Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

D'hier à aujourd'hui

La rue de l'Artillerie en 1945

La rue de l’Artillerie, aujourd’hui l’intersection du boulevard René-Lévesque et de l’avenue Honoré-Mercier, en 1945. Deux décennies plus tard, tout le secteur sera anéanti. 

Le «réaménagement de la colline Parlementaire», comme on le surnomme à l’époque, cause plus de destructions que les bombardements d’une guerre. Un vrai carnage. 

Entre 1960 et 1976, plus d’un millier de bâtiments sont rasés dans les faubourgs Saint-Louis et Saint-Jean-Baptiste. 

Dès 1965, on prolonge vers l’est l’ancêtre du boulevard René-Lévesque, le boulevard Saint-Cyrille. 

Puis à partir de la fin des années 60, plusieurs grands édifices font leur apparition, notamment Place Québec (1971) et le Complexe G (1972). 

Les travaux d’aménagement et de réaménagement se poursuivront durant presque trois décennies. 

Aujourd’hui, seul le toit de l’édifice Jean-Antoine-Panet (en haut, à gauche) permet de confirmer qu’il s’agit bien de la même ville. (Source : Société historique du Québec)

D'hier à aujourd'hui

La Grande Allée en face du Manège militaire en 1951

La Grande Allée, en face du Manège militaire, en 1951. À droite, on aperçoit la maison Harcourt-Smith, qui abrite alors l’École des arts domestiques. Vers 1942, l’établissement compte 25 «techniciennes» qui donnent notamment des cours de couture, de cuisine, de tissage, de crochetage, de tricot, de chapellerie et de broderie. Il joue un rôle clé dans la sauvegarde de l’artisanat populaire.

Hélas, son magnifique bâtiment sera démoli à la fin des années 60, pour construire le Complexe H, alias le calorifère. De l’autre côté de la Grande Allée, les maisons bourgeoises n’auront pas plus de chance. 

Elles seront rasées pour faire place au parc Grande Allée, que tout le monde appelle le Pigeonnier. Il devient ensuite le parc de la Francophonie, en 1995. 

Aujourd’hui, le secteur se trouve au coeur des activités du Carnaval du Québec et du Festival d’été. (Sources: Société historique de Québec et les Éditions Histoire Québec

D'hier à aujourd'hui

La côte du Palais en 1952

Sur la gauche, le pavillon D’Aiguillon, de l’Hôtel-Dieu, n’en a plus pour très longtemps. Deux ans plus tard, il sera démoli pour faire place à une tour de 14 étages qui va créer le scandale, au point d’accélérer le classement de l’arrondissement historique.

Notez les enseignes au néon et les publicités de cigarettes Sweet Caporal.

Au premier plan, on aperçoit un trottoir de bois, qui vient d’être déglacé. Un peu plus loin, au-dessus du comptoir-lunch Chez Donat, ne manquez pas le prix imbattable du Indoor Overnight Parking. Un dollar pour la nuit! L’équivalent de 9,50 $ en argent de 2020.

En face, devant l’Hôtel-Dieu, l’attelage est peut-être celui d’un livreur de glace. Aujourd’hui, l’Hôtel Victoria et l’Armée du Salut se trouvent encore sur les lieux. Mais il faut bien dire que le secteur a perdu ses allures de quartier populaire.

D'hier à aujourd'hui

L'édifice du journal l'Action catholique en 1963

Un kiosque de taxis devant l’édifice de l’Action sociale catholique, sur la rue Saint-Paul, en 1963. On y trouve notamment le siège du quotidien L’Action catholique, qui deviendra L’Action, puis Action-Québec, avant de disparaître.

À gauche, on aperçoit l’hôtel Château Champlain, dont la façade de style «Château» tente de s’harmoniser avec celle de la gare du Palais, juste en face. À l’horizon, l’agrandissement très hideux de l’Hôtel-Dieu fait déjà partie du paysage. Ce n’est qu’un début. Bientôt, l’autoroute Dufferin-Montmorency va trancher le quartier Saint-Roch en deux. Plusieurs milliers de personnes seront expropriées. 

