L’expulsion touche trois élèves puisque les parents des trois autres jeunes impliqués ont volontairement accepté de changer leur enfant d’école.

Échange de photos explicites: les six élèves impliqués ne reviendront pas

Les six élèves du Séminaire des Pères Maristes soupçonnés d’avoir échangé des photos explicites de trois jeunes filles de l’établissement ne réintégreront pas l’école à l’automne.

«Le conseil d’administration du Séminaire a choisi d’entériner la seule avenue capable d’assurer une rentrée scolaire sereine et de ramener une paix sociale au sein de l’établissement : résilier le contrat de services éducatifs avec trois des garçons potentiellement impliqués», a fait savoir au Soleil le directeur de l’établissement, François Sylvain.

La décision touche trois élèves puisque les parents des trois autres jeunes impliqués ont volontairement accepté de changer leur enfant d’école après avoir discuté avec la direction. L’un des retraits ne serait pas lié à l’enquête policière en cours, souligne le directeur.

L’arrestation des six adolescents de 12 et 13 ans, le 2 mai dernier, avait suscité bien des débats. Surtout parce que la direction avait initialement pris la décision de réintégrer à la rentrée les élèves qui font l’objet d’une enquête.

Le mouvement Québec contre les violences sexuelles a même déposé au début d’août une pétition de 2870 noms au conseil d’administration du Séminaire. Les pétitionnaires demandaient que les six garçons soupçonnés ne remettent pas les pieds dans l’école pour l’année scolaire 2018-2019. Les auteurs de la pétition ont toujours soutenu que les victimes dans cette histoire ne devraient pas avoir à côtoyer les garçons en classe ou à se sentir obligées de changer d’école.

M. Sylvain a souligné que la décision de ne pas réintégrer les six élèves n’a aucun lien avec le traitement médiatique ou quelque forme de pression sociale exercée sur l’établissement.

«Notre unique objectif a toujours été de protéger les victimes et de garder le lien de confiance avec notre communauté, soutient M. Sylvain. La décision d’aujourd’hui est la seule qui permet de mettre en place un environnement serein et d’envoyer un signal sans équivoque à l’effet que les gestes allégués sont inacceptables et incompatibles avec nos valeurs et notre code de conduite», ajoute-t-il.

Du même souffle, il dit qu’il aurait quand même souhaité prendre connaissance des conclusions du Directeur des poursuites criminelles et pénales et «avoir en mains toutes les informations factuelles et contextuelles pour une prise de décision éclairée».

Mais «Chaque jour qui passe nous rapproche de la rentrée scolaire et la situation est devenue intenable pour toute la communauté du Séminaire, particulièrement les victimes alléguées». 

Gestion préoccupante

Le 1er août, le ministère de l’Éducation se disait préoccupé de la gestion des événements faite par la direction du Séminaire des Pères Maristes. La direction de l’Enseignement privé critiquait le fait que «la gestion de la situation a reposé sur la seule expérience du directeur général et ce dernier a également agi seul en grande partie; le plan de lutte contre l’intimidation et la violence de l’établissement n’a été apparemment d’aucun secours et requiert une importante actualisation; cette actualisation ne semble pas être une priorité selon les propos de la direction; et le conseil d’administration n’a assumé qu’un rôle limité dans la gestion des événements».

À ce sujet, M. Sylvain rappelle que le Séminaire a imposé plusieurs sanctions dès la mise au jour de cette affaire : saisie des téléphones cellulaires; suspension à l’externe d’une durée de six jours et scolarisation à l’écart d’une durée de deux mois pour les garçons impliqués, incluant l’adoption d’horaires adaptés pour éviter les contacts avec les victimes alléguées; exclusion du voyage de fin d’année; exclusion des équipes sportives; et exclusion des activités de la vie étudiante.

Le Séminaire a aussi mis en place des mesures d’aide psychologique auprès des victimes alléguées et des élèves visés par l’enquête. «Nous avons toujours agi de bonne foi», insiste M. Sylvain. 

Enfin, l’établissement travaille actuellement à mettre à jour le plan de lutte contre l’intimidation et la violence à temps pour la présente rentrée scolaire, comme l’a exigé le ministère de l’Éducation. «Des ateliers de sensibilisation, de formation et d’intégration verront le jour tout au long de l’année scolaire pour faire la promotion des mesures que contient le plan mis à jour», conclut M. Sylvain.