Éducation

Fin de la grève à l'Université TÉLUQ

Une entente de principe est survenue vendredi entre l’Université TÉLUQ et le syndicat des personnes tutrices pour mettre fin à la grève et conclure une nouvelle convention collective.

Les 200 tuteurs de la TÉLUQ étaient en grève depuis le mois de février, notamment contre la sous-traitance. «Il s'agit d'une excellente nouvelle pour les étudiants de notre université. Je tiens à remercier, pour leur patience et leur compréhension, tous les étudiants dont le cheminement a été entravé par ce conflit de travail. (…) Je salue également toutes les personnes - tant du côté patronal que syndical ainsi que les conciliateurs - qui ont participé au blitz de négociations des derniers jours et qui ont travaillé avec acharnement afin de trouver un règlement à la satisfaction des deux parties», a indiqué par voie de communiqué André G. Roy, directeur général par intérim.

Les personnes tutrices reprendront le travail en début de semaine prochaine. Les informations pour les étudiants concernant la correction des travaux et examens en attente et la réouverture des inscriptions seront disponibles au teluq.ca dès mardi.

Éducation

36 millions$ pour quatre projets de rénovation et construction d’écoles à Québec [VIDÉO]

Plus de 36 millions $ seront investis par le gouvernement caquiste pour quatre projets de rénovation ou de construction dans les écoles de la région de la Capitale-Nationale. Cette nouvelle rassure grandement le personnel du secteur scolaire.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, avait déjà annoncé l’investissement de 1,7 milliard $ pour les 128 projets d’ajout d’espace soumis par les écoles du Québec.

Mardi, en conférence de presse à l’école secondaire Cardinal-Roy, la vice-première ministre et responsable de la région de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, a annoncé la part de ce montant pour sa région. 

«On veut faire de l’éducation la priorité nationale et ça commence par avoir de l’espace pour mettre nos enfants dans les classes. Il y aura éventuellement des annonces pour l’embellissement des écoles. Nous avons choisi de miser sur l’avenir de nos enfants, c’est pourquoi nous investissons aussi massivement en éducation, d’une manière qui est du jamais vu», indique la ministre de la Sécurité publique.

La totalité des projets déposés par les écoles qui ont été acceptés par le ministère de l’Éducation, tous les projets dont le besoin d’espace additionnel a été reconnu. L’an dernier, le gouvernement libéral avait accepté 55 projets. 

Besoins criants

La directrice de l’école secondaire Cardinal-Roy, Élizabeth Fortin, s’est dite émue après l’annonce de la ministre. Plusieurs de ses collègues enseignants avaient interrompu leurs vacances afin d’assister à la conférence de presse.

«C’était un peu inespéré. On avait demandé autrefois l’agrandissement et on n’était pas du tout dans les critères du ministère... On s’était fait dire : “Oubliez ça.” Il a fallu faire des compromis et c’était plus difficile dans l’école. C’était pour trois secteurs différents avec des besoins bien différents, et il fallait choisir. Là, tous les secteurs vont pouvoir cohabiter et se développer, il n’y aura pas de chicane», se réjouit la directrice.

Cet agrandissement devrait être prêt après trois ans de travaux. D’ici là, les élèves et le personnel continueront de jouer des coudes.

«On a tout converti les locaux qu’on pouvait. Cet été, on a des unités mobiles en arrière pour accueillir quatre classes. On doit dire non à certains nouveaux élèves, mais ça va changer dans trois ans», ajoute Mme Fortin.

Avec plus de 15 millions $, l’école pourra se doter d’un agrandissement — nécessaire depuis plusieurs années — et procédera au réaménagement de l’amphithéâtre du Centre de formation professionnelle Wilbrod-Bherer.

L’école secondaire Joseph-François-Perreault à Sainte-Foy, elle aussi avec plus de 15 millions $ en poche, agrandira également ses locaux. 

Finalement, presque 3 millions $ du montant iront dans l’ajout de cinq classes au projet de construction d’une école primaire Lab-École, toujours pour la commission scolaire de la Capitale.

Une nouvelle école dans Charlesbourg

Un montant de 2 millions $ ira à la mise à l’étude du projet de construction d’une école secondaire à Charlesbourg, pour la commission scolaire des Premières-Seigneuries. Il s’agit de la première étape, d’autres investissements suivront.

«Un dossier d’opportunité, c’est une étape préliminaire dans les projets d’infrastructures. On va développer le programme fonctionnel des techniques [PFT] de manière très précise», assure le député de Charlesbourg, Jonatan Julien. 

Les besoins seront donc déterminés avec cette étude, notamment la localisation de l’école. Mme Guilbault soutient que l’objectif est que l’école soit livrée dans trois ans. 

Et les maternelles 4 ans?

Mme Guilbault informe que chaque projet présenté par les écoles a pris en compte le développement éventuel des classes de maternelle 4 ans.

«Les commissions scolaires doivent déposer chaque automne leurs besoins en ajout d’espace. À notre arrivée au gouvernement, mon collègue Jean-François Roberge a demandé aux commissions scolaires de prendre en compte le développement éventuel des classes de maternelle 4 ans dans ce besoin d’espace additionnel, chose qui a été faite», assure-t-elle.  

Éducation

Quatorze polyvalentes ouvriront leurs portes d’ici 2022

Le gouvernement Legault vient de lancer des appels d’offres pour la construction de 14 nouvelles écoles secondaires dans 10 commissions scolaires de la province. Les nouvelles installations, qui coûteront au total 1,1 milliard de dollars, seront livrées pour septembre 2022.

Trois appels d’offres pour des services professionnels en architecture, en génie civil et structure de même qu’en génie mécanique et électrique ont été publiés vendredi par la Société québécoise des infrastructures (SQI), qui rappelle que l’effectif scolaire va en augmentant dans plusieurs régions du Québec, particulièrement en milieu urbain. 

«Un déficit d’espace important est appréhendé au sein de plusieurs commissions scolaires au cours des prochaines années, obligeant le MEES [ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur] à solliciter des investissements majeurs pour doter le réseau de nouvelles infrastructures qui permettront de répondre à la demande. La construction de 14 écoles est la solution préconisée par le MEES et le gouvernement du Québec pour pallier au déficit d’espace des 10 commissions solaires qui sont soumises à une forte augmentation de leur effectif», expose la SQI.

Les 14 nouvelles écoles secondaires seront réparties sur les territoires des commissions scolaires Marguerite Bourgeois (Île des Sœurs, Lasalle et Nord-Ouest de Montréal), des Trois-Lacs (Saint-Zotique et Vaudreuil), de la Seigneurie-des-Mille-Îles (Mirabel), des Affluents (Terrebonne), de la Rivière-du-Nord (Saint-Jérôme), des Patriotes (Chambly), de Laval (emplacement à déterminer à Laval), de la Pointe-de-l’Île (deux emplacements à déterminer à Montréal), des Chênes (Drummondville) et des Premières-Seigneuries (Charlesbourg). 

Approche durable

Selon les besoins établis par le MEES, les nouvelles écoles devront être conçues pour recevoir 30, 40 ou 66 groupes d’élèves, mentionne-t-on dans les appels d’offres. Tous les bâtiments, qui seront identifiés avec une «signature architecturale type» et qui intégreront l’approche de développement durable du gouvernement du Québec, devront être mis en service entre la fin de 2021 et septembre 2022. 

Le 17 juin, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait annoncé une enveloppe de 1,7 milliard $, déjà prévue au budget, pour la construction ou l’agrandissement d’écoles primaires et secondaires dans la province. Il disait alors prévoir 128 nouveaux projets «d’ajout d’espace», dont 51 nouvelles écoles, les autres projets étant des agrandissements ou la conversion de bâtiments existants en écoles. Selon lui, ces projets devraient permettre l’ajout de 1000 nouvelles classes au primaire et au préscolaire (environ 23 000 élèves) et de 21 500 «places-élèves» au secondaire. 

Le ministre avait aussi mentionné que la construction des nouvelles écoles se ferait dans des délais «jamais vus», soit deux ans pour les écoles primaires et trois ans pour les écoles secondaires.

Éducation

Les Navigateurs quittent la Fédération des commissions scolaires

Prête à collaborer avec le gouvernement pour réformer la gouvernance du réseau de l’éducation, la Commission scolaire des Navigateurs (CSDN) annonce sa désaffection de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) qu’elle juge braquée.

Les établissements primaires et secondaires de la Rive-Sud de la capitale évaluent donc qu’il vaut mieux participer à la réflexion de la Coalition avenir Québec, notamment sur les impopulaires élections scolaires, que de militer pour le statu quo. «Nous voulons ouvrir ce débat-là et examiner d’autres possibilités», explique le président de la CSDN, Jérôme Demers, en entrevue téléphonique. «Si on se limite au suffrage universel, on écarte plein de possibilités qu’on n’a pas pris le temps d’examiner.»

Le conseil de la CSDN s’affiche donc en désaccord avec la Fédération des commissions scolaires du Québec qui poursuit l’organisation du prochain scrutin national. «Une divergence d’opinions» assez forte pour que les élus de la Rive-Sud aient choisi, mardi soir, de se désaffilier de la fédé.

«Ce n’est pas une décision frivole ou sur le coup de l’émotion», assure Jérôme Demers. «On préfère porter notre message de notre côté. Et la Fédération pourra porter le sien de son côté ; nous on n’est pas en situation d’affrontement, au contraire.»

Le président de la CSDN souhaite donc livrer sa vision directement au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. «On trouve que cette façon de faire là est plus efficace pour nous actuellement parce que notre message diverge de celui de la Fédération.»

Jérôme Demers et son équipe entendent peaufiner leur dossier afin de faire une proposition concrète au gouvernement fin août, pour la rentrée scolaire.

Éducation

Les enfants inattentifs ont ensuite des carrières moins lucratives

MONTRÉAL - Des garçons et des filles faisant preuve d’inattention à la maternelle mènent une carrière moins lucrative 30 ans plus tard, a constaté une équipe internationale dirigée par des chercheurs de l’Université de Montréal.

Les garçons et les filles de cinq et six ans inattentifs à la maternelle sont plus nombreux à déclarer des revenus moindres que ceux des autres membres de leur cohorte lorsqu’ils atteignent l’âge de 33 à 35 ans.

Par contre, les garçons les plus «prosociaux» (ils aident les autres, sont prévenants et participent volontiers aux projets pédagogiques) s’orientent en plus grand nombre vers une carrière plus payante que la moyenne.

La responsable de l’étude qui paraît cette semaine dans JAMA Psychiatry, Sylvana Côté, a expliqué dans un communiqué qu’»à l’échelle d’une carrière de 25 ans, les différences peuvent atteindre 77 000 $». Et tout ça ne peut pas être expliqué par l’intelligence ou par le quotient intellectuel, puisque les chercheurs assurent avoir tenu compte de ces variables.

Les différences sont significatives entre les groupes étudiés, mais les raisons précises qui expliquent ces disparités sont encore difficiles à déterminer, a-t-elle ajouté.

Elle précise que les problèmes d’inattention mènent plus souvent que les autres problèmes identifiés au décrochage scolaire et à des difficultés d’adaptation entre le préscolaire et l’entrée sur le marché du travail. Par contre, les enfants «prosociaux» semblent avoir une trajectoire qui les mène vers une carrière plus lucrative.

Ce serait la première fois que la «prosocialité» est étudiée dans une enquête de ce genre et son effet positif a causé une certaine surprise au sein de l’équipe.

«Nous nous attendions à constater des différences entre les garçons et les filles et nous en avons trouvé d’importantes, a commenté la professeure Côté dans le communiqué. Mais au chapitre des prédicteurs, nous nous attendions à ce que l’hyperactivité et les comportements perturbateurs tels que l’agression et l’opposition ressortent comme les variables les plus significatives. En réalité, les problèmes de comportement se sont moins distingués que l’inattention.»

Ces conclusions ont été obtenues grâce à une étude qui s’est étendue sur plus de trois décennies, fondée sur les données recueillies par le Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant auprès de plus de 3000 enfants qui fréquentaient la maternelle en 1985. Les comportements ont été précisés par leurs enseignants au moyen de questionnaires distribués à divers moments.

On a retrouvé ces enfants en 2015 au mitan de leur vie professionnelle et on a calculé les écarts salariaux d’un individu à l’autre.

Les auteurs écrivent que leur étude «démontre que l’inattention pendant l’enfance est associée à un des résultats défavorables à long terme, notamment des revenus plus faibles au cours d’une carrière».

Ils ajoutent qu’un suivi précoce et une prise en charge des enfants très inattentifs et des garçons qui affichent rarement des comportements prosociaux «pourraient résulter en des avantages socioéconomiques à long terme pour les individus et pour la société».

Toutes catégories confondues, les femmes gagnent 70 pour cent du salaire des hommes quand on les retrouve trois décennies après la maternelle.

Éducation

Maternelles 4 ans: le plan de match gardé secret

Le plan de match détaillé du gouvernement Legault dans le dossier des maternelles 4 ans demeure un secret bien gardé.

Si on se fie aux réponses obtenues par La Presse canadienne, à la suite de demandes écrites formulées en vertu de la loi d’accès à l’information, le ministère de l’Éducation tient à rester bien discret sur sa démarche visant à implanter un réseau universel de maternelles 4 ans sur tout le territoire du Québec d’ici cinq ans.

De l’ensemble des informations transmises au cours des derniers jours, on trouve des documents largement caviardés, de la correspondance sans intérêt public et des documents déjà rendus publics.

Surtout, le ministère a refusé de transmettre plusieurs informations requises, invoquant divers motifs.

Dans certains cas, le ministère dirigé par Jean-François Roberge s’est opposé parce qu’il s’agissait de «documents du cabinet du ministre», dans d’autres cas, parce qu’ils étaient «produits pour son compte».

Ou encore, des documents ne pouvaient être acheminés supposément parce qu’il s’agissait «d’analyses, de recommandations et d’avis effectués dans le cadre d’un processus décisionnel en cours», écrit la responsable de l’accès aux documents du ministère dans sa réponse.

Ces réponses ont été fournies deux mois après l’envoi des demandes, donc bien après la limite légale fixée à 30 jours maximum.

Questionné au sujet du délai déraisonnable, la semaine dernière, le ministre Jean-François Roberge avait déclaré qu’il n’avait «rien à cacher» et que les réponses seraient fournies rapidement.

La demande d’accès visait à mieux comprendre la position gouvernementale dans ce dossier d’actualité.

L’idée consistait à consulter tout document - études, avis d’experts, analyses, rapports, sondages internes, etc. - pouvant justifier la position du gouvernement sur, notamment, la pertinence de doter le Québec d’un tel réseau, l’évaluation des coûts d’implantation, la planification du déploiement, l’arrimage prévu avec le réseau des Centres de la petite enfance (CPE), l’intérêt des parents pour un tel service, la faisabilité du projet et l’évaluation de la disponibilité du personnel requis (enseignants et professionnels).

Engagement

La création, d’ici cinq ans, d’un réseau universel de prématernelles quatre ans figurait parmi les principaux engagements de la Coalition avenir Québec (CAQ) durant la dernière campagne électorale, en vue de mieux détecter les troubles d’apprentissage chez l’enfant.

Depuis l’élection de la CAQ en octobre, les partis d’opposition remettent en question ce choix, jugeant que le projet est mal ficelé, coûteux, et susceptible de nuire au développement des CPE.

Le coût estimé, par les caquistes, de chaque nouvelle classe de maternelle 4 ans est passé de 122 400 $, en campagne électorale, à 800 000 $, soit six fois plus, une fois au pouvoir.

En campagne électorale, la CAQ prévoyait que 90 % des enfants de 4 ans fréquenteraient les nouvelles prématernelles, un scénario révisé à la baisse depuis, alors qu’on vise désormais 50 %.

Pressé, le gouvernement va de l’avant, même si la loi devant encadrer le déploiement du réseau n’est toujours pas adoptée. Le ministre Roberge a déposé son projet de loi 5 en février, et l’étude détaillée devrait se faire seulement à l’automne.

D’ici là, le ministre Roberge promet que les bambins de 4 ans pourront fréquenter l’une des 250 nouvelles classes promises pour la rentrée de cet automne. On ne sait toujours pas combien d’enfants y seront inscrits.

On compte actuellement 394 classes de maternelles 4 ans en milieu défavorisé. Avec l’ajout des 250 classes annoncées, pour tous les milieux, on devrait en compter 644, au total, avant la fin de l’année. Le premier ministre François Legault en veut 5000 d’ici la fin de son premier mandat.

Ce sont les commissions scolaires — des organisations que le gouvernement s’est engagé à abolir — qui seront chargées d’offrir le nouveau service préscolaire.

La consultation menée au printemps autour du projet de loi a permis de cerner certains enjeux qui risquent de compliquer les choses, dont la difficulté de recruter des enseignants et des professionnels (orthophonistes, psychoéducateurs, etc.) et le manque d’offre de locaux, notamment.

Dans le dernier budget, on a réservé 436 millions $ pour déployer 3400 classes d’ici cinq ans, ce qui exclut cependant la construction de locaux.

En parallèle, pour s’assurer que les classes ne seront pas vides, le ministère mènera d’ici le mois d’août une campagne de promotion des maternelles 4 ans auprès des parents de jeunes enfants, tant dans les médias traditionnels que sur des plateformes Web comme Facebook et Google. Le coût : 70 000 $.

La Capitale

L’ouverture du campus de l’école 42 dans Saint-Roch reportée

Une école de programmation informatique unique au Canada ouvrira ses portes en avril 2020 dans le quartier Saint-Roch à Québec, au lieu de septembre 2019.

«On n’est pas les seuls à avoir levé la main pour avoir une antenne de l’école 42 à Paris. Il y avait des demandes d’un peu partout dans le monde», explique Dominic Goulet, directeur général de Québec numérique, l’organisme sans but lucratif qui dirigera le campus québécois de l’école 42.

L’ouverture est donc retardée de quelques mois, mais le délai permettra au campus de Québec de s’inscrire dans un réseau mondial de 20 écoles alternatives. «Il y a un principe de mobilité des jeunes qui s’inscrivent. Après un an par exemple, ils pourront faire une demande pour aller terminer leur apprentissage ailleurs dans le monde. Pour nous, c’est une façon d’attirer des gens de l’international qui vont peut-être devenir de la future main-d’œuvre pour Québec», exprime M. Goulet. 

Contrer la pénurie

L’objectif de cette école est de contrer la pénurie de programmeurs informatiques en attirant des étudiants qui n’ont pas le goût de suivre un parcours éducatif traditionnel. Sans horaire de cours ni enseignant, l’école 42 se base sur un parcours d’apprentissage par projets, inspiré des niveaux à passer dans un jeu vidéo. L’école est ouverte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et les étudiants évoluent à leur rythme. 

L’école accueillera des cohortes de 200 étudiants par année et aura la capacité de s’ajuster à la hausse si la demande est très forte. D’ici 2022, l’école 42 prévoit veiller sur 600 apprenants. 

L’emplacement exact de ce lieu d’apprentissage reste à déterminer, mais ce sera dans le quartier Saint-Roch, assure M. Goulet. La recherche du local idéal est toujours en cours. 

Si la pédagogie sera importée de la France, Québec numérique a bien l’intention de donner une «saveur locale» à son école, en développant des projets qui concernent le monde de l’assurance et celui des jeux vidéo, deux secteurs qui embauchent massivement à Québec. 

L’inscription à cette école est 100 % gratuit et n’exige aucun pré-requis. La moitié des places sera réservée aux femmes. «On veut former une nouvelle génération de programmeurs bienveillants et éthiques», souligne M. Goulet. 

Le dg de Québec numérique indique qu’un partenariat public-privé permettra de financer le déploiement de cette école, mais il reste pour le moment discret quant à l’identité des partenaires financiers. Le gouvernement du Québec et la Ville de Québec ont été approchés.

La formule de l’école 42 remporte un grand succès depuis son ouverture en 2013 à Paris. Même si aucun diplôme officiel n’est décerné à la fin du parcours, les entreprises françaises embauchent massivement les étudiants de 42. 

En plus de Québec, des campus ouvriront notamment en Belgique, en Finlande, au Maroc, en Espagne, en Russie, en Indonésie, au Japon et en Colombie.

Éducation

Québec investit 1,7 milliard $ dans l’éducation primaire et secondaire

CHAMBLY — Québec passe de la parole aux actes avec un investissement massif dans le réseau d’éducation primaire et secondaire.

Le ministre de l’Éducation, Jean-Francois Roberge, a annoncé lundi à Chambly, en Montérégie, un investissement de 1,7 milliard $ pour l’ajout d’espace en classe dès 2019-2020.

L’argent ira à 128 projets distincts qui se traduiront par l’ajout de 1000 classes au niveau préscolaire et primaire et de plus de 21 500 places au niveau secondaire.

Le ministre Roberge annonce du même coup des modifications aux règles de financement du ministère afin de permettre le démarrage de projets dès cet été.

En vertu de cette nouvelle méthode de planification pluriannuelle, 29 projets profiteront rapidement d’une enveloppe représentant 10 % de leur coût total pour ce démarrage hâtif, financement qui pourra être complété lorsque les commissions scolaires seront en mesure de passer aux autres étapes de réalisation.

