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D'hier à aujourd'hui

La rue Dalhousie en 1958

L’ancienne place du marché Champlain, en 1958. Après la démolition de l’édifice des Halles, en 1910, l’endroit est devenu un terrain plus ou moins vague, que les nombreux enfants du quartier ont adopté. L’été, quelques balançoires sont installées.

L’hiver, on y aménage une patinoire. Le Québec est jeune. Les enfants de moins de 10 ans constituent presque 30 % de la population. Notez les chandails des As de Québec (vert et rouge) portés par plusieurs jeunes hockeyeurs. 

L’année précédente, les As ont remporté le trophée Edinburgh, qui couronne la meilleure équipe de hockey semi-professionnelle du Canada, au terme d’une série 5 de 9. 

Les Canadiens de Montréal sont aussi au sommet de leur gloire. 

De 1955 à 1960, ils remportent la Coupe Stanley cinq fois d’affilée. Un record jamais égalé. Mais trêve de nostalgie. 

Aujourd’hui, sur l’ancienne place, la végétation est plus présente, mais une partie de l’espace est occupée par un... stationnement.

Justice et faits divers

Amende record pour CFG Construction

À faute lourde, amende pesante. La Cour du Québec impose une amende record de 345 000 $ à l’entreprise CFG Construction, coupable de négligence criminelle ayant causé la mort d’un camionneur en septembre 2012.

Le 11 septembre 2012, le camionneur Albert Paradis est envoyé par son employeur chercher des rebuts d’acier dans un chemin forestier du chantier du parc éolien de la Seigneurie de Beaupré. Il a comme consigne de charger le conteneur de son camion au maximum de sa capacité.

Les freins du vieux camion Volvo fonctionnent à 53 % de leur capacité et le système de freinage n’a pas moins de défectuosités majeures. L’insouciance du mécanicien et du dirigeant du garage de CFG Construction est à blâmer, tranchera la juge Hélène Bouillon.

Le camion va se renverser dans une courbe et sera retrouvé au bas d’une pente. Albert Paradis, 50 ans, père de trois enfants, meurt seul, à côté de son poids lourd.

Les dirigeants de l’entreprise CFG Construction ont laissé Paradis conduire un camion vétuste dont ils savaient les freins déficients, conclut le tribunal.

Ils méritent aujourd’hui une peine significative pour punir un comportement «qui a porté atteinte aux valeurs de notre société et notamment celles entourant la santé et la sécurité du travail», écrit la juge Bouillon. La peine doit de plus «envoyer un message clair à toute entreprise qui serait tentée d’adopter cette même conduite», ajoute-t-elle.

Le Code criminel prévoit que l’amende est la seule peine pouvant être imposée à une organisation reconnue coupable d’une infraction criminelle.

Pour cette négligence criminelle qui s’est étalée sur plusieurs mois, la Couronne réclamait une amende de 500 000 $, du jamais-vu au Québec.

La défense soutenait qu’en raison de sa faible capacité financière, CFG Construction devrait se voir imposer une amende 10 fois moindre, soit 50 000 $.

La juge Bouillon a choisi d’imposer une amende globale de 345 000 $ qui sera payable sur quatre ans.

CFG a tiré profit de sa négligence, rappelle la juge Bouillon, car les sommes qui auraient dû être investies dans l’entretien et la réparation du camion «ont clairement constitué un avantage pour CFG Construction, soit celui de se sortir au plus vite de son impasse économique et de son insolvabilité».

Risque de récidive

Depuis 2012, CFG a été condamnée à de nombreuses reprises pour des infractions à divers règlements et au Code de la sécurité routière. Sa licence d’entrepreneur en construction a été suspendue durant un mois en 2018.

«Une entreprise avertie à répétition par les autorités compétentes et par les tribunaux, qui n’apporte pas de changements significatifs à ses comportements répréhensibles et dangereux, compromet la sécurité sociale», écrit la juge Bouillon, ajoutant que la réhabilitation de l’entreprise est loin d’être acquise et que le risque de récidive est toujours présent.

