étudiants fédéraux en cours totalisent environ 17 milliards $, et le gouvernement fédéral abandonne régulièrement le remboursement de certains d'entre eux parce que le débiteur a fait une faillite personnelle ou est disparu.

L'enseignement de la littératie financière doit avoir lieu bien avant l'arrivée des étudiants dans les collèges et universités, mais ce n'est pas la seule solution pour aider les personnes endettées, soutient Trina James, trésorière nationale de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants.

Mme James espère que le prochain budget fédéral permettra de réduire directement les coûts de l'éducation.

«Lorsque nous cherchons à savoir pourquoi de nombreux étudiants sont en défaut de paiement, ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas en mesure de gérer leur argent, c'est principalement parce qu'une grande partie des coûts associés à l'accès aux études postsecondaires continuent d'augmenter», soutient-elle.

Les bourses et prêts d'études canadiens ne sont pas offerts aux étudiants québécois puisque le Québec a son propre programme d'aide.

Éducation

Réforme des sciences pures au cégep: des profs dénoncent un sévère recul de la biologie

Craignant de voir le peu de place accordé à leur discipline être réduit encore plus, des professeurs de biologie au cégep dénoncent les conclusions d’un comité d’experts dans une lettre ouverte. «Nous croyons qu’en ce début de 21e siècle, le Québec ne peut pas prétendre former adéquatement sa jeunesse dans les différents domaines scientifiques en marginalisant ainsi certaines disciplines», écrivent-ils.

Ce comité d’experts ne recommande pas de couper dans les cours de bio obligatoires, qui représenteraient 14 % des heures de cours (contre 11 % en ce moment), mais il éliminerait une grande partie des «cours au choix», avec lesquels les étudiants qui se destinent à une formation universitaire en biologie ou dans les sciences de la santé peuvent adapter la formation à leurs besoins. Le résultat final serait qu’une bonne partie de l’offre de cours en biologie disparaîtrait.

Or «une majorité d’étudiants inscrits en Sciences de la nature se dirigent vers les Sciences de la santé et de la vie [après le cégep]», souligne la lettre ouverte.

«Aurions-nous accepté, collectivement, que des étudiants se dirigeant vers [des disciplines comme le génie ou l’informatique] soient obligés de suivre 60 % de leurs heures de cours de sciences en chimie et en biologie et seulement 30 % de leurs heures de sciences en physique et mathématiques?», poursuit le texte.

«Alors on ne fait pas cette sortie-là contre nos collègues des autres départements, parce que toutes les disciplines sont importantes, mais là on se questionne sur la qualité de la formation qu’on va pouvoir offrir à ces étudiants-là», a expliqué au Soleil Frédéric Demers, un des cosignataires et professeur de biologie au Cégep de Sainte-Foy. La lettre ouverte est signée par 25 profs de biologie, tous du Cégep de Sainte-Foy — mais ils tiennent à spécifier qu’ils l’ont fait à titre personnel et sans engager ni leur département, ni leur cégep. S’ils proviennent tous du même cégep, «c’est qu’on arrive vraiment à la fin du processus de révision du programme, alors il a fallu faire vite», explique une autre signataire, Jacinthe Fréchette.

M. Demers et Mme Fréchette reconnaissent qu’il y a une certaine hétérogénéité dans la formation collégiale en science, dont plusieurs universités se sont plaint par le passé — d’où l’idée de couper dans les cours au choix —, mais ils estiment que la biologie n’a pas être sacrifiée de la sorte.

Éducation

L’Ancienne-Lorette: une petite école Montessori doit fermer ses portes

Après 25 ans, la petite École Montessori de L’Ancienne-Lorette fermera ses portes en juin, le nouveau propriétaire du bâtiment n’ayant pas renouvelé le bail de l’établissement offrant un enseignement de prématernelle et de maternelle.

Mère d’une fillette inscrite, Valérie Leclerc est déçue, mais résignée. «La nouvelle nous a été apprise [mardi] par la directrice de l’école. On trouve ça triste après 25 ans.»

Mme Leclerc espérait une prolongation du bail, un sursis pour dénicher une alternative. Ce ne serait toutefois pas envisageable étant donné les démarches administratives inhérentes au déménagement et à l’aménagement d’un nouveau local, évalue-t-elle.

Sa fille s’inscrira donc ailleurs, probablement dans le réseau scolaire public. Tout comme son deuxième enfant, encore tout petit.

La propriétaire de l’établissement privé, Isabelle Bernard, a choisi d’alerter les parents dès le début de l’année pour qu’ils disposent de plusieurs mois de réflexion. «Je les ai avertis tôt, ça va laisser le temps aux gens de se revirer de bord.»

Mme Bernard ne veut pas jeter la pierre aux propriétaires de la bâtisse de l’intersection du boulevard Chauveau Ouest et d’Henri-IV. «Ils sont dans leurs droits», note-t-elle. «Et ils me l’ont dit 9 mois à l’avance.»

Mais après tant d’années à gérer la petite entreprise, les réserves pécuniaires et d’énergie n’étaient pas suffisamment garnies pour qu’Isabelle Bernard poursuive l’aventure sous d’autres cieux. 

«C’est un deuil, c’est certain. Ça a été 25 belles années. C’est un peu plus que la moitié de ma vie. Mais il y a des limites aussi, il faut qu’on gagne notre vie.»

C’est donc la fin de l’aventure Montessori dans ce secteur de la capitale. 

Éducation

La CSQ mène une opération t-shirts sur les statues de l’Assemblée nationale [PHOTOS]

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a mené des actions de mobilisation «originales» pour souligner la première rencontre des négociations sectorielles entre les représentants du gouvernement et ceux du réseau scolaire près de l’Assemblée nationale à Québec, dès le petit matin jeudi.

Près d’une centaine de membres de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), de l’Association provinciale des enseignants du Québec (APEQ-QPAT), de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) et de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ) se sont faits visibles en habillant notamment de nombreuses statues du site de l’Assemblée nationale de t-shirts à la mode syndicale et en s’affrontant lors d’un match de hockey-bottines amical.

+ 

Éducation

La pénurie d’enseignants, le plus grand défi de 2020, selon le ministre Roberge

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, affirme que la pénurie de main-d’oeuvre qui sévit dans les écoles du Québec sera son plus grand défi en 2020.

Par contre, il ne voit pas de solution à court terme et prévoit même que cela prendra «quelques années» avant de «passer à travers», en d’autres mots, doter les écoles de tout le personnel dont elles ont besoin.

En mêlée de presse à l’Assemblée nationale mardi, il a déclaré sans hésiter que la pénurie d’enseignants et de personnel dans les écoles sera cette année son principal défi. «C’est quelque chose sur lequel on travaille en continu.»

Il n’a pas chiffré la pénurie, mais en septembre dernier, son ministère avait calculé qu’il manquait au moins 360 enseignants pour combler les besoins dans les écoles du Québec.

De ce nombre, 84 % des postes vacants se trouvaient dans la métropole et dans la partie nord de la couronne de Montréal.

La situation s’est quelque peu améliorée; il reste à pourvoir 197 postes d’enseignant à temps plein — dont 95 dans la région de Montréal, selon Bryan St-Louis, responsable des relations de presse au ministère.

Il n’empêche que le ministre continue de s’attarder aux «moyens» plutôt qu’à la «finalité», soit la persévérance et la réussite éducative, a aussitôt déploré Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).

«Si on veut cibler la finalité, c’est comment travailler tout le monde ensemble, pas dans un débat de structures stérile, mais [...] pour que l’élève apprenne plus, l’élève reste à l’école et qu’au bout de la ligne, on ait l’école la plus équitable et la plus accessible possible.

«Pour moi, ça demeurera toujours le plus grand défi», a-t-il ajouté.

Amendements attendus

Alain Fortier en a particulièrement contre le projet de loi 40, qui vise à abolir les élections scolaires et transformer les commissions scolaires en centres de service, et dont l’étude détaillée reprenait mardi.

Le ministre Roberge a fait savoir à son arrivée au parlement, où il a été accueilli par des manifestants de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qu’il déposera bientôt des amendements concernant notamment le processus de révision de notes des élèves.

Le projet de loi 40 prévoit qu’un directeur d’école puisse majorer la note d’un élève. Cet article sera selon toute vraisemblance modifié afin de permettre à un enseignant, possiblement d’une autre école, de trancher en cas de litige.

Il ne sera plus question dans le projet de loi de «majorer» une note, mais bien de la «réviser» à la hausse ou à la baisse, a ajouté le ministre.

Selon l’opposition libérale, le gouvernement ne fait que continuer d’attaquer l’autonomie professionnelle de l’enseignant. «Je trouverais ça très mal venu qu’un enseignant d’une autre direction d’école donne une note à un élève qu’il n’a jamais vu», a réagi la porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy.

«Ça me fait beaucoup penser aux maternelles 4 ans, il y a eu beaucoup d’empressement, a-t-elle renchéri. Lorsqu’on touche au réseau de l’éducation, il faut d’abord faire le travail en amont. Encore une fois, il fait le travail par la suite.»

Journées sans élèves: «J’ai appris ça ce matin»

Marwah Rizqy s’étonne également que le ministre admette ignorer tout des «journées sans élèves». Ces journées sans enseignement, qui ne sont pas des journées pédagogiques, permettent la concertation entre enseignants, révélait La Presse mardi.

