Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec
Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

Éclosion à l’IUCPQ: l’organisation clinique de l’hôpital revue

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Aux prises avec une sérieuse éclosion de COVID-19, l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ, anciennement l'hôpital Laval) a finalement mis en place des «mesures importantes en termes d’organisation clinique pour faire face à la situation».

Un plan de «modulation des activités» a été établi pour la semaine du 5 au 9 octobre inclusivement, a annoncé l’IUCPQ dans un communiqué diffusé lundi. 

Tous les services urgents et semi-urgents seront assurés, réitère l’établissement, qui précise aussi que tous les rendez-vous en téléconsultation seront favorisés «lorsque c’est possible».

«Les rendez-vous non urgents et qui ne peuvent se faire en téléconsultation seront replanifiés. Les usagers concernés seront contactés, le cas échant», mentionne encore l’IUCPQ.

Le directeur des services professionnels de l’IUCPQ, le DrDaniel Lefrançois, souligne que cette modulation des activités, «temporaire», est «devenue nécessaire dans le contexte actuel». 

L’établissement continuera d’évaluer la situation de jour en jour. «Nous ajustons l’offre de services visant à assurer l’accès sécuritaire aux usagers de l’Institut», explique le Dr Lefrançois.

Dimanche, le service des communications de l’IUCPQ a indiqué au Soleil que «pour ce qui est des salles d'opération, depuis le printemps, afin de protéger nos intervenants et nos usagers, nous fonctionnons de la même façon qu’en période estivale».

«Cependant, le 24 septembre dernier, lorsque nous avons dû retirer quelques infirmières du travail de manière préventive, nous avons dû à nouveau moduler les activités chirurgicales, c’est-à-dire que les chirurgies sont priorisées et planifiées en fonction de la disponibilité des salles, des médecins et du personnel. Étant donné la situation actuelle dans la région, nous continuons donc de fonctionner ainsi, et ce, pour protéger la santé et la sécurité de tous. Les décisions sont réévaluées au fur et à mesure de l’évolution de la situation», précisait par courriel une agente d’information, Clélia Da Silva.

En date de lundi matin, 41 employés de l'établissement avaient reçu un test positif à la COVID-19, et une vingtaine d’autres étaient en isolement préventif. Quatre secteurs de l’IUCPQ sont touchés par l’éclosion, soit trois unités de soins et l’urgence.

Quant aux patients hospitalisés pour des complications liées au virus, ils étaient 29 dimanche à l’IUCPQ, dont un aux soins intensifs. La capacité de cet établissement désigné COVID-19 pour l’Est de la province pourrait en principe aller jusqu’à 46 lits, dont une dizaine aux soins intensifs, selon la responsable des communications par intérim, Valérie Lefrançois.

Situation au CHU de Québec

Du côté du CHU de Québec, l’éclosion est restée stable à l’Hôpital du Saint-Sacrement, avec un total de six patients et de moins de cinq employés infectés.

Actuellement, 98 employés du CHU de Québec sont en isolement en lien avec la COVID-19.

L’établissement travaille présentement sur un plan de modulation des activités qui pourrait être mis en place dans les prochains jours ou les prochaines semaines, selon l’évolution de la situation, a indiqué au Soleil une porte-parole du CHU de Québec, Lindsay Jacques-Dubé, tout en assurant que «tout est fait pour éviter un délestage massif des activités».

«On ne veut pas revivre ce qu’on a vécu à la première vague. On commence à moduler en privilégiant par exemple les chirurgies d’un jour plutôt que les chirurgies qui nécessitent une hospitalisation. Mais notre objectif, c’est vraiment de moduler le moins possible pour maintenir le meilleur accès possible. Et ça, ça demande la participation de la population. On a vraiment besoin que les gens nous disent la vérité quand ils viennent chez nous, qu’ils suivent les consignes à la lettre, parce qu’on a besoin de toute notre main-d’oeuvre, c’est ce qui nous permet de garder un bel accès», insiste la porte-parole du CHU de Québec.

Quant au nombre de patients infectés qui sont actuellement hospitalisés à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, également désigné COVID-19 pour l’Est du Québec, «c’est difficile, mais ce n’est pas plein, ça reste sous contrôle», assure Mme Jacques-Dubé, sans préciser le nombre exact de lits présentement occupés par des usagers atteints du virus.

À propos de la capacité de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus comme centre désigné COVID-19, la porte-parole du CHU de Québec explique que «c’est le principe de l’accordéon».

«On a des lits autant qu’on va en avoir besoin [en allant] chercher de l’air ailleurs. […] On va moduler ailleurs, réorganiser ailleurs. Pour l’instant, on a encore de la place, même si ça reste difficile, même si ça reste un défi», dit Lindsay Jacques-Dubé.

À la mi-septembre, le CHU de Québec nous disait que l’Hôpital de l’Enfant-Jésus avait 35 lits dédiés aux patients COVID, et que 14 lits supplémentaires pourraient être ouverts au besoin. 

Toujours à la mi-septembre, l’Hôpital de l’Enfant-Jésus comptait six lits de soins intensifs réservés aux patients COVID, et le CHU de Québec se disait prêt à dédier au besoin six lits de soins intensifs supplémentaires, pour un total de 12.