Le ministre Roberge a procédé à l’annonce à l’école secondaire de Chambly, dans sa circonscription du même nom, école qui obtiendra 10 millions $ pour un agrandissement qui lui permettra d’intégrer les classes de 4e et 5e secondaire.

L’annonce comprenait le dévoilement des sommes consenties pour la Montérégie, où 22 projets issus des sept commissions scolaires du territoire recevront un total de 154 millions $. D’autres annonces sont attendues pour les autres régions de la province.

Éducation

Un comité fédéral ne recommande pas la ceinture obligatoire dans les autobus scolaires

OTTAWA — Un comité de députés fédéraux qui ont mené une enquête sur la sécurité des passagers d’autobus au Canada a décidé de ne pas recommander l’installation de ceintures de sécurité dans les autobus scolaires canadiens, et insiste sur la nécessité de mener une étude plus approfondie sur le sujet.

Le Comité des transports de la Chambre des communes avait ouvert une enquête sur la sécurité dans les autobus, dont les véhicules scolaires, dans la foulée de l’accident d’autocar des Broncos de Humboldt en Saskatchewan, qui avait fait 16 morts et 13 blessés.

Le rapport final du comité comprend plusieurs recommandations pour améliorer la sécurité des autobus de passagers, dont les autocars et les autobus urbains.

Les députés concluent toutefois que les données contradictoires d’experts sur les ceintures de sécurité soulignent la nécessité d’étudier davantage cette question.

De telles ceintures de sécurité ne sont ni une panacée ni la seule solution pour accroître la sécurité des autobus scolaires, indiquent-ils, tout en reconnaissant qu’elles peuvent prévenir certains types de blessures.

Gary Lillico, un chauffeur d’autobus scolaire de la Colombie-Britannique qui militait pour imposer ces ceintures de sécurité, dit être déçu que les députés rejettent cette avenue malgré les nombreuses preuves qu’ils ont entendues.

Éducation

Il n'y aura pas de commission Parent 2.0, répond Legault à QS

L'idée de Québec solidaire (QS) d'instaurer une commission Parent 2.0 pour examiner l'état actuel du système d'éducation se bute à un obstacle majeur : le refus du premier ministre François Legault.

Sans se laisser décourager, la députée Christine Labrie, de QS, affirme qu'elle continuera de mettre de la pression sur le gouvernement. Elle soutient être appuyée par plusieurs groupes d'intérêts.

Éducation

Le transfert de trois écoles anglophones aura bel et bien lieu, annonce Roberge

La communauté anglophone de Montréal a été durement touchée par la réalité démographique de l’est de la ville, mardi, lorsque le ministre de l’Éducation a annoncé qu’il enclencherait le processus pour transférer trois écoles anglophones dans le système scolaire francophone.

Le ministre Jean-François Roberge a fait valoir qu’à compter du mois de septembre, il manquera 3000 places à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, alors que certaines écoles anglophones du même secteur seront presque à moitié vides.

«Une classe vide n’est utile à personne, a soutenu le ministre devant les journalistes. Il faut s’élever au-dessus d’un débat partisan ou un débat francophones versus anglophones.»

Mais un débat entre francophones et anglophones a bel et bien eu lieu mardi lorsqu’il a annoncé sa décision en entrevue à la station radiophonique 98,5 FM, avant même d’en informer d’abord la Commission scolaire English Montreal.

La commission scolaire a réagi en tenant une conférence de presse pour dénoncer cette «trahison».

«Je trouve que c’est cavalier, parce que nous avons une communauté, des parents qui attendent de savoir où vont leurs jeunes, des employés qui attendent de savoir ce qui va se passer», a déclaré Angela Mancini, présidente de la commission scolaire.

«Je pense que ça aurait été important que le ministre prenne l’opportunité de nous parler pour qu’on puisse, nous, préparer notre communauté», a-t-elle ajouté.

Le poids démographique des communautés anglophones du Québec a diminué au cours des dernières décennies, mais Montréal a gardé sa masse critique de centaines de milliers d’anglophones. L’est de la ville compte cependant une population croissante d’immigrants, dont les enfants ne peuvent entrer dans le système scolaire anglophone en vertu de la loi.

Aucune entente avant l’échéance

Le mois dernier, le ministre de l’Éducation du Québec avait donné aux commissions scolaires anglophone et francophone du secteur jusqu’au 10 juin pour qu’elles négocient un accord visant à réduire la surpopulation dans les écoles francophones.

«Comme l’échéance d’hier est passée, on enclenche le processus qui va mener à une prise de décret au conseil des ministres. Ce n’est vraiment pas de gaieté de cœur», a souligné le ministre.

C’est la deuxième fois en six mois que le gouvernement utilise une disposition de la Loi sur l’instruction publique qui autorise les transferts forcés. Plus tôt, c’était une école secondaire anglophone de l’ouest de l’île de Montréal qui avait dû être transférée dans le système francophone.

M. Roberge s’est dit ouvert à écouter toute proposition de dernière minute qui pourrait éviter le transfert.

En mai, une lettre du ministre à la commission scolaire anglophone avait été révélée dans les médias. Le ministre disait à la commission scolaire qu’il comptait transférer les trois écoles de Montréal - les écoles primaires General Vanier et Gerald McShane, ainsi que l’école secondaire John Paul I - dans le système francophone en septembre prochain.

Un jour après la publication de la lettre, le ministre Roberge se disait déçu que l’information ait circulé publiquement. Il avait déclaré que les négociations sur la réduction de la surpopulation se poursuivaient depuis des années sans arriver à une solution et que les commissions scolaires avaient encore un mois pour parvenir à un accord.

Selon Mme Mancini, cette lettre envoyait le message à la commission scolaire francophone qu’elle n’avait pas à négocier, car le gouvernement prévoyait procéder au transfert ultimement.

Une cohabitation?

Mme Mancini indique que sa commission scolaire a proposé plusieurs solutions, dont la cohabitation avec la commission scolaire francophone, mais les parties ne sont pas arrivées à une entente.

Le ministre Roberge parle de la cohabitation comme d’une solution uniquement «à court terme».

«Ce n’est pas des conditions idéales, si on veut faire la francisation des nouveaux arrivants, quand on est dans une école où il y a plusieurs anglophones en même temps, a-t-il expliqué. Ce n’est pas l’idéal, mais à court terme, ça peut nous aider.»

L’Association des commissions scolaires anglophones du Québec accuse toutefois le gouvernement de pénaliser la communauté.

Russell Copeman, directeur général de l’association, affirme que son regroupement et la commission scolaire examinent leurs options, dont la contestation judiciaire - selon lui, la communauté anglophone a le droit constitutionnel de contrôler et de gérer son système scolaire.

«Nous préférerions, de loin, une entente négociée, a indiqué M. Copeman. Ce gouvernement ne semble pas vouloir laisser le système faire ce qu’il doit faire en temps opportun pour résoudre ces problèmes.»

Éducation

Élèves autistes: Roberge promet des moyens additionnels

MONTRÉAL — Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est dit touché par sa visite de l’école l’Étincelle, lundi matin à Montréal.

C’est cette école offrant des services aux jeunes élèves autistes, qui a récemment fait la manchette lorsque Radio-Canada a révélé que des enfants y étaient mis dans un placard pour les calmer lors de situations de crise.

Le ministre s’est dit malgré tout rassuré par le fait qu’à court terme, des travaux d’aménagement seront effectués dès cet été et que le nombre d’élèves sera diminué pour la rentrée de septembre.

Il a reconnu à l’issue de sa visite que l’environnement actuel de l’école l’Étincelle n’est pas adapté à la clientèle qu’elle doit desservir, pas plus qu’elle ne répond aux besoins des professionnels qui y oeuvrent.

Au-delà des mesures à court terme, le ministre Roberge a admis qu’à moyen terme, il faudra soit une école entièrement rénovée et adaptée, soit la construction d’une nouvelle école dédiée.

Aussi en dehors de Montréal

Plus encore, le ministre a promis des ressources aux commissions scolaires en dehors de Montréal qui en feront la demande pour desservir cette clientèle. De nombreux parents de l’extérieur n’ont d’autre choix que de s’attacher aux services dans la métropole, ceux-ci n’étant pas disponibles dans leurs régions.

Jean-François Roberge a invité les commissions scolaires à lui envoyer des demandes en ce sens, promettant qu’elles seront «agréablement surprises par l’ouverture du gouvernement».

Éducation

Une pionnière des Forces armées honorée par l’Université Laval

Jennie Carignan est la plus haute gradée militaire au Québec, et demeure la première femme à commander une unité de combat dans l’histoire des Forces armées canadiennes. L’Université Laval l’a honorée dimanche, en lui remettant un doctorat honoris causa en administration des affaires lors de la collation des grades 2019.

«Je suis extrêmement touchée du geste de l’Université Laval, et en même temps très fière. Comme militaire, on fait beaucoup de travail dans l’ombre, on fait beaucoup de travail de préparation. On n’est pas nécessairement toujours en avant-plan. Et d’être reconnue à l’extérieur du monde militaire, par notre communauté, c’est extrêmement significatif», a-t-elle partagé en entrevue avec Le Soleil. 

Visiblement très émue, Mme Carignan a voulu transmettre aux étudiants finissants, lors de son discours, trois leçons qu’elle a apprises au cours de sa carrière. Elle a d’abord commencé son discours par une histoire, un moment marquant vécu à ses débuts dans les forces militaires, et elle a poursuivi par les réflexions qu’elle en a tiré.

«Premièrement, il faut toujours garder ses outils bien aiguisés, surtout celui entre les deux oreilles, parce que l’on sait jamais quand on va avoir besoin d’une habileté ou d’une connaissance. La deuxième chose, on ne peut jamais prévoir comment une situation va tourner. On se prépare donc du mieux qu’on peut, et ensuite on fait avec ce qui nous est envoyé. Parfois, ça nous force à changer notre plan et nos objectifs en cours de route. Troisièmement, on règle un obstacle à la fois, on règle une chose à la fois et ensuite on passe à la suivante sinon c’est une grande montagne qui se trouve devant nous, et on ne peut pas attaquer une montagne d’un coup.»

Mme Carignan, qui est présentement brigadier-général et commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est) et qui dirige pas moins de 10 000 soldats, souhaitait s’adresser aux étudiants en se remettant à leur place, au début de son apprentissage.

«Coup de cœur»

En plus de ses études de deuxième cycle en administration des affaires à l’Université Laval, Mme Carignan est diplômée en génie des combustibles et des matériaux du Collège militaire royal du Canada. Elle est également diplômée du United States Army Command and General Staff College et de la School of Advanced Military Studies, où elle a obtenu une maîtrise en arts et sciences militaires.

