D'hier à aujourd'hui

L'intersection de la Couronne-Charest en 1971

L’intersection du boulevard Charest et de la rue de la Couronne, en 1971. À l’époque, quelques bâtiments échappent aux démolitions qui défigurent le secteur. Le quartier Saint-Roch met plus de 20 ans à s’en remettre. Plus tard, durant les années 90, l’administration municipale rêve de voir le siège du ministère de l’Environnement s’installer le long du boulevard Charest. Mais le projet est abandonné. Les bâtiments «survivants» finiront par être démolis pour aménager la place de l’Université-du-Québec. Un prolongement du jardin de Saint-Roch, devenu le jardin Jean-Paul-L’Allier.

D'hier à aujourd'hui

Le pont de Québec en 1960

Le pont de Québec en 1960. C’est l’heure de pointe. Une file d’automobiles colorées attend pour traverser le fleuve Saint-Laurent. C’est la fin de journée, les travailleurs retournent à Lévis. Le pont de Québec est célèbre pour ses deux grandes tragédies. La première, en 1907, qui a causé la mort de 76 hommes, et en 1916, le deuxième effondrement qui a causé la mort de 13 hommes. Il est officiellement inauguré le 22 août 1919 par le prince de Galles. À sa droite, le pont Pierre-Laporte n’existait pas encore. C’est dix ans plus tard, en 1970, qu’il est inauguré. Il devait s’appeler le pont Frontenac, mais a pris le nom de Pierre Laporte, l’ex-ministre du Travail et de l’Immigration, décédé pendant la crise d’octobre 1970.

D'hier à aujourd'hui

La Petite Cour sur la route de l’Église en 1995

Le Centre de la petite enfance La Petite Cour sur la route de l’Église, à l’intersection du boulevard Laurier dans Sainte-Foy, en 1995. L’éducatrice de la garderie, Josée Savard, présente sur les deux photos (au centre), peut témoigner du changement des vingt dernières années : le complexe Jules-Dallaire a pris la place du motel L’Abitation. Construit dans les années 1950, cet établissement hôtelier avait 150 chambres et accueillait plusieurs touristes. En 2007, l’entreprise Cominar a acquis le terrain de 120 000 pieds carrés et a rasé l’auberge pour y construire deux tours de 17 et 28 étages du complexe Jules-Dallaire. Aujourd’hui, le complexe accueille une galerie commerciale, bureaux et des condos. Le Pétro-Canada n’existe plus.

D'hier à aujourd'hui

L'ancienne église scandinave à Cap Blanc en 1900

On voit ici cet édifice du 540 rue Champlain au Cap-Blanc en 1900. Il est construit en 1861 par l’architecte Edward Staveley, qui est aussi derrière l’Institut Canadien de Québec, l’actuelle Maison de la littérature. Avec une forte population irlandaise sur la rue Champlain, cet immeuble devient une école pour les garçons de la communauté jusqu’à son déménagement sur la rue McMahon. À la fin des années 1860, les Norvégiens font de plus en plus de commerce à Québec et fondent en 1876 la première église scandinave Sjomannskirken — église norvégienne des marins — en Amérique du Nord. En 1898, l’église ferme. Dans les dernières années, l’édifice a accueilli le café Tudor, qui unissait des adeptes de plein air, mais a récemment fermé ses portes.

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La côte de la Fabrique en 1962

L’intersection des rues Saint-Jean et Pierre-Olivier-Chauveau, juste devant la côte de la Fabrique, en 1962. Il s’agit du terrain faisant face à l’hôtel de ville de Québec, qui sera inauguré en 1896. Aujourd’hui, le bâtiment est un hôtel, Monsieur Jean — L’hôte particulier, et accueille aussi quelques boutiques. La célèbre statue du fou du roi intitulée Le Grand Bienvenue de l’artiste Nicole Taillon est installée à l’avant depuis le mois d’avril. Autrefois, le bâtiment abritait un club automobile et un bureau d’assurances. Depuis, le bâtiment a été agrandi. On peut y voir le poste de taxis installé devant, c’était avant l’utilisation massive de l’automobile. Remarquons aussi la buanderie Lévis Ltée en face, sur la rue Saint-Jean, endroit qui est maintenant le Magasin général.

