D'hier à aujourd'hui

L’avenue Honoré-Mercier en 1969

Les travaux d’aménagement de l’embouchure de l’autoroute Dufferin-Montmorency, en 1969 (aujourd’hui l’avenue Honoré-Mercier).

À l’époque, «l’aménagement de la colline parlementaire» se traduit par de nombreuses démolitions. La place D’Youville est définitivement coupée du faubourg Saint-Jean-Baptiste. Sur la droite, un groupe de bâtiments, parfois surnommé «l’îlot Sauna», survit jusqu’aux années 90. Il cède alors la place à un hôtel. 

Par la suite, des travaux d’embellissement sont entrepris. En l’espace d’un demi-siècle, le secteur a tellement été transformé que seul l’édifice Bell peut servir de point de repère. 

D'hier à aujourd'hui

L'avenue Gaspard en 1968

L’avenue Gaspard, au moment de la construction de l’autoroute de la Capitale, en 1968.

Toute la région grouille alors de grands travaux, pour «soulager» la congestion routière. Il faut dire qu’en l’espace d’une décennie, le nombre de voitures a été multiplié par six. 

On remarque que l’école Marie-Renouard, construite en 1955, accueille déjà les enfants du quartier du Vieux-Moulin, en pleine expansion. 

Lorsque l’autoroute sera complétée, au début des années 70, un tunnel piétonnier va relier les deux tronçons de l’avenue. L’autoroute de la Capitale prendra le nom de Félix-Leclerc en 1997. Un étrange destin pour un poète amoureux de la nature.

Actualités

Comment notre photographe Patrice Laroche fabrique «D’hier à aujourd’hui»

Depuis près de 200 ans, la photographie témoigne de l’évolution de nos villes. Les archives de la Ville de Québec, notamment, regorgent de clichés relatant sa riche histoire. C’est de cette source, et de bien d’autres, que le coordonnateur des photographes du Soleil, Patrice Laroche, tire chaque semaine, depuis septembre 2014, une photo d’époque qu’il tente de reproduire le plus fidèlement possible. Pour sa 200e rubrique, nous l’avons suivi sur les traces «D’hier à aujourd’hui».

À chacune de ses parutions, la très populaire rubrique «D’hier à aujourd’hui» est l’occasion pour les lecteurs du Soleil de découvrir un nouveau pan de l’histoire de leur ville. Pour le photographe Patrice Laroche, l’exercice commence cependant toujours de la même façon : la sélection de la photographie d’époque.

«Pour choisir mes photos, je vais sur les sites Internet d’archives, les archives de la Ville de Québec, les archives nationales. Le Musée McCord à Montréal a, étonnamment, de belles photos de Québec. Je vais aussi sur une tonne de pages Facebook reliées à l’histoire, la nostalgie. Il y en a qui trouvent de belles photos et les publient sur Facebook et c’est une mine d’or», raconte-t-il.

Outre son esthétisme, plusieurs éléments seront pris en considération dans le choix d’une photo.

«Je privilégie les scènes de rues, mais il faut qu’il y ait un édifice-repère. Si c’est une scène out of nowhere, sans repère, ou un building qui n’existe plus en 2018, c’est moins intéressant. À moins d’être vraiment sûr que ça se trouvait là.

«J’essaie aussi de me coller aux saisons. En hiver, je cherche des photos d’hiver. Seule exception, c’est l’été. Depuis 75 ans, il y a beaucoup d’arbres qui ont poussé, à Québec! Alors des fois, j’essaie de faire la photo à l’automne pour qu’on voit à travers les arbres», raconte le spécialiste de l’image, qui pousse le souci du détail jusqu’à déterminer le temps de la journée et la position du soleil afin de recréer les mêmes ombres au sol et sur les édifices.

Photo de la semaine

Cette semaine, son choix s’est arrêté sur une photo de l’usine de la Dominion Corset — aujourd’hui l’École des arts visuels de l’Université Laval —, située sur le boulevard Charest. La photo de source inconnue date de 1978 et est tirée d’Internet.

D'hier à aujourd'hui

L’intersection du boulevard Charest et de la rue Dorchester en 1978

L’intersection du boulevard Charest et de la rue Dorchester, en 1978.

L’énorme usine de la Dominion Corset, qui fabrique des sous-vêtements féminins, n’en a plus pour très longtemps. Fort heureusement, les conditions de travail des ouvrières se sont assouplies. Jusqu’à la fin des années 1950, la compagnie interdisait aux femmes mariées d’y travailler! Au bas de l’image, on remarque le restaurant Le Petit Bedon, une institution du quartier Saint-Roch. 

Aujourd’hui, le secteur a complètement changé de vocation. Le bâtiment de l’usine est devenu La Fabrique. On y trouve l’École des arts visuels de l’Université Laval et les bureaux du Centre de développement urbain de la Ville de Québec. 

De l’autre côté de la rue, l’édifice Beenox a surgi en 2007 sur ce qu’on surnommait «l’îlot du Petit bedon».