Les écoles qui font des «journées sans élèves» ajoutent du temps d’enseignement à la fin de certaines journées pour qu’au final, leurs élèves aient eu l’équivalent en temps de 180 jours.

Dans certains cas, les parents qui ne peuvent garder leur enfant à la maison doivent payer pour les envoyer au service de garde. «J’ai appris ça ce matin, a admis M. Roberge. Je ne veux pas prendre position à ce moment-ci.»

«C’est inacceptable que des parents doivent payer des frais supplémentaires quand une décision comme celle-là est prise. Pour moi, il y a une ligne qui est franchie», a pour sa part déclaré Christine Labrie de Québec solidaire.

Éducation

Révision du cours d’Éthique et culture religieuse lancée par le gouvernement

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, lance une consultation pour la révision en profondeur du programme d’études Éthique et culture religieuse implanté dans les écoles du Québec il y a un peu plus de dix ans.

Le ministre dit avoir observé que le cours d’Éthique et culture religieuse a fait l’objet de nombreuses critiques d’experts et dans le milieu scolaire, ce qui rend nécessaire une actualisation des contenus du programme, à son avis.

La participation citoyenne et la démocratie, l’éducation juridique, l’écocitoyenneté, l’éducation à la sexualité, le développement de soi et des relations interpersonnelles, l’éthique, la citoyenneté numérique et la culture des sociétés sont les thèmes qui seront soumis aux consultations.

La consultation citoyenne en ligne débute ce vendredi, jusqu’au 21 février à l’adresse www.education.gouv.qc.ca/consultationsecr : http://www.education.gouv.qc.ca/consultationsecr. Trois forums se tiendront les 7, 14 et 21 février, respectivement à Trois-Rivières, Québec et Montréal, auxquels seront invités différents partenaires du milieu de l’éducation, qui pourront y exprimer leurs opinions et échanger avec différents experts.

Un rapport faisant la synthèse de ces consultations sera soumis au ministre Roberge au printemps prochain. Ce rapport servira de base pour l’ébauche d’un projet de programme, qui sera par la suite soumis à une validation auprès de divers comités et des partenaires du réseau de l’éducation.

Le nouveau cours qui en découlera devrait être donné dans les écoles québécoises lors de la rentrée scolaire 2022-2023 après avoir été mis à l’essai dans certaines écoles lors de l’année scolaire précédente.

Éducation

Fausse alarme d’incendie: faut-il évacuer les écoliers?

Une école primaire de Québec. L’alarme incendie est déclenchée, les cloches sonnent. Certaines employées du service de garde et des enseignantes sortent prestement avec des enfants… d’autres non; celles-là restent au chaud avec la marmaille parce qu’on leur aurait dit qu’un jeune turbulent serait coupable d’avoir créé le brouhaha. Question posée par une citoyenne : le personnel des écoles n’a-t-il pas l’obligation d’évacuer avec tous les petits, dès qu’une alarme retentit, en attendant les pompiers?

La lectrice du Soleil ne voulait pas être nommée. Elle voulait cependant partager son questionnement. Surtout son inquiétude à la suite du récent événement. Elle se demande si, pour assurer la sécurité des enfants et leur apprendre la bonne réaction à avoir, il faut évacuer rapidement tout le monde. Peu importe la raison qui pousse la sirène à agresser les tympans des écoliers.

Pour y répondre, commençons par l’explication de l’établissement d’enseignement. La position du Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec (SPCIQ) suivra.

Enfant turbulent

Ce jour-là de décembre, la sirène a crié à l’école Beausoleil de l’avenue Royale, dans le secteur Beauport. «On est dans les dernières journées avant Noël. Donc, dans les écoles, il y a beaucoup de mouvement et d’effervescence!» fait remarquer Martine Chouinard, secrétaire générale de la commission scolaire des Premières-Seigneuries. Un jeune «désorganisé» en a profité pour réaliser un fantasme : tirer sur la languette rouge qui alerte les pompiers!

«C’est sûr que, dans nos façons de faire dans les écoles, quand il y a une alarme de feu qui sonne, oui les élèves évacuent», convient Mme Chouinard. Généralement, tout l’établissement a le temps de sortir avant que la source de l’alarme soit identifiée. 

Mais, cette fois-là, certains ont préféré rester au chaud. Pourquoi?

«Rapidement, la situation a été identifiée puisqu’on a un membre du personnel qui a vu l’élève tirer l’alarme de feu», affirme Martine Chouinard. L’info aurait été relayée, ce qui aurait réduit la motivation du personnel à habiller les troupes pour une balade extérieure. «Le temps que l’enseignant donne l’information à la direction et que la direction commence à annoncer au télévox que c’était une fausse alarme… c’est pour ça que ce ne sont pas tous les enfants qui ont évacué.»

Hors de tout doute

«Nous, dès que l’alarme sonne, on recommande de sortir les gens», énonce cependant clairement Alexandre Lajoie, officier médias et prévention au SPCIQ. Il faut alors attendre les pompiers, attendre que ceux-ci inspectent le bâtiment et autorisent la réintégration.

M. Lajoie souligne qu’un individu qui annule une alarme incendie doit être certain, à 100 %, de son coup. Il devient alors responsable légalement si un malheur se produit. 

Cela étant dit, il est fréquent que des fausses alarmes se produisent, indique le pompier. Des travaux, un enfant, une erreur… les causes sont nombreuses. «Les gens nous “annulent” pendant qu’on est en route.»

Donc, en cas de doute, il faut laisser le champ libre aux pompiers. Par contre, s’il y a une certitude qu’un enfant tannant a déclenché une alarme incendie, il est bien d’avertir les pompiers. «C’est bon à deux niveaux : premièrement on empêche les pompiers de se déplacer en situation d’urgence et risquer de causer un accident […] et, deuxièmement, on évite aux enfants d’aller à l’extérieur par temps froid.»

Éducation

Plomb dans l’eau: des affiches au-dessus des abreuvoirs des écoles

Des affiches traitant du plomb dans l’eau ont commencé à faire leur apparition au-dessus des lavabos et fontaines des écoles : ici, il n’est pas permis de boire l’eau, seulement de se laver les mains; là, il est recommandé aux enfants de laisser couler une minute avant consommation. Cela, en attendant que chaque source scolaire soit analysée, d’ici l’été ou l’automne, afin de déterminer lesquelles sont contaminées.

À la commission scolaire des Premières-Seigneuries, dans la région de Québec, un nouvel employé a été recruté. Sa tâche : identifier tous les points d’eau des 48 établissements où besognent quelque 6000 employés et où se musclent le cerveau d'environ 29 500 élèves. Il doit ensuite poser un avertissement devant chacun des éviers et des abreuvoirs, nous explique la secrétaire générale, Martine Chouinard. «On a fait l’affichage comme le ministère le demande.»

Une «procédure» pour déceler le plomb a récemment été transmise par le ministère de l’Éducation. Le document indique que tous les établissements scolaires du Québec devront avoir analysé l’eau potable au cours de la nouvelle année. «Pour les écoles primaires, les tests devront être complétés et les correctifs à apporter devront être identifiés et amorcés pour le 23 juin 2020», est-il prescrit. «Pour les autres établissements, les tests devront être complétés et les correctifs à apporter devront être identifiés pour le 1er novembre 2020.»

La même procédure ministérielle ordonne des actions immédiates «en attendant les résultats de la campagne de dépistage du plomb dans l’eau». Dont l’affichage.

La commission scolaire des Premières-Seigneuries est avancée. «On en a à peu près 95 % de fait dans les établissements [primaires]. Ça devrait être complété à la mi-janvier [incluant le secondaire].»

La conseillère en communication, Vanessa Déziel, ajoute des détails. Devant les lavabos des vestiaires sportifs et des salles de toilettes, il est inscrit de ne pas s’abreuver, point. «Ce n’est pas écrit que l’eau n’est pas potable. C’est juste que l’eau est seulement là pour se laver les mains.»

Actualités

Retour d'un tarif unique en milieu de garde subventionné: «une véritable injustice»

Le retour d’un tarif unique dans les milieux de garde subventionnés ne fait pas que des heureux. Des parents incapables d’y dénicher une place et n’ayant eu d’autre choix que d’envoyer leur progéniture au privé déplorent l’iniquité fiscale entraînée par la mesure; les propriétaires des établissements non subventionnés dénoncent pour leur part cette « concurrence déloyale ».

Jusqu’à tout récemment, Théa Lamoureux-Allard ne voyait pas de problème à envoyer son fils dans une garderie privée. « En fait, je me considérais privilégiée de pouvoir le faire et de payer le même prix [que dans un CPE], raconte-t-elle en entrevue. Maintenant, je trouverais ça injuste d’apprendre qu’un voisin qui gagne plus cher que moi paie beaucoup moins pour le même service juste parce qu’il a réussi à avoir une place au public et pas moi. »

Actualités

Enfant mordu par un chien: le service de garde demeure ouvert

Le service de garde en milieu familial où un bambin a été mordu par un chien, à Orford, continue à accueillir des enfants malgré la perte de son accréditation. Le ministre de la Famille du Québec, Mathieu Lacombe, assure que la situation est prise au sérieux et promet de veiller à ce que les enfants qui fréquentent toujours l’endroit soient en sécurité.

