Copropriétaire de la compagnie Du toit à la table, François St-Pierre contestait à l’automne 2018 une condamnation à payer 1379 $ pour avoir fait pousser des légumes sur le terrain devant sa maison et sur le toit de celle-ci.
Copropriétaire de la compagnie Du toit à la table, François St-Pierre contestait à l’automne 2018 une condamnation à payer 1379 $ pour avoir fait pousser des légumes sur le terrain devant sa maison et sur le toit de celle-ci.

Édifices commerciaux: la Ville légalise l’agriculture urbaine sur les toits

Sans grand bruit, le comité exécutif de la Ville de Québec a récemment entériné une modification à la réglementation municipale qui légalise l’agriculture urbaine sur les toits. Du moins sur les toits des édifices commerciaux, industriels et de l’administration publique.

«C’est une très bonne nouvelle», se réjouit le copropriétaire de la compagnie Du toit à la table, François St-Pierre. «Le règlement est excellent pour nous. Ça vient clarifier l’avenir.»

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C’est que les activités maraîchères de la jeune pousse étaient tolérées, sans être officiellement autorisées. 

La mairie permettait déjà une «superficie végétalisée» sur les toitures, nous explique Audrey Perreault, conseillère en communication. Celle-ci pouvant être composée de gazon, d’arbustes, voire des produits comestibles. Mais «la vente de produits ayant été cultivés sur le toit d’un bâtiment» était défendue.

Ainsi, l’entreprise potagère de François St-Pierre au sommet du 3800, rue Marly — où loge Revenu Québec — devenait hors-la-loi. Surtout la vente hebdomadaire des paniers de fruits et légumes aux travailleurs des étages inférieurs de l’immeuble.

La mairie change d’approche : «On aura le droit de commercialiser les produits de l’agriculture urbaine directement sur le lieu de production», célèbre M. St-Pierre.

Citons la documentation municipale traitant de cette nouveauté : «Afin de permettre l’agriculture sur les toits, il est proposé de créer un article pour autoriser et encadrer cet usage», lit-on dans le résumé soumis aux élus. On y apprend cependant le type d’édifice où pourront germer des concombres est limité : «La culture doit être située sur la toiture d’un bâtiment dans lequel un usage de la classe Commerce de consommation et de services, Commerce à incidence élevée, Industrie ou Publique est exercé.» Point de mention des unifamiliales ni des immeubles d’appartements ou de copropriétés.

En outre, tant qu’à avoir les deux mains dans le dossier de l’agriculture urbaine, les conseillers municipaux ont profité de l’occasion pour permettre la construction de cabanons sur les toits où croissent les légumes. Ça semble évident, mais ça ne l’était pas. Car ces bâtiments ajoutent un étage aux immeubles, ce qui peut exposer les propriétaires à des sanctions pour non respect des hauteurs autorisées au zonage… 

Il fallait donc y penser. «Une construction d’au plus trois mètres de hauteur érigée sur le toit d’un bâtiment principal, accessoire à la superficie végétalisée de la toiture et destiné au rangement d’articles de jardinage, n’est dorénavant pas considéré dans le calcul de la hauteur d’un bâtiment principal.»

Jardin en façade

Pour raviver quelques souvenirs médiatiques, rappelons que François St-Pierre s’est fait connaître du grand public à l’automne 2018. Le Soleil avait alors relayé ses récriminations : il contestait une condamnation à payer 1379 $ pour avoir fait pousser des légumes sur le terrain devant sa maison et sur le toit de celle-ci.

Début 2019, la Ville avait finalement décidée d’autoriser les jardins de façade, exigeant qu’ils soient bien entretenus. 

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