D'hier à aujourd'hui

Le monument de Champlain en 1910

Le monument de Samuel de Champlain, sur la terrasse Dufferin, en 1910. L’imposante statue, inaugurée en 1898, n’a pas fait l’unanimité. Pas tout de suite. On l’a d’abord comparée à un «gros mousquetaire triste».

À travers le kiosque, on aperçoit les silos à grains de la Great Northern Railway Company, aujourd’hui disparus. Cent huit ans plus tard, les constructions se sont multipliées sur les rives du fleuve. 

Les bateaux à vapeur ont été remplacés par des navires de croisière. Et la terrasse Dufferin semble plus animée. On prétend que deux millions de personnes y déambulent, chaque année. 

En comptant plusieurs fois certains habitués, bien entendu...

D'hier à aujourd'hui

La rue Saint-Jean en 1961

La rue Saint-Jean, à l’intérieur des murs, en 1961. L’Université Laval vient de quitter le Vieux-Québec, mais le «quartier latin» reste le préféré des étudiants. C’est l’âge d’or des boîtes à chanson.

À l’avant-plan, on remarque le restaurant À la Porte Saint-Jean, de l’incontournable Gérard Thibault. À l’étage, celui qu’on surnomme le roi du cabaret a installé une salle de spectacle, À la Page blanche. Dans l’immeuble d’à côté, il a aussi ouvert La Boîte aux chansons. 

À l’été 1960, un certain Gilles Vigneault y a fait ses débuts, avec des filets de pêche pour unique décor. Plus loin, le lecteur à la vue perçante remarquera la taverne Coloniale, aujourd’hui devenue le Pub Saint-Alexandre. 

Avec le recul, personne ne s’ennuie d’une rue Saint-Jean sur laquelle les voitures circulaient dans les deux sens. Mais les façades bien proprettes laissent deviner que la Bohème de Québec a changé de secteur.

Actualités

La caisse Desjardins sur Saint-Jean en 1976

La Caisse Desjardins de Québec, au 550, rue Saint-Jean, en 1976. À l’époque, l’architecture des caisses populaires frappait souvent par sa banalité. On disait que cela les distinguait du style «grandiose» des banques.

Dans les faits, on ne comptait plus les villes et les villages où l’immeuble de la Caisse jurait dans le paysage. Et l’établissement du quartier Saint-Jean-Baptiste n’échappait pas à la tradition. Au milieu des années 90, il a été complètement transformé. Aujourd’hui, quoi que l’on pense du résultat, il faut admettre qu’on pouvait difficilement faire pire que l’ancien carré de briques brunes et de taule gaufrée.

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Coin Saint-Vallier et Marie-de-l'Incarnation en 1955

L’intersection des rues Saint-Vallier Ouest et Marie-de-l’Incarnation, en 1955.

Au centre du paysage, l’église de Sainte-Angèle-de-Saint-Malo a connu des débuts mouvementés, quelques décennies plus tôt. En 1904, son clocher en construction s’est effondré, causant la mort d’une personne. On opte ensuite pour un «clocher-bulbe», complété en 1910. 

Même au milieu des années 50, on remarque que le cheval n’a pas complètement disparu dans le quartier. Sur la rue Saint-Vallier, on aperçoit encore les rails des tramways de la Quebec Railway Light & Power Company (QRL&PC), qui ont cessé leurs activités en 1948. Rappelons que les citoyens avaient rebaptisé la QRL&PC «quelle route lente & peu commode».

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Intersection Turnbull et René-Lévesque en 1963

L’intersection de la rue Turnbull et du boulevard René-Lévesque Est (anciennement Saint-Cyrille), en 1963.

Le «réaménagement» de la colline Parlementaire s’apprête à bulldozer le secteur. Tout le faubourg Saint-Louis va y passer. 

Des centaines de maisons seront détruites pour élargir les grandes artères et construire des édifices en hauteur. 

À droite, les maisons que l’on aperçoit le long du boulevard seront bientôt remplacées par le Grand Théâtre, inauguré en janvier 1971. 

