Vue du Nunavik

Dix-sept jeunes à la découverte du Nunavik

Dix-sept jeunes de 13 et 14 ans et deux enseignants de l’école secondaire Guillaume-Couture de Lévis vivront une expérience culturelle particulière du 27 mars au 3 avril alors qu’ils se rendront dans le petit village inuit de Quaqtaq, sur le 61e parallèle au Nunavik, là où le détroit d’Hudson rejoint la baie d’Ungava.

«Nous avions déjà fait l’expérience il y a plusieurs années à Puvirnituq et Salluit, mais, depuis quatre ans, nous n’avions pas été capables de réaliser cet échange culturel avec une communauté Inuit. Grâce au programme Expérience Canada, qui paie tous les billets d’avion, nous pouvons le faire cette année», explique l’enseignante Dominique Ouzilleau, ajoutant que chaque billet d’avion coûte 3000 $ pour les jeunes Lévisiens, mais aussi pour les jeunes Inuits qui se rendront à Lévis du 29 avril au 6 mai.

«Ce sera un dépaysement complet, une première expérience pour tous les participants. On prépare les jeunes au changement de climat puisqu’il n’est pas rare que le mercure descende sous les -30 °C même au printemps là-bas! De plus, comme notre système n’est pas prêt à consommer l’eau de là-bas avec les micro-organismes qu’elle contient, il faudra s’en tenir à l’eau embouteillée», explique Mme Ouzilleau.

Faire tomber les préjugés

Les jeunes Lévisiens seront jumelés avec 15 jeunes Inuits avec qui ils ont déjà commencé à communiquer par courrier électronique ou via les réseaux sociaux. «Une fois là-bas, nos jeunes, qui font tous partie du programme d’éducation intermédiaire, suivront des cours pour apprendre l’inuktitut, s’initieront à la fabrication de mocassins et de mitaines traditionnelles en plus de participer à la chasse aux phoques. Quand les jeunes Inuits seront ici, on leur fera faire une activité avec une tyrolienne en Beauce alors qu’eux n’ont aucun arbre dans leur environnement, on les amènera à la cabane à sucre et au Bora Parc», explique Mme Ouzilleau.

«C’est une activité qui vise aussi à faire tomber les préjugés concernant les autochtones et à découvrir des conditions de vie fort différentes. Par exemple, comme l’eau potable est très rare là-bas, il se peut qu’ils aient droit à seulement une ou deux douches par semaine!»

À Lévis, les jeunes Inuits vivront dans la famille du jeune avec qui ils sont jumelés, mais à Quaqtaq, c’est dans le gymnase d’une école secondaire que les jeunes Lévisiens vivront en communauté avec leurs professeurs. «Quaqtaq est un village de seulement 400 habitants et pour accueillir des jeunes, Expérience Canada stipule que tous les membres de la famille doivent avoir un casier judiciaire vierge. On n’a pas été capable de trouver des familles dont aucun des membres n’avait d’antécédent. Même si ce sont toutes de bonnes personnes, plusieurs avaient sous leur toit une personne qui avait déjà été condamnée même si ce n’est pas pour quelque chose de grave, par exemple pour une bagarre dans un bar», termine Mme Ouzilleau.