L’École hôtelière Fierbourg s’est munie d’une remorque de cuisine de rue afin de promouvoir son établissement et ainsi attirer plus d’élèves dans leurs salles de cours.

École Fierbourg: une remorque de cuisine de rue pour apprendre

La pénurie d’intérêt pour les emplois du domaine de la restauration frappe également de plein fouet les écoles hôtelières. Fierbourg, de Québec, tente donc de se démarquer et de séduire les jeunes avec sa nouvelle remorque de cuisine de rue.

«C’est de plus en plus difficile, même pour les écoles, de recruter», regrette le chef enseignant Pierre Imbeault. «En 25 ans d’expérience, c’est probablement l’année la plus difficile.»

Paradoxal, alors que la cuisine occupe les écrans, que certains de ses artisans sont élevés au rang de vedette. «Partout, c’est hyper populaire, médiatisé.»

M. Imbeault se souvient des années fastes, quand l’établissement professionnel refusait des candidats. Quand 200 jeunes soumettaient leur dossier dans l’espoir d’obtenir une des 70 places… Maintenant, quiconque se présente sera accepté et recevra des offres d’emploi.

Malgré l’ouverture, Fierbourg peine à remplir ses salles de cours. Un groupe de 20 entreprendra sa formation en août. Une cohorte équivalente pourrait entamer son parcours pédagogique en octobre.

«On va avoir un joli problème tantôt», observe Pierre Imbeault. La population raffole de plats préparés, de repas au restaurant. «Mais il va falloir quelqu’un aux fourneaux.»

Voilà pourquoi le chef a investi de son temps au cours des deux dernières années pour concrétiser, dessiner, la remorque de cuisine de rue acquise par l’école Fierbourg. «Ça apporte beaucoup de visibilité. On va s’en servir pour la promotion, pour le recrutement des élèves. […] C’est une page publicitaire mobile. On est la première école hôtelière à offrir un produit comme ça.»

L’établissement surfe donc sur la mode de la cuisine de rue. Et promet aux intéressés des apprentissages nouveaux, comme la gestion des ressources limitées (eau, propane…) dans un environnement où l’espace est compté, où le travail d’équipe est indispensable.


« On est la première école hôtelière à offrir un produit comme ça »
Pierre Imbeault, chef enseignant à l’École hôtelière Fierbourg

En plus, souligne la directrice de l’école Mélissa Laflamme, la remorque a été conçue pour l’expérimentation de plusieurs types de cuisines, contrairement aux camions de restauration traditionnels aménagés pour la production d’une alimentation ciblée : frites et burger, sushis… «On a vraiment toutes les installations à l’intérieur.»

À l’occasion des portes ouvertes de mardi, le menu était d’ailleurs diversifié navigant entre le taco à la bajoue de flétan, le sandwich de fromage fondu, la brochette de poulet et les calmars frits.

La remorque de cuisine de rue de Fierbourg a coûté 162 000 $. Sept élèves peuvent y prendre place. La direction espère pouvoir l’utiliser environ quatre mois par année, avec une pause en juillet quand l’école est désertée. Elle sera en activité surtout durant des événements de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries.