Même s'il est un habitué des ultramarathons, Olivier Duhaime estime que ne pas avoir relevé de défi aussi ambitieux que son dernier en lice : rallier Québec à Ottawa en six jours.

D'un parlement à l'autre... à la course!

Désireux d'inspirer les Québécois à bouger et «sortir de leur zone de confort», Olivier Duhaime parcourra dans les six prochains jours les 430 kilomètres séparant l'Assemblée nationale, à Québec, du Parlement d'Ottawa. À la course à pied! Son truc? Y aller «un marathon à la fois».
Olivier Duhaime, 27 ans, n'en est pas à un premier fait d'armes athlétique. Depuis trois ans, il court des ultramarathons et des triathlons Ironman. L'été passé, il a tenté de compléter le Vermont 100, une course de 160 kilomètres à courir d'un trait, abdiquant finalement au bout de 143 kilomètres et une vingtaine d'heures de course. 
N'empêche, rallier Québec à Ottawa en six jours à la course est probablement le défi le plus ambitieux que le Gatinois se soit lancé. L'itinéraire et les escales pour dormir ont été soigneusement planifiés. «Cette idée-là, ça fait longtemps que je l'ai en tête, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. Cet hiver, je me suis dit que mon corps était prêt. Comme je travaille en politique fédérale, j'aimais l'idée de partir de l'Assemblée nationale pour finalement arriver au Parlement», raconte le responsable du bureau du député libéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus. 
Par le passé, Olivier Duhaime a déjà profité de ses courses longue distance pour amasser des fonds pour des organismes de charité. Cette fois, par contre, il s'attaque à la sédentarité. «Au lieu de me donner 20 $ ou 30 $, j'invite les gens à me donner du temps et bouger chaque jour durant mon parcours. En une semaine, le cerveau humain peut développer une habitude», explique celui qui entame sa course dimanche matin, à Québec. 
Sur son site, une soixantaine de personnes se sont engagées à relever le défi, mais l'athlète espère rejoindre un plus large public, cette semaine. 
«Je ne demande à personne de courir 430 kilomètres, évidemment. C'est vraiment juste pour encourager les gens sédentaires à bouger un peu plus. Pour certains, ça peut être de courir cinq kilomètres. Pour d'autres, juste marcher ou faire du patin à roues alignées.»
Trouver le temps
Il est facile de se perdre dans la folie du quotidien, et oublier de bouger, reconnaît le coureur. Lui-même ne compte pas ses heures passées au travail, mais il trouve tout de même le temps de courir quatre fois par semaine, dont une longue sortie d'une trentaine de kilomètres. 
Ce qui fait de lui quelqu'un de suffisamment en forme pour courir l'équivalent de plus de 10 marathons en cinq jours. Du moins, il l'espère. «Sur la route, il y aura pas beaucoup d'ombre. Je vais prendre ça un marathon à la fois. Ça va être plaisant de voir jusqu'où je peux pousser mon corps.»
Plaisant, c'est lui qui le dit. 
«On se stresse trop à toujours penser au futur, à ce qui s'en vient. Ce que j'aime de la course, surtout la course de fond, c'est que tu n'as pas le choix d'être dans le présent.»