Exceptionnelle probation

Le nombre d’infractions de toutes sortes démontre que les faibles mesures mises en place par l’entreprise ne sont pas suffisantes pour assurer la sécurité des 60 travailleurs à temps plein et 250 employés occasionnels sans compter celle du public.

C’est pour cette raison que la juge Hélène Bouillon a choisi de mettre CFG Construction en probation durant trois ans, mesure inusitée dans le monde des entreprises.

CFG devra embaucher un consultant externe qui évaluera la situation et proposera des correctifs.

L’entreprise devra notamment donner une formation annuelle à ses employés sur la conduite de véhicule lourd et fournir aux autorités une copie du rapport annuel d’inspection de la SAAQ.

CFG Construction a interjeté appel de sa condamnation en Cour du Québec.

L’entreprise devra verser au total près de 200 000 $ à la CNESST pour le décès de son travailleur, dont 120 000 $ ont déjà été remis à la veuve d’Albert Paradis.

La compagnie s’expose aussi à des amendes de 83 000 $ selon l’évolution du dossier pour les accusations pénales.

Plus de sept ans après le décès de son mari, Sylvie Dionne était de nouveau de retour dans une salle de cour, pas très loin de Franky Glode, le patron d’Albert Paradis.

En parallèle à la preuve froide et technique, la juge Bouillon a retenu beaucoup de choses du témoignage de la veuve et de ses trois enfants, lors des représentations sur la peine. «La présence d’une douleur qui transperce la peau, la perte de la paix de l’âme, un vide immense, une rage indescriptible, un ouragan subi de plein fouet et la sensation de basculer dans le vide», résume la juge.

D'hier à aujourd'hui

Le boulevard Charest Est en 1972

L’intersection de la rue de Couronne et du boulevard Charest Est, en 1972. Dans Saint-Roch, l’ère des grands magasins à rayons tire à sa fin. La concurrence des centres commerciaux de la banlieue est féroce.

La construction d’un toit sur une partie de la rue Saint-Joseph, baptisé le «Mail Saint-Roch», n’y changera rien. Le magasin Pollack sera le premier à sombrer, en 1978. Le Syndicat et Paquet suivront, en 1981. Le quartier traverse une période noire. Entre 1941 et 1971, la population passe de 20 000 à 6000 habitants. 

En 1971, plus de 320 logements sont démolis pour construire l’autoroute Dufferin. Aujourd’hui, le secteur a été complètement transformé, mais la structure de l’enseigne «Paquet» est toujours là, comme un fantôme. Les bureaux actuels du Soleil se trouvent dans l’ancien édifice du Syndicat. 

De tous les grands magasins, seul Laliberté a survécu jusqu’à nos jours. Il fête cette année ses 152 ans. 

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Saint-Vincent de Paul en 1982

Le croisement de la côte d’Abraham et de l’avenue Honoré-Mercier, en 1982. À l’époque, le béton triomphe. Les routes semblent dessinées par un fanatique des pistes de course Hot Wheels.

Tout est pensé et construit pour le bonheur de la voiture. Pour elle, on a même construit deux bretelles d’autoroutes qui aboutissent dans la falaise, en attendant un tunnel qui ne verra jamais le jour! À droite, la rivière Saint-Charles est encore enfermée dans le béton. 

«Comme une folle ligotée sur son lit», dira un urbaniste. À gauche, au bas de la côte d’Abraham, on aperçoit le vaste terrain vague qui deviendra le jardin de Saint-Roch, en 1993. On voulait y faire passer les bretelles d’une autre autoroute. 

Aujourd’hui, la vue s’est complètement transformée. L’avenue Honoré-Mercier a été rendue plus «conviviale», à partir de 2002. Au premier plan, on aperçoit le vaste espace vide créé par la démolition précipitée de l’église et du patro Saint-Vincent de Paul, en 2006. À chaque époque son terrain vague, en plein centre de la ville…

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L'entrée sud du pont de Québec vers 1952

L’entrée sud du pont de Québec, probablement en 1952. Inauguré en 1917, le pont est d’abord réservé aux trains. Il faut attendre la fin de 1929 pour qu’un espace carrossable soit aménagé entre deux voies ferrées. En 1932, la traversée coûte 50 ¢ pour une voiture [9,20 $ en argent de 2019].