«Mme Carignan, c’est le coup de cœur de la Faculté des sciences de l’administration. Avec toute sa carrière, elle aurait pu recevoir un diplôme d’autres facultés, a partagé la rectrice de l’Université Laval Sophie D’Amours. Les grandes qualités, le leadership, de Mme Carignan sont exceptionnelles. Dans les Forces armées, elle a fait sa marque comme personne. Et on reconnaît des gens qui atteignent des sommets extrêmement élevés dans leur carrière, mais on reconnaît avant tout des personnes qui ont une approche humaniste dans leur travail. On veut qu’un plus grand nombre de personnes découvrent cette femme d’exception et s’en inspire.»

Mme D’Amours a ajouté qu’il devenait important pour l’institution de souligner l’importance des Forces canadiennes, notamment en raison de leur intervention lors des graves inondations de ce printemps. 

Au total, 11 000 diplômes seront remis à des finissants de premier, deuxième et troisième cycles cette année. Les cérémonies se déroulent à l’amphithéâtre-gymnase Desjardins, situé dans le pavillon de l’Éducation physique et des Sports (PEPS) de l’Université Laval. 

Outre Mme Carignan, l’Université Laval honore sept autres personnalités exceptionnelles d’un doctorat honoris causa. Les récipiendaires de la première fin de semaine sont la professeure de médecine dentaire à l’Université McGill Jocelyne Sheila Feine, la professeure de sciences infirmières à l’Université d’Utah Janice Morse et l’explorateur et conférencier Bernard Voyer. La semaine prochaine, les projecteurs seront tournés vers la philosophe Catherine Larrère, le géographe Henri Dorion, ainsi que l’honorable Louise Otis, la médiatrice et arbitre en matière civile et commerciale, et l’honorable Margaret Norrie McCain, présidente du conseil d’administration de la Fondation de la famille Margaret et Wallace McCain.

Éducation

Une commission Parent 2.0?

Les gains obtenus en éducation grâce à la commission Parent des années 1960 se sont «effrités», si bien que le Québec se trouve désormais sur une «pente glissante», estime Québec solidaire (QS), qui considère le moment venu de refaire l’exercice.

La formation politique de gauche souhaite rassembler tous les partis représentés à l’Assemblée nationale, ainsi que les acteurs du réseau, autour d’une commission Parent 2.0 pour que le Québec se dote d’une vision globale en éducation, a appris La Presse canadienne.

Actuellement, les décisions tant sur les contenus d’enseignement que sur les méthodes d’évaluation et l’organisation du quotidien se prennent à la pièce, a déploré en entrevue la porte-parole de QS en éducation, Christine Labrie.

«Le système d’éducation craque de partout en ce moment», signale-t-elle, en mettant au défi le ministre caquiste de l’Éducation, Jean-François Roberge, d’accepter sa proposition et d’instaurer une commission d’enquête, qui pourrait devenir son legs politique.

Présidée par Monseigneur Alphonse-Marie Parent en 1961, la commission Parent a été l’un des piliers de la Révolution tranquille. Son but premier était la démocratisation et la hausse du taux de scolarisation.

Véritable force de changement, le rapport Parent de 1963-64 a notamment recommandé la création du ministère de l’Éducation et des cégeps, la scolarisation obligatoire jusqu’à 16 ans, la formation poussée des enseignants et l’accès facilité aux universités.

Surtout, il a promu l’égalité des chances, souligne Mme Labrie, qui estime ce concept malmené depuis des années avec l’arrivée entre autres des programmes particuliers. En 2016, le Conseil supérieur de l’éducation a décrété que l’école québécoise est la plus inégalitaire au pays.

Assise dans son bureau du parlement, Christine Labrie confie qu’elle a beaucoup réfléchi à cette question, d’abord en tant que citoyenne et mère de trois enfants, puis à titre de députée de Sherbrooke.

«Ce qu’on avait réussi à construire dans les années 1960-70 en implantant les recommandations du rapport Parent, ça s’est effrité au fil des années, et c’est pour ça qu’on est dû pour une nouvelle réflexion qui va tenir compte de la réalité d’aujourd’hui.»

Pour étayer son propos, Mme Labrie évoque la nouvelle loi qui encadre les frais scolaires, mais qui laisse le coût des programmes particuliers (sports-études, arts-études) libres d’augmenter. «Il y a vraiment une pente glissante qu’on vient d’entamer parce qu’on vient d’écrire dans la Loi sur l’instruction publique que c’est permis de charger des frais aux parents pour des programmes particuliers. La multiplication des programmes particuliers met des barrières à l’accès. (...) Notre principal outil d’égalité des chances, (c’est) l’éducation. Si on nous dit qu’on n’est pas en train d’atteindre l’égalité des chances avec notre système d’éducation, comment va-t-on s’y prendre?»

Manque de données

Les forums, colloques et états généraux, dont les derniers remontent à 1995 sous Jacques Parizeau, n’ont pas suffi, insiste la députée et doctorante en études des femmes. «Tout le monde repart en se disant: «Ah oui, c’était extraordinaire, on a fait de belles réflexions», et après ça le gouvernement dit: «C’était bien intéressant» et il ne le fait pas, tu sais.»

Ce n’est pas mieux d’avoir un gouvernement qui pense avoir trouvé toutes les solutions, d’après elle. Avant de forcer l’adoption de projets de loi sur la maternelle 4 ans et l’abolition des commissions scolaires, le gouvernement Legault devrait se donner un «véhicule» de «l’ampleur» d’une commission d’enquête, plaide-t-elle, afin d’examiner des questions telles que:

  • la composition des classes;
  • les conditions de travail des enseignants;
  • l’accès aux services professionnels;
  • le financement des écoles privées;
  • l’école en région.

La commission qu’elle s’imagine serait non partisane et prendrait environ deux ans pour faire le tour du Québec et émettre des recommandations, qui seraient contraignantes. Car le Québec manque également cruellement de données, selon Québec solidaire, qui note que le ministère de l’Éducation n’a même pas documenté le phénomène des programmes particuliers.

«Combien coûtent nos programmes particuliers? Quel pourcentage des élèves les fréquentent? Comment ça a évolué dans le temps (...) Ce serait quand même plus mobilisant (...) d’arriver à des constats qui sont fondés sur des données, (...) après ça, on pourrait agir de manière concertée, (...) au lieu d’avoir toujours des acteurs du réseau qui se braquent parce qu’on n’a pas pris en compte leurs priorités», clame-t-elle.

Selon Christine Labrie, le ministre Roberge se heurte actuellement à «des levées de boucliers sur à peu près tout ce qu’il a proposé en éducation et c’est très difficile pour lui». Elle lui soumet qu’il n’est pas trop tard pour prendre du recul.

Éducation

La méditation gagne du terrain dans les écoles du Québec

MONTRÉAL — Maux de ventre, gorge serrée, sanglots, ongles rongés jusqu’au sang... Les élèves des écoles primaires du Québec semblent de plus en plus anxieux, et leurs enseignants se sentent souvent impuissants face à la situation.

Certains se tournent maintenant vers la méditation pour leur venir en aide.

«On voit vraiment un gain de popularité important en milieu scolaire depuis quelques années, qui dépasse la vitesse à laquelle on fait de la recherche», a confié la docteure Catherine Malboeuf-Hurtubise, du département de psychologie de l’Université Bishop’s.

Environ 12 pour cent des élèves du secondaire auraient reçu un diagnostic de trouble de santé mentale tel que l’anxiété, la dépression ou le déficit d’attention, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Elsa Monsché, qui enseigne au niveau primaire depuis plus de 20 ans dans l’est de l’île de Montréal, a implanté un programme de méditation dans sa classe de 5e année en septembre 2018.

«Je remarque depuis que j’enseigne que les enfants sont de plus en plus anxieux, a-t-elle dit. Ils ont de la difficulté à gérer leurs émotions reliées à l’anxiété et il y a beaucoup d’anxiété de performance. J’ai fait de l’anxiété au début de la quarantaine, et j’ai trouvé ça extrêmement difficile à gérer même si je suis une adulte. Quand ce sont des enfants en plus, ils ne savent pas encore comment bien gérer ça, donc je voulais les outiller pour en faire des adultes capables de gérer leur anxiété plus facilement que moi j’ai pu la gérer quand ça m’est arrivé.»

S’il est encore trop tôt pour mesurer l’impact exact qu’a la méditation sur le stress et l’anxiété des enfants, des constatations anecdotiques permettent de croire qu’ils sont nombreux à intégrer la pratique à leur vie quotidienne et à en retirer des bienfaits.

Enseignants démunis

«Les professeurs veulent implanter des interventions qui visent à ralentir le rythme un peu, a expliqué Mme Malboeuf-Hurtubise. Les profs nous disent qu’ils ne se sentent pas outillés pour aider leurs élèves à mieux gérer leur stress, à mieux gérer leur anxiété. Ils notent la détresse psychologique de leurs élèves et ils sont à la recherche d’outils qui pourraient les aider. Ils se sentent un peu démunis (...) et (la méditation) est un outil qu’on propose parmi plusieurs autres.»

Les ressources dont ils disposent à cette fin se multiplient.

Le manuel «Mission Méditation» développé par Mme Malboeuf-Hurtubise et le chercheur Éric Lacourse est très populaire auprès des enseignants du Québec.

Mme Monsché a plutôt suivi la formation offerte par l’Institut CIME.

«Le programme que j’ai suivi est fait pour des enfants de cet âge-là, a-t-elle expliqué. On amène ça tranquillement (...) un peu comme un outil. Les enfants se reconnaissent dans la situation de départ et dans le questionnement qui leur est amené.»

Mme Malboeuf-Hurtubise et ses collègues offrent de leur côté quatre ou cinq ateliers chaque année à l’intention des enseignants et autres intervenants en milieu scolaire.

«La formation est très expérientielle (...), a-t-elle dit. On leur fait vivre les méditations, on les fait méditer, et ensuite aussi on leur offre la possibilité de s’exercer, de méditer.»

Bien accueillie

La méditation pratiquée dans les écoles n’est pas celle des gens assis en cercle qui chantent «ahoummm» en faisant brûler de l’encens. Elle s’inspire plutôt de la méditation de la pleine conscience, qui appelle à faire une pause pour prendre pleinement conscience des émotions qui nous habitent en ce moment.

Mme Malboeuf-Hurtubise parle plutôt d’une «présence attentive», qui a été adaptée par le professeur Jon Kabat-Zinn à partir des écrits bouddhistes pour diminuer la douleur de ses patients et qui s’est tranquillement adaptée à l’enfance.

