Le pavillon Palasis-Prince en 1969

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Le pavillon Palasis-Prince en 1969

Le pavillon Palasis-Prince de l’Université Laval, en 1969. Il est le deuxième bâtiment érigé sur l’actuel campus. En 2020, le pavillon fait partie des 40 bâtiments de l’université, entouré entre autres par le PEPS. Il est veillé par la Pyramide de Sainte-Foy que l’on aperçoit en arrière-plan.

En 1924, les Frères des Écoles chrétiennes fondent l’École supérieure de commerce de Québec, sur la rue Cook dans la vieille ville. Celle-ci connait un franc succès et son expansion nécessite son déménagement vers un nouveau local flambant neuf : le Palasis-Prince. 

Le bâtiment est inauguré en 1952, trois ans après le premier édifice du campus, l’Abitibi-Price. Dès son édification, il héberge la Faculté des sciences de l’administration. 

Le pavillon est nommé en l’honneur du professeur émérite et fondateur de l’École de Commerce, le frère Palasis Prince. Dès 1950, le projet de construction du bâtiment nécessite une campagne publique de souscription, qui récoltera 1,5 millions $. 

L’édifice voit le jour grâce à une contribution supplémentaire du gouvernement Duplessis, pour assurer le bon fonctionnement de l’établissement pendant ses premières quinze années. 

Juste avant le tournant du millénaire, le pavillon a besoin de travaux d’agrandissements. Initialement conçu pour accueillir 600 étudiants, l’édifice doit composer avec les 4000 inscrits au programme. 

D’importants travaux de modernisation sont réalisés en 1998-1999, au coût de 23 millions $.

Le monument de Samuel de Champlain en 1943

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Le monument de Samuel de Champlain en 1943

Le monument de Samuel de Champlain, sur la terrasse Dufferin, en 1943. Dans les années 40, l’espace est un stationnement. Aujourd’hui, les carlingues rutilantes ont laissé place aux touristes du monde, venus admirer les charmes de la capitale.

En 1943, la statue de Samuel de Champlain, fondateur de la ville, est déjà presque cinquantenaire. Elle a été inaugurée en 1898. 

L’emplacement de la statue du fondateur a été choisi soigneusement pour être à proximité du premier château Saint-Louis, érigé par Charles Huault de Montmagny, le successeur de Samuel de Champlain. 

Construit en France par le sculpteur Paul Chevré et amené par pièces détachées jusqu’à Québec, le monument a été inauguré en grande pompe le 21 septembre 1898 en présence des premiers ministres Wilfrid Laurier et Félix-Gabriel Marchand.

Giguère Automobiles et l’Exposition provinciale de 1957

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Giguère Automobiles et l’Exposition provinciale de 1957

Giguère Automobiles et l’Exposition provinciale, en 1957. À l’époque, «l’Expo» utilise les champs avoisinants pour garer les véhicules, lorsque le stationnement du Colisée est plein. À droite, on aperçoit les deux tours du bâtiment de l’Hippodrome, disparu en 2012. Au nord, les constructions sont encore peu nombreuses.

Le premier tronçon de la future autoroute Laurentienne, alors un simple boulevard, a été complété l’année précédente, en 1956. La voie rapide se termine sur le boulevard Hamel, devant les immenses installations de Giguère Automobiles, l’un des grands concessionnaires de la région. 

Aujourd’hui, les nouvelles constructions comme le Centre Vidéotron et le Centre de foires dominent le paysage. Seules les ruines de Giguère Automobiles, un commerce fermé en 2005, témoignent d’un passé révolu.

La rue De Buade dans les années 30

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La rue De Buade dans les années 30

La rue De Buade et la place de l’Hôtel-de-Ville, vers le milieu des années 30. À l’époque, l’endroit est souvent appelé la place de la Basilique. En 1935-36, l’annuaire de Québec indique que l’entreprise de Patrick Gingras, au coin de la rue, vend du charbon et de l’huile à chauffage.

