Inquiet de l’ampleur de l’éclosion de COVID-19 qui y sévit, le ministre de la Santé, Christian Dubé, enverra des ressources en prévention et en contrôle des infections au Centre d’hébergement du Fargy, dans Beauport.
Inquiet de l’ampleur de l’éclosion de COVID-19 qui y sévit, le ministre de la Santé, Christian Dubé, enverra des ressources en prévention et en contrôle des infections au Centre d’hébergement du Fargy, dans Beauport.

Du renfort du ministère de la Santé au CHSLD du Fargy

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Inquiet de l’ampleur de l’éclosion de COVID-19 qui y sévit, le ministre de la Santé, Christian Dubé, enverra des ressources en prévention et en contrôle des infections au Centre d’hébergement du Fargy, dans Beauport. Près de 70 % des usagers de ce CHSLD ont contracté le virus, et quatre d’entre eux en sont décédés.

Géré par le CIUSSS de la Capitale-Nationale, le Centre d’hébergement du Fargy est l’un des quatre milieux d’hébergement pour aînés qui recevront la visite d’une équipe SWAT. 

Ces brigades d’intervention spécialisées en contrôle et prévention des infections ont été mises sur pied par le ministère de la Santé pour la deuxième vague afin d’aider les équipes en place à reprendre le contrôle de la situation. 

Les autres établissements visés sont situés en Estrie (CHSLD de Lambton, où l'éclosion était sur le point d'être levée, jeudi), en Montérégie (CHSLD Sainte-Croix) et au Saguenay-Lac-Saint-Jean (CHSLD Isidore-Gauthier).

«Nous avons obtenu des réponses à l’effet que les protocoles ont été suivis pour les quatre cas rapportés. Par ailleurs, on nous indique que d’autres facteurs pourraient être mis en cause dans ces cas précis, par exemple la vétusté des bâtiments ou encore la pénurie de main-d’oeuvre», a indiqué au Soleil l’attachée de presse du ministre Dubé, Marjaurie Côté-Boileau.

Insatisfait de «l’étendue des réponses» données par les établissements, le ministre de la Santé a demandé à ce que des équipes SWAT se rendent directement sur le terrain «pour examiner l’application des protocoles de prévention et de contrôle des infections», explique Mme Côté-Boileau.

«Le ministre a demandé à recevoir une chronologie complète des événements pour ces milieux, ce qui est en cours d’élaboration. Nous prenons la situation excessivement au sérieux : les réponses aux questions doivent être claires et complètes», ajoute l’attachée de presse du ministre Dubé.

Des équipes SWAT avaient déjà été mises à contribution cet été lors des éclosions à l’Hôpital de Saint-Jérôme et de Saint-Eustache, mentionne Mme Côté-Boileau. 

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale avait tardé avant de rendre publique l’éclosion au Centre d’hébergement du Fargy. Lorsque ce CHSLD est apparu pour la première fois dans la liste quotidienne des établissements en éclosion publiée par le CIUSSS, à la mi-octobre, il comptait déjà 22 cas aux 2e, 3e et 4e étages. 

Selon le plus récent bilan du CIUSSS, il y aurait actuellement 35 cas actifs chez les usagers (13 rétablis) et 27 chez les employés. Quatre décès ont jusqu’à maintenant été rapportés en lien avec cette éclosion.

Fatigue et relâchement chez les employés

À propos des quatre CHSLD qui seront visités par les équipes SWAT, le ministre de la Santé a évoqué jeudi la fatigue des employés, qui pourrait engendrer un certain «relâchement» à l’heure du dîner et favoriser la transmission du virus. «Ce n'est pas facile de toujours être aux aguets parce que le virus est sournois», a-t-il dit en conférence de presse.

«En ce moment, je suis dans une analyse des quatre cas pour voir la chronologie des événements, ce qui est arrivé, puis surtout comprendre. Est-ce que les contrôles en prévention ont été suivis? […] Est-ce qu’on a été avertis à temps? […] Je suis pas mal assuré que ces choses-là ont été faites», a indiqué le ministre, ajoutant que «si ça n'a pas été suivi,  il va y avoir des gestes qui vont être posés».

«Dans les prochains jours, je vais avoir une explication très claire sur les quatre cas et voir qu'est-ce qu'on peut faire, s'il y a des mesures à prendre», a poursuivi Christian Dubé.

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on assure que des brigades ont été envoyées au Centre d’hébergement Fargy dès le début de l’éclosion pour s’assurer des bonnes pratiques en prévention et contrôle des infections, et que ces pratiques ont été rehaussées (désinfection du milieu six fois par jour, entre autres). 

On souligne également qu’une zone rouge avait été prévue pour isoler les usagers infectés, dont certains ont aussi été transférés dans l’unité COVID-19 du CHSLD Saint-Augustin. 

Le CIUSSS assure par ailleurs que les ratios infirmières et préposés sont respectés, «et même que dans les dernières 24 heures on était au-dessus des ratios». 

Un dépistage massif a aussi effectué, et tout le personnel est invité à se faire dépister une fois par semaine, mentionne encore le CIUSSS, qui a également réclamé qu’une enquête épidémiologique soit menée «pour mieux comprendre comment le virus a circulé dans le milieu». 

«Sans être une spécialiste en épidémiologie, je sais très bien que plusieurs résidents font de l’errance, et que cela peut être un vecteur important de transmission. Les employés font également partie de la communauté et la transmission est communautaire actuellement. Nous ne sommes pas à l’abri que des employés asymptomatiques soient au travail, malgré le dépistage hebdomadaire», souligne Nancy Drouin, directrice adjointe au soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS de la Capitale-Nationale.