«Les enfants sont très ouverts d’esprit, très curieux, rappelle-t-elle. Le livre a été conçu pour proposer des activités qui ne sont pas trop arides pour les enfants, qui sont ludiques, qui sont concrètes, donc ils aiment ça.»

Tout cela vise à favoriser une meilleure santé mentale, ajoute la chercheuse. L’enfant qui est dans l’instant présent, qui prend le temps de se «déposer», de voir quelles émotions il ressent dans le moment présent, de prendre conscience de ses pensées et de ses sensations physiques sera ensuite plus à même de reconnaître les moments où il est plus anxieux et donc de briser «le processus de spirale d’anxiété qui prend beaucoup d’ampleur», a-t-elle dit.

Mme Monsché demande à ses enfants de méditer deux minutes après la récréation du matin et deux minutes en revenant du dîner. Les élèves ont aussi la liberté de méditer quand ils en ressentent le besoin.

«La méditation de l’arbre, la méditation du ballon, la méditation du coeur ouvert... Elles ont toutes des significations et elles sont toutes différentes pour être utilisées dans des contextes différents: si tu te sens stressé, si tu as peur de quelque chose, si tu as envie de te calmer...», a-t-elle expliqué.

Elle a pris soin d’expliquer aux parents que la pratique de la méditation n’a rien à avoir avec une religion ou une autre. Les échos qui lui sont ensuite parvenus étaient pratiquement tous positifs: des parents ont fait état d’enfants qui méditaient chez eux, dans leur chambre ou encore dans un coin qu’ils avaient aménagé spécifiquement à cette fin.

«Je pense que ce sont des outils que, s’ils ne les utilisent pas maintenant en 5e année, je pense qu’à certains moments de leur vie ça va leur rester, a lancé Mme Monsché. Je pense que c’est une pratique que certains vont avoir adoptée à partir de maintenant. Ça fait son petit bout de chemin.»

Cela étant dit, comme n’importe quelle autre matière enseignée à l’école, la méditation ne rejoindra pas tout le monde.

«Il y en a encore pour qui c’est difficile de s’arrêter, a-t-elle confié. J’en ai qui embarquent plus que d’autres. Je les vois, ils sont dans leur état, c’est leur deux minutes, mais pour d’autres je vois que c’est vraiment plus difficile. Ils ne dérangeront pas, mais ils ne feront pas vraiment la méditation. J’ai un lot d’enfants qui a de la difficulté à s’arrêter, à s’intérioriser. Je me dis que si je n’avais pas mis ça en place, si je n’avais pas fait ces pauses-là dans la journée, selon moi ce serait pire.»

Éducation

Des factures scolaires similaires, sauf pour les programmes particuliers

Finis les mouchoirs, les flûtes et les dictionnaires à magasiner pour les enfants en vue de la rentrée. Toutes les écoles publiques devront respecter la nouvelle loi encadrant les frais scolaires, qui laisse toutefois le coût des programmes particuliers libres d’augmenter.

Adopté jeudi, le projet de loi 12 permettra aux parents de recevoir des factures similaires de la part des écoles primaires et secondaires, partout au Québec. Seuls les articles personnels à l’enfant et qui ne peuvent servir à d’autres élèves l’année suivante pourront y être inscrits. Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge est convaincu que la nouvelle loi va «diminuer la facture des parents et augmenter l’accessibilité» à l’école.

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Il était minuit moins une pour le gouvernement, qui devait clarifier sa loi avant le 1er juillet. Sinon, il risquait de devoir faire face à un autre recours collectif. L’an dernier, le flou entourant les articles scolaires qui doivent être payés par les parents a coûté 153 millions $ à l’État. 

Les partis d’opposition ont tous voté contre le projet de loi 12, parce qu’ils auraient aimé que les programmes particuliers (sport-études, art-étude, etc.) en soient exclus. La libérale Marwah Rizqy soutient que par sa loi, le gouvernement légalise la «ségrégation» scolaire, en permettant officiellement aux parents les plus riches d’inscrire leurs enfants dans des programmes particuliers. 

«Il ne s’agit pas d’aller renforcer le principe de gratuité dans le projet de loi, mais bien d’ouvrir toute grande la porte à la facturation pour tout projet particulier», critique la péquiste Véronique Hivon, alors que la solidaire Christine Labrie trouve regrettable que le gouvernement se soit défilé «d’un véritable débat de fond sur ce qui coûte le plus cher aux parents : les programmes particuliers». 

En entrevue, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge rétorque «qu’il n’est jamais trop tard pour débattre de quoi que ce soit au Québec» et qu’il est prêt à le faire. Sauf que dans le cas du projet de loi 12, il y avait urgence d’agir. 

M. Roberge fait remarquer qu’il a accepté que soit inscrite dans la loi une révision après deux ans de tous les règlements encadrant les frais scolaires. Cette révision se fera en collaboration avec les partis d’opposition.

S’il souhaite que les programmes particuliers soient accessibles au plus grand nombre de jeunes possible, il ne s’engage pas à baliser leur coût. Et il n’est pas question pour le ministre Roberge de parler de ségrégation scolaire, car selon lui le mot est «définitivement» trop fort. 

Un mot que n’hésite pas à employer Stéphane Vigneault, porte-parole du Mouvement l’école ensemble. «L’école est rendue un marché, et ce qu’on vend aux parents, c’est le fait qu’on refuse l’accès à certains jeunes à des programmes particuliers.»

Soulagement

Dans le milieu scolaire, l’adoption de ce projet de loi représente un soulagement. «On va être capables de travailler dans un cadre plus clair», commente Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires. S’il n’ose pas affirmer que la nouvelle loi mettra définitivement les commissions scolaires à l’abri de toute poursuite, il souhaite mettre les efforts nécessaires pour «être sûrs qu’on ne retombe pas dans le piège». 

Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents, indique que son organisation sera à pied d’œuvre pour expliquer aux conseils d’établissement des écoles ce qu’elles ont le droit d’inscrire sur la liste d’effets scolaires. «Ce qui est important, c’est que la loi soit comprise de la même manière par tout le monde.»

Éducation

850 postes de plus dans les écoles du Québec pour aider les élèves vulnérables

D’ici la fin de l’année 2019, les écoles du Québec pourront compter sur 850 personnes de plus pour aider les élèves vulnérables, qu’ils soient en difficulté d’apprentissage ou doués.

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a annoncé mardi l’ajout pour la rentrée de septembre de 650 postes d’enseignants, de professionnels ou d’employés de soutien qui pourront venir en aide aux enfants qui ont un trouble d’opposition, du spectre de l’autisme, un déficit d’attention, de la dyslexie ou toute autre forme de difficulté d’apprentissage.

Ces personnes aideront les jeunes qui sont intégrés dans des classes régulières du primaire et du secondaire, de même que ceux qui fréquentent les centres d’éducation aux adultes. Pour les régions éloignées, le ministre prévoit le déploiement de trois cliniques mobiles de services professionnels, à l’est, à l’ouest et au nord du Québec. 

«C’est fini, les déserts de services. Ce n’est pas parce qu’on est en région, ce n’est pas parce qu’on est dans une petite école avec 80 élèves, 100 élèves dans une seule école que les enseignants seront laissés à eux-mêmes», dit-il. 

À ce nombre s’ajoutent 200 ressources professionnelles qui travailleront dans 150 classes spécialisées. Le ministre est d’avis que certains enfants ne peuvent tout simplement pas poursuivre leur parcours en classe régulière. Il pense par exemple aux autistes non verbaux ou aux jeunes qui présentent des troubles sévères. «C’est terminé, l’intégration à tout prix. On veut l’intégration réussie», dit-il. 

Certaines de ces classes spécialisées pourraient également accueillir des élèves qui dépassent largement les attentes. «Ça peut aussi être des classes spécialisées pour des jeunes qui ont une douance, parce qu’il faut penser à ces jeunes-là, qui, eux aussi, ont des besoins particuliers» et sont à risque de décrocher, ajoute M. Roberge. 

Pénurie de main-d’oeuvre

Même s’il existe une pénurie de main-d’oeuvre et qu’il est parfois difficile de convaincre des orthophonistes et des psychoéducateurs de travailler dans les écoles publiques au lieu de le faire en cabinet privé, le ministre Roberge est confiant que tous les nouveaux postes seront pourvus d’ici la fin de l’automne. «Ce n’est pas tellement une question de salaire dans le réseau privé versus le réseau public. C’est une question de précarité et de devoir travailler dans plusieurs écoles». Selon lui, l’argent qui est sur la table permettra de créer des postes plus alléchants dans le réseau public. 

L’investissement total et récurrent de 70 millions $ par année était déjà prévu au budget présenté en mars. C’est la ventilation de ces sommes qui a été annoncée mardi par le ministre Roberge. 

La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE) applaudit cet ajout de ressources, mais reste sceptique. «On va vraiment se réjouir quand on va voir que ces ressources-là sont protégées et feront partie du financement de base des écoles», commente la présidente sortante Johanne Pomerleau. 

La FPPE calcule qu’il manque 2000 professionnels par rapport à l’année 2016-2017 dans les différentes écoles du Québec. «Le gouvernement a de très bonnes intentions, mais en envoyant l’argent directement dans les écoles, les planchers de service vont être mouvants et vont confondre toutes les catégories de professionnels», s’inquiète Mme Pomerleau. Elle fait valoir que si une école préconise l’ajout d’un psychologue, alors que certains de ses élèves n’ont pas accès à une orthophoniste, un problème persiste. La FPPE réclame un seuil minimal de 5 professionnels en service direct aux élèves (excluant les orthopédagogues) par 1000 élèves, un seuil qui n’est pas encore atteint. 

L’organisation syndicale s’inquiète aussi de la façon dont seront déployées les cliniques mobiles dans les régions éloignées et espère qu’il s’agit d’une solution temporaire. 

Entre 2015 et 2017, les écoles ont supprimé 370 postes de professionnels dans la foulée de l’atteinte de l’équilibre budgétaire. L’automne dernier, le ministre Roberge avait indiqué au Soleil qu’il fallait que ce yo-yo cesse et que la courbe des professionnels scolaire soit «ascendante tout le long du mandat». 

Éducation

L'ex-dg de l’Université TÉLUQ Martin Noël blanchi et dédommagé

EXCLUSIF / L’enquête sur l’ex-dg de l’Université TÉLUQ Martin Noël a fait chou blanc. M. Noël réintégrera la TÉLUQ comme professeur et recevra un dédommagement de 260 000 $ pour le tort causé à sa carrière.

Le Soleil a appris qu’une entente à l’amiable a été signée le 30 mai entre M. Noël et l’Université du Québec, le réseau public dont fait partie la TÉLUQ. Cette entente met un point final à l’enquête qui avait été déclenchée l’été dernier par l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David sur la gestion de cette université à distance.