Durant l’été, environ un millier d’automobiles le traversent chaque jour. Mais la route est étroite. Si étroite, que deux gros véhicules ne peuvent pas s’y croiser. 

Chaque fois qu’un camion ou qu’un autobus se présente, il faut arrêter la circulation en sens inverse. 

Pour résoudre le problème, le gouvernement du Québec envisage brièvement la construction de deux voies supplémentaires AU-DESSUS de celles qui existent! Finalement, ce projet «aérien» n’aboutit pas. Le péage sur le pont est aboli dès le 1er avril 1942. 

Mais c’est seulement en 1952 que l’on complète enfin l’élargissement de l’espace carrossable et le démantèlement de l’une des voies ferrées. 

Beaucoup plus tard, en 1991, la route est partagée en trois voies. (Source : Michel L’Hébreux, Le pont de Québec, Septentrion, 2008) 

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La route de l'aéroport vers 1940

La route de l’Aéroport, non loin de l’intersection du boulevard Wilfrid-Hamel, dans les années 40. «L’aérodrome de Québec» a vu le jour en 1941, durant la Deuxième Guerre mondiale.

Jusque-là, une piste d’atterrissage était aménagée près de l’emplacement actuel des centres commerciaux du boulevard Laurier. Signalons que Wilfrid Hamel voit une portion de boulevard baptisé en son honneur dès 1943, dans l’ancienne ville de Vanier. Monsieur est alors député d’une circonscription de Québec (Saint-Sauveur) et ministre des Terres et Forêts. Les autres segments prendront son nom au début des années 60, alors qu’il est maire de... Québec. À l’époque, tout le secteur est transformé par le développement rapide des banlieues. La population de L’Ancienne-Lorette va tripler, de 1961 à 1976. De nombreux commerces et services achèvent alors de chambouler le paysage, qui n’a plus rien de bucolique. (Source : Ville de L’Ancienne-Lorette).

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Les plaines d'Abraham vers 1900

Les plaines d’Abraham, vers 1900. Au premier plan, on aperçoit une partie des installations de la Cartoucherie de Québec, qui produit des munitions pour l’armée. Les Plaines font alors l’objet de bien des convoitises. Plusieurs projets immobiliers veulent y voir le jour.

À la fin, c’est l’idée d’un parc public qui s’impose. En 1901, le gouvernement fédéral achète le terrain des Ursulines pour la somme de 80 000 $ [plus de 2 millions $ en argent de 2019]. La création du parc n’empêchera pas les bâtiments de la Cartoucherie de trainer dans le paysage durant des décennies. Ni les membres du Quebec Golf Club de continuer à jouer sur les Plaines, jusqu’en 1915. Malgré les protestations de citoyens, on construit même une usine de fusil, la Ross Rifle Factory, en 1902. Aujourd’hui, les bâtiments ont disparu, à l’exception de la tour Martello, cachée par les arbres, à l’horizon. Et le secteur accueille la grande scène du Festival d’été. (Source : Jacques Mathieu, Les plaines d’Abraham : le culte de l’idéal, Septentrion, 1993.)

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Les rues du Fort et de Buade vers 1870

Le coin des rues du Fort et de Buade, vers 1870. À gauche, on aperçoit le bureau de poste de la Haute-Ville, situé dans une énorme maison qui date du régime français. Au-dessus de la porte, on remarque le bas-relief d’un mystérieux chien doré, qui ronge un os. Il est à l’origine du roman The Golden Dog (1877) et de légendes reliées à l’assassinat du propriétaire de la maison. Notez le réverbère au gaz, juste à côté. L’électricité ne sera présentée au monde qu’en 1878, lors de l’exposition universelle de Paris. À l’avant-plan, on ne peut pas rater la pharmacie «Chemists John Musson & Co». Selon les publicités de l’époque, on y vend des médicaments, des parfums, des bulbes de fleur, de l’eau gazéifiée, de la bière de gingembre et de la glace. Dès 1872, tout le périmètre fait place à un nouvel édifice des Postes. Sur sa façade, on conserve le célèbre bas-relief du chien, qui remonte peut-être à 1688. En son honneur, le prolongement de la rue de Buade est renommé «passage du Chien-d’Or», en 1996. Les chapeaux haut de forme et les fiacres y sont devenus un peu plus rares..

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La Pointe-à-Carcy en 1965

Le Vieux-Port de Québec, en 1965. À l’époque, l’endroit semble un peu délaissé. Une partie des activités portuaires se sont déplacées vers l’est, avec la construction de plusieurs quais. Il faut attendre l’été «Mer et Monde», en 1984, pour que le secteur connaisse une seconde vie. On rénove l’édifice des douanes, avec ses imposantes colonnes. On aménage un lieu de spectacle (l’Agora), sur l’ancien bassin. On construit l’énorme édifice des Terrasses du Vieux-Port, aussi intégré à son environnement qu’un gros thon parachuté dans le désert. Plus tard, on ajoute un musée naval et une piste cyclable. Aujourd’hui, après des années de transformation, le «nouveau» Vieux-Port accueille aussi les grands navires de croisières, principalement durant l’automne.

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Le boulevard des Capucins en 1971

Ce que les autoroutes ont poussé en un quart de siècle! La construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency au-dessus du boulevard des Capucins dans Limoilou en est un bon exemple. On voit ici les premiers balbutiements de la construction de l’imposante structure en 1971.

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Le camp militaire de Lauzon vers 1930

Le camp militaire de Lauzon, vers 1930. La présence de militaires sur les lieux remonte au Régime français. Mais les bâtiments se multiplient à partir des années 1860. Ils servent à loger la main d’œuvre qui construit les ouvrages fortifiés dans le secteur. De nombreux soldats y stationnent aussi durant les deux guerres mondiales. Aujourd’hui, au coin des rues Louis Philippe Guay et de la Lande, le Parc des ingénieurs royaux rappelle le chantiers des fortifications. Tout près, le Parc de la Paix est situé sur le site d’un ancien terrain d’entrainement de la milice française. Un peu à l’ouest, on trouve le lieu historique des Forts-de-Lévis, protégé depuis 1920. Les grues du chantier Davie font désormais partie du paysage.

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L'ancien YMCA de Québec en 1944

L’ancien édifice du YMCA de Québec, en 1944. À l’arrière, on remarque le pavillon des sports, construit en 1897. Il abrite un gymnase, des allées de quilles et la première piscine intérieure de la ville. Juste en face, au coin des rues Saint-Jean et D’Youville, on aperçoit l’un des bâtiments qui seront démolis à la fin des années 1990 pour faire place à un hôtel. Aujourd’hui, la façade de l’ancien YMCA a été intégrée au Diamant, le nouveau théâtre de Robert Lepage. Le long de la rue Saint-Jean, les promeneurs peuvent encore y admirer une bible de pierre, un lion et une licorne enchainée.

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La côte de la Montagne en 1896

Un grand prix cycliste sur la côte de la Montagne, le 1er juillet 1896. La course fait partie de la 14e convention annuelle de la «Canadian Wheelmen’s Association», qui dure une semaine. Le programme de l’événement comprend notamment un grand concert de musique classique et des feux d’artifice. Pour l’occasion, les gens ont mis leurs habits du dimanche. À l’imprimerie Darveau, les employés ont interrompu le travail, pour observer les cyclistes. La côte est alors un lien essentiel entre les entrepôts de la Basse-Ville et les marchands de la Haute-Ville. Jusqu’en 1866, elle portait d’ailleurs le nom de «côte de la Basse-Ville». À la fin des années 1890, on y trouve aussi plusieurs hôtels, qui répondent au besoin d’un tourisme en plein essor. Mais oublions un instant le passé. Cent vingt-trois ans plus tard, le 13 septembre 2019, les cyclistes étaient de retour! Et encore une fois, l’ascension de la côte n’avait rien d’une sinécure