Selon les informations obtenues, la propriétaire du service de garde concerné, Jane Howell, a simplement décidé de modifier le statut de sa garderie après que le bureau coordonnateur du CPE L’Enfant-Do lui eut retiré sa reconnaissance. Sa garderie est alors devenue une organisation privée et non subventionnée.

À LIRE AUSSI: Enfant mordu par un chien: le service de garde perd son accréditation

Morsure de chien dans une garderie: Dominique Alain «troublée» par l’incident

Éducation

Les enseignants du Québec encore les moins bien payés au Canada

Les enseignants du primaire et du secondaire au Québec sont encore bons derniers au pays en matière de rémunération, selon Statistique Canada.

Les plus récentes données disponibles, soit celles de l’année scolaire 2017-2018, laissent ainsi voir que les enseignants du Québec sont 11e sur 11 provinces et territoires comparés. Et ce retard se confirme en début de carrière, après 10 années d’ancienneté et après 15 années d’ancienneté.

Par exemple, pour l’année scolaire 2017-2018, le salaire en début de carrière au Québec atteignait 44 368 $, comparativement à 52 814 $ en Ontario et 51 798 $ au Nouveau-Brunswick.

Les enseignants du Québec étaient alors les moins bien payés au pays, suivis de leurs homologues de la Colombie-Britannique (49 200 $), du Nouveau-Brunswick (51 798 $), puis de la Nouvelle-Écosse (52 228 $).

Après 15 ans d’exercice, le salaire au Québec atteignait 79 466 $, 79 872 $ au Nouveau-Brunswick, 97 474 $ en Ontario et 82 600 $ en Colombie-Britannique.

Syndicats peu surpris

En entrevue avec La Presse canadienne mercredi, Luc Gravel, vice-président aux relations de travail à la Fédération des syndicats de l’enseignement de la CSQ (Centrale des syndicats du Québec), s’est dit peu surpris de ces écarts, puisque son organisation s’en plaint depuis des années.

«Nous sommes les moins bien payés à l’entrée et une fois que nous avons atteint le sommet de notre échelle. Et ça nous prend cinq ans de plus pour atteindre ce maximum-là que nos collègues ailleurs au pays», a déploré M. Gravel.

Le gouvernement Legault a déjà fait part de sa volonté de supprimer les premiers échelons de l’échelle de salaire des enseignants - ce qui serait «un pas dans la bonne direction», croit M. Gravel, mais qui serait «nettement insuffisant».

Il fait valoir que 25 pour cent des enseignants nouvellement arrivés dans la profession quittent dans les cinq premières années. Mais, «de plus en plus aussi, ce sont des gens d’expérience qui quittent de façon hâtive à la retraite».

Statistique Canada souligne toutefois, dans son analyse, que les salaires sont présentés «sans ajustement pour les différences dans le coût de la vie entre les provinces». Il est en effet connu que le coût de la vie est moins élevé au Québec que dans certaines provinces.

Interrogé à ce sujet, M. Gravel en convient. Il fait valoir que les demandes salariales adressées au gouvernement tiennent compte de ce coût de la vie moins élevé au Québec.

D’autres facteurs peuvent aussi expliquer ces écarts, comme la durée de la semaine de travail qui peut différer selon la province ou le nombre de journées pédagogiques. Mais M. Gravel ne croit pas que cela puisse justifier de tels écarts de salaire.

«Le salaire, c’est un élément qui pourrait permettre de valoriser la profession et d’attirer davantage de candidats, mais ça ne sera pas suffisant. Même s’il y avait un sérieux correctif de fait, on pense qu’il va y avoir des investissements majeurs à faire aussi au niveau des conditions d’exercice», a opiné M. Gravel. Il rappelle qu’en classe régulière, bon nombre d’élèves qui éprouvent des difficultés ont un «plan d’intervention» et doivent donc bénéficier de mesures particulières - ce qui alourdit la tâche des enseignants.

La FSE représente 65 000 enseignants dans les commissions scolaires francophones du Québec.

Actualités

Recherche d’une place en service de garde: un casse-tête pour certains parents

Trouver une place en garderie, peu importe le milieu, cause des maux de tête à bien des parents. Plusieurs établissements souhaiteraient pour leur part accueillir plus de bambins, mais attendent depuis des mois le feu vert de Québec pour ajouter de nouvelles places.

Ce n’est que le 27 novembre que Mélissa Robidoux Paré a trouvé une place en garderie pour Noah, né en mars dernier. Elle l’a dénichée le matin même, en naviguant sur Internet. « J’ai écrit un e-mail à la responsable, on s’est parlé le midi pour que j’aille visiter la garderie et je signais le contrat le soir même ! , lance-t-elle. Je voulais être sûre de ne pas manquer ma place ! »

Éducation

Étude de l’OCDE: les élèves du Canada se classent bien, surtout en lecture

TORONTO - Une étude internationale triennale classe les élèves du Canada parmi les meilleurs au monde en lecture.

L’étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dévoilée mardi par le Conseil des ministres de l’Éducation (Canada) précise que parmi les 79 économies et pays ayant participé à l’évaluation, seuls les élèves des provinces de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, en Chine, de Macao, également en Chine, et de Singapour ont obtenu un meilleur rendement en lecture que ceux du Canada.

Une proportion de 86 pour cent des élèves du Canada a obtenu un rendement égal ou supérieur au niveau 2 en lecture, le niveau de base à atteindre pour pouvoir avoir accès à des possibilités d’apprentissage plus poussées et pour s’intégrer pleinement dans la société. La moyenne de l’OCDE est de 77 pour cent.

Au Canada, dans le domaine de la lecture, 90 pour cent des filles ont atteint le niveau 2 ou un niveau supérieur, comparativement à 82 pour cent des garçons. Ce type de disparité existe dans la plupart des économies et pays ainsi que dans toutes les provinces du Canada.

Les élèves du Canada ont également obtenu un fort rendement en sciences et en mathématiques. En effet, seulement deux économies et trois pays ont surpassé le Canada en sciences; seulement trois économies et six pays ont obtenu un meilleur rendement en mathématiques.

L’Alberta a obtenu un rendement particulièrement bon en lecture et s’est classée parmi les économies et pays les plus performants à l’évaluation. Les résultats de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Québec, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador étaient tous comparables au rendement globalement fort du Canada.

L’étude précise qu’au Québec, aucune différence significative n’a été constatée dans le rendement en lecture entre les systèmes scolaires francophone et anglophone. D’autre part, au sein du Canada, les élèves du Québec ont obtenu les meilleurs résultats en mathématiques alors que ceux de l’Alberta ont le mieux performé en sciences.

L’étude a été réalisée par le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) qui mesure les connaissances et les habiletés des élèves de 15 ans vers la fin de leur scolarité obligatoire. Au Canada, plus de 22 000 élèves provenant d’un peu plus de 800 écoles dans les 10 provinces y ont pris part.

Éducation

La CSN signale un manque de main-d’œuvre dans les services de garde éducatifs

Au tour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) de signaler un manque de main-d’œuvre dans les services de garde éducatifs.

En conférence de presse dimanche matin, des représentantes de la Confédération des syndicats nationaux ont signalé que ce secteur connaît des problèmes tant sur le plan de la relève que de la rétention des travailleuses, qui songeraient souvent à partir.

Selon un sondage interne réalisé par la centrale syndicale auquel plus de 2700 de ses membres ont répondu, près d’une travailleuse sur quatre dans les centres de la petite enfance et dans les milieux familiaux régis et subventionnés souhaite partir à la retraite ou carrément quitter le métier d’ici deux ans.

Véronique De Sève, vice-présidente à la CSN, estime que le secteur «tend vers une pénurie». Elle pointe notamment du doigt la surcharge de travail.

«Même si on y croit et même si on les aime les enfants, les conditions de travail ne sont pas nécessairement gagnantes», a-t-elle fait valoir en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

«Choix politiques»

Mme De Sève dénonce également les «choix politiques» du gouvernement caquiste, auquel elle reproche d’être allé de l’avant avec le déploiement des maternelles 4 ans pour assurer des services pourtant déjà fournis dans le réseau.

«Le gouvernement dit aux travailleuses qui sont en CPE depuis fort longtemps : “Ce que vous faisiez, ce n’est pas important, ce n’est pas qualifiant, ce n’est pas intéressant”», déplore-t-elle.

Elle estime que cette «dévalorisation» rebute des étudiants potentiellement intéressés par l’éducation à l’enfance. La CSN sonne l’alarme quant à une baisse de popularité de la formation collégiale de techniques d’éducation à l’enfance

Au printemps dernier, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) rapportait que la plus récente cohorte en techniques d’éducation à l’enfance (TEE) comptait 918 étudiants de moins que quatre ans plus tôt, lors de l’année scolaire 2014-2015. La présidente du syndicat, Valérie Grenon, avait alors elle aussi appelé le gouvernement caquiste à revaloriser cette profession, selon elle, mise à mal par les compressions budgétaires entamées sous Philippe Couillard.

Éducation

Les mythes sur l'enfant unique déboulonnés

Les enfants uniques ont mauvaise réputation. Ils sont souvent perçus comme égoïstes, gâtés, anxieux, socialement incompétents et solitaires. Et ma profession, la psychologie, est peut-être en partie responsable de ces stéréotypes négatifs.

