Les enquêteurs du BST sur les lieux de l’écrasement de l’hélicoptère du président de Savoura, Stéphane Roy. L’organisme affirme que le rotor principal et le rotor de queue «ne montraient pas les signes caractéristiques d’un impact alors que les rotors tournent à pleine vitesse».

Écrasement de l’hélicoptère de Stéphane Roy: la radiobalise était à «OFF»

De nouvelles informations sur l’écrasement de l’hélicoptère du président de Sagami-Savoura, Stéphane Roy, ont été révélées vendredi par le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST).

Selon le BST, l’interrupteur sur la «radiobalise de détresse» a été trouvé à la position «OFF».

Appelé à commenter ces informations du BST, Hans Obas, membre de l’Observatoire international de l’aéronautique et de l’aviation, a souligné qu’un pilote d’hélicoptère doit, avant un vol, s’assurer que l’interrupteur est en position «ARM».

«Quand l’interrupteur est à “OFF”, c’est souvent une erreur humaine, quelqu’un l’a mis à “OFF” involontairement, ou on l’a oublié à “OFF”, car en vol, la position doit être “ARM”», a-t-il fait valoir.

En position armée, la radiobalise est programmée pour émettre des signaux de détresse automatiquement s’il y a un impact.

Le BST affirme qu’il analysera la radiobalise afin de déterminer si elle aurait fonctionné avec l’interrupteur en position «ARM».

L’organisation n’a pas voulu accorder d’entrevue à cette étape de l’enquête.

Il existe trois positions pour l’interrupteur d’une radiobalise, «ON», «OFF» et «ARM». La fonction «ON» émet automatiquement des signaux de détresse, et elle est utilisée lorsqu’un pilote se trouve en situation d’urgence.

«Dès qu’une radiobalise est à “ON”, tous les avions et hélicoptères dans un certain rayon vont recevoir le signal et croire qu’il y a un accident. Donc si la radiobalise ne se déclenche pas à l’impact en raison d’une défectuosité, on peut la mettre à “ON” manuellement, si on est encore en vie» a précisé Hans Obas.

L’écrasement de l’hélicoptère a coûté la vie à Stéphane Roy et à son fils de 14 ans, Justin. L’appareil avait été porté manquant le 11 juillet, et a été retrouvé le 25 juillet dans le secteur du lac Valtrie, à environ 80 kilomètres au sud-est du Lac-De La Bidière, d’où Stéphane Roy et son fils avaient décollé.

État des Rotors

Autre élément majeur, le BST affirme que le rotor principal et le rotor de queue «ne montraient pas les signes caractéristiques d’un impact alors que les rotors tournent à pleine vitesse». Une analyse plus poussée sera faite pour tenter de déterminer la vitesse de rotation au moment de l’impact, indique l’organisation dans le communiqué publié vendredi.

Selon Hans Obas, il est anormal que des rotors ne tournent pas à pleine vitesse.

«On suspecte peut-être une panne de moteur en vol. Est-ce qu’il y a eu une défectuosité du moteur qui empêche les rotors de tourner en pleine vitesse?» s’est-il demandé.

Selon l’ancien enquêteur de l’Organisation de l’aviation civile internationale, le BST se penchera probablement aussi sur la formation du pilote. «Même si on a une panne de moteur ou de rotor, on doit être capable de faire un atterrissage d’urgence contrôlé, alors le BST va se pencher là-dessus aussi, on va vérifier la formation du pilote», a-t-il soutenu.

Joint pour commenter ces nouvelles informations, le frère de Stéphane Roy, Daniel, a dit croire que son frère n’aurait jamais laissé la radiobalise à «OFF».

«Mon frère était très rigoureux, il était strict sur tous» a-t-il indiqué.

Il a souligné que la balise était «dans la queue, et inaccessible de la cabine».

Daniel Roy a dit croire aussi que son frère s’en remettait à des professionnels pour l’entretien de son hélicoptère. Ceux-ci avaient fait l’entretien et une «recertification» de la radiobalise en avril 2019, a-t-il indiqué.

Daniel Roy n’a pas voulu tirer trop de conclusions hâtives, disant que les enquêtes allaient se poursuivre, avec notamment des analyses plus approfondies sur la radiobalise. Il a dit vouloir laisser le BST faire son travail.

Le BST dit également avoir récupéré un GPS et deux téléphones cellulaires sur les lieux de l’accident et affirme qu’il tentera d’extraire des données qui pourraient être utiles à l’enquête.