La Capitale

L'autobus à rabais pour des cégepiens de Québec

Les étudiants des cégeps Limoilou et de Sainte-Foy pourront se procurer dès l’hiver 2019 un laissez-passer à prix réduit pour la durée de leur session.

Cette offre est rendue possible grâce à la création d’un fonds de mobilité durable dans chaque cégep en collaboration avec leur association étudiante respective, à raison d’une cotisation par étudiant, par session. Le fonds du Cégep de Sainte-Foy pourrait s’élever entre 150 000 $ et 200 000 $ et celui de Limoilou, entre 100 000$ et 200 000 $.

Le partenariat avec le Réseau de transport de la capitale (RTC) est la première action posée en lien avec ce fonds. Ainsi, les étudiants pourront se procurer pour 155 $ un laissez-passer valide 17 semaines consécutives, soit la durée d’une session.

Le conseiller Rémy Normand, président du RTC, se réjouit de l’entente. «Ça introduit de la souplesse dans l’offre du RTC. Les étudiants bénéficient maintenant d’un avantage financier qu’ils n’avaient pas avec l’achat d’un laissez-passer annuel parce que l’été, plusieurs ne sont plus là.»

Éducation

Les garderies privées pas à la hauteur, déplore Hivon

La vice-cheffe du Parti québécois Véronique Hivon croit qu’il est temps de «valoriser les bons services de garde» au Québec, soit les Centres de la petite enfance (CPE). «Il faut faire exactement l’inverse de ce que le gouvernement libéral a fait et l’inverse de ce que propose la Coalition avenir Québec.»

Mme Hivon commentait mardi les résultats de la nouvelle étude de l’Observatoire des tout-petits, qui indique que la qualité de l’ensemble des services de garde au Québec s’est très peu améliorée au Québec depuis 10 ans. Les CPE se distinguent toutefois en offrant des services de meilleure qualité que les garderies privées ou les milieux familiaux.

L’étude démontre que 34 % des garderies privées en installation fréquentées par les 18 mois à 5 ans en 2014 sont de «faible qualité», alors que parmi les CPE étudiés, seulement 3 % sont de faible qualité. 

Les critères pour déterminer la qualité sont, entre autres, les jouets adaptés, les aliments sains, la variété de livres, l’aménagement de la cour et les interactions avec l’éducatrice. 

Selon Mme Hivon, le gouvernement actuel se targue d’agir tôt, mais n’agit pas en conséquence en favorisant le «développement anarchique» de garderies privées. À preuve, sa loi pour améliorer la sécurité et la qualité des services de garde ne permet pas de recenser et de contrôler les milieux familiaux privés. Le gouvernement Couillard a également bonifié dans le dernier budget le crédit d’impôt pour les parents dont l’enfant fréquente une garderie privée. 

Les garderies commerciales ne «sont pas à la hauteur» de ce qu’on attend d’elles, lance Mme Hivon. Un gouvernement du Parti québécois ouvrirait de nouveaux CPE et ramènerait un même tarif pour tous les enfants, afin de diminuer progressivement le nombre de garderies privées au Québec. 

Mme Hivon critique également la volonté de la CAQ d’ouvrir des maternelles 4 ans pour tous les enfants du Québec. Une promesse qu’elle juge «complètement irréaliste», et qui ferait mal au réseau des CPE. 

Le PQ propose de conserver des classes de maternelle 4 ans seulement dans les milieux défavorisés.

Éducation

Campus de médecine décentralisé de l’UL: on coupe la poire en deux

MATANE – Pour satisfaire à la fois les gens de Lévis et ceux de Rimouski qui souhaitaient accueillir le campus de médecine décentralisé, l’Université Laval et ses partenaires ont annoncé, jeudi, que la formation des deux premières années du doctorat en médecine serait divisée en deux cohortes : l’une à l’hôpital régional de Rimouski, l’autre à l’Hôtel-Dieu de Lévis.

L’Université Laval présente donc une version remodelée de son projet de formation «qui se veut durable, innovant et porteur pour relever les défis de la pratique en région et en milieu rural». Celui-ci a obtenu l’aval du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, du CISSS de Chaudière-Appalaches et de l’Université du Québec à Rimouski.