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La caisse populaire Saint-Joseph en 1964

Une foule de curieux est rassemblée à la caisse populaire Saint-Joseph, située à l’intersection des rues Châteauguay et Saint-Sauveur. Ils attendent le développement de la situation : le vendredi 28 août 1964, Le Soleil titrait dans son édition du soir «Vol à main armée à Saint-Sauveur». «Trois bandits masqués ont réussi un vol à main armée de 4000 $ [33 000 $ aujourd’hui] cet avant-midi». En plus du vol, cinq personnes ont été prises en otage. Autre que cet évènement extraordinaire, en 1964, le ministère de l’Éducation a été créé et la loi 16, qui met fin à l’incapacité juridique de la femme mariée, a été adoptée. C’est seulement un an plus tard que les femmes mariées ont pu ouvrir des comptes de banque seules.

D'hier à aujourd'hui

Coin des rues Saint-Joseph et Dorchester en 1969

En cette journée froide de 1969, plusieurs passants revêtent leur plus beau manteau et chapeau de fourrure pour aller au cinéma Le Pigalle, au coin des rues Saint-Joseph et Dorchester. À l’affiche : le film culte Blow-Up, qui a obtenu une Palme d’or du Festival de Cannes. Ce cinéma, qui était l’une des trois salles les plus fréquentées de Québec, a été abandonné à la fin des années 70. Le théâtre La Bordée a repris le flambeau en 2002. Pour ce qui est de la tabagie au 303 rue Saint-Joseph, ce commerce a conservé la même vocation depuis 50 ans. Sur le boulevard Charest, il était facile de contempler la haute-ville puisque l’imposant édifice où loge l’entreprise de jeux vidéos Beenox était encore bien loin d’être construit.

D'hier à aujourd'hui

L'église de la 8e avenue en 1960

Le couvent de Limoilou des Sœurs servantes du Saint-Coeur de Marie, sur la 8e avenue, en 1960. Au début des années 1900, les écoles de Limoilou sont surpeuplées. Plusieurs les jugent insalubres. En 1903, la construction du Couvent est accueillie comme une bouée de sauvetage. À une certaine époque, il est fréquenté par plus de 1000 élèves. Aujourd’hui, la piste cyclable a remplacé la procession des sœurs et des novices. Le couvent a fermé ses portes en 2007, mais l’édifice est toujours là. Un peu avant, son toit en mansarde avait fait l’objet d’une rénovation particulièrement hideuse, à peine cachée par les arbres. À côté, l’église Saint-Charles-de-Limoilou, fermée au culte depuis 2012, est devenue un espace communautaire très actif.

D'HIER À AUJOURD'HUI

Le terrain de l'Hôtel de ville en 1962

L’intersection de la rue Pierre-Olivier-Chauveau et de la Côte de la Fabrique, en 1962. Le terrain sur lequel a été bâti l’Hôtel de ville était considéré comme l’un des plus prestigieux de Québec. Au milieu des années 1870, on envisage même d’y construire le Parlement. Finalement, c’est plutôt le nouvel hôtel de ville qui est inauguré à cet endroit, en 1896. À l’arrière, la rue Pierre-Olivier-Chauveau n’existe pas encore. Elle ne sera ouverte qu’en 1898. Durant plusieurs années, un poste de taxis s’y installe. L’automobile n’est pas aussi répandue qu’aujourd’hui. Notez les affiches proposant des «tours de ville» en anglais. Les plaques d’immatriculation, encore obligatoires à l’avant des véhicules, ne proclament pas «La belle province» ou «Je me souviens».