En effet, Granville Stanley Hall, l’un des psychologues les plus influents du siècle dernier et le premier président de l’American Psychological Association, a déclaré qu’« être enfant unique est une maladie en soi ».

Heureusement, nous avons fait amende honorable depuis. La plus récente étude menée auprès de quelque 2 000 adultes allemands a révélé que les enfants uniques ne sont pas plus susceptibles d’être narcissiques que ceux qui ont des frères et sœurs. Le titre de l’étude est révélateur : « La fin d’un stéréotype ».

Mais beaucoup d’autres subsistent, alors regardons ce que dit la recherche scientifique.

Plus motivés, mieux adaptés

Si nous regardons la personnalité, aucune différence n’est trouvée entre les personnes avec ou sans frères et sœurs dans des traits tels que la maturité, la coopération, l’autonomie, le contrôle personnel, l’extraversion et le leadership.

En fait, les enfants uniques ont tendance à être plus motivés (aspiration, effort et persévérance) et à mieux s’adapter (capacité de s’acclimater à de nouvelles conditions) que les personnes ayant des frères et sœurs.

Le fait que les enfants uniques sont plus motivés à réussir peut expliquer pourquoi ils ont tendance à être plus scolarisés et à exercer des professions plus prestigieuses que les personnes ayant des frères et sœurs.

Plus intelligent, mais pas pour longtemps

Certaines études ont révélé que les enfants uniques ont tendance à être plus intelligents et à avoir de meilleurs résultats scolaires que les personnes ayant des frères et sœurs. Une recension de 115 études comparant l’intelligence de personnes avec ou sans frères et sœurs, a révélé que les enfants uniques obtenaient de meilleurs résultats aux tests de QI. Ils réussissaient mieux sur le plan scolaire que ceux qui grandissaient avec plusieurs frères et sœurs ou avec un frère plus âgé.

Les seuls groupes qui surpassaient les enfants uniques sur le plan de l’intelligence et de la réussite scolaire étaient les premiers-nés et les personnes qui n’avaient qu’un seul frère ou une sœur plus jeune.

Il est important de noter que la différence dans l’intelligence tend à se retrouver chez les enfants d’âge préscolaire, mais moins chez les étudiants de premier cycle, ce qui suggère que l’écart diminue avec l’âge.

La santé mentale des personnes avec ou sans frères et sœurs a également été examinée. Encore une fois, les résultats ne montrent aucune différence entre les deux groupes en ce qui concerne les niveaux d’anxiété, l’estime de soi et les problèmes de comportement.

On dit depuis longtemps que les enfants uniques ont tendance à se sentir seuls et ont de la difficulté à se faire des amis. Une recherche a comparé les relations et les amitiés entre pairs pendant l’école primaire entre les enfants uniques, les premiers-nés avec un frère ou une sœur et les cadets avec un frère ou une sœur. Les résultats montrent que les enfants uniques avaient le même nombre d’amis que les enfants des autres groupes.

Mieux vaut être enfant unique ?

Pris ensemble, ces résultats semblent indiquer que le fait d’avoir des frères et sœurs ne fait pas une grande différence dans notre identité. Et que lorsqu’il y a une différence, elle semble à l’avantage des enfants uniques.

Comment est-ce possible ?

Contrairement aux enfants ayant des frères et sœurs, les enfants uniques reçoivent toute l’attention, l’amour et les ressources matérielles de leurs parents tout au long de leur vie. On a toujours supposé que cela avait des conséquences négatives pour ces enfants qui deviennent ainsi trop gâtés et mal adaptés. Mais il se peut que l’absence de concurrence pour les ressources parentales soit un avantage.

Étant donné que le nombre de familles n’ayant qu’un seul enfant augmente à travers le monde, le moment est peut-être venu de cesser de stigmatiser ces enfants et leur famille. Les enfants uniques semblent s’en sortir fort bien, sinon mieux, que ceux d’entre nous qui ont des frères et sœurs.

***

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Éducation

Lire et écrire: tout part des mains

L’élégance et la polyvalence inégalées de la conception de la main humaine constituent sans doute une des manifestations les plus merveilleuses de l’évolution. Le miracle de la connexion main-cerveau, qui a probablement commencé à se développer il y a trois ou quatre millions d’années, est au cœur de ce que signifie être un humain, c’est-à-dire avoir évolué comme fabricant d’outils et utilisateur du langage.

Pourtant, l’écriture, un phénomène qui date de 5000 ans, est arrivée assez tard dans le développement de l’être humain. Elle nécessitait une capacité de représentation et la prise de conscience qu’un outil tenu avec la main peut servir à conserver des pensées et à les partager dans le temps et l’espace.

Helen Keller avec son éducatrice, Anne Sullivan. (Wikimedia)

L’histoire d’Helen Keller, devenue sourde et aveugle des suites d’une fièvre lorsqu’elle était toute petite, est un émouvant témoignage de la capacité humaine à trouver un sens grâce aux mains et au langage.

Ann Sullivan, l’éducatrice qui est restée à ses côtés toute sa vie, a permis à Helen d’accéder au monde. C’est par un flux constant d’épellation digitale dans la main de sa jeune élève qu’Ann lui a offert la liberté.

Helen a écrit : "Ce mot avait une vie, il faisait la lumière dans mon esprit qu’il libérait en l’emplissant de joie et d’espérance !"

L’apprentissage par les mains

Les mains lient intimement l’humain à la grande aventure de son existence terrestre. Les 2000 premiers jours de l’enfant sont remplis de péripéties, de découvertes, de connexions et d’apprentissage du monde, et tout cela, principalement par les mains. L’enfant établit alors des réseaux de circuits neuronaux dans les domaines cognitif, linguistique et moteur qui permettent le développement de la littératie.

Dans ces premiers moments de la vie, le langage, transmis essentiellement par les parents ou les personnes qui ont l’enfant à charge, est ce qui soutient ces processus. C’est grâce à des conversations de type va-et-vient, ou « action-réaction », que le langage se développe. Avec des adultes attentifs qui ont à cœur l’apprentissage pratique des enfants, ceux-ci grandissent et acquièrent les capacités dont ils auront besoin à l’école.

Aujourd’hui, au 21e siècle, nous vivons avec des appareils numériques qui accaparent l’attention des enfants et leur offrent d’autres possibilités d’apprendre. Mais le monde numérique peut attendre.

Il n’existe rien qui puisse remplacer le jeu physique, le langage, l’engagement des adultes et la connexion cruciale entre la main et le cerveau qui permet d’étayer tout ce qui est à venir.

Habiletés motrices et littératie

Saisir et manier un crayon pour créer du sens sur une page est beaucoup plus qu’une simple question d’habileté motrice. Cela demande la mobilisation d’une foule de ressources neuromotrices, cognitives et linguistiques qui permettent aux enfants de récupérer le vocabulaire qu’ils possèdent et de le faire apparaître sur la page. Pour les petits apprenants, l’agilité des doigts est la première habileté à acquérir.

Les habiletés motrices fines impliquent les petits groupes musculaires des mains, des doigts et des poignets qui sont nécessaires pour saisir et tenir. Ils servent entre autres à manipuler les crayons, les gommes à effacer, les ciseaux et les ustensiles. La précision et la coordination de ces petits muscles sont d’une grande importance dans la préparation à l’école.

Selon le Questionnaire des âges et des stades, un outil de dépistage pour détecter les capacités de développement des enfants, un jeune de cinq ans devrait pouvoir découper une ligne droite, copier des formes et dessiner une figure.

De nombreux enfants ne sont pas prêts

En Alberta, les données de 2009 à 2013 ont révélé que près du quart (24 pour cent) des enfants qui entrent à la maternelle ne satisfont pas aux critères de référence en matière de santé physique et de bien-être. Ces critères incluent les capacités motrices fines.

Ces résultats sont corroborés par les données pancanadiennes de 2019 : 27 pour cent des enfants de cinq ans ne satisfont pas aux exigences en ce qui concerne l’aptitude à commencer la maternelle. Les résultats sont de 36 % parmi les enfants élevés dans la pauvreté.

Les écoles recueillent ces données au moyen d’un outil de dépistage qui évalue le développement des enfants dans différents domaines : santé physique, compétences sociales, maturité affective, développement cognitif et langagier, habiletés de communication et connaissances générales.

Lorsque les élèves commencent lentement, ils n’arrivent pas toujours à rattraper leur retard. Les résultats d’une recherche que nous avons menée en Alberta auprès d’élèves de 2e année révèlent qu’un manque de maîtrise dans la formation des lettres freine la capacité des élèves à inscrire des mots sur une page. Une autre étude que nous avons menée auprès d’élèves de 3ᵉ année suggère également qu’il est possible de faire mieux.

De la main à la bouche

En 3e et 4e année, la transition vers le développement de la littératie scolaire et du vocabulaire est de plus en plus importante. Mais cela ne peut être mis en place que si l’enfant maîtrise l’écriture manuscrite et qu’il possède une bonne base de vocabulaire, nourrie en partie par la maîtrise de la motricité fine.