Le secteur mettra beaucoup de temps à se remettre. Aujourd’hui, l’ancien édifice de l’Action catholique abrite des logements et des commerces. L’hôtel a fait place à la Maison Lauberivière, un refuge pour les itinérants. L’église Notre-Dame-de-la-Paix (à droite) a été reconvertie en «condos». Et il faut toujours beaucoup d’imagination pour donner vie au no man’s land créé sous l’autoroute...

D'hier à aujourd'hui

La Grande Allée en 1905

La Grande Allée, vue de la porte Saint-Louis, lors des funérailles du lieutenant-colonel Charles Edward Montizambert, en 1905. Depuis l’inauguration du Parlement, en 1886, la Grande Allée est devenue la «voie la plus prestigieuse de Québec».

La bourgeoisie s’y fait construire de magnifiques demeures. La Ville de Québec multiplie les travaux d’embellissement, notamment la plantation d’arbres. Un peu en retrait, sur la gauche, on devine le Pavillon des patineurs, construit en 1891.

 Il s’agit du domicile des Bulldogs de Québec, qui remporteront deux fois la Coupe Stanley. Aujourd’hui, les maisons élégantes ont fait place aux édifices H et J, alias le «calorifère», pour les intimes. 

L’ancien ministre Pierre Laporte en parlera comme «d’un crime contre la beauté de Québec». Pour la petite histoire, notons que la patinoire des Bulldogs a été détruite par un incendie, en 1918. Elle est remplacée par l’avenue George-VI, bordée par la Croix du Sacrifice. 

D'hier à aujourd'hui

Le boulevard Laurier en 1973

Le boulevard Laurier, à la hauteur de l’avenue de Germain-des-Prés, en 1973. Inauguré en 1961, le centre commercial Place Laurier a été construit (en partie) sur les terrains du premier aéroport de Québec.

Notez les enseignes de commerces disparus, comme Le Syndicat et les supermarchés Dominion. Quelques années plus tard, la gare d’autobus de Sainte-Foy s’installera à cet endroit. En face, le long du boulevard Laurier, on aperçoit le Centre hospitalier de l’Université Laval, qui fut d’abord un hôpital pour les anciens combattants. Aujourd’hui, les immeubles se sont multipliés, mais le paysage est encore dominé par les stationnements. Les lecteurs désœuvrés peuvent s’amuser à compter plus de 150 voitures, sur la photo. j

D'hier à aujourd'hui

La rue Sainte-Thérèse en 1965

La rue Sainte-Thérèse, entre les rues Saint-Sauveur et Saint-Luc, en 1965. À partir de 1957, plusieurs résidents y construisent des «monuments» de neige devant leur maison. La «Sainte-Thérèse» s’impose alors comme le cœur populaire de la fête.

On la surnomme d’ailleurs «la rue du carnaval». Au fil des ans, les fêtards ont droit à des promenades en carriole, au déjeuner western offert par le Stampede de Calgary et à une glissade poétiquement surnommée «l’Use culotte». Sans oublier la «Voûte chez Ti-Père», une buvette située au 579, la maison de Lionel Faucher, une légende locale. Plusieurs célébrités viennent y prendre un verre de caribou, notamment Pierre Elliot Trudeau, René Lévesque et la princesse Grace de Monaco. Hélas, les activités carnavalesques vont déserter la rue Sainte-Thérèse au début des années 90. Plus tard, en 2006, la rue est rebaptisée Raoul-Jobin, en l’honneur d’un célèbre ténor québécois.

D'hier à ajourd'hui

La porte Saint-Jean pour le Carnaval en 1958

La porte Saint-Jean, décorée pour le 4e Carnaval de Québec, en 1958. Le Palais de glace est alors installé à place D’Youville. Parmi les activités aujourd’hui disparues, signalons un bal costumé pour les enfants. À l’époque, le Carnaval se termine le jour du Mardi gras.

