La consommation de drogue ou d’alcool chez au moins un parent représente près du tiers (28 %) des cas de négligence fondés, selon les plus récentes données compilées par des chercheurs dans le cadre de l’Étude d’incidence québécoise sur les signalements évalués en protection de la jeunesse (2014).

DPJ: parents intoxiqués, enfants à protéger

Quatre enfants en bas âge, des parents intoxiqués et de la drogue dans l’appartement : la police de Québec est intervenue pour une deuxième journée consécutive avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), mardi après-midi, cette fois-ci dans le quartier Duberger–Les Saules.

Après avoir secouru des jumelles de deux ans sur le point de tomber d’une fenêtre au troisième étage la veille dans Charlesbourg, les policiers ont cette fois porté assistance à la DPJ pour protéger des enfants de sept, six, cinq et deux ans. 

«Des intervenants de la DPJ étaient sur place et nous ont contactés étant donné qu’il y avait présence de quatre enfants et de leurs parents qui étaient intoxiqués», indique David Poitras, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). «Mais c’était dû au fait, surtout, qu’il y avait de la drogue sur les lieux. Ils ont fait appel à nous pour qu’on fasse le volet criminel». 

Vers 17h, les parents ont été arrêtés pour possession de stupéfiants et libérés par sommation. De la «poudre blanche», qui pourrait être de la cocaïne ou une forme de méthamphétamine écrasée, a été saisie par les policiers. La DPJ a pris la situation en charge. 

Risque de négligence

Sans commenter ce cas précis pour des raisons de confidentialité, le directeur adjoint à la protection de la jeunesse au CIUSSS de la Capitale-Nationale, Patrick Corriveau, explique que la DPJ peut intervenir pour protéger des enfants lorsque les parents sont intoxiqués ou possèdent de la drogue. 

«Pour nous, ça correspond au motif de négligence ou de risque sérieux de négligence. C’est-à-dire que quand un parent consomme des drogues et qu’il a à assumer des responsabilités à l’égard de son enfant, nous, on va devoir évaluer si cette consommation-là a un impact sur l’enfant», dit-il.

Pour les mêmes motifs de négligence parentale, l’accessibilité de stupéfiants dans la maison d’un enfant peut aussi mener à une intervention de la DPJ. Par exemple, si une drogue traîne sur une table, «on peut se retrouver avec un enfant qui va prendre la consommation, la manger, et là ça peut avoir impact direct sur la sécurité de l’enfant», dit M. Corriveau. «Oui, on en a des signalements pour ces situations-là et on va intervenir.»

La consommation de drogue ou d’alcool chez au moins un parent représente près du tiers (28 %) des cas de négligence fondés, selon les plus récentes données compilées par des chercheurs dans le cadre de l’Étude d’incidence québécoise sur les signalements évalués en protection de la jeunesse (2014). 

Toutefois, «quand on parle de parents toxicomanes, il ne faut pas penser que c’est automatiquement des parents négligents», nuance Marie-Ève Clément, professeure à l’Université du Québec en Outaouais et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la violence faite aux enfants. «Certains prennent les mesures pour que leur consommation n’affecte pas leur réponse aux besoins des enfants.»

D’ailleurs, la DPJ ne débarque pas chez un parent dès qu’il fume un joint. Par contre, si la consommation de drogue des parents compromet le développement de l’enfant ou présente un risque pour sa sécurité, elle va intervenir, indique Patrick Corriveau.