D'hier à aujourd'hui

Le port de Québec en 1951

Pêche à l’éperlan, probablement sur l’actuel quai 102 du port de Québec, en 1951. Tous les ans, en octobre et en novembre, des milliers de pêcheurs d’éperlans s’entassent sur les quais, de la Pointe-à-Carcy jusqu’à l’anse au Foulon. Il y a foule, même la nuit! À certaines heures, on trouve même une cantine mobile pour ravitailler les affamés. Hélas, à partir des années 60, le petit poisson argenté connait un déclin spectaculaire. Les pêcheurs vont peu à peu disparaître. Aujourd’hui, l’éperlan est de retour, sans pour autant atteindre l’abondance des années 50. Ajoutons aussi que l’accès au fleuve n’est plus aussi généralisé. Exceptionnellement, la photo d’aujourd’hui n’a pas été prise au même endroit que celle de 1951. Elle montre le quai 106, un peu plus à l’ouest, dans le secteur de l’anse au Foulon. Une vue imprenable sur les silos qui campent désormais dans le paysage.

D'hier à aujourd'hui

L’avenue d’Estimauville, en 1969

L’avenue d’Estimauville, en 1969. Le secteur connaît alors une période de développement rapide, avec l’installation de plusieurs grands noms du commerce au détail. Ça ne durera pas. Dès les années 90, les commerces s’en vont et les environs se mettent à ressembler à une zone bombardée. Aujourd’hui, la construction de plusieurs édifices gouvernementaux et le début d’un écoquartier ont renversé la vapeur. Le meilleur semble à venir, même si le côté un peu massif des édifices n’inspirera pas beaucoup les poètes.

D'hier à aujourd'hui

La rue Saint-Jean en 1958

La rue Saint-Jean, dans le Faubourg Saint-Jean, en 1958. La rue s’impose alors comme la grande artère commerciale de la Haute-Ville, avec des boutiques très variées, incluant le populaire magasin de vêtements Sally (à gauche). Les centres commerciaux des banlieues n’ont pas encore vu le jour. Remarquez le nombre de commerces qui s’affichent en anglais. Royal Furs, Transcanada Shoe and company... Les deux hommes qui se promènent avec des seaux sont probablement des laveurs de vitrines. Sur le côté nord, les maisons anciennes seront ravagées par deux incendies, en 1966. Durant plus de 20 ans, elles feront place à un terrain vague, surnommé «le trou Beshro». La reconstruction attendra les années 90.

Justice et faits divers

Jonathan Falardeau-Laroche: de nombreux avertissements des collègues de travail

«Attends-tu de tuer quelqu’un avant d’arrêter de conduire?» Les collègues de travail de Jonathan Falardeau-Laroche, témoins de ses crises, ont été nombreux à lui recommander de cesser de prendre le volant. Y compris cinq jours avant l’accident fatal.

Jusqu’au moment de l’accident, le 10 août 2016, Jonathan Falardeau-Laroche travaillait dans un garage d’esthétique automobile à Lévis, propriété de son père. Trois de ses ex-collègues ont témoigné au procès vendredi après-midi.

Ils ont tous été témoins des brèves absences de leur jeune collègue, causées, selon ce qu’il leur en avait dit, par l’épilepsie. Ils savaient que Jonathan voyait un médecin.

Un jour, Alexandre Royer a trouvé Jonathan Falardeau-Laroche assis dans une flaque d’eau, le pistolet à pression encore à la main. Lorsqu’il est revenu à lui, au bout de quelques secondes, Jonathan Falardeau-Laroche a expliqué sa maladie à son collègue.

Parfois, les travailleurs ont vu leur collègue le regard fixe, la peau blême, tremblant. Ils se rappellent aussi l’avoir vu tanguer de gauche à droit. À une occasion, un collègue a dû le retenir de tomber pour éviter qu’il ne se cogne sur une machine à pression. Le jeune homme ne réalisait pas toujours qu’il venait d’avoir une crise, affirment les collègues.

Les travailleurs ont indiqué que dans les semaines précédant l’accident, la fréquence des crises de Jonathan Falardeau-Laroche avait augmenté. Ils ont relié ce phénomène à un changement de la médication du jeune homme.

Le vendredi précédent le 10 août, le jeune homme aurait eu deux absences en quelques heures. Ce jour-là, son collègue Stéphane Lavoie n’était plus d’accord pour que Falardeau-Laroche déplace les véhicules dans le garage. «Je voulais qu’il arrête de conduire avant qu’il arrive un accident, explique M. Lavoie. Je lui ai dit : “Attends-tu de tuer quelqu’un avant d’arrêter de conduire?”»