En 1958, il se conclut par un feu d’artifice et un grand bal populaire, devant le Palais de Bonhomme. «À minuit pile», Le Soleil raconte que le roi de la fête a fait ses adieux à la foule, du haut de la porte Saint-Jean. 

Pour la petite histoire, signalons qu’une importante tempête de neige (35 centimètres) a perturbé la fête, le samedi 8 février. Durant les jours suivants, la Ville se vante de pouvoir compter sur 300 véhicules pour ses opérations de déneigement. Avec le recul, le chiffre fait sourire. En 2020, on en dénombre plus de 1 300. 

D'hier à aujourd'hui

Course d'automobiles du Carnaval en 1965

Course d’automobiles sur les plaines d’Abraham, durant le Carnaval de Québec, en 1965. Cette année-là, le Carnaval se targue de prendre... un nouveau départ.

Ça ne sera pas le dernier! Il paraît que les vieux quartiers sont en effervescence. Les fêtards peuvent entendre Ti-Gus et Ti-Mousse à la Porte Saint-Jean, les Jérolas au Coronet et les Beatlettes canadiennes — une version féminine des Beatles — au Baril d’Huîtres. Le 1er mars, la parade de nuit est particulièrement mouvementée. 

La police procède à une centaine d’arrestations. Elle doit aussi composer avec des dizaines de petits accidents de la circulation, peut-être à cause du nombre de conducteurs éméchés. Des voleurs tentent même de profiter du brouhaha pour faire main basse sur des millions $ à la Brink’s Express of Canada, sur la rue du Pont, dans la Basse-Ville. 

Aujourd’hui, l’édifice de la Réserve navale du Canada (au premier plan) est devenu le Musée des plaines d’Abraham. Et depuis la fin des années 1990, le Festival d’été installe sa scène principale tout près.

D'hier à aujourd'hui

La rue du Petit-Champlain et l’escalier Casse-Cou en 1972

La rue du Petit-Champlain et l’escalier Casse-Cou, en 1972. La rue existait déjà en 1688, sous le nom de rue des Meulles. À l’époque, il semble qu’on avait construit des marches à l’endroit où se trouve aujourd’hui l’escalier.

À partir des années 1830, la rue devient l’une des plus pauvres de la ville. Beaucoup de familles irlandaises s’y entassent dans des logements insalubres. Durant les années 1960, le secteur apparaît si délabré que la Ville songe à tout raser pour faire… un stationnement. 

La rue sera sauvée par une poignée de gens visionnaires. En 2014, elle a été consacrée «la rue plus remarquable du Canada» par l’Institut canadien des urbanistes. Elle figure aussi parmi les 25 plus belles rues au monde, selon le magazine Architectural Digest. 

Un seul bémol, les enfants ont fait place aux touristes. Ces dernières années, plusieurs visiteurs d’Asie veulent y voir la porte de secours rouge du théâtre Petit Champlain, immortalisée dans une scène de la série culte sud-coréenne Goblin: The Lonely and Great God

D'hier à aujourd'hui

La rue de la Croix-Rouge en 1971

Le croisement des rues de la Croix-Rouge et de la Pointe-aux-Lièvres, en janvier 1971. Pour la petite histoire, notons que l’entreprise Dorchester Radio Télévision se spécialise dans les radios d’autos.

Quelques mois plus tard, la Ville de Québec fait démolir ses bâtiments, jugés «vétustes et disgracieux». On veut compléter le réaménagement de ce qu’on appelle alors le «boulevard Laurentien». 

La passerelle Adrien-Pouliot est inaugurée en 1984 afin de permettre aux malheureux piétons de survivre à la traversée de la voie rapide. Aujourd’hui, d’autres changements sont annoncés. 