Un peu plus loin, le parc de l’Amérique-Française sera aménagé en 1979. Seuls les édifices en brique rouge qui furent jadis l’hôpital Jeffery Hale ont survécu au raz-de-marée. 

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L’avenue Saint-Sacrement en 1941

L’avenue Saint-Sacrement, alors surnommée route Bell, en 1941.

Entre 1900 et 1940, la superficie de Québec a triplé. La population aussi. Pour le quartier Saint-Sacrement, le développement va s’accélérer à partir de la fin de la guerre, en 1945. 

À l’époque, le bas de ce que tout le monde appelle «la côte Saint-Sacrement» ressemble à une route de campagne, généralement fermée en hiver. 

Aujourd’hui, l’avenue est devenue un lien essentiel entre la haute et la basse ville, qui voit défiler chaque jour des milliers d’automobiles ainsi que plusieurs cyclistes courageux. 

Tout en haut, l’église du Très-Saint-Sacrement, construite en 1923, demeure le seul point de repère. L’hôpital Jeffery Hale, que l’on aperçoit à gauche, ne fait partie du paysage que depuis 1956. 

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Le boulevard Jean-Lesage, en 1966

Très vite, l’enlèvement des rails fait l’objet d’une lutte épique, menée par les citoyens et le bouillant curé de Saint-Roch, Raymond Lavoie, surnommé «Monseigneur Lavoie ferrée».

Plus tard, le secteur sera entièrement transformé avec la construction du palais de justice (1983) et du siège social de la Société de l’assurance automobile du Québec (1991). 

D’hier à aujourd’hui, la silhouette du Vieux-Québec est abîmée par la construction de l’immonde tour de l’Hôtel-Dieu, à la fin des années 50. 

Même Maurice Duplessis, qui n’avait pas la réputation d’être un tendre, en avait eu le cœur brisé.

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Le boulevard Guillaume-Couture en 1961

Le boulevard Guillaume-Couture, anciennement le boulevard de la Rive-Sud, en 1961.

À l’époque, le nouveau siège social de l’Assurance-vie Desjardins est construit dans ce qu’on présente comme un havre «de paix, d’harmonie et de beauté». 

Les mauvaises langues disent que le bâtiment se trouve plutôt au milieu de nulle part, sur les hauteurs de Lévis. Mais peu importe. 

Quelques décennies plus tard, l’endroit est devenu méconnaissable. Les bâtiments modernes de la Cité Desjardins de la coopération ont remplacé les champs. 

Tout le secteur s’est développé à une vitesse accélérée. Et la population de ce qui est aujourd’hui Lévis est passée de 47 000 à 145 000 habitants. 

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L’«ilôt Irving» en 1965

L’intersection des rues Saint-Jean, Philippe-Dorval et d’Aiguillon, connue sous le nom «d’îlot Irving», en 1965. 

Au XIXe siècle, l’endroit abritait des écuries, qui furent transformées en garage pour les wagons du tramway. 

L’imposant édifice sera démoli en 1935, pour faire place à une station-service. Plus tard, le terrain servira surtout de stationnement. 

En 2014, un immeuble de condos y surgit après d’âpres débats. Il s’ajoute à un paysage déjà transformé par la construction d’une caserne de pompier, en 1972, et par l’ajout d’un petit parc, la place du Faubourg, au début des années 90. 

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La rue Dalhousie en 1966

Le restaurant le Buffet, sur la rue Dalhousie, en 1966.

Notez l’énorme publicité maison qui vante le spaghetti «si délicieux». Il faut dire que le plat a été adopté par les familles québécoises depuis un certain temps. Selon l’historien Éric Bédard, la première fabrique de pâtes du Québec a vu le jour tout près de là, sur la rue Saint-Paul, en 1867. 

Le bâtiment du Buffet va disparaître quelques années plus tard, victime d’un des nombreux réaménagements des abords de la Traverse. Aujourd’hui, l’endroit semble un peu triste, avec ses murets de béton et sa barrière métallique.