Le long de la rue De Buade, on retrouve deux commerces très associés à la petite histoire du Vieux-Québec : la Librairie Garneau et le magasin de vêtements Holt Renfrew. 

À droite de la basilique, l’imposant édifice avec une tourelle coiffée d’un dôme est alors le siège du Chronicle Telegraph, le quotidien anglophone de Québec. 

Aujourd’hui, la Librairie Garneau a fait place à la Boutique de Noël. Le Chronicle est devenu un hebdomadaire. 

Le tramway et les pavés ont disparu depuis belle lurette. Mais personne ne s’ennuie des fils électriques, enfouis au début des années 70.

La place d'Youville vers 1915

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La place d'Youville vers 1915

La place d’Youville, qui s’appelait le carré Montcalm, vers 1915. Le «carré» accueille alors le principal marché de la Haute-ville, avec son édifice des halles et plusieurs étals à l’extérieur.

À l’époque, le nombre d’automobiles augmente rapidement, mais le tramway électrique reste la vedette incontestée des transports. Durant les jours de fête, le «tram» peut enregistrer 60 000 passages à cinq sous. Un exploit, dans une ville d’environ 80 000 personnes!

À droite, le long des murailles, notez «l’absence» d’une porte Saint-Jean. La porte telle que nous la connaissons, avec sa tourelle caractéristique, n’apparaîtra qu’en 1938. 

Aujourd’hui, sur la place d’Youville, les petites maisons de briques ont été remplacées par un carrefour d’autobus. L’ancien édifice du YMCA a été complètement transformé pour accueillir le théâtre Le Diamant, de Robert Lepage. 

Au fond, adossé aux murailles, l’Auditorium a été rebaptisé le Capitol (1930), puis le théâtre Capitole (1992).

Le coin des rues Dalhousie et du quai Saint-André vers 1907

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Le coin des rues Dalhousie et du quai Saint-André vers 1907

Le coin des rues Dalhousie et du quai Saint-André, vers 1907. Quelques décennies plus tôt, l’arrivée du chemin de fer sur la rive nord du fleuve a donné une seconde vie au quartier du port.

Au premier plan, on aperçoit l’imposant édifice de la Whitehead & Turner Wholesale Grocers, dont les publicités vantent les produits en provenance de la Méditerranée et des colonies des Indes occidentales, notamment le thé. L’Empire britannique se trouve alors à son apogée.

À l’horizon, sur le cap Diamant, on reconnaît la silhouette du Séminaire de Québec et celle d’un Château Frontenac miniature. La grande tour centrale du Château n’apparaîtra pas avant 1924. 

Aujourd’hui, une station-service remplace les importateurs de thé. Et le théâtre Ex Machina de Robert Lepage a sauvé la façade d’une ancienne caserne de pompier, sur la rue Dalhousie.

La rue Sous-le-Fort vers 1895

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La rue Sous-le-Fort vers 1895

La rue Sous-le-Fort, vers 1895. À l’époque, le Château Frontenac est tout jeune. Le funiculaire aussi. Inauguré en 1879, il fonctionne encore à la vapeur. L’électricité a fait son apparition sur la terrasse Dufferin, juste en haut de la falaise, le 30 septembre 1885. Mais la «fée électricité» ne semble pas avoir été installée dans ce qui deviendra le quartier Petit-Champlain.

Notez les planches qui recouvrent la rue, probablement pour éviter que les passants ne s’enfoncent dans la boue. L’endroit est déjà fréquenté par les touristes. 

Aujourd’hui, la petite rue s’impose comme l’un des endroits les plus emblématiques de Québec. Au bout, on aperçoit encore la maison de l’explorateur Louis Jolliet, maintes fois transformée depuis sa construction, en 1684.