Éric Boulet a aussi souvent dit à son collègue d’aller se faire guérir avant de recommencer à conduire, pour sa sécurité et celle des autres automobilistes. «Il me disait que ce n’était pas de mes affaires et qu’il était capable de se contrôler, même au volant», témoigne M. Boulet.

Accident sur le pont Pierre-Laporte

Jonathan Falardeau-Laroche a déjà eu une absence au volant alors qu’il circulait sur le pont Pierre-Laporte, le 8 décembre 2015. Il a raconté à son collègue de travail Alexandre Royer que sa voiture s’est retrouvée renversée sur le toit et qu’il a eu besoin d’aide de deux personnes pour sortir du véhicule. «Il ne se souvenait pas comment c’est arrivé», témoigne M. Royer.

Au début de l’année 2016, Jonathan Falardeau-Laroche a refait un examen et consulté un médecin à la demande de la Société d’assurance automobile du Québec. Son permis était valide au moment de l’accident. Le procès se poursuit la semaine prochaine.

D'hier à aujourd'hui

La Maison et la Pavillon Leber en 1970

La Maison et le Pavillon Leber, vus de la place de Paris (autrefois place du Marché Finlay), en 1970. Les deux édifices ont été ravagés par un incendie. Il n’en reste plus grand-chose. Plus tard, on s’inspirera de leur ancêtre, un bâtiment de 1686, pour la reconstruction. Un boulet de 32 livres, vestige du bombardement de 1759, aurait été découvert durant les travaux. Plus près de nous, certains se souviendront que la Maison Leber a déjà abrité le populaire Café Pierrot, au 32, rue Saint-Pierre.

D'hier à aujourd'hui

La rue Henderson en 1941

La rue Henderson, en 1941. Selon l’historien Jean-François Caron, la rue avait été ouverte vers 1842 pour relier la rue Saint-Paul et le quai Orléans, en bordure de la rivière Saint-Charles. Plus tard, elle mènera à la gare de la «Montmorency Falls and Sainte-Anne-de-Beaupré», qui deviendra la gare Union, puis l’actuelle gare du Palais. À l’horizon, on aperçoit le pavillon d’Aiguillon de l’Hôtel-Dieu de Québec, qui sera détruit pour faire place à une tour de 14 étages, en 1955. La rue Henderson subsistera jusqu’en 1986. À sa place, on verra surgir les œuvres d’art et les chênes rouges de la place de la Gare, aujourd’hui la place Jean-Pelletier.

D'hier à aujourd'hui

La rue Sous-le-Fort, en 1970

La rue Sous-le-Fort, en 1970. La petite rue, d’abord surnommée rue des Roches, s’impose comme l’une des plus vieilles de Québec. Elle existe peut-être depuis 1620. Au fils des ans, son tracé avait fini par s’allonger jusqu’au fleuve. Mais à partir de 1975, les travaux visant à reconstituer la Batterie royale changent tout. Les bâtiments qui abritent l’hôtel Brochu et la taverne Lapointe sont démolis. La rue Sous-le-Fort est réduite. Les maisons du quartier sont reconstruites dans un style «canadien-français». Au bout de la rue, on aperçoit encore et toujours la maison de l’explorateur Louis-Jolliet, qui date de 1683. Maintes fois rénové, l’endroit permet d’accéder au funiculaire. 

Justice et faits divers

«Mon père vient d’essayer de tuer ma mère»

«Mon père vient d’essayer de tuer ma mère : dépêchez-vous!»

Au bout du fil avec le répartiteur du 9-1-1, un adolescent de 15 ans réclame des secours. Avec sang-froid, il répond aux questions pendant qu’on entend des cris de femme derrière lui.

Son père vient de poignarder sa mère à la tête. Le couteau avait une lame de 15 centimètres. La femme de 35 ans saigne abondamment.

Le garçon a tenté de désarmer son père puis a réussi à l’assommer avec des coups de pied. Sa jeune sœur, âgée de 12 ans, est aussi intervenue. Les deux jeunes ont eu des entailles superficielles aux doigts. Leur petit frère de neuf ans a assisté à la scène, mais n’a pas été blessé.