Lundi, une vingtaine de médecins de l’hôpital de Rimouski, entourés d’élus municipaux et de représentants de tous les partis politiques, avaient fait une sortie publique pour revendiquer l’obtention de ce campus. Lors de l’annonce de jeudi, la rectrice de l’Université Laval, qui s’était déplacée à Rimouski, s’est dite sensible à la «mobilisation régionale» des médecins. «On veut que nos étudiants soient formés à comprendre la réalité régionale au jour 1 de leur études», a soutenu Sophie D’Amours. Le projet doit maintenant obtenir le feu vert du ministère de l’Enseignement supérieur. La rectrice croit qu’il est «sur la bonne trajectoire».

«C’est une bonne nouvelle, s’est exclamé le député de Rimouski, Harold LeBel. On est contents.» Reste à savoir maintenant comment le campus de Rimouski sera équipé. «Quels vont être les investissements? s’interroge-t-il. Il faudra avoir des précisions.»

M. LeBel avait parlé plus tôt à la porte-parole des médecins de l’hôpital de Rimouski, la Dre Gabrielle Gagnon. «Pour elle, c’est une victoire», rapporte-t-il. Avec Patricia Cloutier

Éducation

Protecteur de l’élève: un projet de loi qui ne va pas assez loin

Tout juste déposé, le projet de loi qui renforce l’indépendance du Protecteur de l’élève pourrait passer à la trappe, car les partis d’opposition trouvent qu’il ne va pas assez loin.

Pour le Parti québécois, ce projet de loi est «nécessaire», mais comporte des lacunes. «Je suis très inquiète de voir que le Protecteur de l’élève ne s’applique pas aux écoles privées», commente la députée Carole Poirier.

«On dirait que le ministre a fait le travail à moitié. C’est trop peu trop tard», souligne pour sa part Jean-François Roberge, député de la Coalition avenir Québec (CAQ). La CAQ croit à un Protecteur de l’élève national, au lieu qu’il y en ait un par commission scolaire. 

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx était pourtant confiant mercredi que sa proposition serait acceptée.

Même si les partis d’opposition n’ont pas l’intention de faire d’obstruction, le gouvernement libéral ne peut plus utiliser sa seule majorité pour faire adopter de nouveaux projets de loi. Pour les trois semaines de travaux parlementaires qui restent d’ici les élections, il doit obtenir l’accord de tous les partis d’opposition. 

Chaque commission scolaire

Ce projet de loi prévoit que c’est le ministre de l’Éducation qui nomme un Protecteur de l’élève dans chaque commission scolaire. M. Proulx ferait «table rase» de ceux qui sont en place à l’heure actuelle et qui ont été nommés par les commissions scolaires, afin de les remplacer par des personnes plus indépendantes. 

Si un plaignant est insatisfait de la réponse obtenue, il pourra s’adresser au Protecteur du citoyen, qui relève de l’Assemblée nationale. Les écoles privées devraient quant à elles se doter d’une procédure formelle d’examen des plaintes. 

Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents (FCPQ), implore les députés de mettre la partisanerie de côté afin de s’entendre rapidement. «S’il vous plaît, ne laissez pas ça traîner.»

Selon elle, le projet de loi déposé par le ministre Proulx représente «un pas énorme» pour les enfants et est attendu depuis plus de 5 ans par la FCPQ. 

À l’heure actuelle, plusieurs parents dont les enfants sont intimidés ou n’ont pas de services adéquats se découragent et préfèrent changer leur enfant d’école ou lui faire l’école à la maison, parce qu’ils ne voient pas d’autre solution. 

La Fédération des commissions scolaires s’inscrit en faux et trouve que le projet de loi va trop loin en alourdissant tout ce qui entoure le Protecteur de l’élève. Selon elle, de plus petits changements auraient permis d’assurer son indépendance.

Techno

La Galerie symphonique: une expérience immersive au coeur de l’OSQ

Les élèves de l’école Saint-Édouard de Beauport ont pu découvrir mercredi matin la nouvelle expérience que propose l’Orchestre symphonique de Québec avec sa Galerie symphonique que l’on qualifie de projet unique au monde.

