Cette image du site de l'accident est tirée d'une vidéo de l'armée française.

Écrasement au Mali: une victime était en route pour Québec

«Elle avait hâte.» Mais Martine Sanwidi n'aura jamais eu la chance de voir son deuxième petit-fils. Ni la terre d'adoption de son fils Moïse, qui vit à Québec depuis neuf ans. Lui et sa petite famille devaient bientôt aller la cueillir à l'aéroport lorsqu'il a appris... pour l'avion. Et pour sa mère, qui était dedans et qu'il ne verrait jamais plus.
Oui, elle était dans cet avion parti de Ouagadougou qui devait se poser tranquillement à Alger, mais pour lequel le destin avait de funestes plans pour les 116 personnes à bord. La mère de Moïse Sanwidi avait 56 ans.
Il est établi au Québec depuis 2005 et vit dans Beauport avec sa femme, qui est elle aussi burkinabè, et ses deux enfants, dont un petit tout récent. M. Sanwidi a fait ses études à l'Université Laval et travaille maintenant comme analyste en informatique.
Ils vont voir la famille de temps en temps, dans la capitale burkinabè, Ouagadougou. La dernière fois, c'était en 2012. «Maintenant, moi, je suis établi ici, mais ma mère n'était jamais venue au Canada. Alors, on avait profité de la naissance de notre deuxième fils pour qu'elle vienne. Elle avait hâte de voir dans quel environnement je vis, mais surtout de voir son deuxième petit-fils», raconte Moïse au téléphone.
La veille de son arrivée prévue, la petite famille se préparait pour aller chercher Mme Sanwidi à Montréal. «Le matin, j'ai reçu un appel d'un ami, il me faisait savoir qu'ils avaient perdu la trace de l'avion. Mais pour moi, c'était quelque chose de temporaire. Je me suis levé, j'ai tout de suite vérifié l'info, et c'est là que j'ai compris que c'était quelque chose de sérieux. La télé ne parlait que de ça. On a passé la journée à suivre l'événement», raconte Moïse.
«C'est une tragédie qui est arrivée. Y'a pas de mot pour expliquer ce qui se passe. Ce qu'on ressent est une tristesse profonde», témoigne-t-il. Il n'a pas de famille ici, mais il a tout de même eu beaucoup de soutien de la part de ses amis. Les Sanwidi se préparent à partir pour le Burkina Faso pour quelque temps. «Retourner dans la famille, ça va nous faire du bien.»
Prendre l'avion après ce drame? Il est plus moins à l'aise, évidemment, mais il se raisonne: «On ne doit pas non plus arrêter de vivre à cause de ça.»
Il a entamé «des démarches» auprès de la compagnie Air Algérie. Mais il s'en occupera plus tard. Pour l'instant, ses pensées sont consacrées à sa mère et à sa famille. À Ouagadougou, son père «est atteint» de cette même grande tristesse. «Mais c'est un homme très fort. C'est lui qui nous motive à mettre tout ça dans les mains de Dieu.»