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Coin Saint-Vallier Ouest et Marie-de-l'Incarnation en 1947

Le coin des rues Saint-Vallier Ouest et Marie-de-l’Incarnation, en 1947. La ligne de tramway «de la basse-ville» relie alors le secteur de l’ancien marché Finlay au parc industriel de Saint-Malo. Elle suit principalement le tracé sinueux de la rue Saint-Vallier. Notez l’omniprésence des publicités de cigarettes. Sans oublier les anciens pavés qui coexistent avec une mince couche d’asphalte. Le tramway est disparu dès l’année suivante. Plus tard, l’élargissement de la rue Marie-de-l’Incarnation fait disparaitre quelques maisons. Aujourd’hui, pour reprendre un mot très à la mode, le secteur gagnerait être un peu plus «convivial».

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L’avenue Dufferin en 1890

L’avenue Dufferin, en 1890. L’édifice du Parlement vient tout juste d’être complété, sur un ancien terrain de cricket de l’armée. La construction, qui s’est étalée sur 12 ans, a été marquée par une grève générale et deux attentats à la bombe. À gauche, on aperçoit les jolies maisons du faubourg Saint-Jean qui seront détruites pour faire place au Hilton et au Centre des congrès, à partir de 1970. Au nord de la ville, les constructions sont encore peu nombreuses. En 1996, l’avenue a été rebaptisée Honoré-Mercier. La fontaine de Tourny et ses 43 jets d’eau sont ensuite venus couronner le «carrefour-giratoire», en 2007. Un legs de la famille Simons à la ville de Québec pour son 400e anniversaire.

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La Maison Gomin en 1949

La prison des femmes, plus tard renommée «Maison Gomin», en 1949. Depuis sa construction, en 1931, la prison se trouve aux frontières de la ville, avec plusieurs fermes dans le voisinage. Mais plus pour très longtemps. En mai 1950, le boulevard Laurier va être inauguré. Quelques mois plus tard, l’Université Laval dévoilera les plans d’un immense campus. Bientôt, la prison des femmes sera encerclée par les développements domiciliaires. Elle conservera pourtant sa vocation carcérale jusqu’en 1992, date à laquelle les détenues seront transférées au Centre de détention d’Orsainville. Le «château», comme on le surnomme dans le secteur, est devenu un complexe funéraire en 2008.

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L'intersection de la Couronne-Charest en 1971

L’intersection du boulevard Charest et de la rue de la Couronne, en 1971. À l’époque, quelques bâtiments échappent aux démolitions qui défigurent le secteur. Le quartier Saint-Roch met plus de 20 ans à s’en remettre. Plus tard, durant les années 90, l’administration municipale rêve de voir le siège du ministère de l’Environnement s’installer le long du boulevard Charest. Mais le projet est abandonné. Les bâtiments «survivants» finiront par être démolis pour aménager la place de l’Université-du-Québec. Un prolongement du jardin de Saint-Roch, devenu le jardin Jean-Paul-L’Allier.

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Le pont de Québec en 1960

Le pont de Québec en 1960. C’est l’heure de pointe. Une file d’automobiles colorées attend pour traverser le fleuve Saint-Laurent. C’est la fin de journée, les travailleurs retournent à Lévis. Le pont de Québec est célèbre pour ses deux grandes tragédies. La première, en 1907, qui a causé la mort de 76 hommes, et en 1916, le deuxième effondrement qui a causé la mort de 13 hommes. Il est officiellement inauguré le 22 août 1919 par le prince de Galles. À sa droite, le pont Pierre-Laporte n’existait pas encore. C’est dix ans plus tard, en 1970, qu’il est inauguré. Il devait s’appeler le pont Frontenac, mais a pris le nom de Pierre Laporte, l’ex-ministre du Travail et de l’Immigration, décédé pendant la crise d’octobre 1970.