La mère part en ambulance pour l’hôpital, soigner une lacération à la tête et d’autres entailles aux mains et un traumatisme crânien.

Presque neuf mois après l’agression, le père, un homme de 46 ans que l’on ne peut nommer pour protéger l’identité des enfants, a plaidé coupable mercredi à des accusations de voies de fait armées et de voies de fait avec lésions sur son ex-femme et d’avoir causé des lésions corporelles à ses deux enfants. La Couronne n’avait pas porté d’accusation de tentative de meurtre.

Après avoir entendu la troublante histoire, le juge Pierre-L. Rousseau a condamné le père, détenu depuis l’équivalent de 12 mois, à une peine globale de 42 mois.

Victime de la guerre au Congo

L’avocat de défense Me Hugo Blanchette reconnaît la gravité des crimes commis. Si la dénonciation doit primer, le passé horrible de son client doit aussi peser dans la balance, soumet l’avocat, qui plaidait pour une peine de 18 mois.

Le père a émigré au Canada avec son épouse en 2004. Auparavant, il avait connu la guerre civile au Congo, avait assisté au viol collectif de sa mère et de ses sœurs et a vécu les horreurs des camps de réfugiés en Somalie.

C’est là qu’il a perdu sa première femme et son bébé et qu’il a rencontré celle qui allait devenir sa deuxième épouse et la mère de ses trois enfants.

L’homme souffrait de plusieurs chocs post-traumatiques à son arrivée au Canada, souligne son avocat, Il a obtenu de l’aide, mais pas assez. L’homme est devenu violent avec sa femme puis, en 2017, a été condamné à 12 mois de prison pour du leurre informatique. C’est à ce moment que le couple a éclaté pour de bon.

La procureure de la Couronne Me Lucie Tritz réclamait que l’auteur de l’agression purge une peine entre quatre et cinq ans de pénitencier.

Le soutien nécessaire

Les trois enfants et leur mère ont été lourdement affectés, plaide la procureure. En plus de la douleur physique, toujours présente, la mère a développé une véritable phobie des couteaux. Elle a perdu durant plusieurs mois son travail en entretien ménager.

Les enfants ont manqué des jours d’école et vécu beaucoup d’anxiété. «Je ne suis pas heureuse», répondra l’adolescente de 12 ans à une intervenante qui lui demande comment elle va.

La mère et les trois enfants ont depuis déménagé et vivent dans la crainte de revoir le père à sa sortie de prison.

Ce dernier n’a pas témoigné devant le tribunal. Il a fait dire par son avocat qu’il avait des regrets et aimait toujours ses enfants.

Le juge a spontanément demandé si la mère et ses enfants avaient «toute l’aide qu’ils méritent d’avoir». La procureure de la Couronne l’a rassuré, en pointant les amis et les intervenants sociaux qui entouraient les victimes.

D'hier à aujourd'hui

L'avenue Cartier en 1970

L’avenue Cartier, en 1970. Le secteur a encore des allures de quartier populaire, avec ses garages, ses bars et sa salle de cinéma à l’ancienne. À droite, on note le garage Cartier, qui sera démoli en 1984, pour faire place aux Halles Quartier. Aujourd’hui, l’avenue a été complètement transformée. Notez l’agrandissement des trottoirs, l’enfouissement des fils électriques et l’installation «d’abat-jours» géants proposant des œuvres d’artistes.

D'hier à aujourd'hui

La Maison Clouet en 1975

Démolition de la Maison Clouet, sur la rue Saint-Paul, en 1975. Le secteur est alors en perte de vitesse, même si les antiquaires et les galeries d’art ont commencé à s’y installer. On l’oublie aujourd’hui, mais la rue Saint-Paul n’a été «ouverte» qu’en 1816, grâce à des travaux de remblaiement. Auparavant, il n’y avait que les battures du fleuve, où des commerçants venaient échouer leur barque. Le développement des activités portuaires change tout. Les entrepôts se multiplient. La rue est éclairée au gaz dès 1849. De cette époque, il ne reste plus beaucoup de traces. L’une des dernières survivantes fut Renaud et cie, spécialisée dans la vente de vaisselle et d’articles de cuisine. L’entreprise est partie en 2014, après 169 ans de présence continue sur les lieux.

