Selon Catherine Dorion, le déconfinement du milieu des arts et de la culture constitue un «angle mort majeur» pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec, en ce moment. La culture, «c’est important et ça fait travailler beaucoup de monde», plaide-t-elle.
Selon Catherine Dorion, le déconfinement du milieu des arts et de la culture constitue un «angle mort majeur» pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec, en ce moment. La culture, «c’est important et ça fait travailler beaucoup de monde», plaide-t-elle.

Dorion propose un plan de 332 M$ pour relancer le milieu culturel [VIDÉO]

Pendant que le milieu culturel québécois attend encore un plan de déconfinement de la part du gouvernement Legault, la députée de Québec solidaire Catherine Dorion propose son propre plan de relance au coût de 332 millions $.

«La ministre ne sait pas assez comment ça fonctionne pour arriver elle-même avec des solutions. Mais au moins, elle pourrait écouter. Toutes les idées sont là! Si elle peut seulement écouter les artistes, mais plus que juste les laisser parler cinq minutes à ses nombreuses tables de concertation. Ce n’est pas vraiment créatif, comme exercice», a affirmé Mme Dorion, venue «offrir humblement cette tonne d’idées à la ministre» en point de presse, vendredi.

Selon l’élue de Taschereau, circonscription du centre-ville de Québec, le déconfinement du milieu des arts et de la culture constitue un «angle mort majeur» pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), en ce moment.

La solidaire reproche un important manque de vision et de réelle consultation à la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.

«On est le 29 mai. C’est le jour de réouverture des ciné-parcs, des bibliothèques [et des musées]. La ministre avait l’air bien contente d’annoncer ça, la semaine dernière. Mais il n’y a pas un artiste ou un créateur qui s’est remis en action avec une annonce comme celle-là», a souligné celle qui est auteure et comédienne de métier.

«À un moment donné, de n’avoir aucune indication, une espèce de black-out total, non seulement pour maintenant qu’est-ce qui se passe, mais aussi pour dans trois mois, dans six mois, c’est dur à faire tenir plus longtemps que ça. Ça commence à être vraiment urgent qu’on ait du contenu, qu’on ait du concret.»

60 $ à 1,5 M de personnes

De là l’idée pour QS d’établir son propre plan. Après avoir consulté le milieu. Le tout présenté sous forme d’une série de 10 suggestions pour la ministre Roy.

Une aide financière globale ponctuelle qui atteindrait 332 millions $, calcule Mme Dorion. Mais aussi avec des revenus annuels qu’elle estime à 130 millions $ : 100 millions $ récolté à même un nouvel impôt de 3% imposé aux géants du web comme Google et Face book, plus 30 millions de TPS non réclamée par le gouvernement canadien.

Parmi ses nombreuses mesures, la plus innovante s’avère la distribution de bons d’achat de 60 $ en culture non numérique pour les 1,5 million de personnes «déterminées parmi les moins grands consommateurs de culture au Québec», avance-t-elle.

Le revenu, l’âge et le lieu de résidence entreraient aussi dans le processus de sélection. Une idée à 90 millions $ dont les contours restent flous, mais qui a le mérite de sortir des sentiers battus.

Pas important pour la CAQ

Reste que les consignes sanitaires édictées par la Santé publique, comme l’espacement de deux mètres, ne permettront pas de remplir les salles cet automne. Les spectateurs se montreront de plus craintifs de se retrouver enfermés en groupe.

Parmi ses mesures, un fonds d’urgence d’argent public viendrait donc combler le manque à gagner.

«Les artistes, on ne peut même pas imaginer jusqu’où ils sont créatifs! C’est leur job à temps plein, de créer. Ils vont trouver des manières. Puis le public ne sera peut-être même pas moins nombreux», croit Mme Dorion.

«C’est clair que les artistes vont être 1000 fois plus créatifs dans cette entreprise-là que la ministre de la Culture. Donc, côté déconfinement, faites leur confiance. Les idées pullulent sur le terrain. Ils ont besoin d’avoir des balises claires et c’est des gens bien élevés, c’est des gens intelligents, ils vont être capables de les respecter.»

Selon la députée solidaire, le problème réside dans le fait que «le gouvernement de la CAQ a l’air à considérer la culture comme quelque chose de pas tellement important. Comme si ça ne faisait pas partie de l’économie et comme si ça ne faisait pas partie de la santé collective d’un peuple».

«Ils sont prêts à prendre des risques si ça aide leur vision de l’économie, mais la culture n’en fait pas partie. Pour eux, c’est juste des gens qui demandent de l’argent et ça ne sert à rien. Aussi, dans leur esprit, la plupart des Québécois s’en balancent. Mais c’est faux! C’est important et ça fait travailler beaucoup de monde», conclut Catherine Dorion.

Les 10 leviers culturels proposés au gouvernement

  1. Bons d’achat de 60 $ en culture non numérique distribués à 1,5 million de personnes qui consomment peu de culture québécoise.
  2. Publicité dans les médias québécois indépendants pour faire connaître les initiatives de découverte numérique culturelle.
  3. Élargissement de la politique d’intégration des arts aux bâtiments (1 %) aux secteurs commercial, industriel et résidentiel lourd de construction privée de plus de 500 000$.
  4. Ajout des médias non écrits au crédit d’impôt sur la masse salariale des travailleurs de l’information.
  5. Aide au cinéma québécois indépendant, dont 50 % à des créateurs hors Montréal.
  6. Aide aux salles indépendantes pour la diffusion de créateurs d’ici.
  7. Aide pour le patrimoine immatériel, par appel de projets.
  8. Aide pour la rénovation du patrimoine bâti.
  9. Fonds d’urgence pandémie pour bonifier les budgets du CALQ et de la SODEC.
  10. Impôt de 3 % aux géants du Web et récolter la TPS non réclamée par le fédéral.