Il s’agit d’une plateforme éducative, une application interactive conçue comme un jeu vidéo pour rendre l’expérience de l’écoute d’une pièce symphonique en voyageant au cœur de l’orchestre pour entendre les instruments un à un ou dans leur ensemble.

Sur la page de la Galerie symphonique, les utilisateurs peuvent télécharger un extrait d’une pièce et explorer tout ce qui se passe comme s’ils déambulaient sur la scène pendant que les musiciens jouent de leur instrument.

En même temps, on peut consulter des informations sur les familles d’instruments, les compositeurs, le chef, le métier de musicien. «Accessible aux enseignants, cet outil est idéal pour familiariser les élèves avec l’univers de la musique symphonique ou préparer la venue au concert via le numérique», notamment «pour les écoles qui participent aux Matinées symphoniques, des concerts réservés aux jeunes du primaire et du secondaire», indique le communique de l’OSQ.

La Galerie symphonique a été développée par l’Orchestre symphonique de Québec, en collaboration avec SAGA et Version 10.

Le Soleil a pu faire l’essai de l’outil sur une page Web. Les effets sont particulièrement impressionnants dans une expérience immersive lorsque l’on prend le temps d’apprécier la prestation avec des écouteurs de qualité.

Politique

Le lock-out à l'UQTR est levé

Le lock-out à l'UQTR est levé, a confirmé la ministre de l'Enseignement supérieur Hélène David. Celle-ci avait évoqué la possibilité d'adopter une loi spéciale si le recteur n'avait pas levé le lock-out plus tôt mercredi.

Les étudiants ainsi que les professeurs pourront retourner en classe dès demain. 

Lors d'une conférence de presse, le recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Daniel McMahon, a dit vouloir donner une autre chance à la négociation. 

Plus tôt dans la journée de mercredi, le Parti québécois et Québec solidaire avaient réclamé le départ du recteur de l’UQTR afin de favoriser la reprise des négociations et offrir une sortie de crise au lock-out qui perdurait.

« On demande à la ministre de faire en sorte que le recteur ne soit plus là » avait déclaré le chef Jean-François Lisée en mêlée de presse. 

Pour M. Lisée, le recteur aurait dû démissionner dès que la ministre Hélène David lui a retiré sa confiance. 

Du côté de la Coalition avenir Québec, on ne demandait pas le départ du recteur. 

Éducation

Le Cégep de Lévis-Lauzon envisage une antenne près des ponts

Situé dans le vieux Lauzon, le Cégep de Lévis-Lauzon envisage l’implantation d’un pôle spécialisé en gestion à Saint-Romuald ou Saint-Nicolas afin de se rapprocher de sa clientèle de l’ouest de la ville.

Grâce à une aide financière de 15 000 $ de la Ville de Lévis, le Cégep a confié à la firme Aviseo Conseil le mandat de réaliser une étude de marché qui sondera l’intérêt des étudiants envers cette option et dont les résultats seront connus en septembre.

La directrice générale du Cégep, Isabelle Fortier, a indiqué au Soleil que l’établissement mènerait en même temps une étude de faisabilité financière du projet.

«Nous sommes très heureux de l’appui de la Ville de Lévis pour l’étude. C’est un projet ambitieux, mais qui est pour l’instant très embryonnaire», a déclaré Mme Fortier, ne cachant pas l’intérêt à implanter une antenne dans l’ouest de la Ville.

Pôle spécialisé

«Ce que nous visons, c’est un pôle spécialisé en gestion qui regrouperait les programmes professionnels de comptabilité et gestion, de conseil en services financiers et assurance, de bureautique et le programme de gestion de commerce que nous aurons dans un an en plus du programme général de sciences humaines, profil marketing», explique la directrice générale.

Le Cégep de Lévis-Lauzon possède déjà des locaux consacrés à la formation continue à Saint-Romuald. En 2016, une tentative d’y déplacer pour certains cours une partie de la clientèle de la formation régulière avait échoué, faute d’intérêt de la part des élèves.

«C’était une formule hybride où des cours étaient donnés quelques jours sur le campus et quelques jours à Saint-Romuald et elle était mal adaptée aux étudiants. Le projet actuel est plutôt un centre spécialisé où les étudiants recevraient l’ensemble de leur formation.»