Aucune accusation criminelle n’a été déposée contre l’ex-directeur général et aucune sanction administrative n’a été imposée à la TÉLUQ. 

En août et en septembre 2018, M. Noël a envoyé deux mises en demeure au ministère de l’Éducation parce qu’il estimait que les raisons pour lesquelles il a été relevé de ses fonctions étaient diffamatoires, portaient atteinte à sa réputation, lui causaient du stress, de l’isolement social et avaient un impact irrémédiable sur sa carrière. 

Même s’il est blanchi, M. Noël renonce à reprendre son poste de directeur général de la TÉLUQ. La compensation de 260 000 $, payée par l’Université du Québec, fait en sorte qu’il ne pourra pas s’adresser aux tribunaux. 

«M. Noël a décidé de retourner à l’enseignement et, par le fait même, a démissionné de son poste de directeur général. Il n’est donc plus suspendu. La vérification, quant à elle, est terminée», confirme au Soleil Esther Chouinard, responsable des relations de presse au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. 

Dans une communication transmise à l’interne vendredi, le directeur général par intérim de la TÉLUQ, André G. Roy, se disait «heureux» du retour de M. Noël au sein de l’établissement. 

Flou

Nancy Turgeon, présidente du Syndicat des tuteurs et tutrices de la TÉLUQ, demeure quant à elle sur sa faim et réclame plus de transparence. «On reste un peu dans le flou et on se demande si cet enjeu-là a été pris au sérieux. Les pratiques de gouvernance doivent changer, au-delà de la personne qui est à la tête de l’université», a-t-elle réagi lundi. 

Rappelons qu’en juillet 2018, l’ex-ministre libérale Hélène David a relevé temporairement M. Noël de ses fonctions parce qu’elle était troublée par de «sérieuses anomalies» dans la gestion des contrats de l’Université TÉLUQ. C’est un rapport d’enquête interne portant sur le contrat qui liait cette université à l’Institut MATCI de Montréal qui lui a mis la puce à l’oreille. Ce rapport n’a jamais été rendu public. 

Une source indique au Soleil qu’il y avait bel et bien des irrégularités «mineures» à la TÉLUQ, notamment en ce qui a trait à l’aide financière aux études, mais rien qui ne justifie la suspension de M. Noël. La TÉLUQ n’a plus de contrat avec l’Institut MATCI depuis l’automne dernier. 

Eaux troubles

Cette université, qui offre des cours à distance à des milliers d’étudiants partout au Québec, navigue en eaux troubles depuis plusieurs mois. Ses 200 tuteurs ont déclenché une grève générale illimitée qui dure depuis maintenant quatre mois, parce qu’ils craignent de perdre leurs emplois au profit de sous-traitants. 

Cette grève fait en sorte que des travaux ne sont pas corrigés et que des examens sont reportés. Pour la session d’été, l’université a ouvert seulement la moitié des cours qui sont normalement offerts. L’université reconnaît que les inscriptions ont fondu et que cette grève a des impacts sérieux sur ses étudiants, surtout ceux qui étudient au baccalauréat. 

La semaine dernière, les députés Gabriel Nadeau-Dubois (Québec solidaire) et Marwah Rizqy (Parti libéral du Québec) ont fait une sortie en compagnie de représentants syndicaux parce qu’ils s’inquiètent pour le futur de cette université à distance. M. Nadeau-Dubois a réclamé que le ministre de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge annonce «ses intentions quant à l’avenir de la TÉLUQ et au modèle de la TÉLUQ». 

Éducation

Nouveaux sommets en photonique pour l’Université Laval [VIDÉO]

L’Université Laval continue de se placer chef de file dans le domaine de l’optique-photonique. Un financement de 1,4 million $ du gouvernement permettra à l’institution de se doter d’équipements à la fine pointe de la technologie, et d’offrir le meilleur environnement de recherche pour ses professionnels et ses étudiants.

Ce financement permettra le développement d’installations de pointe en optique-photonique dans la Faculté des sciences et génie. Le député de Vanier–Les Rivières, Mario Asselin, en a fait l’annonce lundi, en conférence de presse, au nom du ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon.

En plus d’un investissement de 400 000 $ par l’Université elle-même, le montant qui s’élève à 1,8 million $ servira entre autres à l’aménagement d’une salle de téléprésence, la conception d’un laboratoire de chimie des verres et le démarrage de projets portant sur la synthèse de verres oxyfluorés. 

«C’est un projet majeur, on a avec nous depuis 10 ans le professeur Messaddeq qui est un leader mondial dans le domaine des matériaux fibreux. Cet investissement nous permet d’augmenter notre capacité de recherche. Ces équipements-là sont assez uniques. Quand on travaille avec les meilleures installations, c’est là que l’innovation se développe. On veut attirer les meilleurs étudiants et étudiantes, on veut continuer à être les numéros un dans le domaine de l’optique-photonique», indique le doyen de la Faculté des sciences et génie, André Zaccarin. 

Du Brésil au Québec

Le professeur Younès Messaddeq est parti du Brésil pour venir poursuivre ses recherches à Québec, où les installations de l’Université Laval étaient idéales. Il est d’ailleurs à la tête de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur l’innovation en photonique de l’institution.

«On va développer de nouvelles technologies pour nous mettre à l’avant-garde. On développe de nouveaux matériaux pour la production de fibre optique qui sont utilisés dans divers domaines, comme la communication, l’environnement, la santé et surtout dans des domaines où la fibre optique n’a pas été mise en place. C’est pour l’avenir de demain», exprime le professeur.

M. Messaddeq est impatient de partager l’équipement et les futures découvertes avec les meilleurs étudiants, qui viennent du monde entier.  

«C’est très important de rêver, mais le réaliser, c’est autre chose. Il fallait les moyens, et ce que m’a donné Québec ce sont les moyens pour pouvoir réaliser et mettre en place toutes ces nouvelles technologies, grâce à l’appui financier et aussi aux personnes qui sont qualifiées. Comme je dis : “Sky is the limit!” Je dis toujours à mes chercheurs que ce que vous avez à rêver, on va pouvoir le réaliser. C’est comme ça qu’on a créé cette excellence. On reçoit des étudiants de partout dans le monde parce que tout le monde recherche l’excellence. C’est eux qui contribueront au succès de notre travail», termine-t-il.

Éducation

Lab-école dans Limoilou: rénovation de l’école Stadacona ou une nouvelle construction?

Le projet de Lab-école dans Limoilou pourrait voir le jour dans le bâtiment actuel — mais rénové et agrandi — de l’école Stadacona plutôt que dans une construction neuve.

Dans son appel d’offres publié la semaine dernière pour des services professionnels en architecture et en ingénierie, la commission scolaire de la Capitale dit considérer deux scénarios : la construction d’une nouvelle école ou l’agrandissement et la rénovation du bâtiment existant, abandonné depuis une dizaine d’années. Elle mentionne que le choix du projet sera sélectionné à l’été 2019.

En juin 2018, lors d’une conférence de presse annonçant les sept projets de Lab-école au Québec, on affirmait pourtant que l’école Stadacona de Limoilou serait démolie pour faire place à un tout nouveau bâtiment. La présidente de la commission scolaire, Manon Robitaille, expliquait que le bâtiment actuel ne pouvait pas être recyclé en raison de son état de décrépitude, et que le retaper coûterait 20 millions $. Il n’a pas été possible de savoir lundi auprès de la commission scolaire pourquoi on envisage maintenant sa rénovation. 

Quoi qu’il en soit, la future école accueillera quelque 375 élèves du préscolaire à la 6e année (16 classes, soit quatre au préscolaire et 12 au primaire). Une demande au ministère de l’Éducation a été faite pour un ajout de quatre classes primaires supplémentaires, mentionne-t-on dans l’appel d’offres. La nouvelle école, dont le budget initialement prévu s’élevait à 7,5 millions $, comprendra également une médiathèque, un gymnase, une cuisine et une salle à manger de même que des «locaux de collaboration» et des espaces administratifs, entre autres.

Pour la rentrée 2021

Les sept chantiers de Lab-école, qui devraient être prêts pour la rentrée 2021, devaient se partager une enveloppe totale de 60 millions $, mais des négociations sont en cours entre le gouvernement Legault et l’équipe du Lab-école afin que des sommes supplémentaires soient consenties, apprenait-on en avril dernier. 

Les Lab-écoles imaginées par l’équipe sont entre 20 et 25 % plus grandes que les écoles que le ministère de l’Éducation bâtit actuellement. Les sept projets qui seront réalisés d’ici 2021 ont eu droit à une bonification de leur budget de 15 %, mais il se peut que ce ne soit pas suffisant. «On est en train d’échanger avec le gouvernement pour bonifier les enveloppes», indiquait en conférence de presse le 10 avril l’ex-conseillère de Québec Natacha Jean, qui dirige l’équipe du Lab-école. 

Questionné lundi sur les intentions de son gouvernement, l’attaché de presse du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est refusé à tout commentaire. «Des annonces viendront en temps et lieu», a simplement mentionné Francis Bouchard.

Imaginé par l’athlète Pierre Lavoie, l’architecte Pierre Thibault et le chef Ricardo Larrivée, le concept de Lab-école fait la promotion d’un mode de vie sain et actif, qui «intègre l’alimentation dans l’ADN des écoles». Son architecture doit être conçue «en créant des lieux polyvalents, flexibles et inspirants pour permettre l’innovation dans les pratiques d’enseignement», précise-t-on dans la publication Penser l’école autrement.

Outre la réhabilitation de l’école Stadacona, les projets comprennent la construction de nouvelles écoles à Rimouski, à Granby et à Montréal, de même que l’agrandissement ou la rénovation d’écoles à Maskinongé, à Gatineau et à Saguenay.

Éducation

Leland, 4 ans, et Miko, 10 ans: deux surdoués cosmiques

Leland s’intéresse aux exoplanètes, ces planètes qui sont hors de notre système solaire, il a tout juste 4 ans. Puis Miko, qui compte 10 bougies, sait tout ce qu’il y a à savoir sur la physique quantique.

C’est que Leland et Miko sont surdoués. Leland qui doit entrer à la maternelle dans deux ans sait déjà tout ce qu’on y apprend, et bien plus. Puis Miko termine cette année ses mathématiques de deuxième secondaire, puis son anglais de cinquième secondaire.