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La Petite Cour sur la route de l’Église en 1995

Le Centre de la petite enfance La Petite Cour sur la route de l’Église, à l’intersection du boulevard Laurier dans Sainte-Foy, en 1995. L’éducatrice de la garderie, Josée Savard, présente sur les deux photos (au centre), peut témoigner du changement des vingt dernières années : le complexe Jules-Dallaire a pris la place du motel L’Abitation. Construit dans les années 1950, cet établissement hôtelier avait 150 chambres et accueillait plusieurs touristes. En 2007, l’entreprise Cominar a acquis le terrain de 120 000 pieds carrés et a rasé l’auberge pour y construire deux tours de 17 et 28 étages du complexe Jules-Dallaire. Aujourd’hui, le complexe accueille une galerie commerciale, bureaux et des condos. Le Pétro-Canada n’existe plus.

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L'ancienne église scandinave à Cap Blanc en 1900

On voit ici cet édifice du 540 rue Champlain au Cap-Blanc en 1900. Il est construit en 1861 par l’architecte Edward Staveley, qui est aussi derrière l’Institut Canadien de Québec, l’actuelle Maison de la littérature. Avec une forte population irlandaise sur la rue Champlain, cet immeuble devient une école pour les garçons de la communauté jusqu’à son déménagement sur la rue McMahon. À la fin des années 1860, les Norvégiens font de plus en plus de commerce à Québec et fondent en 1876 la première église scandinave Sjomannskirken — église norvégienne des marins — en Amérique du Nord. En 1898, l’église ferme. Dans les dernières années, l’édifice a accueilli le café Tudor, qui unissait des adeptes de plein air, mais a récemment fermé ses portes.

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La côte de la Fabrique en 1962

L’intersection des rues Saint-Jean et Pierre-Olivier-Chauveau, juste devant la côte de la Fabrique, en 1962. Il s’agit du terrain faisant face à l’hôtel de ville de Québec, qui sera inauguré en 1896. Aujourd’hui, le bâtiment est un hôtel, Monsieur Jean — L’hôte particulier, et accueille aussi quelques boutiques. La célèbre statue du fou du roi intitulée Le Grand Bienvenue de l’artiste Nicole Taillon est installée à l’avant depuis le mois d’avril. Autrefois, le bâtiment abritait un club automobile et un bureau d’assurances. Depuis, le bâtiment a été agrandi. On peut y voir le poste de taxis installé devant, c’était avant l’utilisation massive de l’automobile. Remarquons aussi la buanderie Lévis Ltée en face, sur la rue Saint-Jean, endroit qui est maintenant le Magasin général.

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La caisse populaire Saint-Joseph en 1964

Une foule de curieux est rassemblée à la caisse populaire Saint-Joseph, située à l’intersection des rues Châteauguay et Saint-Sauveur. Ils attendent le développement de la situation : le vendredi 28 août 1964, Le Soleil titrait dans son édition du soir «Vol à main armée à Saint-Sauveur». «Trois bandits masqués ont réussi un vol à main armée de 4000 $ [33 000 $ aujourd’hui] cet avant-midi». En plus du vol, cinq personnes ont été prises en otage. Autre que cet évènement extraordinaire, en 1964, le ministère de l’Éducation a été créé et la loi 16, qui met fin à l’incapacité juridique de la femme mariée, a été adoptée. C’est seulement un an plus tard que les femmes mariées ont pu ouvrir des comptes de banque seules.