D'hier à aujourd'hui

La colline parlementaire en 1971

Le réaménagement de la colline Parlementaire, au printemps de 1971. La construction des édifices H et J, dont la forme rappelle vaguement un calorifère, n’est pas tout à fait terminée. Sur la Grande Allée, on aperçoit encore des maisons qui font face au Manège militaire. Elles seront bientôt démolies pour faire place au parc Grande Allée, que tout le monde surnomme Le Pigeonnier. L’endroit, qui forme un amphithéâtre naturel, sera rebaptisé parc de la Francophonie, en 1995. Tout près de l’Assemblée nationale, au centre de la photo, on remarque la maison Hearn, construite vers 1840. Elle avait servi de décor dans le film I Confess (La loi du silence), du cinéaste Alfre

D'hier à aujourd'hui

L'avenue Maguire en 1960

L’avenue Maguire, à Sillery, en 1960. À la fin du XIXe siècle, l’avenue était d’abord un raccourci pour rejoindre le cimetière du chemin Gomin, situé plus au nord. Mais très vite, des commerces s’y s’installent. Plus tard, les années 60 et 70 marquent l’apogée d’un certain commerce au détail. Les meubles, les «systèmes de son» et les électroménagers s’achètent sur place. La livraison est assurée par une impressionnante flotte de véhicules. Les affiches des commerces sont souvent en anglais, en partie pour «accommoder» la population anglophone. Oubliez le «Wi-Fi». À l’époque, on se contente du «Hi-Fi», pour «haute fidélité». Un réfrigérateur bas de gamme coûte environ 200 $. Une laveuse? 150 $. Le salaire moyen, lui, dépasse à peine 1670 $ par année.

D'hier à aujourd'hui

Le pain de sucre au pied de la chute Montmorency, en 1876

Le pain de sucre au pied de la chute Montmorency, en 1876. Dès le XVIIIe siècle, les habitants de Québec viennent y faire de la luge et du ski. La forme et la hauteur du cône varient considérablement d’une année à l’autre. Plus l’hiver est froid, plus les «embruns» dégagés par la chute se cristallisent et plus le pain de sucre devient spectaculaire.

D'hier à aujourd'hui

Glissage en luge à la Citadelle vers 1900

Glissade en luge à la Citadelle, vers 1900. Les «sportifs» terminent leur descente entre les bâtiments d’une ancienne ferme. Dès les années 1870, des voix réclament que l’on protège le secteur, véritable poumon vert de Québec. Mais l’aménagement du parc des Champs-de-Batailles ne commence vraiment qu’en 1912. Durant des années, on y trouve encore une usine, un champ de tir et même un terrain de golf. Les plans grandioses de l’architecte-paysagiste Frederick G. Todd, aussi créateur du parc du Mont-Royal, mettent plusieurs décennies à se réaliser.

D"hier à aujourd'hui

La course de tacots du Carnaval de Québec en 1961

La course de tacots du Carnaval de Québec, sur la côte Saint-Sacrement, en 1961. À l’époque, la course s’impose déjà comme l’une des activités favorites des carnavaleux. Selon les ans, elle a lieu sur la côte Saint-Sacrement, la côte d’Abraham ou la côte de la Fabrique. Dans son livre Le Carnaval de Québec, la grande fête de l’hiver, l’historien Jean Provencher raconte que la toute première course est même perturbée une foule trop enthousiaste. Ce soir-là, le 2 février 1959, des milliers de spectateurs surexcités franchissent les cordons de sécurité et envahissent la côte où se déroule l’épreuve. À défaut de pouvoir dégager la piste, il faut reporter la course au samedi suivant.