Dans l’ouest

Les résultats de l’étude guideront le Cégep dans sa décision d’aller de l’avant ou non avec ce projet de centre spécialisé et, si oui, à quel endroit il l’installe. C’est la tête des ponts qui est privilégiée, soit Saint-Romuald ou Saint-Nicolas.

«Comme le Cégep de Lévis-Lauzon est la seule institution collégiale à Lévis, on aurait un avantage dans l’ouest avec un tel projet, surtout en ce qui a trait à la rétention des étudiants de ce secteur», explique Mme Fortier. 

En effet, pour plusieurs résidents de l’ouest de Lévis, les cégeps de Sainte-Foy et Garneau sont, en traversant le pont, à plus courte distance que le Cégep de Lévis-Lauzon. Comptant présentement 2800 étudiants, le cégep lévisien prévoit aussi une hausse de sa clientèle d’ici deux ou trois ans.

Éducation

Vers un Protecteur de l'élève plus fort

Pour que les plaintes soient mieux entendues par le système scolaire, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx veut faire adopter une loi qui donnera davantage de pouvoirs et d’indépendance au Protecteur de l’élève.

Sans dévoiler le contenu du projet de loi qui sera déposé mercredi, le ministre Proulx explique «qu’il y a un très grand travail qui a été fait de la part du ministère» sur cette question.

Le projet de loi a été élaboré en collaboration avec le bureau du Protecteur du citoyen, qui avait produit l’automne dernier «un rapport qui était très sévère à l’égard du Protecteur de l’élève», juge M. Proulx. Il espère maintenant satisfaire à leurs recommandations. 

Le Protecteur du citoyen constatait qu’il y avait trop d’étapes et trop d’interlocuteurs pour les parents qui voulaient porter plainte dans une commission scolaire. 

Il déplorait également les délais de traitement trop longs, le manque de suivi et le fait que le Protecteur de l’élève intervienne seulement en fin de parcours, après que le parent ait multiplié les rencontres avec la direction d’école et du personnel administratif. 

Chaque commission scolaire compte un Protecteur de l’élève, mais comme cette personne est payée par la commission scolaire, elle manque de distance et d’indépendance pour formuler des critiques. Le projet de loi devrait répondre à cet enjeu. 

La Coalition avenir Québec réclame depuis plusieurs années une réforme en profondeur du rôle du Protecteur de l’élève, afin qu’il soit plus indépendant et puisse également traiter les plaintes émanant des écoles privées. 

Élections scolaires

Le ministre Proulx a déposé mardi son projet de loi qui reporte les élections scolaires au 1er novembre 2020, au lieu du 4 novembre 2018. Sans se donner d’objectif de participation, le ministre croit que donner l’opportunité à ces élections de se tenir une année où il n’y a ni scrutin municipal, provincial ou fédéral sera bénéfique. «Je pense qu’on donne de la force à ces élections», évoque le ministre de l’Éducation. 

Entre temps, les commissaires scolaires élus qui ne voudraient pas poursuivre leur travail pourront quitter leur poste, sans que ça déclenche des élections partielles. Il reviendra aux différents conseils des commissaires de nommer des remplaçants à leur place ou de laisser des postes vacants. 

Comme l’indiquait Le Soleil, le gouvernement a déposé trois autres projets de loi mardi, qui visent à protéger les sources journalistiques, à préserver des emplois de Bombardier à La Pocatière, et à permettre à Hydro-Québec de fixer les tarifs des bornes de recharge rapide pour véhicules électriques. 

Le député de la CAQ Éric Caire a également déposé un projet de loi pour encadrer les communications des organismes publiques. L’objectif est de «mettre fin aux publicités partisanes payées à même les fonds publics», ce qu’il accuse le gouvernement libéral de faire. Rappelons qu’un projet de loi qui provient de l’opposition n’est normalement pas adopté.

Éducation

Pauline Marois et Ricardo Larrivée recevront des doctorats honoris causa de l'UL

L’ancienne première ministre du Québec Pauline Marois et l'homme d’affaires Ricardo Larrivée compteront parmi les huit nouveaux récipiendaires de doctorats honoris causa de l’Université Laval, lors de la collation des grades, en juin.