D'hier à aujourd'hui

Coin des rues Saint-Joseph et Dorchester en 1969

En cette journée froide de 1969, plusieurs passants revêtent leur plus beau manteau et chapeau de fourrure pour aller au cinéma Le Pigalle, au coin des rues Saint-Joseph et Dorchester. À l’affiche : le film culte Blow-Up, qui a obtenu une Palme d’or du Festival de Cannes. Ce cinéma, qui était l’une des trois salles les plus fréquentées de Québec, a été abandonné à la fin des années 70. Le théâtre La Bordée a repris le flambeau en 2002. Pour ce qui est de la tabagie au 303 rue Saint-Joseph, ce commerce a conservé la même vocation depuis 50 ans. Sur le boulevard Charest, il était facile de contempler la haute-ville puisque l’imposant édifice où loge l’entreprise de jeux vidéos Beenox était encore bien loin d’être construit.

D'hier à aujourd'hui

L'église de la 8e avenue en 1960

Le couvent de Limoilou des Sœurs servantes du Saint-Coeur de Marie, sur la 8e avenue, en 1960. Au début des années 1900, les écoles de Limoilou sont surpeuplées. Plusieurs les jugent insalubres. En 1903, la construction du Couvent est accueillie comme une bouée de sauvetage. À une certaine époque, il est fréquenté par plus de 1000 élèves. Aujourd’hui, la piste cyclable a remplacé la procession des sœurs et des novices. Le couvent a fermé ses portes en 2007, mais l’édifice est toujours là. Un peu avant, son toit en mansarde avait fait l’objet d’une rénovation particulièrement hideuse, à peine cachée par les arbres. À côté, l’église Saint-Charles-de-Limoilou, fermée au culte depuis 2012, est devenue un espace communautaire très actif.

D'HIER À AUJOURD'HUI

Le terrain de l'Hôtel de ville en 1962

L’intersection de la rue Pierre-Olivier-Chauveau et de la Côte de la Fabrique, en 1962. Le terrain sur lequel a été bâti l’Hôtel de ville était considéré comme l’un des plus prestigieux de Québec. Au milieu des années 1870, on envisage même d’y construire le Parlement. Finalement, c’est plutôt le nouvel hôtel de ville qui est inauguré à cet endroit, en 1896. À l’arrière, la rue Pierre-Olivier-Chauveau n’existe pas encore. Elle ne sera ouverte qu’en 1898. Durant plusieurs années, un poste de taxis s’y installe. L’automobile n’est pas aussi répandue qu’aujourd’hui. Notez les affiches proposant des «tours de ville» en anglais. Les plaques d’immatriculation, encore obligatoires à l’avant des véhicules, ne proclament pas «La belle province» ou «Je me souviens».

D'hier à aujourd'hui

Le port de Québec en 1951

Pêche à l’éperlan, probablement sur l’actuel quai 102 du port de Québec, en 1951. Tous les ans, en octobre et en novembre, des milliers de pêcheurs d’éperlans s’entassent sur les quais, de la Pointe-à-Carcy jusqu’à l’anse au Foulon. Il y a foule, même la nuit! À certaines heures, on trouve même une cantine mobile pour ravitailler les affamés. Hélas, à partir des années 60, le petit poisson argenté connait un déclin spectaculaire. Les pêcheurs vont peu à peu disparaître. Aujourd’hui, l’éperlan est de retour, sans pour autant atteindre l’abondance des années 50. Ajoutons aussi que l’accès au fleuve n’est plus aussi généralisé. Exceptionnellement, la photo d’aujourd’hui n’a pas été prise au même endroit que celle de 1951. Elle montre le quai 106, un peu plus à l’ouest, dans le secteur de l’anse au Foulon. Une vue imprenable sur les silos qui campent désormais dans le paysage.

D'hier à aujourd'hui

L’avenue d’Estimauville, en 1969

L’avenue d’Estimauville, en 1969. Le secteur connaît alors une période de développement rapide, avec l’installation de plusieurs grands noms du commerce au détail. Ça ne durera pas. Dès les années 90, les commerces s’en vont et les environs se mettent à ressembler à une zone bombardée. Aujourd’hui, la construction de plusieurs édifices gouvernementaux et le début d’un écoquartier ont renversé la vapeur. Le meilleur semble à venir, même si le côté un peu massif des édifices n’inspirera pas beaucoup les poètes.