Le célèbre psychologue Jean Piaget a bien décrit comment le stade de développement sensoriel et moteur de l’enfant nécessite des « opérations concrètes ».Les enfants ont un besoin fondamental d’assimiler et d’apprendre leur monde par contact direct, principalement avec leurs mains, en temps réel. Cela permet d’apprendre à reconstruire le monde extérieur par des représentations internes et à le nommer par le langage.

Cet apprentissage se fait dans le cadre de « fenêtres d’opportunités » continues qui s’ouvrent et se ferment au fur et à mesure que les enfants sont prêts pour de nouvelles expériences. Les simulations visuelles sur écran ne remplacent pas l’expérience directe.

L’inné et l’acquis interagissent dans une écologie complexe. Le psychologue russe Lev Vygotsky a enseigné l’importance du contexte socioculturel dans lequel l’enfant se développe et apprend avec quelqu’un de plus expérimenté. Grâce à des encouragements et en parlant entre eux, les enfants maîtrisent des compétences lorsqu’ils doivent relever des défis qui leur permettent de passer à l’étape suivante.

Le développement du vocabulaire aide à prédire le succès d’un enfant en lecture. Ce n’est pas seulement la quantité de mots qui compte, mais aussi l’éventail des termes ainsi que la qualité des interactions.

Intérioriser les connaissances

Les 2 000 premiers jours de l’enfant sont précieux et les enseignants ne pourront les rattraper une fois perdus.

Pour que les enfants deviennent des penseurs critiques, des solutionneurs de problèmes et des utilisateurs du langage instruits et avertis, il est nécessaire qu’ils disposent d’un grand réservoir de connaissances intériorisées. Le plus grand indicateur de ce que les enfants vont apprendre plus tard, c’est ce qu’ils savent déjà. L’accès à Google ne compte pas.

Des compétences insuffisantes en littératie nuisent au potentiel de débouchés des individus et une économie du savoir compétitive, complexe et connectée au monde exige de bonnes habiletés en littératie. Les compétences essentielles que sont la lecture, l’écriture, la communication, le filtrage et l’analyse de l’information sont de plus en plus importantes dans notre monde complexe.

Tout cela commence avec des doigts agiles.

***

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

Éducation

Des centaines d'écoles seront équipées d'un défibrillateur externe automatisé

MONTRÉAL — Des centaines d'écoles secondaires publiques du Québec sont maintenant en mesure de former leurs élèves en réanimation cardiorespiratoire (RCR), et des centaines d'établissements d'enseignement seront bientôt dotés d'un défibrillateur externe automatisé (DEA), a-t-on annoncé vendredi.

«À partir de maintenant, tous les élèves de secondaire 3 des écoles publiques de la province seront formés en RCR, et sous peu en DEA», a expliqué Carole Nadeau, qui est gestionnaire de projets pour la Fondation ACT au Québec.

Les quelque 400 écoles publiques du Québec qui offrent le deuxième cycle régulier disposent donc dorénavant des ressources nécessaires — instructeurs et matériel — pour former leurs élèves de secondaire 3 en RCR. Cela signifie qu'environ 68 000 jeunes sont formés chaque année.

Deux mille enseignants sont déjà qualifiés comme instructeurs pour former les élèves.

Cinq cent soixante-dix écoles secondaires de la province (à savoir, les écoles de deuxième cycle, mais aussi celles de premier cycle et les écoles professionnelles, par exemple) recevront par ailleurs un DEA grâce à l'implication financière de professionnels du secteur de la santé et de trois grandes firmes pharmaceutiques.

Quatre-vingts pour cent des arrêts cardiaques se produisent en présence de proches qui, faute de savoir comment intervenir, ne peuvent que composer le 9-1-1 et attendre anxieusement l'arrivée des ambulanciers.

«Quand tout le monde sait quoi faire dans une situation d'urgence, il y a plus de vies qui sont sauvées. Quand on donne le pouvoir et les habiletés pour sauver des vies, les gens interviennent. Il est prouvé que quand on ne sait pas quoi faire, on ne bouge pas», a dit Mme Nadeau.

Chaque minute compte

Chaque minute qui passe est pourtant cruciale pour la victime.

«Il y a 80 % de chances de survie dans les trois premières minutes d'intervention, a rappelé un partenaire de la campagne, le cardiologue Paul Poirier de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Quand on n'intervient pas, ou qu'on intervient de manière beaucoup moins précoce, c'est 10 % de décès par minute. Donc, faites le calcul : si quelqu'un fait un arrêt cardiaque, après dix minutes, statistiquement, vous êtes 100 % mort. Alors les chiffres le disent.»

Et si le déploiement de DEA dans des écoles secondaires peut paraître étrange, le docteur Poirier souligne que ces établissements servent souvent de milieux communautaires en région.

«Ce sont les gens qui jouent au hockey cosom et au badminton qui écrasent dans ces écoles-là, a-t-il dit. Donc, c'est bénéfique autant pour les jeunes que pour les personnes âgées qui sont à proximité.»

Au-delà de la seule défibrillation, poursuit-il, le programme permet d'éduquer une population à la santé en général.

«Dans une génération d'ici, on aura formé tous les jeunes des écoles publiques au moins une fois à faire la RCR. J'espère que ça va faire boule de neige, a ajouté le docteur Poirier. Il faut savoir que quand tu as déjà réanimé quelqu'un, ou s'il y a quelqu'un dans le groupe dont le père ou l'oncle a déjà été réanimé, ça a un impact incroyable. Ça va changer la donne.»

La Fondation ACT (pour Advanced Coronary Treatment, ou soins avancés en urgence coronarienne) est un organisme de bienfaisance national offrant une formation gratuite en RCR dans le cadre d'un programme obligatoire dans toutes les écoles secondaires canadiennes.

Ses programmes se sont traduits par la formation d'environ 4,6 millions de jeunes à travers le Canada, dont plus de 700 000 au Québec.

Éducation

Réforme des commissions scolaires: une étude de l’IRIS avertit Québec

MONTRÉAL - Une publication dévoilée jeudi invite le gouvernement du Québec à revoir son projet de réforme des commissions scolaires et dénonce une centralisation des pouvoirs vers le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) affirme que le projet de loi 40 exclut de facto les parents et n’amène que d’infimes économies; l’organisme évoque à cet effet un montant annuel de 13 millions $.

La fiche technique de l’IRIS souligne que la rémunération des commissaires scolaires et tout le processus électoral ne représentent que 0,1 pour cent du budget annuel des commissions scolaires.

À propos de la faible participation de la population aux élections scolaires, l’IRIS soutient qu’elle s’explique en partie par un flou sur leur raison d’être. Les commissaires n’ont pas le pouvoir de moduler les taxes scolaires, et peu de personnes connaissent les enjeux dont ils débattent. Ils sont souvent considérés comme des administrateurs plutôt que des représentants politiques de leur communauté.

Afin de contrer la faible participation aux élections, l’IRIS propose de simplifier le processus de vote, par exemple en faisant coïncider les élections scolaires et municipales ou en permettant le vote électronique. D’autre part, il faudrait viser une plus grande démocratisation de la gouvernance scolaire et une amélioration de la transparence des commissions scolaires.

La fiche technique reproche au gouvernement de s’octroyer un plus grand contrôle sur les structures, les communications et la gestion du personnel. La fiche technique de l’IRIS précise qu’en ce sens, les changements proposés s’apparentent aux réformes qui ont touché le réseau de la santé et des services sociaux. Le gouvernement va bien au-delà de son engagement de transformer les commissions scolaires en centres de services.

L’IRIS rappelle que le projet de loi prévoit de faciliter l’inscription des élèves en dehors de leur territoire de résidence. Or, l’organisme observe que le Québec connaît d’importantes inégalités scolaires, notamment en raison du financement public de l’école privée et de la multiplication des programmes et projets particuliers à l’école publique. La proposition du ministre Roberge ne fera que les accroître, selon l’IRIS.

Éducation

L’ajout de professionnels à l’école demeure nettement insuffisant au Québec

L’ajout espéré de quelques centaines de professionnels dans le réseau de l’éducation ne se réalise que partiellement faute de personnel disponible et, même s’il se matérialisait, il ne représenterait qu’un cataplasme sur une jambe de bois.

En juin dernier, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, annonçait l’ajout de «850 enseignants, professionnels et ressources de soutien professionnelles» accompagné d’une enveloppe récurrente de 70 millions $. «La cavalerie s’en vient!» clamait alors le ministre Roberge.

Or, la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation (FPPE-CSQ), qui représente les professionnels de 69 des 72 commissions scolaires de la province, dénombre environ 300 postes ouverts et non comblés seulement du côté des professionnels depuis l’annonce du ministre Roberge, principalement des postes de psychologues, de psychoéducateurs et d’orthophonistes.

Et même s’ils étaient comblés, un relevé effectué par La Presse canadienne auprès des ordres professionnels et associations de cinq corps d’emploi - psychologues, psychoéducateurs, orthophonistes, orthopédagogues et ergothérapeutes - et de la FPPE démontre qu’il faudrait pratiquement doubler leur nombre pour que leur action réponde véritablement aux besoins criants des élèves en difficulté d’apprentissage, ce que confirme le président de la FPPE, Jacques Landry: «On n’a jamais comblé les coupes (durant la période d’austérité du gouvernement Couillard) et même là où on a comblé, il en manquait partout avant les coupes. On a calculé qu’il en faudrait au minimum 2000 nouveaux pour arriver à être capables d’offrir un minimum de services.»