Le Snack-bar d’Aiguillon en 1975

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Le Snack-bar d’Aiguillon en 1975

Le coin des rues d’Aiguillon et Saint-Augustin, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, à Québec, en 1975. Durant des années, le casse-croûte a coexisté avec un petit terminus des autobus Fournier. Dès 1955, le «relais d’Aiguillon» sert de point de départ au trajet de l’autobus 7, qui relie une dizaine de fois par jour Québec, Sillery, Sainte-Foy, Cap-Rouge et Saint-Augustin... en moins d’une heure.

Au début du transport en commun, il semble que deux principes s’affrontent en matière de service à la clientèle. Le premier stipule que «plus vite on arrive, plus le client est content!» Le second se veut un peu plus «relax». Il affirme que «si [l’autobus] passe une “couple” de minutes en retard, cela donne une chance au client dont la montre retarde». 

Au début des années 70, la création de la Commission de transport de la communauté urbaine, l’ancêtre de notre RTC, entraîne la fermeture du terminus. Le casse-croûte survit quelques années, avant d’être remplacé par le HLM Les appartements d’Aiguillon, en 1979. 

À noter que l’autobus numéro 7 a existé jusqu’en 2016, avant de se transformer en 807, pour indiquer un parcours peu plus rapide. 

Source : www.histoireautobusquebec.com

La 5e rue à Limoilou en 1940

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La 5e rue à Limoilou en 1940

Un cortège funèbre sur la 5e Rue, à Limoilou, en 1940. Après avoir été fusionné à Québec, en 1909, le «nouveau quartier» a connu un boum démographique. De 1911 à 1931, la population est passée de 3652 à 25 795 personnes. Les promoteurs se sont inspirés du modèle quadrillé de New York, avec des rues (est-ouest) et des avenues (nord-sud).

On a vu se multiplier les immeubles en brique de quelques étages, avec des escaliers à l’extérieur pour gagner de l’espace. Ils deviendront l’emblème du quartier. 

Aujourd’hui, le secteur a gardé ses principaux points de repère. Fermée au culte depuis 2012, l’immense église Saint-Charles-de-Limoilou, sur la 8e Avenue, est reconvertie en «laboratoire d’innovation sociale». 

On veut y développer des projets associant les citoyens, les entreprises et les organisations du quartier.

L’intersection des rues Saint-Nicolas et Saint-Vallier est, en 1977

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L’intersection des rues Saint-Nicolas et Saint-Vallier est, en 1977

L’intersection des rues Saint-Nicolas et Saint-Vallier est, en 1977. Le secteur vit alors ses heures les plus sombres. On démolit beaucoup. Il est même question de raser la magnifique gare du Palais, en contrebas. Les choses s’amélioreront avec le réaménagement progressif du quartier du Vieux-Port et la réouverture de la gare (1985).

Aujourd’hui, la plupart des immeubles ont été rénovés ou reconstruits. Les fils électriques ont même été enfouis! Au bout de la rue, on aperçoit les arbres de la place Jean-Pelletier, inaugurée en 1998, devant la gare du Palais. Personne ne s’ennuie de l’immense terrain vague qui y servait jadis de stationnement.

Le boulevard Charest Ouest en 1961

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Le boulevard Charest Ouest en 1961

Le boulevard Charest Ouest, à l’intersection de la rue Saint-Vallier, en 1961. Notez les voitures stationnées «en épi» et le panneau d’affichage en anglais, sur la droite. Le boulevard Charest vient alors d’être élargi, pour accommoder les automobiles de plus en plus nombreuses. On ne ménage pas trop la population. Et ce n’est qu’un début.

Durant la seule année 1961, près de 200 logements sont démolis dans le quartier Saint-Sauveur. Même les jours de l’église Notre-Dame-de-Lourdes (à gauche) sont comptés. Elle tombera sous le pic des démolisseurs, en 1968. Aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, c’est l’énorme édifice de béton du centre d’hébergement Notre-Dame-de-Lourdes qui domine le paysage.

La rue Dalhousie vers 1960

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La rue Dalhousie vers 1960

La rue Dalhousie, vers 1960. À droite, on aperçoit l’édifice de la Canada Steamship Lines, une compagnie qui a longtemps offert une liaison maritime vers Montréal. Juste à côté, on pouvait aussi acheter des billets pour aller en Europe à bord d’un transatlantique. À l’époque, on trouve encore de nombreux entrepôts dans le secteur.

Mais l’activité portuaire va bientôt à se déplacer. Durant les années 80, les entrepôts plus ou moins délabrés font place à un stationnement et à l’énorme édifice des Terrasses du Vieux-Port, que l’ancien maire Jean Pelletier décrira comme une «horreur». 

Aujourd’hui, l’espace a été réaménagé pour accueillir la place des Canotiers, dont le nom a été choisi lors d’un concours, au printemps 2015. On a dit et on a redit qu’il s’agit souvent du premier endroit que découvrent les passagers des navires de croisière arrivant à Québec. Durant les beaux jours, les cyclistes et les piétons se disputent le secteur.

L’intersection des rues Saint-Jean et des Glacis en 1929

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L’intersection des rues Saint-Jean et des Glacis en 1929

L’intersection des rues Saint-Jean et des Glacis, en 1929. À l’époque, la future place d’Youville s’appelle le «carré Montcalm» et on y trouve encore un marché public. Mais tout va changer à partir des années 60.

La construction de grands édifices et l’aménagement d’arrêts d’autobus sonnent le glas de tout ce qui est ancien. Le dernier îlot de bâtiments, surnommé «l’îlot sauna», est rasé en 1999 pour faire place à l’hôtel Palace Royal. 

En 2020, seule la façade de l’ancien édifice du YMCA, où s’est installé le théâtre Le Diamant, a survécu à l’orgie de démolitions.

L’intersection de la rue d’Aiguillon en 1947

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L’intersection de la rue d’Aiguillon en 1947

L’intersection de la rue d’Aiguillon et de la côte d’Abraham, en 1947. Le tramway vit ses derniers moments. Il disparaîtra l’année suivante. À gauche, l’édifice en hauteur abrite un centre «médico-dentaire».

On y trouve surtout des cabinets de chirurgiens et de dentistes. À droite, le long de la côte d’Abraham, notez la façade de l’église Saint-Vincent-de-Paul, avec ses coupoles à l’orientale. 

Deux ans plus tard, elle sera ravagée par un incendie. Vers 1950, on la reconstruira en moins gracieuse. Puis, plus tard, bien plus tard, on la démolira, sous prétexte qu’elle n’a «aucune valeur patrimoniale». 

Entre-temps, un autre gros bâtiment gris et noir a surgi sur ce qui est devenu l’avenue Honoré-Mercier. De nos jours, on pourrait facilement confondre la photo avec celle d’une morne banlieue de Cincinnati. (Remerciements à Louis-Pascal Rousseau) Jean-Simon Gagné

La rue de l'Artillerie en 1945

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La rue de l'Artillerie en 1945

La rue de l’Artillerie, aujourd’hui l’intersection du boulevard René-Lévesque et de l’avenue Honoré-Mercier, en 1945. Deux décennies plus tard, tout le secteur sera anéanti. 

Le «réaménagement de la colline Parlementaire», comme on le surnomme à l’époque, cause plus de destructions que les bombardements d’une guerre. Un vrai carnage. 

Entre 1960 et 1976, plus d’un millier de bâtiments sont rasés dans les faubourgs Saint-Louis et Saint-Jean-Baptiste. 

Dès 1965, on prolonge vers l’est l’ancêtre du boulevard René-Lévesque, le boulevard Saint-Cyrille. 

Puis à partir de la fin des années 60, plusieurs grands édifices font leur apparition, notamment Place Québec (1971) et le Complexe G (1972). 

Les travaux d’aménagement et de réaménagement se poursuivront durant presque trois décennies. 