«Pour Leland, ça a commencé à 18 mois, il pointait toujours la Lune. Il voulait connaître toutes les planètes et quand il avait deux ans, il les connaissait déjà toutes. Après ça, à deux ans et demi, il connaissait toutes les lunes de chaque planète. C’est pour ça qu’il est rendu en dehors du système solaire. Une fois que le sujet est appris, c’est au prochain. Si on lui pose trop souvent la question sur quelque chose qu’il connaît, il va commencer à trouver ça plate. Ils n’ont pas de tolérance à la répétition», explique la mère de Leland, Isabelle Girard.

Leland et Miko ont donc trouvé leur place au club d’astronomie Véga de Cap-Rouge, où ils peuvent étudier des sujets de leur niveau et même les présenter lors de concours scientifiques. Le club est motivant pour eux, et surtout, il ne tient pas compte de leur âge. Les activités leur permettent de se concentrer et de retrouver les défis qu’ils n’ont pas avec la matière scolaire à apprendre. 

«Le club, c’est facile, mais des fois ce sont des sujets plus complexes comme l’astrophysique. Jusqu’à maintenant, j’ai parlé de trois sujets, les lasers, la gravité artificielle et la vitesse de lumière. Trois choses qui sont dans Star Trek, mon émission préférée. J’aime la complexité de la chose», partage Miko.

«Comme parents, on se rend compte qu’on n’a plus aucune ressource pour leur apprendre des choses, ils nous dépassent sur plein de sujets. À part le club d’astronomie, on n’a pas trouvé grand-chose qui permet à Miko d’apprendre. Le club Véga est très ouvert. Miko a souvent été invité à aller dans les cours avec les adultes qui ont des sujets plus poussés. Ils passent par-dessus l’âge», indique le père de Miko, Jake Poulin.

Votre enfant est trop jeune...

La commission scolaire reconnaît qu’il n’y a pas de procédure adaptée pour des profils comme Miko ou Leland, il est bien sûr rare de voir des élèves sauter quatre années scolaires! 

Actualités

Maternelle 4 ans: un comité trouvera des solutions pour la relâche

Le gouvernement mettra sur pied un comité pour trouver des solutions en ce qui a trait à l’offre de service de garde pour les jeunes de la maternelle 4 ans pendant la semaine de relâche et les congés estivaux.

C’est l’annonce qu’a fait Mathieu Lacombe, ministre de la Famille dans le cadre du 31e Colloque du Carrefour action municipale et famille (CAMF) présentée à Roberval, hier.

Éducation

Deux sorties culturelles gratuites par année [VIDÉO]

Les ministres de l’Éducation Jean-François Roberge et de la Culture Nathalie Roy ont annoncé jeudi que le gouvernement du Québec investirait 112,5 millions $ sur cinq ans afin d’assurer que chaque élève du préscolaire, du primaire et du secondaire ait droit à deux sorties culturelles gratuites chaque année. Grâce à cette bonification, l’enveloppe disponible passera de 9 à 32,5 millions $ par année dès septembre.

Ces sommes serviront à offrir aux élèves des sorties liées à différents secteurs culturels comme les arts de la scène, le patrimoine, les arts visuels et la muséologie, ont annoncé les ministres dans une conférence de presse qui avait lieu au Musée de la civilisation. «Ça ne fait pas partie des 27 millions $ déjà annoncés pour les sorties pédagogiques. Cette somme-là reste. Ça ne ponctionne pas non plus la mesure de l’école innovante», a assuré le ministre Roberge, indiquant qu’il s’agissait d’argent «neuf».

La mesure tiendra également compte du degré d’éloignement des grands centres pour distribuer l’argent plutôt que du statut de secteur favorisé ou défavorisé. «C’est que souvent, les frais de transport sont encore plus élevés que les frais pour l’activité culturelle. Ainsi, le montant variera entre 30 $ à 54 $ par élève, le montant le plus élevé étant pour les élèves de régions éloignées», a-t-il expliqué. «J’ai été enseignant et j’en ai organisé, des sorties culturelles. Je sais que plusieurs de mes anciens élèves n’auraient jamais vu, par exemple, le ballet Casse-Noisette s’ils ne l’avaient pas vu avec l’école. Mais tout dépendait alors de la capacité de payer des parents.»

De son côté, Nathalie Roy a déclaré que «jamais un gouvernement n’avait mis autant de sous pour les sorties culturelles pour les jeunes au Québec», rappelant que la mesure avait été un engagement électoral du gouvernement Legault.

Éducation

Maternelle 4 ans : la FAE suggère de surseoir à l'adoption du projet de loi

Le gouvernement Legault doit reporter l'implantation de la maternelle 4 ans universelle partout au Québec. C'est ce que recommande la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), dans un mémoire qui sera déposé jeudi à la commission parlementaire chargée d'étudier le projet de loi 5, visant la mise en place des services préscolaires aux enfants de 4 ans. Le document a été obtenu par La Presse canadienne avant son dépôt.

La FAE, qui représente 44 000 enseignants, rappelle que les maternelles 4 ans ont d'abord vu le jour à l'origine pour aider les enfants en milieu défavorisé et que leur déploiement dans ces milieux prioritaires n'est même pas complété.

Elle déplore donc que les modifications au projet de loi biffent le concept d'élève de 4 ans «vivant en milieu défavorisé».

Le syndicat reconnaît les bienfaits des mesures budgétaires énoncées par le gouvernement caquiste pour 2019-2020 à l'attention des clientèles défavorisées, mais il craint que les mesures d'accompagnement pour ces jeunes soient «diluées ou dispersées» dans tous les milieux avec la maternelle 4 ans universelle.

L'«intervention ciblée» auprès des populations défavorisées doit demeurer «prioritaire» pour le «développement d'une société plus juste et plus égalitaire», estime la FAE, qui demande donc au gouvernement de «surseoir à l'adoption du projet de loi 5».

«La maternelle 4 ans temps plein dans les milieux défavorisés est un projet de société que l'on se doit de chérir et de préserver, peut-on lire. À ce compte, nous demandons au ministre et au gouvernement de déployer, d'ici 2023-2024, une offre de services de maternelles 4 ans à temps plein dans toutes les écoles de milieux défavorisés.»

L'implantation universelle de la maternelle 4 ans est un des engagements principaux de la Coalition avenir Québec (CAQ) en campagne électorale, mais il suscite la controverse. Il rencontre la résistance des trois partis d'opposition au Parlement et de plusieurs syndicats, notamment pour son coût évalué à plus de 2 milliards $, alors qu'il existe déjà un réseau de Centres de la petite enfance (CPE) dont l'expansion n'est même pas complétée.

Éducation

Enfants autistes enfermés: On «tolère l’intolérable»

Réagissant à la situation des jeunes autistes en crise qui, faute d’espace, ont été enfermés dans des placards d’une école de la CSDM, le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, a dénoncé mardi qu’on ait ainsi pu «tolérer l’intolérable».

Il a ensuite ajouté que le Québec «n’est pas dans un pays sous-développé pour tolérer que la santé des enfants soit en danger».

La situation dénoncée par le ministre Roberge s’est produite à l’École de l’Étincelle, dans le Mile-End. Radio-Canada rapporte qu’un enfant qui a besoin d’être isolé à cette école est enfermé dans un placard exigu et non sécuritaire.

Le ministre, lui-même un ancien enseignant, a rappelé que les besoins des enfants autistes en crise ne sont pas un caprice. Ils ont besoin d’un endroit calme et sécuritaire; il s’est dit «choqué» de voir qu’ils étaient plutôt placés dans un placard «non adapté».

M. Roberge dit s’être entretenu mardi avec la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Catherine Harel-Bourdon, et on lui aurait promis que la situation sera réglée d’ici quelques jours. Il assure que le conseil scolaire dispose de toutes les ressources financières nécessaires pour procéder aux travaux.

Appelez l’ébéniste!

La situation découlerait d’un nombre plus élevé d’élèves cette année que l’an dernier, a dit le ministre, avant d’ajouter qu’une «erreur a été commise».

«J’ai un message pour toutes les commissions scolaires au Québec, à tous les dirigeants de commissions scolaires, a lancé le ministre Roberge. S’il y a un local dangereux, n’appelez pas le ministre pour aller visiter l’école dans un mois. Réparez-le. D’accord? On n’appelle pas le ministre, on appelle l’ébéniste, on appelle jerénove.com, on trouve la solution.

«N’attendez pas que le ministre passe avant de rendre les lieux sécuritaires, ce n’est pas la bonne façon.»

Radio-Canada a publié une lettre datée du mois de mars, dans laquelle la CSDM invitait le ministre Roberge à visiter l’École de l’Étincelle «compte tenu de l’urgence et la gravité de la situation».

En point de presse, le premier ministre François Legault a rétorqué que le gouvernement n’avait jamais reçu de demande d’agrandissement pour l’école.

«Il n’y a rien qui puisse justifier qu’on mette des enfants autistes dans un placard. Moi, ça me choque. C’est inacceptable», a-t-il laissé tomber.

Éducation

New York encense la maternelle 4 ans

La maternelle 4 ans réduit le coût des services aux enfants en difficulté d’apprentissage : de la musique aux oreilles du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui a fait venir des représentants de New York pour l’entendre lundi, mais qui est accusé de museler d’autres experts.

Un chercheur de l’Université de Montréal a pu néanmoins faire valoir que le projet du gouvernement caquiste constituerait une «menace» à la qualité du développement des enfants de 4 ans.

Le ministre avait invité exprès la Ville de New York, lundi, au premier jour des consultations sur son projet de loi, pour cautionner sa position. L’opposition reproche au gouvernement d’avoir refusé d’inviter d’autres experts, alors qu’il reste des plages horaires libres aux audiences.

L’engagement électoral de la Coalition avenir Québec (CAQ) rencontre la résistance des trois partis d’opposition au Parlement et d’autres groupes, notamment pour son coût évalué à plus de 2 milliards $, alors qu’il existe déjà un réseau de Centres de la petite enfance (CPE) dont l’expansion n’est même pas complétée.

En mêlée de presse avant les audiences, M. Roberge a eu beaucoup de mal à chiffrer précisément la facture totale de son projet, alors que la députée libérale Marwah Rizqy l’a estimée à au moins 2 milliards $ : 800 000 $ par classe, pour 1300 classes manquantes, ce à quoi s’ajoutent les coûts de système sur cinq ans.

M. Roberge s’était rendu à New York au début de mai pour aller constater sur place les résultats de la mise en place de la maternelle 4 ans.

Le délégué du district 7 de la Ville de New York, Rafael Alvarez, a affirmé que la maternelle 4 ans avait permis de réduire les problèmes de comportement et les besoins particuliers des enfants qui arrivaient au primaire.

«Ça a coûté moins cher de faire ça [la maternelle 4 ans pour tous] que quand on investit dans une panoplie de services particuliers [pour les élèves en difficulté], qui deviennent moins nécessaires avec ce système.»