D'hier à aujourd'hui

La rue Saint-Jean en 1958

La rue Saint-Jean, dans le Faubourg Saint-Jean, en 1958. La rue s’impose alors comme la grande artère commerciale de la Haute-Ville, avec des boutiques très variées, incluant le populaire magasin de vêtements Sally (à gauche). Les centres commerciaux des banlieues n’ont pas encore vu le jour. Remarquez le nombre de commerces qui s’affichent en anglais. Royal Furs, Transcanada Shoe and company... Les deux hommes qui se promènent avec des seaux sont probablement des laveurs de vitrines. Sur le côté nord, les maisons anciennes seront ravagées par deux incendies, en 1966. Durant plus de 20 ans, elles feront place à un terrain vague, surnommé «le trou Beshro». La reconstruction attendra les années 90.

Justice et faits divers

Jonathan Falardeau-Laroche: de nombreux avertissements des collègues de travail

«Attends-tu de tuer quelqu’un avant d’arrêter de conduire?» Les collègues de travail de Jonathan Falardeau-Laroche, témoins de ses crises, ont été nombreux à lui recommander de cesser de prendre le volant. Y compris cinq jours avant l’accident fatal.

Jusqu’au moment de l’accident, le 10 août 2016, Jonathan Falardeau-Laroche travaillait dans un garage d’esthétique automobile à Lévis, propriété de son père. Trois de ses ex-collègues ont témoigné au procès vendredi après-midi.

Ils ont tous été témoins des brèves absences de leur jeune collègue, causées, selon ce qu’il leur en avait dit, par l’épilepsie. Ils savaient que Jonathan voyait un médecin.

Un jour, Alexandre Royer a trouvé Jonathan Falardeau-Laroche assis dans une flaque d’eau, le pistolet à pression encore à la main. Lorsqu’il est revenu à lui, au bout de quelques secondes, Jonathan Falardeau-Laroche a expliqué sa maladie à son collègue.

Parfois, les travailleurs ont vu leur collègue le regard fixe, la peau blême, tremblant. Ils se rappellent aussi l’avoir vu tanguer de gauche à droit. À une occasion, un collègue a dû le retenir de tomber pour éviter qu’il ne se cogne sur une machine à pression. Le jeune homme ne réalisait pas toujours qu’il venait d’avoir une crise, affirment les collègues.

Les travailleurs ont indiqué que dans les semaines précédant l’accident, la fréquence des crises de Jonathan Falardeau-Laroche avait augmenté. Ils ont relié ce phénomène à un changement de la médication du jeune homme.

Le vendredi précédent le 10 août, le jeune homme aurait eu deux absences en quelques heures. Ce jour-là, son collègue Stéphane Lavoie n’était plus d’accord pour que Falardeau-Laroche déplace les véhicules dans le garage. «Je voulais qu’il arrête de conduire avant qu’il arrive un accident, explique M. Lavoie. Je lui ai dit : “Attends-tu de tuer quelqu’un avant d’arrêter de conduire?”»

Éric Boulet a aussi souvent dit à son collègue d’aller se faire guérir avant de recommencer à conduire, pour sa sécurité et celle des autres automobilistes. «Il me disait que ce n’était pas de mes affaires et qu’il était capable de se contrôler, même au volant», témoigne M. Boulet.

Accident sur le pont Pierre-Laporte

Jonathan Falardeau-Laroche a déjà eu une absence au volant alors qu’il circulait sur le pont Pierre-Laporte, le 8 décembre 2015. Il a raconté à son collègue de travail Alexandre Royer que sa voiture s’est retrouvée renversée sur le toit et qu’il a eu besoin d’aide de deux personnes pour sortir du véhicule. «Il ne se souvenait pas comment c’est arrivé», témoigne M. Royer.

Au début de l’année 2016, Jonathan Falardeau-Laroche a refait un examen et consulté un médecin à la demande de la Société d’assurance automobile du Québec. Son permis était valide au moment de l’accident. Le procès se poursuit la semaine prochaine.