Aujourd’hui, seul le toit de l’édifice Jean-Antoine-Panet (en haut, à gauche) permet de confirmer qu’il s’agit bien de la même ville. (Source : Société historique du Québec)

La Grande Allée en face du Manège militaire en 1951

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La Grande Allée en face du Manège militaire en 1951

La Grande Allée, en face du Manège militaire, en 1951. À droite, on aperçoit la maison Harcourt-Smith, qui abrite alors l’École des arts domestiques. Vers 1942, l’établissement compte 25 «techniciennes» qui donnent notamment des cours de couture, de cuisine, de tissage, de crochetage, de tricot, de chapellerie et de broderie. Il joue un rôle clé dans la sauvegarde de l’artisanat populaire.

Hélas, son magnifique bâtiment sera démoli à la fin des années 60, pour construire le Complexe H, alias le calorifère. De l’autre côté de la Grande Allée, les maisons bourgeoises n’auront pas plus de chance. 

Elles seront rasées pour faire place au parc Grande Allée, que tout le monde appelle le Pigeonnier. Il devient ensuite le parc de la Francophonie, en 1995. 

Aujourd’hui, le secteur se trouve au coeur des activités du Carnaval du Québec et du Festival d’été. (Sources: Société historique de Québec et les Éditions Histoire Québec

La côte du Palais en 1952

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La côte du Palais en 1952

Sur la gauche, le pavillon D’Aiguillon, de l’Hôtel-Dieu, n’en a plus pour très longtemps. Deux ans plus tard, il sera démoli pour faire place à une tour de 14 étages qui va créer le scandale, au point d’accélérer le classement de l’arrondissement historique.

Notez les enseignes au néon et les publicités de cigarettes Sweet Caporal.

Au premier plan, on aperçoit un trottoir de bois, qui vient d’être déglacé. Un peu plus loin, au-dessus du comptoir-lunch Chez Donat, ne manquez pas le prix imbattable du Indoor Overnight Parking. Un dollar pour la nuit! L’équivalent de 9,50 $ en argent de 2020.

En face, devant l’Hôtel-Dieu, l’attelage est peut-être celui d’un livreur de glace. Aujourd’hui, l’Hôtel Victoria et l’Armée du Salut se trouvent encore sur les lieux. Mais il faut bien dire que le secteur a perdu ses allures de quartier populaire.

L'édifice du journal l'Action catholique en 1963

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L'édifice du journal l'Action catholique en 1963

Un kiosque de taxis devant l’édifice de l’Action sociale catholique, sur la rue Saint-Paul, en 1963. On y trouve notamment le siège du quotidien L’Action catholique, qui deviendra L’Action, puis Action-Québec, avant de disparaître.

À gauche, on aperçoit l’hôtel Château Champlain, dont la façade de style «Château» tente de s’harmoniser avec celle de la gare du Palais, juste en face. À l’horizon, l’agrandissement très hideux de l’Hôtel-Dieu fait déjà partie du paysage. Ce n’est qu’un début. Bientôt, l’autoroute Dufferin-Montmorency va trancher le quartier Saint-Roch en deux. Plusieurs milliers de personnes seront expropriées. 

Le secteur mettra beaucoup de temps à se remettre. Aujourd’hui, l’ancien édifice de l’Action catholique abrite des logements et des commerces. L’hôtel a fait place à la Maison Lauberivière, un refuge pour les itinérants. L’église Notre-Dame-de-la-Paix (à droite) a été reconvertie en «condos». Et il faut toujours beaucoup d’imagination pour donner vie au no man’s land créé sous l’autoroute...

La Grande Allée en 1905

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La Grande Allée en 1905

La Grande Allée, vue de la porte Saint-Louis, lors des funérailles du lieutenant-colonel Charles Edward Montizambert, en 1905. Depuis l’inauguration du Parlement, en 1886, la Grande Allée est devenue la «voie la plus prestigieuse de Québec».

La bourgeoisie s’y fait construire de magnifiques demeures. La Ville de Québec multiplie les travaux d’embellissement, notamment la plantation d’arbres. Un peu en retrait, sur la gauche, on devine le Pavillon des patineurs, construit en 1891.

