Un technicien de la Ville de Québec a confirmé que les tubes de comptage du compteur à vélo ont été sectionnés volontairement.

Du vandalisme anticycliste à Limoilou?

Un acte de vandalisme a été commis contre un compteur à vélo sur une bande cyclable du quartier Limoilou. La Table de concertation vélo des conseils de quartier y voit le signe d’une certaine tension entre les cyclistes et leurs détracteurs.

La semaine dernière, les tubes de ce compteur situé sur la 3e Avenue, à l’angle de la 13e Rue, ont été volontairement sectionnés. «La Ville dénonce cet acte de vandalisme», dit son porte-parole, David O’Brien.

En moyenne, de trois à cinq tubes de comptage sont coupés chaque année à Québec. Parfois, les tubes sont sectionnés accidentellement par des véhicules lourds, par exemple. D’autres fois, des vandales les coupent volontairement.

«Dans ce cas-ci, le technicien sur le terrain a confirmé que c’est un acte de vandalisme», précise M. O’Brien.

«Tension»

Le président de la Table de concertation vélo des conseils de quartier de Québec, Martial Van Neste, croit que cet acte de vandalisme «témoigne d’une tension qui existe entre une certaine partie de la population et les cyclistes» à Québec.

Cette tension se manifeste «par des comportements dangereux où des cyclistes sont «coupés» par des automobilistes» ou par des «invectives», note le président de la Table.

«Ces comportements sont loin d’être généralisés et les automobilistes de Québec sont dans leur très grande majorité assez courtois avec les cyclistes», ajoute-t-il.

La cohabitation des deux modes de transport se passe en général très bien dans Limoilou, estime M. Van Neste, qui habite lui-même le quartier et prend son vélo chaque jour pour aller travailler. «Oui, il y a des cas de gens qui vont klaxonner pour rien, mais c’est quand même pas si pire», dit-il.

Limoilou fait partie des trois quartiers où l’utilisation du vélo pour aller travailler est la plus importante, soit 5,4 % (1,7 % à Québec), selon une compilation de la Table de concertation vélo des conseils de quartier de Québec.

Martial Van Neste perçoit dans l’acte de vandalisme commis contre le compteur à vélo de la 3e Avenue un sursaut anti-cycliste. «Moi, ce que ça m’évoque, c’est qu’on a encore du travail à faire pour expliquer aux gens que les vélos, ce n’est pas une nuisance dans la ville».

Les compteurs à vélo permettent à la Ville de suivre l’évolution des débits de cyclistes et d’évaluer l’impact d’un aménagement cyclable sur le nombre de cyclistes qui empruntent un tracé. Ils permettent aussi de connaître les principaux axes cyclables d’un secteur.

«La Ville tente le plus possible de faire des relevés de comptages avant l’aménagement de lien cyclable et après», note David O’Brien.

La Ville possède six compteurs temporaires et cinq compteurs permanents, dont un à affichage numérique sur la rue du Pont. En général, la Ville installe les compteurs temporaires au même endroit pour deux semaines.

Lorsque les tubes de comptage sont brisés, ils cessent de fonctionner pendant une courte période. Mais il n’y a pas de répercussion sur le relevé de comptage «puisqu’il est possible d’extrapoler pour les journées sans données», précise David O’Brien.

«Toutefois, si les bris sont fréquents ou prolongés, il faut alors prolonger la période de collecte à un site et possiblement réaliser un site de comptage de moins à la fin de l’automne», dit-il.

Depuis l’acte de vandalisme sur le compteur à vélos de la 3e Avenue, les tubes ont été remplacés.