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La colline parlementaire en 1971

Le réaménagement de la colline Parlementaire, au printemps de 1971. La construction des édifices H et J, dont la forme rappelle vaguement un calorifère, n’est pas tout à fait terminée. Sur la Grande Allée, on aperçoit encore des maisons qui font face au Manège militaire. Elles seront bientôt démolies pour faire place au parc Grande Allée, que tout le monde surnomme Le Pigeonnier. L’endroit, qui forme un amphithéâtre naturel, sera rebaptisé parc de la Francophonie, en 1995. Tout près de l’Assemblée nationale, au centre de la photo, on remarque la maison Hearn, construite vers 1840. Elle avait servi de décor dans le film I Confess (La loi du silence), du cinéaste Alfre

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L'avenue Maguire en 1960

L’avenue Maguire, à Sillery, en 1960. À la fin du XIXe siècle, l’avenue était d’abord un raccourci pour rejoindre le cimetière du chemin Gomin, situé plus au nord. Mais très vite, des commerces s’y s’installent. Plus tard, les années 60 et 70 marquent l’apogée d’un certain commerce au détail. Les meubles, les «systèmes de son» et les électroménagers s’achètent sur place. La livraison est assurée par une impressionnante flotte de véhicules. Les affiches des commerces sont souvent en anglais, en partie pour «accommoder» la population anglophone. Oubliez le «Wi-Fi». À l’époque, on se contente du «Hi-Fi», pour «haute fidélité». Un réfrigérateur bas de gamme coûte environ 200 $. Une laveuse? 150 $. Le salaire moyen, lui, dépasse à peine 1670 $ par année.

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Le pain de sucre au pied de la chute Montmorency, en 1876

Le pain de sucre au pied de la chute Montmorency, en 1876. Dès le XVIIIe siècle, les habitants de Québec viennent y faire de la luge et du ski. La forme et la hauteur du cône varient considérablement d’une année à l’autre. Plus l’hiver est froid, plus les «embruns» dégagés par la chute se cristallisent et plus le pain de sucre devient spectaculaire.

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Glissage en luge à la Citadelle vers 1900

Glissade en luge à la Citadelle, vers 1900. Les «sportifs» terminent leur descente entre les bâtiments d’une ancienne ferme. Dès les années 1870, des voix réclament que l’on protège le secteur, véritable poumon vert de Québec. Mais l’aménagement du parc des Champs-de-Batailles ne commence vraiment qu’en 1912. Durant des années, on y trouve encore une usine, un champ de tir et même un terrain de golf. Les plans grandioses de l’architecte-paysagiste Frederick G. Todd, aussi créateur du parc du Mont-Royal, mettent plusieurs décennies à se réaliser.

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La course de tacots du Carnaval de Québec en 1961

La course de tacots du Carnaval de Québec, sur la côte Saint-Sacrement, en 1961. À l’époque, la course s’impose déjà comme l’une des activités favorites des carnavaleux. Selon les ans, elle a lieu sur la côte Saint-Sacrement, la côte d’Abraham ou la côte de la Fabrique. Dans son livre Le Carnaval de Québec, la grande fête de l’hiver, l’historien Jean Provencher raconte que la toute première course est même perturbée une foule trop enthousiaste. Ce soir-là, le 2 février 1959, des milliers de spectateurs surexcités franchissent les cordons de sécurité et envahissent la côte où se déroule l’épreuve. À défaut de pouvoir dégager la piste, il faut reporter la course au samedi suivant.

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La maison victorienne de la Grande Allée en 1968

Les maisons victoriennes de la Grande Allée, en face du parlement, en janvier 1968. Quelques mois plus tard, le gouvernement du Québec annonce leur démolition pour construire le Complexe H, alias le «bunker» ou le «calorifère». Peu de temps auparavant, l’administration du maire Gilles Lamontagne avait discrètement amendé son règlement de construction pour autoriser les édifices en hauteur dans le secteur. Au Parlement, l’opposition officielle dénonce un «crime contre la beauté de Québec». Mais le ministre des Travaux publics, Armand Russell, déclare que les maisons n’ont pas de caractère historique. «Je ne peux pas être plus Québécois que les organismes consultés sur cette question», conclut-il. Seule concession aux critiques, la taille du monstre sera réduite de quelques étages. En 2002, l’édifice a été rebaptisé «Jean-Talon». Mais comme disait le chanteur Serge Gainsbourg : «La laideur a ceci de supérieur à la beauté : elle dure».

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La côté de la Fabrique en 1900

La côte de la Fabrique, en 1900. Le tramway «électrifié» est encore une nouveauté. La première ligne a été inaugurée trois ans plus tôt, en juillet 1897. Jusque là, les véhicules étaient tirés par des chevaux. En hiver, on met un point d’honneur à poursuivre le service malgré le déneigement approximatif. Aujourd’hui, les bâtiments à l’arrière de la montagne de neige ont disparu pour ouvrir la rue Pierre-Olivier-Chauveau. Et les édifices en hauteur de l’Hôtel-Dieu sont apparus à l’horizon

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Le haut de la Côté d'Abraham en 1964

Le haut de la Côte d’Abraham (aujourd’hui l’avenue Honoré-Mercier), en 1964. On aperçoit plusieurs commerces, notamment la tabagie Italia, le comptoir lunch J. Andrews et une station-service Shell. En 1976, la construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency tranchera le secteur en deux. La maison Mère-Mallet, des Sœurs de la Charité, se retrouve soudain à l’avant-plan. La rue Richelieu, qui mène à l’Hôtel-Dieu, est interrompue par les voies rapides, réaménagées en 2001. À propos de la rue Richelieu, une légende du faubourg Saint-Jean-Baptiste veut qu’elle soit parallèle à la rue D’Aiguillon pour des raisons de «moralité publique». Les deux rues ne se «touchent» jamais pour démentir la rumeur voulant que le cardinal de Richelieu ait été l’amant de sa nièce, la duchesse d’Aiguillon.

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Le viaduc de l'autoroute 40 en 1975

Le viaduc de l’autoroute 40 qui surplombe la 3e avenue ouest, en avril 1975. Le 3 et le 4 avril, une énorme tempête a balayé l’est du continent. Quarante-trois centimètres de neige sont tombés sur la région de Québec. Deux morts. Des dizaines de milliers de foyers privés d’électricité. Les services de déneigement sont dépassés. Il faut plusieurs jours pour rétablir la circulation, à cause des nombreux véhicules abandonnés sur les routes. Souvent, ce sont les citoyens qui dégagent les véhicules ensevelis avec leurs pelles. Un chroniqueur du Soleil s’étonne qu’il faille «plus de 36 heures ou même 48 heures pour que les routes soient ouvertes après une tempête». Il accuse «l’incurie du gouvernement provincial» et la «trop grande prolifération des contracteurs privés».

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La Grande Allée Est en 1970

La Grande Allée Est, en 1970. Plusieurs maisons s’élèvent alors sur ce qui deviendra la rue des Parlementaires et le parc de la Francophonie. Ici, on aperçoit la maison Hearn, construite vers 1840. La luxueuse résidence a servi de décor dans le film I Confess (La loi du silence), du cinéaste Alfred Hitchcock, en 1952. Elle sera démolie en 1972.