 Il s’agit du domicile des Bulldogs de Québec, qui remporteront deux fois la Coupe Stanley. Aujourd’hui, les maisons élégantes ont fait place aux édifices H et J, alias le «calorifère», pour les intimes. 

L’ancien ministre Pierre Laporte en parlera comme «d’un crime contre la beauté de Québec». Pour la petite histoire, notons que la patinoire des Bulldogs a été détruite par un incendie, en 1918. Elle est remplacée par l’avenue George-VI, bordée par la Croix du Sacrifice. 

Le boulevard Laurier en 1973

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Le boulevard Laurier en 1973

Le boulevard Laurier, à la hauteur de l’avenue de Germain-des-Prés, en 1973. Inauguré en 1961, le centre commercial Place Laurier a été construit (en partie) sur les terrains du premier aéroport de Québec.

Notez les enseignes de commerces disparus, comme Le Syndicat et les supermarchés Dominion. Quelques années plus tard, la gare d’autobus de Sainte-Foy s’installera à cet endroit. En face, le long du boulevard Laurier, on aperçoit le Centre hospitalier de l’Université Laval, qui fut d’abord un hôpital pour les anciens combattants. Aujourd’hui, les immeubles se sont multipliés, mais le paysage est encore dominé par les stationnements. Les lecteurs désœuvrés peuvent s’amuser à compter plus de 150 voitures, sur la photo. j

La rue Sainte-Thérèse en 1965

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La rue Sainte-Thérèse en 1965

La rue Sainte-Thérèse, entre les rues Saint-Sauveur et Saint-Luc, en 1965. À partir de 1957, plusieurs résidents y construisent des «monuments» de neige devant leur maison. La «Sainte-Thérèse» s’impose alors comme le cœur populaire de la fête.

On la surnomme d’ailleurs «la rue du carnaval». Au fil des ans, les fêtards ont droit à des promenades en carriole, au déjeuner western offert par le Stampede de Calgary et à une glissade poétiquement surnommée «l’Use culotte». Sans oublier la «Voûte chez Ti-Père», une buvette située au 579, la maison de Lionel Faucher, une légende locale. Plusieurs célébrités viennent y prendre un verre de caribou, notamment Pierre Elliot Trudeau, René Lévesque et la princesse Grace de Monaco. Hélas, les activités carnavalesques vont déserter la rue Sainte-Thérèse au début des années 90. Plus tard, en 2006, la rue est rebaptisée Raoul-Jobin, en l’honneur d’un célèbre ténor québécois.

La porte Saint-Jean pour le Carnaval en 1958

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La porte Saint-Jean pour le Carnaval en 1958

La porte Saint-Jean, décorée pour le 4e Carnaval de Québec, en 1958. Le Palais de glace est alors installé à place D’Youville. Parmi les activités aujourd’hui disparues, signalons un bal costumé pour les enfants. À l’époque, le Carnaval se termine le jour du Mardi gras.

En 1958, il se conclut par un feu d’artifice et un grand bal populaire, devant le Palais de Bonhomme. «À minuit pile», Le Soleil raconte que le roi de la fête a fait ses adieux à la foule, du haut de la porte Saint-Jean. 

Pour la petite histoire, signalons qu’une importante tempête de neige (35 centimètres) a perturbé la fête, le samedi 8 février. Durant les jours suivants, la Ville se vante de pouvoir compter sur 300 véhicules pour ses opérations de déneigement. Avec le recul, le chiffre fait sourire. En 2020, on en dénombre plus de 1 300. 

Course d'automobiles du Carnaval en 1965

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Course d'automobiles du Carnaval en 1965

Course d’automobiles sur les plaines d’Abraham, durant le Carnaval de Québec, en 1965. Cette année-là, le Carnaval se targue de prendre... un nouveau départ.