Un croisement de données provenant de la FPPE, du ministère de l’Éducation, de plusieurs commissions scolaires et d’autres sources permet d’établir que, pour les 69 commissions scolaires où la FPPE est impliquée, chaque psychologue à temps plein a en moyenne 3,4 écoles sous sa responsabilité, les psychoéducateurs 2,3 écoles, les orthophonistes 3,1 écoles, les orthopédagogues 5,5 écoles et les ergothérapeutes... 51,4 écoles (1).

Le diagnostic, une question d’argent plus importante que le traitement

Le nombre actuel de professionnels dans les disciplines les plus cruciales pour l’aide aux enfants en difficulté ne suffit, dans l’écrasante majorité des cas, qu’à fournir un diagnostic, mais le suivi ou le traitement est minime, lorsqu’il n’est pas carrément inexistant.

«Le problème - et c’est comme ça pour l’ensemble du personnel professionnel en services directs - c’est qu’il y a une grosse pression à l’évaluation. Alors on évalue les élèves, mais intervenir et faire le suivi devient extrêmement difficile», raconte Jacques Landry.

Or, il y a une raison clairement financière pour privilégier le diagnostic, car le ministère de l’Éducation alloue des budgets pour le soutien d’élèves qui ont certains besoins et auxquels on attribue une «cote administrative», explique M. Landry: «On exige encore qu’on attribue une cote administrative pour tous les élèves pour lesquels il y a des sous qui vont arriver. C’est très vrai pour les orthophonistes, c’est très vrai pour des psychologues par exemple». Il précise toutefois que ce n’est pas le cas en orthopédagogie et en psychoéducation «parce que ce sont plus souvent des élèves à risque et pour les élèves à risque, le financement est global plutôt qu’individuel».

Le président de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec, Paul-André Gallant, confirme qu’»au niveau scolaire, il y a beaucoup de diagnostics, mais pas tant du diagnostic orthophonique clinique que du diagnostic administratif parce qu’au scolaire, pour avoir l’argent pour obtenir les services, il faut que l’enfant obtienne des cotes administratives. Oui c’est vrai que les orthophonistes passent beaucoup de temps à faire des cotes administratives pour obtenir de l’argent pour des services plutôt que de traiter», soupire-t-il.

Orthophonie: rien après la 3e année

Le cas des orthophonistes est d’ailleurs flagrant. Selon l’Ordre, le ratio au Québec n’est que de 30 orthophonistes par tranche de 100 000 habitants, comparativement à 51 pour 100 000 aux États-Unis. Et plusieurs des orthophonistes qui oeuvrent en milieu scolaire oeuvrent aussi dans le secteur de la santé ou en pratique privée ou les deux et ne sont à l’école qu’à temps partiel.

«À peu près 80 pour cent des troubles d’apprentissage sont d’origine langagière», explique Paul-André Gallant. «Ça veut dire que c’est un trouble de langage, un retard de langage ou un problème de langage qui va provoquer, causer le trouble d’apprentissage.» Mais on a pris la décision d’affecter les ressources aux plus jeunes: les écoles n’offrent pas ou très peu de services d’orthophonie à partir de la troisième année du primaire.

«S’il n’y a pratiquement aucun service au Québec en orthophonie à partir de la troisième année, est-ce que ça veut dire qu’il n’y a pas de besoins? Pas du tout, au contraire. Le langage se développe jusqu’à 20 ans et les exigences scolaires augmentent sans cesse», déplore M. Gallant.

Dans ce cas, à qui s’adresseront les parents, après la troisième année? Certes, il y a des orthophonistes dans le réseau de la santé, mais c’est une porte tournante, avertit Jacques Landry: «Il n’y en a pas beaucoup dans le réseau (de la santé) et, pour les enfants qui vont à l’école, ils les retournent vers l’école». Et puisque le service n’est pas disponible à l’école, il ne reste que le secteur privé.

«Ce n’est pas tout le monde qui a les moyens non plus. Quand t’es en milieu défavorisé, les gens qui ont besoin de services n’auront pas les moyens d’aller au privé et ça ne fait qu’accentuer les écarts dans la population», fait valoir M. Landry.

«Les orthophonistes, c’est un enjeu en soi, ajoute-t-il. Un enfant qui est dyslexique va avoir de l’aide en maternelle, en première année et après, il n’y a plus personne pour répondre dans la majorité des écoles. Au-delà de la 3e année, il n’y en a pas, mais l’enfant a encore des difficultés. Il a encore besoin d’aide.»

Peu d’intérêt pour les psychologues

Du côté des psychologues, comment se fait-il que l’on n’arrive pas à pourvoir des postes alors que le Québec en compte pas moins de 8700? «On ne manque pas de psychologues dans la province, en effet, mais les conditions d’attraction ne sont vraiment pas intéressantes dans le scolaire», admet d’emblée Charles Roy, président de l’Association des psychologues du Québec.

«C’est pénible travailler au scolaire. Les psychologues travaillent pour plusieurs écoles et comme ils sont en pénurie - il n’y en a jamais eu en nombre suffisant - la charge de travail est énorme. Les psychologues n’ont pas le temps de faire le travail d’évaluation, le travail d’accompagnement des enseignants, de soutien parce qu’ils sont coincés à ne faire que des évaluations par manque de personnel», poursuit-il.

«On a de la difficulté à en trouver parce que les conditions se sont tellement détériorées. Quand la tâche est rendue mission impossible, ce n’est pas très attrayant», insiste Charles Roy, ajoutant que la situation est encore pire dans les régions où les psychologues sont beaucoup moins nombreux qu’en centres urbains.

L’ergothérapie, un luxe?

L’apport des ergothérapeuthes est crucial pour traiter les retards de motricité fine, qui nuisent à l’apprentissage de l’écriture, notamment, et n’interviennent généralement qu’au niveau préscolaire et primaire. Or, il n’y a que 35 équivalents temps plein pour desservir les 1798 écoles qui offrent le niveau primaire et qui sont dans le giron de la FPPE.

«Au tableau de l’Ordre, on note une augmentation de 10,6 pour cent du nombre d’ergothérapeutes qui exercent en milieu scolaire entre le 31 mars 2018 et le 31 mars 2019», indique Philippe Boudreau, directeur général de l’Ordre des ergothérapeuthes.

Ramenée en chiffres absolus, cette augmentation apparemment significative n’est toutefois que de 18 individus, puisque le nombre est passé de 170 à 188, «mais il faut faire attention avec ce chiffre, avertit-il: on parle d’ergothérapeuthes qui exercent en milieu scolaire, mais pas exclusivement dans le milieu scolaire. Il y a des privés qui offrent des contrats, par exemple.»

«Il y a des besoins immenses en ergothérapie et il n’y a pas de services», renchérit Jacques Landry. Le ratio d’un ergothérapeute pour 51 écoles lui donne raison.

Le détournement des orthopédagogues

Les orthopédagogues représentent un cas assez particulier. Certes, ils sont nombreux, mais difficiles à compter dans les faits puisqu’ils ne sont pas représentés par un ordre professionnel, mais bien par une association et que la formation a changé de nom. Cette formation est la même que celle d’un enseignant à laquelle s’ajoute une spécialisation en adaptation scolaire.

Le fait d’avoir en grande partie ramené to us les étudiants en classe ordinaire et d’avoir changé la formation en orthopédagogie pour une formation en enseignement en adaptation scolaire a créé «un problème entre le titre et la fonction», déplore le directeur général de l’Association des orthopédagogues du Québec (ADOQ), Mathieu Labine-Daigneault.

«Dans les milieux, il va s’appeler orthopédagogue, enseignant-ressource, enseignant orthopédagogue, orthopédagogue professionnel, il y a plein de titres qui leur sont donnés et le travail va varier aussi, mais ces gens ont tous la même formation», énumère-t-il ajoutant que, parfois, «les gens ne savent même pas qu’ils sont orthopédagogue et disent: non, moi je suis enseignant en adaptation scolaire, j’enseigne dans une classe où il y a surtout des élèves qui sont dyslexiques, dysorthographiques, dans une classe où les jeunes ont surtout des difficultés langagières. Ces gens-là sont bel et bien orthopédagogues.»

L’ADOQ réclame depuis deux ans le statut d’ordre professionnel, afin de faire le ménage, car dans les faits, plusieurs écoles profitent du fait que les orthopédagogues, à la base, ont la même formation qu’un enseignant, dont les écoles ont désespérément besoin.

«On voit fréquemment des écoles les utiliser comme enseignants. On n’arrive pas à combler un poste en début d’année dans une école? Comme l’orthopédagogue n’a pas d’élèves attitrés, la solution facile c’est de lui demander d’aller remplacer en classe pendant quelque temps. C’est relativement fréquent. Puis ce temps s’éternise... et dans une période de pénurie de main-d’oeuvre, on peut présumer que c’est de plus en plus fréquent», estime M. Labine-Daigneault.

Même du côté syndical, on n’arrive pas à garder le compte, note le président de la FPPE: «Souvent le problème c’est qu’il y en a une grande partie qui sont dans le syndicat des enseignants».

