Le premier ministre François Legault est applaudi par son caucus après avoir livré le discours d’ouverture de la 42e législature.

Discours inaugural de Legault: réconcilier 3e lien et environnement

Tout en reconnaissant «le défi de l’urgence climatique», le premier ministre François Legault déplore que certains fassent du projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis «un symbole idéologique anti-environnement».

Dans son discours inaugural, M. Legault a déclaré que «la survie de notre planète est en jeu» et que son gouvernement doit agir. S’il s’est engagé à réduire les gaz à effet de serre au Québec, il ne s’est pas donné d’objectif précis. 

La Coalition avenir Québec considère que la construction d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis ne va pas à l’encontre de la protection de l’environnement. Notamment parce que ce pont ou ce tunnel permettra au tramway de Québec de connecter avec Lévis et de réduire le «kilométrage parcouru par les camions de marchandise». 

«Si on est sérieux dans notre volonté de lutter contre les changements climatiques, il faut éviter les discours idéologiques voulant que tous les projets de construction soient néfastes», a déclaré le premier ministre. 

Selon lui, le troisième lien aurait dû être construit il y a «des décennies» et son gouvernement propose seulement de «corriger cette erreur». 

Les partis d’opposition ont unanimement reproché au premier ministre de manquer d’ambition en environnement et de ne pas en avoir fait l’une de ses grandes priorités. Pascal Bérubé, chef du Parti québécois, a d’ailleurs souligné que son parti est maintenant «contre le troisième lien», parce que le nouveau gouvernement n’a pas l’intention d’étudier sa pertinence avant d’aller de l’avant. 

Enfouir les fils

Le premier ministre a voulu dans son discours vendre le projet de troisième lien d’une autre façon. «Loin de vouloir défigurer l’île d’Orléans, on peut même imaginer démanteler les pylônes d’Hydro-Québec qui gâchent le paysage et faire passer les câbles électriques par le troisième lien.»


« Loin de vouloir défigurer l’île d’Orléans, on peut même imaginer démanteler les pylônes d’Hydro-Québec qui gâchent le paysage »
Le premier ministre François Legault

Cette nouvelle idée représentera toutefois un défi pour Hydro-Québec, qui n’a jamais enfoui de ligne électrique de haute tension de 735 000 volts de courant alternatif dans le sol. En 1992, la société d’État a construit un tunnel de quatre kilomètres de long sous le fleuve Saint-Laurent entre Grondines et Lotbinière pour enfouir des fils de haute tension, mais ceux-ci transportent 450 000 volts de courant continu. 

À l’époque, c’est la volonté de ne pas détruire le paysage qui avait poussé Hydro-Québec à enfouir ces fils. 

Trois lignes de haute tension, construites entre 1965 et 1973, passent sur l’île d’Orléans pour ensuite traverser le fleuve vers Lévis. Hydro-Québec n’a pas dans ses plans actuels de remplacer les pylônes qui soutiennent ces fils et qui ont une durée de vie de 80 ans.  

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