Selon le premier ministre Justin Trudeau, environ 20 familles de citoyens canadiens décédés dans l’écrasement d’avion ont demandé à ce que les dépouilles de leurs êtres chers soient retournées au Canada.

Écrasement d’avion en Iran: des compensations pour les familles des victimes

Ottawa accordera des compensations pour aider les familles et les proches des victimes canadiennes décédées dans l’écrasement d’avion en Iran, la semaine dernière.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi que le gouvernement versera 25 000 $ par victime dans l’immédiat afin d’aider les proches à faire des arrangements funéraires ou à payer pour des frais de déplacement, par exemple.

«Mais ce n’est qu’une assistance immédiate. Nous nous attendons à ce que l’Iran compense ces familles de façon adéquate dans le moyen terme», a-t-il ajouté.

Environ 20 familles de citoyens canadiens décédés dans la tragédie ont demandé à ce que les dépouilles de leurs êtres chers soient retournées au Canada. D’autres souhaitent les enterrer en Iran, a précisé M. Trudeau.

Les premières dépouilles des victimes sont attendues dans les jours à venir, a-t-il dit.

La question de l’indemnisation, entre autres, a été abordée lors d’une rencontre plus tôt vendredi entre le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et son homologue iranien, Javad Zarif, à Oman.

Un compte rendu de cette rencontre précise que les deux hommes ont discuté de la nécessité d’un «accès complet à l’Iran» pour le Canada ainsi que les autres pays en deuil afin de fournir des services consulaires, identifier les victimes et participer à une enquête «approfondie et transparente».

«On a énormément de questions, encore, sur comment ça s’est passé», a soutenu M. Trudeau, en conférence de presse, vendredi.

Boîtes noires endommagées

L’Iran a consenti à une «analyse transparente» des données des boîtes noires, qui auraient été gravement endommagées, selon M. Trudeau. Il n’a pas précisé si ou quand les enquêteurs canadiens allaient pouvoir y accéder, mais a réitéré que l’analyse devait se faire le plus rapidement possible. La France, qui a les capacités techniques de mener cette analyse, s’est déjà offerte pour la faire.

Cette rencontre entre MM. Champagne et Zarif survient le jour après que le Canada et quatre autres pays qui avaient des ressortissants à bord de l’avion abattu eurent établi une liste de demandes qu’ils prévoyaient présenter à l’Iran.

Il y a un peu plus d’une semaine qu’un missile sol-air iranien — et peut-être un second — a abattu l’avion d’Ukraine International Airlines quelques minutes après le décollage de l’aéroport international de Téhéran.

Les 176 personnes à bord ont été tuées, incluant 57 Canadiens et 29 résidents permanents.

La Presse canadienne a confirmé indépendamment au moins 90 victimes ayant des liens avec le Canada, dont beaucoup d’étudiants et de professeurs revenant au pays après avoir passé la semaine de relâche en décembre à visiter des parents en Iran.

Dans les derniers jours, le gouvernement canadien a mis en place une ligne téléphonique et une boîte de courriels pour répondre aux questions des familles des victimes. Un site Web est également en ligne sur le soutien offert à ceux qui ont perdu un proche.

Les demandes de visas et d’autres documents nécessaires sont aussi traitées beaucoup plus rapidement — en quelques heures au lieu de semaines — pour les familles affectées par cette tragédie.

Le Canada pourrait se tourner vers les Nations Unies afin d’accentuer la pression internationale sur l’Iran pour la tenue d’une enquête approfondie et indépendante et éviter qu’une telle situation ne se reproduise, a déclaré M. Trudeau.

Dans un rare sermon lors des prières du vendredi, le chef suprême de l’Iran a qualifié la chute de l’avion d’accident amer qui a attristé l’Iran et rendu ses ennemis heureux.

+

LES SOLDATS CANADIENS QUITTERONT L'IRAK SI BAGDAD L'ORDONNE

OTTAWA — Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a déclaré que le Canada souhaitait reprendre ses activités d’entraînement militaire en Irak, mais respecterait toute décision de Bagdad d’expulser des troupes étrangères. Du côté des États-Unis, des informations laissent croire que Washington envisage des sanctions et des coupes dans l’aide militaire si Bagdad veut expulser les forces américaines.

Le ministre canadien a reconnu que «de toute évidence, le gouvernement irakien a des préoccupations». Les alliés occidentaux «écoutent ces préoccupations» et tentent d’y répondre par l’entremise de pourparlers, a-t-il déclaré.

M. Sajjan a tenu ces propos après une visite au Koweït et en Jordanie, où il a rencontré des centaines de soldats canadiens qui ont participé à l’intervention du Canada contre l’État islamique au cours des dernières années.

L’intervention du Canada en Irak s’articule autour de deux principaux éléments. L’un implique environ 200 soldats qui ont entraîné des forces locales sous l’égide de l’OTAN pour combattre l’État islamique. Un nombre similaire de membres des forces spéciales ont travaillé séparément avec des unités antiterroristes irakiennes dans le cadre de la coalition contre l’État islamique dirigée par les États-Unis.

Ces deux éléments ont vu leurs opérations suspendues la semaine dernière, avec l’ordre de replier les troupes sur des bases militaires ou, dans certains cas, de déménager au Koweït, craignant que l’Iran ou ses mandataires ne ripostent à l’assassinat par les États-Unis du plus important général iranien, Qassem Soleimani.

L’Iran a effectivement tiré des missiles balistiques sur les bases américaines et de la coalition en Irak, dont une à Irbil que les troupes des forces spéciales canadiennes utilisent depuis des années. Aucune blessure grave n’a été signalée.

Bien que certains soldats canadiens aient repris le travail depuis ce temps, d’autres restent en retrait. L’ombre qui surplombe tout cela est la question de savoir si le gouvernement irakien expulsera toutes les troupes étrangères. La Presse canadienne