La Dre Kaberi Dasgupta, du Centre universitaire de santé McGill

Diabète de grossesse chez la mère, risque de diabète plus élevé chez l’enfant

MONTRÉAL - Les enfants dont la mère a souffert de diabète de grossesse seraient deux fois plus à risque de développer le diabète de type 1, selon une nouvelle étude menée par une équipe de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.

La découverte est importante pour que les médecins traitants fassent ce lien qui permettrait de diagnostiquer plus rapidement les enfants atteints, précise l’auteure principale de l’étude, la docteure Kaberi Dasgupta.

Car environ 25 pour cent d’entre eux reçoivent un diagnostic tardif de cette maladie.

Ils se retrouvent alors à l’hôpital lors d’une crise, alors que la condition aurait pu être soignée avant, note Dre Dasgupta, aussi directrice du Centre de recherche évaluative en santé à l’IR-CUSM et professeure agrégée à la Faculté de médecine de l’Université McGill.

Et les conséquences du diabète de type 1 peuvent être graves, même potentiellement fatales, ajoute-t-elle, faisant valoir les avantages d’un dépistage précoce.

Dre Dasgupta ne veut toutefois pas que les mères ayant souffert de diabète gestationnel s’inquiètent outre mesure pour leur progéniture: même si la recherche a indiqué que le risque de développer le diabète de type 1 semble doubler pour leurs enfants, il demeure faible.

Pour elle, l’essentiel est que les pédiatres gardent ce lien en tête lorsque des enfants présentent des symptômes tels qu’une fatigue inexpliquée, une soif persistante et une envie d’uriner fréquente. Si le dossier de la mère indique qu’elle a souffert de diabète de grossesse, le médecin traitant pourra alors penser à vérifier si son enfant est atteint de cette condition.

Le lien médical entre le diabète de grossesse de la mère et celui de diabète de type 1 chez l’enfant n’est toutefois pas établi de façon claire, précise la chercheure.

Cette étude a été menée sur une cohorte de quelque 73 000 mères québécoises.

Les résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique «Journal de l’Association médicale canadienne».