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La maison victorienne de la Grande Allée en 1968

Les maisons victoriennes de la Grande Allée, en face du parlement, en janvier 1968. Quelques mois plus tard, le gouvernement du Québec annonce leur démolition pour construire le Complexe H, alias le «bunker» ou le «calorifère». Peu de temps auparavant, l’administration du maire Gilles Lamontagne avait discrètement amendé son règlement de construction pour autoriser les édifices en hauteur dans le secteur. Au Parlement, l’opposition officielle dénonce un «crime contre la beauté de Québec». Mais le ministre des Travaux publics, Armand Russell, déclare que les maisons n’ont pas de caractère historique. «Je ne peux pas être plus Québécois que les organismes consultés sur cette question», conclut-il. Seule concession aux critiques, la taille du monstre sera réduite de quelques étages. En 2002, l’édifice a été rebaptisé «Jean-Talon». Mais comme disait le chanteur Serge Gainsbourg : «La laideur a ceci de supérieur à la beauté : elle dure».

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La côté de la Fabrique en 1900

La côte de la Fabrique, en 1900. Le tramway «électrifié» est encore une nouveauté. La première ligne a été inaugurée trois ans plus tôt, en juillet 1897. Jusque là, les véhicules étaient tirés par des chevaux. En hiver, on met un point d’honneur à poursuivre le service malgré le déneigement approximatif. Aujourd’hui, les bâtiments à l’arrière de la montagne de neige ont disparu pour ouvrir la rue Pierre-Olivier-Chauveau. Et les édifices en hauteur de l’Hôtel-Dieu sont apparus à l’horizon

D'hier à aujourd'hui

Le haut de la Côté d'Abraham en 1964

Le haut de la Côte d’Abraham (aujourd’hui l’avenue Honoré-Mercier), en 1964. On aperçoit plusieurs commerces, notamment la tabagie Italia, le comptoir lunch J. Andrews et une station-service Shell. En 1976, la construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency tranchera le secteur en deux. La maison Mère-Mallet, des Sœurs de la Charité, se retrouve soudain à l’avant-plan. La rue Richelieu, qui mène à l’Hôtel-Dieu, est interrompue par les voies rapides, réaménagées en 2001. À propos de la rue Richelieu, une légende du faubourg Saint-Jean-Baptiste veut qu’elle soit parallèle à la rue D’Aiguillon pour des raisons de «moralité publique». Les deux rues ne se «touchent» jamais pour démentir la rumeur voulant que le cardinal de Richelieu ait été l’amant de sa nièce, la duchesse d’Aiguillon.

D'hier à aujourd'hui

Le viaduc de l'autoroute 40 en 1975

Le viaduc de l’autoroute 40 qui surplombe la 3e avenue ouest, en avril 1975. Le 3 et le 4 avril, une énorme tempête a balayé l’est du continent. Quarante-trois centimètres de neige sont tombés sur la région de Québec. Deux morts. Des dizaines de milliers de foyers privés d’électricité. Les services de déneigement sont dépassés. Il faut plusieurs jours pour rétablir la circulation, à cause des nombreux véhicules abandonnés sur les routes. Souvent, ce sont les citoyens qui dégagent les véhicules ensevelis avec leurs pelles. Un chroniqueur du Soleil s’étonne qu’il faille «plus de 36 heures ou même 48 heures pour que les routes soient ouvertes après une tempête». Il accuse «l’incurie du gouvernement provincial» et la «trop grande prolifération des contracteurs privés».

D'hier à aujourd'hui

La Grande Allée Est en 1970

La Grande Allée Est, en 1970. Plusieurs maisons s’élèvent alors sur ce qui deviendra la rue des Parlementaires et le parc de la Francophonie. Ici, on aperçoit la maison Hearn, construite vers 1840. La luxueuse résidence a servi de décor dans le film I Confess (La loi du silence), du cinéaste Alfred Hitchcock, en 1952. Elle sera démolie en 1972.

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Soir d'hiver sur la rue St-Jean, 1965

La place D’Youville, vue de l’intérieur de la porte Saint-Jean, en 1965. On aperçoit le cinéma de Paris et le «Capitol» à l’anglaise. À gauche, on devine à peine l’Hôtel Montcalm, qui n’en a plus pour très longtemps. Il sera bientôt remplacé par l’énorme Édifice D’Youville. Au centre, on aperçoit les maisons de l’îlot d’Aiguillon, le futur «îlot Sauna». En 1999, malgré les objections des défenseurs du patrimoine, elles seront démolies pour faire place à l’actuel hôtel Royal Palace.