La commission scolaire de la Capitale songe à réserver l’école secondaire Cardinal-Roy à des programmes contingentés de sports-arts-études afin de répondre à la demande grandissante.

École secondaire Cardinal-Roy: des parents se mobilisent pour un programme complet

Des parents du centre-ville de Québec poursuivent leur offensive pour non seulement sauver les secteurs «régulier» et «adaptation scolaire» menacés de fermeture à l’école secondaire Cardinal-Roy, mais aussi pour y bâtir un programme d’enseignement complet, de la première à la cinquième secondaire, ouvert à tous les enfants de la basse ville.

Rappelons que la commission scolaire de la Capitale évalue la possibilité de réserver Cardinal-Roy à des programmes contingentés de sports-arts-études afin de répondre à la demande grandissante. Cela forcerait cependant les élèves du secondaire régulier et de l’adaptation scolaire à déménager.

Mardi, un comité militant a mis en ligne une pétition afin de rallier les opposants au changement de vocation de l’établissement. Ils convient également la population à une chaîne humaine le 30 octobre, à 18h30, autour de l’école, tandis qu’une assemblée publique de consultation se tiendra à l’intérieur.

Cette consultation est populaire. Plus d’une cinquantaine de groupes communautaires, parents, clubs sportifs, conseils d’établissement d’autres écoles et anciens élèves ont déposé des mémoires et demandé un droit de parole. La députée solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, également.

La directrice de la Joujouthèque Basse-Ville, Audrey Santerre-Crête, espère que les personnes favorables à une école secondaire «inclusive», «diversifiée», se déplaceront nombreuses. Pas pour s’opposer aux programmes sports-arts-études. Mais pour réclamer aussi un cursus d’enseignement régulier enrichissant de la première à la cinquième secondaire.

Pour tout le monde

Coporte-parole du comité de citoyens opposés à la mutation, elle dénonce l’approche privilégiée par la direction de Cardinal-Roy. «Ce que ça donne comme image aux enfants de la basse ville, c’est qu’il n’y a pas de place pour eux. […] Il ne faut pas oublier que la mission [de la commission scolaire], c’est l’éducation de tous les enfants.» Pas seulement des plus performants dont les parents ont les moyens de décaisser des milliers de dollars pour des parcours de pointe, dit-elle.

L’autre coporte-parole, Claudine Thériault, espère que les représentants de la commission scolaire de la Capitale seront vraiment à l’écoute durant la consultation publique du 30 octobre. Son fils vient d’être admis en adaptation scolaire à Cardinal-Roy; il est en première secondaire, sauf qu’il est au niveau de la 3e année. Et voilà qu’on lui annonce qu’il pourrait devoir changer d’école pour laisser la place à l’élite sportive et artistique.

Rétablir tous les niveaux

Le problème de Cardinal-Roy, évalue-t-elle, c’est que les secteurs régulier et de l’adaptation ne comptent que deux années scolaires : 1re et 2e secondaire. Voilà qui expliquerait la baisse des admissions. Pour requinquer l’école, il faut rétablir les parcours complets de cinq ans abolis il y a quelques années, plaide Mme Thériault.

«Malheureusement, c’est toujours les jeunes avec le plus de défis qui ont le moins de choix d’écoles. […] Nous, ce qu’on dit, c’est qu’il y a de la place pour les trois secteurs.»

Le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur appuie les revendications du groupe de parents. «Dans un quartier défavorisé, on devrait favoriser l’accès à l’éducation», commente Éloise Gaudreau, animatrice coordonnatrice.

Elle ajoute que la vitalité de la basse ville est tributaire du maintien d’une école secondaire publique ouverte à tous. «On a perdu une clinique médicale, on a perdu une caisse populaire. […] Le Centre Durocher aussi, on l’a perdu. On est un quartier qui a beaucoup de besoins, mais on perd des services.»