À terme, cela coûte moins cher? a demandé le ministre. «Essentiellement, oui», a conclu M. Alvarez.

La porte-parole libérale en éducation, la députée Marwah Rizqy, a fait valoir que le système d’éducation du Québec est sensiblement différent de celui de New York, où il n’y a pas de CPE universels à coût modique.

Experts refusés

Autant les libéraux que le Parti québécois ont reproché aux caquistes de refuser d’entendre certains experts, notamment le Dr Jean-François Chicoine, pédiatre à l’hôpital Sainte-Justine, Carmen Dionne, du département de psychoéducation de l’UQTR, ainsi que la directrice régionale de la Santé publique de Montréal, Mylène Drouin, alors qu’il reste des périodes libres aux consultations.

Le député caquiste de Richelieu, Jean-Bernard Émond, a fait valoir qu’il faisait confiance aux experts, mais qu’il «faut faire confiance aux parents, car ce sont eux qui connaissent leurs enfants».

Le professeur et chercheur Jacques Moreau, de l’Université de Montréal, n’a pas manqué de riposter en défendant la recherche scientifique sur la petite enfance et les experts.

«J’aimerais rappeler à tout le monde que vos expériences personnelles ne sont pas représentatives de la population. Ce n’est pas parce que vous avez vécu une belle expérience avec vos enfants que c’est vrai pour tout le monde. Vous êtes victimes de présuppositions par votre expérience personnelle. Comme argument, c’est un peu faible.»

M. Moreau, qui préconise plutôt le recours aux CPE, soutient qu’il faut plutôt une «approche ciblée : on n’a pas besoin de maternelle 4 ans partout pour tout le monde».

Il soutient que la maternelle universelle 4 ans constitue une «menace à la qualité du développement de l’enfant». Déplacer dans des écoles un grand nombre d’enfants qui ont des besoins développementaux particuliers à cet âge précis et qui requièrent un environnement relationnel précis risque de «créer des problèmes».

«J’ai la fâcheuse impression que les besoins développementaux des enfants ne sont pas assez pris en compte», a-t-il conclu.

La directrice générale du Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance, Francine Lessard, a quant à elle fait valoir que les CPE sont les milieux tout désignés pour accueillir les enfants de 4 ans.

«Imaginez juste un enfant de 4 ans qui va devoir prendre un autobus scolaire, il n’a même pas les jambes assez longues pour monter à bord. Je ne sais pas ce que cela va apporter de plus à cet enfant-là pour assurer sa diplomation à l’âge de 25 ans.»

Éducation

Un syndicat signale un manque d’éducatrices diplômées en petite enfance

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec appelle le gouvernement à revaloriser cette profession, tandis que les éducatrices détentrices d’une formation technique se font de plus en plus rares.

Selon des chiffres du ministère de l’Éducation obtenus par la FIPEQ-CSQ, la plus récente cohorte en Techniques d’éducation à l’enfance (TEE) comptait 918 étudiants de moins que quatre ans plus tôt, lors de l’année scolaire 2014-2015.

Cette baisse de popularité de la formation collégiale se fait déjà sentir sur le terrain, soutient la présidente du syndicat, Valérie Grenon.

Puisque la loi exige qu’au moins les deux tiers du personnel de garde en Centre de la petite enfance détiennent ce diplôme ou un équivalent, des travailleuses éprouvent de la difficulté à se faire remplacer pour des vacances ou des congés de maladie, illustre Mme Grenon.

À la diplomation en baisse s’ajouterait donc un problème de rétention des intervenantes, en raison de l’épuisement de ces dernières.

«Souvent, on voit des filles quitter le réseau après cinq ans», affirme la présidente de la FIPEQ, qui représente environ 2500 éducatrices dans les installations des CPE.

«Ça n’a pas été un métier très valorisé par le ministère de la Famille sous le règne des libéraux pendant des années», avance-t-elle.

À ses yeux, les compressions budgétaires imposées depuis 2014 ont dissuadé des étudiants de s’initier à ce métier, en plus de venir à bout de certaines éducatrices.

En cette Semaine des services éducatifs publics à la petite enfance, la FIPEQ exhorte le ministre québécois de la Famille, Mathieu Lacombe, à créer un comité pour revaloriser le «premier maillon de l’éducation».

«On finit par faire partie de la famille, en partenariat avec le parent, pour amener l’enfant dans son plein potentiel. On n’est plus des gardiennes comme à une certaine époque», fait valoir Mme Grenon, qui suggère notamment une reconnaissance des acquis pour les intervenantes déjà bien établies.

«Si le ministère crée de nouvelles places - et c’est ce qu’il doit faire, les parents le crient haut et fort -, il va y avoir besoin de personnel formé parce qu’en ce moment, on n’est pas en pénurie, mais on est en rareté de manière significative», prévient-elle.

Éducation

Un dossier sur chaque tout-petit en 2020

Le ministre de la Famille Mathieu Lacombe repousse de six mois l’obligation pour tous les services de garde reconnus de fournir aux parents un dossier éducatif sur le développement de leur tout-petit. Les éducatrices demandent quant à elles d’être formées et payées pour accomplir ce travail.

À partir de mai 2020, les parents dont l’enfant fréquente un service de garde éducatif recevront deux fois par année un dossier dans lequel seront inscrites des observations sur la façon dont leur bambin de 0 à 5 ans évolue.

Un règlement publié mercredi par le gouvernement prévoit que les observations porteront sur le développement physique, cognitif, langagier et social de l’enfant. Si certains Centres de la petite enfance (CPE) demandent déjà de remplir ce type de dossier, la procédure est nouvelle pour plusieurs éducatrices, qui avaient plutôt l’habitude de communiquer verbalement avec les parents. 

«Sur le fond, on salue la volonté du gouvernement et on est d’accord pour mettre l’accent sur le côté éducatif des services de garde. Par contre, il y a beaucoup d’intervenantes qui vont avoir besoin de formation», commente Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ). 

C’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé d’octroyer «davantage de temps» aux CPE, garderies subventionnées, garderies en milieu familial reconnues et garderies privées pour «s’approprier les nouvelles exigences», explique Antoine de la Durantaye, attaché de presse du ministre Lacombe. Il ajoute que le ministère de la Famille «entend fournir toute la formation et le soutien nécessaire» aux milieux de garde. 

Compensation financière demandée

Mme Grenon réclame également une compensation financière pour ses membres qui auront à accomplir cette nouvelle tâche. «C’est une surcharge, parce que c’est pas un travail qui va pouvoir être fait en présence des enfants.» 

La représentante syndicale croit que des journées ou des heures pédagogiques devraient être octroyées aux éducatrices en installation, alors que les responsables d’un service de garde en milieu familial devraient être payées davantage, étant donné qu’elles passent déjà 50 heures par semaine en présence des enfants. Ces revendications feront partie des négociations qui s’amorcent avec le gouvernement. Dans un communiqué, le ministre Lacombe fait valoir que la création de ce dossier aidera au dépistage précoce des difficultés d’apprentissage des enfants. Il s’inscrit ainsi dans la stratégie déployée par son collègue Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé. «Le dossier éducatif contribuera à cerner rapidement ces difficultés et favorisera les transitions harmonieuses, dont celle vers l’école», ajoute M. Lacombe. 

«Ça va être une porte d’entrée pour parler des difficultés de l’enfant avec les parents, sans émettre de diagnostic, parce qu’on n’a pas l’autorité pour faire ça», commente Valérie Grenon. Lorsque leur enfant sera en âge de fréquenter la maternelle, les parents auront le choix de transmettre ou non ce dossier à l’école.

Éducation

La nouvelle école de Scott moins coûteuse que prévu

La nouvelle école primaire de Scott, en Beauce, verra le jour à l’été 2021 au coût de 14 millions $, soit 4 millions$ de moins que prévu.

La Commission scolaire de Beauce Etchemins (CSBE) vient de publier des appels d’offres pour différents services professionnels (architecture, structure et mécanique-électricité). 

La nouvelle école primaire, qui sera construire sur un terrain appartenant à la CSBE situé en dehors de la zone inondable, pourra accueillir trois groupes de l’éducation préscolaire et 18 groupes de l’enseignement primaire. La superficie estimée du projet est de 4300 m².

En deux moins de deux ans

Début mai, le premier ministre François Legault s’était dit déterminé à tout faire pour que la nouvelle école soit construite en moins de deux ans. 

«On va accélérer le processus pour construire une nouvelle école. Vous savez, au ministère de l’Éducation, on me dit que le plus vite, c’est deux ans, mais j’ai comme objectif de raccourcir ce délai-là», avait-il déclaré le 6 mai.

Selon l’échéancier prévu dans les appels d’offres, les travaux de construction débuteront le 18 mai 2020, et la nouvelle école devrait être livrée pour le 16 juillet 2021. 

Une chanson pour Legault

Triste d’avoir vu son école partiellement détruite par les récentes inondations, un élève de Scott, James Paquet, avait écrit une chanson au premier ministre pour réclamer la construction d’un nouveau bâtiment. Touché, François Legault avait convenu avec le jeune élève du primaire que le bâtiment, construit dans les années 30, «fait dur».

Les travaux d’urgence qui doivent être réalisés à l’École l’Accueil pour corriger les dommages causés par les inondations sont évalués à un quart de million $. 

La nouvelle école sera un bâtiment «durable» et «évolutive», précise-t-on dans les appels d’offres.

Éducation

Québec investit 3 M$ pour rendre les cours d'école «plus attrayantes»

LONGUEUIL — Le gouvernement du Québec investit 3 millions $ pour rendre 140 cours d'école «plus attrayantes» en vue de la prochaine rentrée scolaire.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, en a fait l'annonce vendredi à Longueuil, en banlieue sud de Montréal.

Les écoles concernées auront notamment de nouveaux modules de jeux, des patinoires et des terrains de soccer, de basketball ou de baseball.

Les cours d'école de 49 commissions scolaires de l'ensemble du Québec seront rénovées. C'est en Montérégie où l'on retrouve le plus de projets de rénovation, avec un total de 21.

À Montréal, 17 établissements apparaissent sur la liste des rénovations du ministère, tandis qu'on en retrouve 14 en Outaouais et 13 dans la région de la Capitale-Nationale.

Dans un communiqué, le ministre Roberge a rappelé que les élèves pourront pleinement profiter de ces nouveaux aménagements étant donné que les écoles seront tenues d'offrir chaque jour deux récréations de 20 minutes lors de la prochaine rentrée.

«En rendant les milieux de vie encore plus dynamiques, nous développons leur envie de bouger et leur envie de fréquenter l'école, ce qui contribue à leur réussite», a-t-il déclaré.