Ça ne sera pas le dernier! Il paraît que les vieux quartiers sont en effervescence. Les fêtards peuvent entendre Ti-Gus et Ti-Mousse à la Porte Saint-Jean, les Jérolas au Coronet et les Beatlettes canadiennes — une version féminine des Beatles — au Baril d’Huîtres. Le 1er mars, la parade de nuit est particulièrement mouvementée. 

La police procède à une centaine d’arrestations. Elle doit aussi composer avec des dizaines de petits accidents de la circulation, peut-être à cause du nombre de conducteurs éméchés. Des voleurs tentent même de profiter du brouhaha pour faire main basse sur des millions $ à la Brink’s Express of Canada, sur la rue du Pont, dans la Basse-Ville. 

Aujourd’hui, l’édifice de la Réserve navale du Canada (au premier plan) est devenu le Musée des plaines d’Abraham. Et depuis la fin des années 1990, le Festival d’été installe sa scène principale tout près.

La rue du Petit-Champlain et l’escalier Casse-Cou en 1972

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La rue du Petit-Champlain et l’escalier Casse-Cou en 1972

La rue du Petit-Champlain et l’escalier Casse-Cou, en 1972. La rue existait déjà en 1688, sous le nom de rue des Meulles. À l’époque, il semble qu’on avait construit des marches à l’endroit où se trouve aujourd’hui l’escalier.

À partir des années 1830, la rue devient l’une des plus pauvres de la ville. Beaucoup de familles irlandaises s’y entassent dans des logements insalubres. Durant les années 1960, le secteur apparaît si délabré que la Ville songe à tout raser pour faire… un stationnement. 

La rue sera sauvée par une poignée de gens visionnaires. En 2014, elle a été consacrée «la rue plus remarquable du Canada» par l’Institut canadien des urbanistes. Elle figure aussi parmi les 25 plus belles rues au monde, selon le magazine Architectural Digest. 

Un seul bémol, les enfants ont fait place aux touristes. Ces dernières années, plusieurs visiteurs d’Asie veulent y voir la porte de secours rouge du théâtre Petit Champlain, immortalisée dans une scène de la série culte sud-coréenne Goblin: The Lonely and Great God

La rue de la Croix-Rouge en 1971

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La rue de la Croix-Rouge en 1971

Le croisement des rues de la Croix-Rouge et de la Pointe-aux-Lièvres, en janvier 1971. Pour la petite histoire, notons que l’entreprise Dorchester Radio Télévision se spécialise dans les radios d’autos.

Quelques mois plus tard, la Ville de Québec fait démolir ses bâtiments, jugés «vétustes et disgracieux». On veut compléter le réaménagement de ce qu’on appelle alors le «boulevard Laurentien». 

La passerelle Adrien-Pouliot est inaugurée en 1984 afin de permettre aux malheureux piétons de survivre à la traversée de la voie rapide. Aujourd’hui, d’autres changements sont annoncés. 

L’autoroute Laurentienne doit être transformée en «boulevard urbain». La passerelle pourrait être démolie. On prévoit aussi l’installation d’un des quatre «pôles d’échanges» (terminus) du nouveau système de transport en commun. 

Source : monsaintroch.com

Le croisement Dorchester/Saint-Vallier Est en 1959

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Le croisement Dorchester/Saint-Vallier Est en 1959

Le croisement des rues Dorchester et Saint-Vallier Est, en 1959. Au premier plan, on aperçoit l’ancien édifice de la W.A. Marsh Shoe Manufacturing, qui fut l’une des grandes fabriques de chaussures de Québec.

À droite, on remarque le stationnement du magasin Paquet. À gauche, on devine le bâtiment de la «manufacture» Marois, un autre témoin de l’époque où l’industrie de la chaussure représentait 40 % des emplois industriels de Québec. 

Quelques années plus tard, plusieurs édifices du secteur sont démolis pour faire place aux bretelles d’une autoroute qui doit longer la falaise, en direction de Sainte-Foy. L’autoroute n’a jamais vu le jour. Et depuis, l’intersection est utilisée comme stationnement à ciel ouvert. De quoi donner des cauchemars à l’urbaniste le plus blasé.

