Depuis que la nouvelle court concernant la propagation de la COVID-19 à l’intérieur de l’usine de transformation de viande Olymel, en Beauce, des lecteurs ont contacté <em>Le Soleil</em>.
Depuis que la nouvelle court concernant la propagation de la COVID-19 à l’intérieur de l’usine de transformation de viande Olymel, en Beauce, des lecteurs ont contacté <em>Le Soleil</em>.

Éclosion majeure chez Olymel: le virus peut-il être transmis par la nourriture?

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Une éclosion majeure a contaminé jusqu’ici près de 90 travailleurs de l’usine d’Olymel, à Vallée-Jonction. Ces employés infectés, pourraient-ils transmettre le virus aux consommateurs s’ils ont été en contact avec la viande? Voici ce qu’en disent les experts.  

Depuis que la nouvelle court concernant la propagation de la COVID-19 à l’intérieur de l’usine de transformation de viande Olymel, en Beauce, des lecteurs ont contacté Le Soleil. Certains se demandent s’il est toujours sécuritaire de consommer les produits, sachant que la principale éclosion a touché majoritairement des travailleurs affectés à la salle de découpe de viande.

Danger de la manger?

La viande pourrait-elle être contaminée? À cette question, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) répond sans détour.

«Le coronavirus ne peut pas se multiplier dans les aliments», indique-t-on. Le fait de manger un aliment n’expose pas non plus un consommateur à attraper la COVID-19. «La transmission du virus par l’ingestion d’aliments est écartée.»

Linda Saucier, professeure-chercheure au Département des sciences animales de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval, abonde dans le même sens.

Le virus ne se retrouve pas dans les aliments, explique-t-elle, parce qu’il a besoin de cellules humaines pour se répliquer. «La COVID-19 est une maladie respiratoire chez l’humain et non une toxi-infection alimentaire qui cause des désordres gastro-intestinaux», rappelle la chercheure qui travaille auprès de l’entreprise Olymel depuis plusieurs années.

Au sujet de la viande, puisque l’usine affectée par une éclosion en est une d’abattage et de découpe de porcs, des experts de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) attestent que la volaille et le porc ne portent pas le virus dans leurs tissus utilisés pour la consommation humaine.

Ces animaux ne sont donc pas en mesure de transmettre le SRAS-CoV-2, le virus responsable de la maladie COVID-19, aux humains, aux animaux ou à l'environnement.

Transmission par contact?

Par ailleurs, même s’il ne s’agit pas du mode principal de transmission, il est possible de contracter la maladie en portant la main à sa bouche, son nez ou ses yeux, si l’on a précédemment touché une surface ou encore un objet où se trouve le virus, précise le MAPAQ.


« La COVID-19 est une maladie respiratoire chez l’humain et non une toxi-infection alimentaire qui cause des désordres gastro-intestinaux. »
Linda Saucier

La Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) a d’ailleurs développé un guide pour les entreprises agroalimentaires qui indique qu’il est «très improbable» de contracter la COVID-19 par le biais d’aliments, ce coronavirus se transmettant surtout au contact de gouttelettes contaminées.

«En usine, les employés portaient des masques, des gants et avaient adopté le lavage des mains bien avant la pandémie», précise Richard Vigneault, porte-parole chez Olymel.

L’entreprise possède des certifications internationales et est assujetti aux «très hauts standards» de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

«À l’heure actuelle, il n’existe aucune preuve scientifique que les aliments ou les emballages alimentaires sont une source ou une voie de transmission probable du virus. En ce moment, aucun cas n'a été rapporté associant les aliments ou l'emballage des aliments à la transmission de la COVID-19», répond l’organisation fédérale.

«Les normes sont sévères en temps normal, mais avec la COVID ces mesures continuent d’être appliquées, en plus de mesures sanitaires renforcées pour éviter la propagation du virus», indique Richard Vigneault.

Fermeture?

Pour l’instant, le CISSS de Chaudière-Appalaches n’a pas recommandé la fermeture de l’usine de Vallée-Jonction. Entamée vendredi soir, une opération de dépistage massif doit permettre de tester l’ensemble des employés.

L’ACIA confirme que la décision revient aux autorités de santé publique responsables, en se référant entre autres au nombre de cas décelés dans le lieu de travail, au degré de contact que la personne malade a eu avec ses collègues et à l'étendue de la propagation au sein de la collectivité.

Selon cette organisation, l’environnement de travail en usine, notamment les chaînes de transformation en raison de la proximité entre les collègues et les surfaces fréquemment touchées, peut contribuer «considérablement» à une exposition potentielle au virus.