Détentrice d’un MBA à HEC Montréal, ancienne ténor du Parti québécois, et ex-première ministre du Québec, Pauline Marois se verra remettre un doctorat honoris causa en travail social, le 17 juin.

«Mme Marois a marqué la société québécoise par ses grandes qualités humaines, sa détermination et son leadership. Ses contributions en tant que travailleuse sociale, administratrice ou politicienne sont innombrables. C'est avec beaucoup de fierté que la Faculté des sciences sociales accueille cette distinction qui lui est offerte», a indiqué le doyen de la Faculté des sciences sociales, François Gélineau.

Chef, auteur, personnalité de la télévision et entrepreneur, Ricardo Larrivée a pour sa part fait de la bonne alimentation sa mission, ce qui lui vaudra un doctorat d’honneur en nutrition, le 9 juin.

«Vulgarisateur chevronné et homme engagé, Ricardo Larrivée est un modèle de leadership pour les étudiants et la société. Il a notamment contribué à améliorer la santé de la population en augmentant les compétences culinaires des jeunes et des familles par l'excellence de l'information qu'il diffuse et par ses capacités à rejoindre un très large public. Nous sommes fiers de souligner sa carrière remarquable par cette haute distinction», a fait savoir le doyen de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Jean-Claude Dufour.

Pauline Marois et Ricardo Larrivée forment une nouvelle cohorte de doctorants d’honneur avec la conjointe et partenaire d’affaires de ce dernier, Brigitte Coutu (9 juin), la journaliste Paule Beaugrand-Champagne (16 juin), le designer industriel d’origine belge Koen De Winter (17 juin), le philosophe Claude Panaccio (16 juin), ainsi que les chercheur et médecin américains Robert Samuel Langer (9 juin) et Peter Libby (9 juin).

Le doctorat honoris causa, représente la plus haute distinction décernée par l'Université Laval. Les doctorats d’honneur sont remis à des personnalités «dont le rayonnement est jugé remarquable et exemplaire dans l'une des sphères d'activité de l'Université». Les récipiendaires proviennent tant du monde universitaire que de la société civile au Québec, au Canada et partout dans le monde.

Depuis 1864, première année où elle a accordé un doctorat d'honneur, l'Université Laval a décerné près de 1100 diplômes honorifiques.

Lock-out à l'UQTR

«Ça suffit», clame la ministre David

Trois-Rivières — Un conseil spécial des ministres, qui était prévu depuis quelques jours, s’est tenu mardi soir à Québec afin de discuter notamment du cas de l’Université du Québec à Trois-Rivières dont les professeurs sont toujours en lock-out. Aucune nouvelle n’a toutefois transpiré de cette réunion en soirée.

Pendant ce temps, toutefois, l’Association générale des étudiants de l’UQTR a tenu une assemblée générale spéciale à laquelle 110 étudiants ont voté, soit moins de 1% des membres. L’AGEUQTR ne prendra finalement pas publiquement la parole pour appuyer les professeurs puisque 53 étudiants ont voté contre une résolution condamnant le lock-out et demandant sa levée immédiate et 50 ont voté en faveur. Il y a eu 7 abstentions selon le professeur Jason Luckerhoff, porte-parole des professeurs, qui a suivi le vote. Ce dernier a indiqué que «les professeurs comprennent que la situation est complexe et que les étudiants, victimes d’une situation qu’ils n’ont pas choisie, ne se sentent pas à l’aise de prendre position.»

C’est en véritable héroïne que les professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont accueilli la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, mardi matin, à l’entrée de l’UQTR, en formant une haie d’honneur et en l’applaudissant. La ministre a profité de l’occasion pour échanger quelques paroles avec certains, s’attarder aux bébés dans les poussettes et serrer des mains.

Mme David n’était toutefois pas venue annoncer une loi spéciale, une mise en tutelle de l’UQTR, la fin du lock-out ou le congédiement du recteur et de son conseil d’administration. Elle a simplement réitéré qu’elle veut la fin du lock-out.

N’ayant visiblement pas ébranlé les colonnes du temple en servant un ultimatum à la direction de l’UQTR, il y a quelques jours, la ministre a indiqué: «On est en train de regarder toutes les avenues qui s’offrent à nous. On vous le dira lorsqu’on aura retenu l’avenue qui est la meilleure pour mettre fin au lock-out.»

La ministre a aussi été interrogée en Chambre, mardi après-midi, par le député de Nicolet-Yamaska, Donald Martel à qui elle a répondu que «toutes les options sont sur la table.»

Le porte-parole des professeurs, Jason Luckerhoff, a indiqué au Nouvelliste, mardi, que les professeurs ne veulent toutefois pas de loi spéciale, mais seulement la levée du lock-out et une négociation de bonne foi.

Le Syndicat ne croit pas qu’il s’agisse d’une avenue intéressante puisque la détermination des conditions de travail des professeurs serait alors laissée entre les mains de l’arbitre.

Même si les deux parties ont annoncé publiquement, lundi, qu’elles étaient prêtes à retourner en négociations dès mardi, ce qu’elles ont d’ailleurs fait, la ministre David a été catégorique: «Je ne veux plus de lock-out, c’est clair. La négociation va devoir continuer. Il faut que ça se fasse dans une atmosphère sereine», a-t-elle martelé.

Mardi, le Syndicat a à nouveau demandé la levée du lock-out, ce qui a été refusé. «Le Syndicat a fait des propositions et retourne demain (mercredi) en médiation pour continuer le processus de négociation», a indiqué le professeur Luckerhoff au Nouvelliste.

Mme David a ajouté que si le bien de l’UQTR «doit passer par des mesures exceptionnelles, ça va passer par des mesures exceptionnelles. Nous allons regarder tout ce qui est en notre pouvoir au gouvernement pour agir.»

«Je pense qu’on est rendu à l’expression ça suffit. Ça veut dire qu’après 14 jours, aujourd’hui, on pense que le lock-out doit être levé», dit-elle.

Mme David a rencontré les étudiants, les professeurs ainsi que le recteur, Daniel McMahon. «On ne s’est pas dit grand-chose. Ça a duré moins de cinq minutes», a-t-elle indiqué. «On s’était dit beaucoup de choses dans les derniers 14 jours et je comprends qu’il a sa vision des choses et moi j’ai la mienne», dit-elle.

C’est que le recteur a récemment plaidé, devant les médias, qu’il avait été mis en poste à l’UQTR par le gouvernement libéral pour assurer une saine gestion et redresser les finances de l’Université et qu’il n’était pas question pour lui de laisser en place la clause ascenseur sur l’embauche de professeurs qu’il juge tout simplement intenable sur le plan financier. 

La ministre croit pour sa part que deux choses devraient calmer le jeu, soit la nouvelle politique de refinancement des universités qui est très généreuse envers l’UQTR et l’autorisation qu’a l’UQTR de redresser ses finances en huit ans au lieu de cinq ans. «C’est comme votre hypothèque. Si c’est huit ans, vous payez moins cher qu’en cinq ans», plaide la ministre sans toutefois évoquer le coût des intérêts provoqués par le prolongement d’un endettement. Or, c’est justement ce qui sépare, dans ce conflit, la ministre David et l’administration du recteur McMahon. Lors d’un point de presse tenu lundi, ce comptable de profession s’est montré nettement en défaveur d’un étalement encore plus long du déficit qui affecte déjà grandement l’Université. Le recteur a dit plaider en faveur d’une saine gestion financière qu’il juge plus profitable pour l’avenir de l’Université.

Pour la ministre, cette mesure, de même que la nouvelle politique de refinancement des universités représentent «deux outils majeurs qui devraient permettre d’en arriver à un dénouement. Le réinvestissement historique de 5,6 % dans les universités, dit-elle, permet à l’UQTR d’avoir un nouvel apport d’argent de 15,8 % supplémentaire dans son budget d’ici cinq ans.»

Notons que la plainte déposée au Tribunal administratif du travail par le Syndicat après que le dernier dépôt patronal eut été envoyé aux professeurs sans passer par le Syndicat a été entendue mardi. Le jugement a été pris en délibéré.