Plein emploi chez les psychoéducateurs

Lui-même psychoéducateur, le président de la FPPE souligne que les difficultés à l’embauche sont devenues incontournables: «Ç’a été le corps d’emploi le plus sollicité au cours des dernières années et là, on arrive au bout de la banque de personnes qualifiées. Plusieurs commissions scolaires commencent à avoir de la difficulté à recruter parce que la demande a été très forte dans ce domaine au cours des dernières années.»

Le président de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, Denis Leclerc, souligne qu’environ la moitié de ses quelque 5000 membres oeuvrent dans le réseau de la santé et des services sociaux (Direction de la protection de la jeunesse, centres jeunesse, centres de réadaptation en déficience intellectuelle, CLSC, CSSS etc.) et que le milieu de l’éducation en embauche un peu plus du tiers, soit environ 1800.

«Les décideurs dans le monde scolaire nous disent qu’ils ont de la difficulté à recruter, qu’ils ont des places et qu’ils arrivent difficilement à recruter davantage de psychoéducateurs et, de façon plus générale, de professionnels. La difficulté de recruter s’explique probablement, d’après notre lecture, par la présence de beaucoup d’alternatives et le besoin de personnel dans chacune d’entre elles. Les jeunes professionnels vont choisir selon les opportunités ou les intérêts personnels; ils ont des options.»

Cependant, parmi ces options, le milieu scolaire n’est pas toujours perçu comme l’idéal, constate M. Leclerc: «Le soutien clinique est parfois difficile en milieu scolaire et, en plus, il y a là un autre défi: l’isolement dans son domaine. Travailler en centre jeunesse, c’est oeuvrer dans une équipe très large avec des psychoéducateurs, des éducateurs spécialisés, tous sur la même mission. En scolaire, on est souvent le seul psychoéducateur dans l’école».

---

(1) Ces données tiennent compte du fait que les commissions scolaires couvertes par le syndicat comptent en tout 1599 écoles primaires, 354 écoles secondaires et 199 écoles où les niveaux primaire et secondaire sont offerts et aussi du fait que les orthophonistes et ergothérapeutes n’oeuvrent qu’au niveau primaire, à quelques rares exceptions près.

Éducation

Détresse psychologique des étudiants: l’Université Laval déterminée à aider davantage

L’Université Laval s’est dite déterminée mardi à accentuer ses efforts pour contrer la détresse psychologique de ses étudiants.

L’établissement a réagi en conférence de presse à l’enquête panquébécoise portant sur la santé psychologique des étudiants, à laquelle ont participé de façon volontaire 16,1 % de la population universitaire provenant de 14 universités, soit près de 24 000 personnes. L’enquête rendue publique par l’Union étudiante du Québec (UEQ) révèle notamment que près de 60 % des répondants souffriraient de détresse psychologique, et que 19 % d’entre eux ressentiraient des symptômes suffisamment sévères pour entreprendre un traitement médical ou psychologique. 

À LIRE AUSSI: Beaucoup de détresse psychologique chez les étudiants québécois, selon une étude

Éducation

9 % des étudiants universitaires du Québec auraient pensé au suicide

Quelque 9 % des étudiants universitaires du Québec auraient pensé sérieusement au suicide et 1 % d’entre eux auraient fait au moins une tentative de suicide au cours des 12 mois précédant une nouvelle enquête de l’Union étudiante du Québec (UEQ), dont les résultats ont été dévoilés mardi.

Les résultats ventilés selon le cycle montrent que les idéations suicidaires et les tentatives de suicide sont plus nombreuses chez les étudiants au premier cycle que chez les étudiants aux cycles supérieurs. Cela étant dit, près du tiers des étudiants au postdoctorat avouent avoir eu des idées suicidaires.

«La compétition entre étudiants et étudiantes crée de l’anxiété de performance, ça fait en sorte que les gens commencent à vivre de la détresse psychologique, et à partir de là on entre dans un cercle infernal et tout ne fait qu’empirer», a commenté le président de l’UEQ, Philippe LeBel.

À LIRE AUSSI: Détresse psychologique des étudiants: l’Université Laval déterminée à aider davantage

Une personne aux études universitaires sur cinq montrerait des symptômes dépressifs d’une importance suffisante pour avoir besoin de soins.

Quelque 24 000 étudiants universitaires du Québec ont rempli le questionnaire colligé par la firme Léger. Résultat : 58 % d’entre eux font partie du pire quintile de la population générale en ce qui a trait au score de détresse psychologique.

L’enquête ajoute que certains groupes ont été identifiés comme étant plus à risque de vivre des problèmes de santé psychologique : les personnes aux études issues de la diversité de genre, en situation de handicap, issues de la diversité sexuelle ainsi que les personnes aux études de première génération.

Plus conscientisés

La professeure Diane Marcotte, du département de psychologie de l’UQAM, témoigne de plusieurs réserves quant à la méthodologie utilisée pour mener cette enquête, entre autres parce que l’échantillon utilisé ne représente que 16 % de la population étudiante universitaire, mais pas au point d’en invalider entièrement les résultats.

«Il y a une augmentation dramatique du nombre de consultations en santé mentale, ça c’est clair, et il y a une augmentation très importante du nombre de symptômes qui sont rapportés de dépression et d’anxiété, a-t-elle dit. Ça, on n’avait même pas besoin d’une étude pour le savoir.»

Une enquête comme celle-ci démontre aussi, selon elle, que les jeunes d’aujourd’hui font preuve d’une plus grande ouverture face à leurs problèmes de santé mentale, et qu’ils sont davantage prêts à en parler.

«Je pense que ça nous interpelle sur le type d’offres en santé mentale [...] dans les collèges et les universités, a ajouté Mme Marcotte. Il faut sortir de l’offre de services conventionnelle qui est des entrevues un à un, un professionnel avec un étudiant. On ne fournit plus en offrant des services uniquement sur cette base individuelle-là. Il faut penser beaucoup plus à la prévention.»

Un enjeu à examiner

Philippe LeBel estime quant à lui que ces chiffres sont très préoccupants. Il invite le ministre de l’Éducation à mobiliser la communauté universitaire en mettant en place une politique nationale d’amélioration de la santé psychologique étudiante.

«Constat général, le passage à l’université fait mal à la santé psychologique des étudiants, et c’est quelque chose qu’on ne devrait pas laisser aller», a-t-il dit.

M. LeBel réclame des stratégies pour réduire la solitude, améliorer le soutien entre collègues et réduire la compétition entre eux. Il faut aussi réduire la précarité financière des étudiants et améliorer les saines habitudes de vie sur les campus.

«Il faut être attentif à l’augmentation des problèmes de santé mentale au postsecondaire, a dit Mme Marcotte. C’est clair qu’il y a un enjeu de ce côté-là à examiner dans les prochaines années.»

La vaste collecte des données de l’enquête intitulée «Sous ta façade» s’est déroulée du 29 octobre au 25 novembre 2018. Les membres de la communauté étudiante universitaire à travers le Québec qui ont rempli le questionnaire constituaient 16,1 % de l’ensemble de la population étudiante universitaire, selon l’UEQ.

Éducation

Loi sur l’abolition des commissions scolaires: le PQ craint la centralisation des pouvoirs

Contrairement à ce qu’il prétend, le gouvernement Legault s’apprête à s’arroger tous les pouvoirs en éducation et à centraliser à Québec la prise de décisions, selon l’opposition péquiste.

En principe, le projet de loi 40, présentement à l’étude, vise à abolir les élections scolaires et les commissions scolaires, transformées en centres de services, dans le but de donner plus de pouvoirs décisionnels aux directions d’écoles et aux parents.

Or, selon la porte-parole péquiste en éducation, la députée Véronique Hivon, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est en train de se donner l’outil légal lui permettant de centraliser tous les pouvoirs à son bureau, avec tous les risques que cela comporte.

Elle en donne pour preuve l’article 310 du projet de loi, qui stipule que le gouvernement pourra prendre, par règlement, «toute mesure utile à l’application de la présente loi ou à la réalisation efficace de son objet».

«Il centralise à outrance», a commenté la députée, lundi, en mêlée de presse, en marge de la consultation menée cette semaine sur le projet de loi 40, ce qui est «extrêmement inquiétant».

La réforme de structures présentée par le ministre Roberge peut se résumer en deux mots : centralisation et politisation, «c’est clair», selon la députée de Joliette, déplorant qu’une fois la loi adoptée le ministre pourra, par exemple, communiquer directement avec le personnel enseignant s’il le désire.

L’article 310, c’est «du jamais vu», selon la députée, qui qualifie l’approche du ministre d’«autoritaire» et d’«improvisée».

«Il veut aller trop vite», selon Mme Hivon.

Projet de loi costaud

Le projet de loi 40 est costaud et ratisse large : avec sa centaine de pages et plus de 300 articles, il modifiera 80 lois existantes.

On voit mal comment il pourra franchir toutes les étapes menant à son adoption avant l’ajournement des Fêtes, le 6 décembre.

Comme d’autres projets de loi avant lui, la loi 9 sur l’immigration et la loi 21 sur la laïcité, tout indique que le projet de loi 40 sera donc adopté sous bâillon, selon la députée de Joliette.

Après la consultation, qui se termine mercredi, le texte législatif controversé devra franchir l’étape de l’adoption du principe, puis l’étude article par article, ce qui pourrait prendre des semaines, voire des mois de travaux en commission.