Le Mail Saint-Roch en 1983

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Le Mail Saint-Roch en 1983

Le magasin Laliberté couvert par le «Mail Saint-Roch» de la rue Saint-Joseph, en 1983. Il y a 19 ans débutait la première phase de démolition du toit, en avril 2000, entre les rues du Pont et de la Couronne.

Les 150 derniers mètres ont été démantelés sept ans plus tard. Dans les années 50, les consommateurs venaient de loin pour faire les magasins sur Saint-Joseph, notamment pour le Laliberté, campé au coin de la rue de la Chapelle depuis 1881, mais inauguré quelques semaines avant la signature de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867. 

Vers la fin des années 60 toutefois, la rue est désertée. Pour «sauver le quartier», puis rivaliser avec les centres commerciaux des villes de banlieue, le toit du nouveau Mail Centre-Ville est installé en 1974. 

Les gens y circulent; il est ouvert toute la nuit pour les résidants de la rue; l’endroit sert de refuge. L’«utopie» du centre commercial aura plutôt mené à la corrosion de l’artère. 

L’intersection Cartier et Saint-Cyrille en 1952

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L’intersection Cartier et Saint-Cyrille en 1952

L’intersection de l’avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque Ouest (alors Saint-Cyrille), en 1952. Remarquez les trottoirs, plus larges que ceux d’aujourd’hui. La voiture n’est pas encore totalement reine.

Plus tard, en 2014, le garage Esso fait place à l’édifice Le George-Étienne, mais pas avant qu’un référendum citoyen n’ait abaissé sa hauteur de six à quatre étages. Une placette, nommée en l’honneur du commentateur sportif Richard Garneau, est ensuite aménagée. 

Au loin, l’édifice Place de la Capitale, dans le plus pur style brutaliste, a surgi en 1974.

La rue Champlain en 1935

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La rue Champlain en 1935

Le transport de la glace, sur la rue Champlain, dans le quartier Cap-Blanc, en 1935. La glace est coupée dans le fleuve, avant d’être livrée en traîneau à travers la ville.

Même si le premier réfrigérateur domestique a été fabriqué en 1913, son usage n’est pas encore très répandu. La grande crise économique des années 30 force beaucoup de familles à limiter les dépenses. Vers 1940, dans le catalogue Eaton, une glacière coûte entre 21 $ et 34 $. Un frigo? Entre 149 $ et 169 $. 

Cela représente cinq ou six mois de salaire. Dans ces conditions, l’industrie de la glace va survivre jusqu’à la fin des années 50, avant d’être définitivement supplantée par le réfrigérateur. Notez la rareté des grands arbres sur la falaise, par rapport à aujourd’hui. Les gens du coin s’en servaient probablement pour le chauffage… 

Source : Yves Bergeron, L’exploitation de la glace naturelle au Québec [...], mémoire de maîtrise en ethnologie, Université Laval, 1984. Jean-Simon Gagné

La rue du quai Saint-André en 1974

D'hier à aujourd'hui

La rue du quai Saint-André en 1974

Le quai Saint-André (anciennement rue Saint André ) et le Bassin Louise, en 1974. À l’époque, le secteur vit des heures sombres. Une partie du Bassin Louise a été rempli avec la terre et la roche extraites sur le chantier du Complexe G, dans la Haute-ville.

Quelques silos à ciment complètent le paysage. Le bassin sera restauré en 1984, pour la visite des grands voiliers et l’été «Mer et Monde». L’arrivée du Marché du Vieux-Port suivra, en 1987. Trente ans plus tard, l’endroit se cherche un second souffle. Dans le coin gauche, la Société des gens de baignade propose de transformer les lieux en parc nautique où la population pourrait se baigner. Dans le coin droit, le Port de Québec veut construire un «quartier» de 250 millions $ à la tête du Bassin. En attendant, le Pavillon d’Espace 400e (à droite) deviendra un centre d’accueil touristique, après des années de très grande solitude.