Or, à compter de la semaine prochaine, il ne restera que quelques jours de travaux parlementaires, avant les deux semaines de session intensive.

Le ministre Roberge veut procéder rapidement, car le mandat des commissaires se termine le 29 février 2020.

Selon ses vœux, les futurs centres de services seraient administrés par un conseil d’administration composé de 16 membres non rémunérés : huit parents, quatre personnes issues de la collectivité et quatre membres du personnel scolaire.

Mais le ministre de l’Éducation va pouvoir garder la main haute sur cette nouvelle structure. Le projet de loi lui permettra notamment d’imposer des regroupements de services (pour la perception de la taxe scolaire, par exemple), et de déterminer des objectifs ou des cibles portant sur l’administration, l’organisation ou le fonctionnement d’un ou de l’ensemble des centres de services scolaires.

Il imposerait en outre aux membres des conseils d’administration, et à ceux des conseils d’établissement, une formation obligatoire fournie par le ministère. Les centres de services se verraient aussi imposer des normes d’éthique et de déontologie.

«Je protège mon école publique»

Le mouvement «Je protège mon école publique», constitué de parents et reconnu pour ses chaînes humaines réclamant un réinvestissement dans le réseau scolaire, est loin d’être convaincu de la pertinence du projet de loi 40, qui devrait être mis sur la touche selon lui, le temps de bien réfléchir à la question.

Lundi, deux porte-parole de cet organisme sont venues exprimer en commission parlementaire leur crainte de voir le ministre posséder trop de pouvoirs et vouloir agir dans la «précipitation». Car les futurs conseils d’administration risquent d’être réduits à de simples «courroies de transmission», a fait valoir l’une d’elles, Patricia Clermont.

Elle craint que ces nouvelles structures deviennent en fait des outils au service du ministre lui permettant de relayer ses directives, au lieu d’incarner «un sain contre-pouvoir» au ministère.

L’organisme a aussi réclamé des États généraux sur l’éducation durant le présent mandat.

Éducation

L’Université Laval offrira de nouveau son cours gratuit sur le TDAH

L’Université Laval revient avec son cours gratuit sur le trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) pour la session d’hiver. Plus de 10 000 ont suivi le cours à l’automne.

Étant donné la popularité du sujet et la forte demande, l’UL offrira de nouveau sa formation en ligne sur le TDAH. Il s’agissait de son cinquième MOOC (massive open online course), ces cours en ligne, gratuits et ouverts à tous. 

La formation propose un tour d’horizon du trouble de l’attention, fondé sur la littérature scientifique récente. Les participants pourront mieux comprendre les symptômes et les manifestations. Diverses approches d’intervention sont aussi observées.

Deux cheminements du cours sont offerts. Le premier pour les parents d’enfants âgés de 5 à 17 ans qui présentent un TDAH, le deuxième pour le personnel scolaire de ces élèves. Les deux parcours abordent les mêmes sujets, mais suggèrent des activités plus adaptées à la réalité de chaque contexte d’intervention, soit le milieu familial ou scolaire. 

La formation se tiendra du 24 février au 13 avril 2020, et il est possible de s’inscrire jusqu’au 2 mars. Le nombre de places est illimité. 

> Pour s’inscrire

LIRE AUSSI : Un cours gratuit sur le TDAH 

Éducation

L'Université Laval: 7e meilleure université de recherche au Canada

L’Université Laval se hisse au 7e rang parmi les plus grandes universités de recherche au Canada, sur un total de 50.

L’ULaval fait bonne figure grâce à des fonds de recherche de 403,8 millions $. Le palmarès a été publié par Research InfoSource le 7 novembre.

«Ceci témoigne de l’excellence de la recherche réalisée par la cohorte de nos professeurs et leurs équipes à l’Université Laval ainsi que du soutien de nos partenaires» a indiqué la rectrice, Sophie D’Amours. 

La bonne nouvelle a été partagée sur Facebook vendredi.

Les fonds de recherche de l’institution de Québec ont fait un bond de 13,1 % par rapport à l’année 2018. On attribue cette performance entre autres à l’obtention de subventions de la Fondation canadienne pour l’innovation pour le financement de projets d’infrastructures de recherche. L’Université s’est aussi démarquée en remportant plusieurs subventions des Instituts de recherche en santé du Canada.

L’Université de Montréal est la première université du Québec à apparaître sur le classement, au 3e rang. L’Université de Toronto se trouve en tête de palmarès. 

> Pour consulter le classement

Éducation

Commission scolaire English Montreal: mise sous tutelle et demande d’enquête

Québec impose une tutelle partielle à la Commission scolaire English Montreal (CSEM) et demande à l’UPAC d’enquêter sur les pratiques administratives de l’institution.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé mercredi qu’à la lumière du rapport d’enquête qu’il avait réclamé en janvier et qui lui a été remis en septembre dernier, son gouvernement n’avait d’autre choix que de retirer la gestion de la commission scolaire au conseil des commissaires.

«L’enquête a démontré des lacunes troublantes dans la gouvernance et l’administration de la CSEM», a déclaré le ministre Roberge en conférence de presse, à Québec.

M. Roberge n’a pas raté l’occasion pour lancer une flèche en direction des gouvernements libéraux précédents, soulignant qu’il s’agissait du troisième rapport en neuf ans faisant état de problèmes avec la gouvernance de l’institution.

«Le rapport démontre que cette situation perdure depuis très longtemps et que le précédent gouvernement libéral, bien qu’interpellé pour agir, a préféré regarder ailleurs par manque de courage politique», a-t-il tranché.

Dépenses et octroi de contrats douteux

En fait, le ministre a en mains deux rapports, soit celui de l’enquête qu’il avait commandée en janvier dernier au ministère de l’Éducation et qui lui a été remis en septembre et un autre demandé au Conseil du Trésor à la suite des irrégularités dans l’octroi de contrats constatées par les enquêteurs au premier rapport.

Celui de son ministère, qui fait 140 pages, a été rendu public, mais il est lourdement caviardé. Il fait notamment état de remboursements de frais de dépenses douteux et de fractionnement de contrats pour des sommes inférieures à 25 000 $, ce qui permet d’échapper à la procédure d’appel d’offres.

«Dans les rapports, on voit qu’il y a eu attribution de contrats sans respecter les standards. Ce n’est pas à nous de juger si ça relève de la fraude, si c’était une maladresse, une incompétence ou par malveillance. Les soupçons sont assez grands pour qu’on transmette l’information à l’UPAC», a dit le ministre.

Bouteille de vin à 45 $

Du côté des frais de dépenses, ceux-ci touchent une foule de remboursements pour des repas, du transport et autres qui soulèvent de nombreuses questions. À titre d’exemple, on y fait état d’achats de bouteilles de vin totalisant 1615 $ entre janvier 2017 et juin 2018, dont une bouteille à 45 $, le tout accompagné de la note suivante des enquêteurs : «Il est inhabituel et surprenant que la tenue de réunions du conseil nécessite l’acquisition de vin.»

Le rapport fait aussi état de frais de repas à de nombreuses occasions où de telles dépenses n’étaient pas justifiées, ou encore de frais de repas dépassant les limites acceptées par la CSEM et de nombreux cas où la dépense n’est accompagnée d’aucun reçu justificatif. On note aussi, à titre d’exemple, des factures de 552 $ et de 639 $ pour des cadeaux sous forme de chocolat en décembre 2016 et 2017, respectivement, des «cadeaux des fêtes payés par les fonds publics [qui] s’ajoutent aux repas de Noël payés aux employés de l’administration de la CSEM durant les mois de décembre de chaque année».

Ne pas «museler» l’action juridique

Cependant, la tutelle n’est que partielle, le ministre voulant laisser au conseil des commissaires la pleine autonomie en matière de poursuites judiciaires. La commission scolaire a déposé à la fin octobre une requête en Cour supérieure afin de faire invalider les articles de la loi 21 sur la laïcité qui interdisent au personnel enseignant et à la direction des écoles de porter un signe religieux dans le cadre de leurs fonctions. En septembre, elle en avait déposé une autre pour contester le transfert d’écoles à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’île.

La tutelle — qui doit durer six mois, mais qui est renouvelable — sera assumée par la vice-présidente du conseil d’administration du CIUSSS Centre-Sud et ex-députée fédérale de Notre-Dame-de-Grâce-Lachine, Marlene Jennings.

Mme Jennings assumera donc toutes les fonctions et tous les pouvoirs du conseil des commissaires «à l’exception de son pouvoir d’intenter et de gérer toute procédure devant un tribunal judiciaire». Le ministre lui a également demandé de présenter un plan de redressement de l’administration de la commission scolaire.

La CSEM accuse

La commission scolaire avait réagi mercredi matin avant même l’annonce, par voie de communiqué dont les propos ont été repris par son vice-président Joe Ortona, en après-midi.

«Le gouvernement de la CAQ déploie des efforts hors du commun pour discréditer la Commission scolaire English-Montréal», pouvait-on lire dans le communiqué diffusé en début de journée.

La CSEM reproche surtout au ministre d’avoir multiplié les sorties la visant sans lui remettre le rapport d’enquête du ministère de l’Éducation. Elle reproche également au Conseil du Trésor d’avoir coulé son rapport aux médias sans y inclure les explications que l’institution a fournies pour expliquer les observations de ses enquêteurs.