L’autoroute Laurentienne doit être transformée en «boulevard urbain». La passerelle pourrait être démolie. On prévoit aussi l’installation d’un des quatre «pôles d’échanges» (terminus) du nouveau système de transport en commun. 

Source : monsaintroch.com

D'hier à aujourd'hui

Le croisement Dorchester/Saint-Vallier Est en 1959

Le croisement des rues Dorchester et Saint-Vallier Est, en 1959. Au premier plan, on aperçoit l’ancien édifice de la W.A. Marsh Shoe Manufacturing, qui fut l’une des grandes fabriques de chaussures de Québec.

À droite, on remarque le stationnement du magasin Paquet. À gauche, on devine le bâtiment de la «manufacture» Marois, un autre témoin de l’époque où l’industrie de la chaussure représentait 40 % des emplois industriels de Québec. 

Quelques années plus tard, plusieurs édifices du secteur sont démolis pour faire place aux bretelles d’une autoroute qui doit longer la falaise, en direction de Sainte-Foy. L’autoroute n’a jamais vu le jour. Et depuis, l’intersection est utilisée comme stationnement à ciel ouvert. De quoi donner des cauchemars à l’urbaniste le plus blasé.

D'hier à aujourd'hui

Le Mail Saint-Roch en 1983

Le magasin Laliberté couvert par le «Mail Saint-Roch» de la rue Saint-Joseph, en 1983. Il y a 19 ans débutait la première phase de démolition du toit, en avril 2000, entre les rues du Pont et de la Couronne.

Les 150 derniers mètres ont été démantelés sept ans plus tard. Dans les années 50, les consommateurs venaient de loin pour faire les magasins sur Saint-Joseph, notamment pour le Laliberté, campé au coin de la rue de la Chapelle depuis 1881, mais inauguré quelques semaines avant la signature de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867. 

Vers la fin des années 60 toutefois, la rue est désertée. Pour «sauver le quartier», puis rivaliser avec les centres commerciaux des villes de banlieue, le toit du nouveau Mail Centre-Ville est installé en 1974. 

Les gens y circulent; il est ouvert toute la nuit pour les résidants de la rue; l’endroit sert de refuge. L’«utopie» du centre commercial aura plutôt mené à la corrosion de l’artère. 

D'hier à aujourd'hui

L’intersection Cartier et Saint-Cyrille en 1952

L’intersection de l’avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque Ouest (alors Saint-Cyrille), en 1952. Remarquez les trottoirs, plus larges que ceux d’aujourd’hui. La voiture n’est pas encore totalement reine.

Plus tard, en 2014, le garage Esso fait place à l’édifice Le George-Étienne, mais pas avant qu’un référendum citoyen n’ait abaissé sa hauteur de six à quatre étages. Une placette, nommée en l’honneur du commentateur sportif Richard Garneau, est ensuite aménagée. 

Au loin, l’édifice Place de la Capitale, dans le plus pur style brutaliste, a surgi en 1974.

D'hier à aujourd'hui

La rue Champlain en 1935

Le transport de la glace, sur la rue Champlain, dans le quartier Cap-Blanc, en 1935. La glace est coupée dans le fleuve, avant d’être livrée en traîneau à travers la ville.

Même si le premier réfrigérateur domestique a été fabriqué en 1913, son usage n’est pas encore très répandu. La grande crise économique des années 30 force beaucoup de familles à limiter les dépenses. Vers 1940, dans le catalogue Eaton, une glacière coûte entre 21 $ et 34 $. Un frigo? Entre 149 $ et 169 $. 

Cela représente cinq ou six mois de salaire. Dans ces conditions, l’industrie de la glace va survivre jusqu’à la fin des années 50, avant d’être définitivement supplantée par le réfrigérateur. Notez la rareté des grands arbres sur la falaise, par rapport à aujourd’hui. Les gens du coin s’en servaient probablement pour le chauffage… 

Source : Yves Bergeron, L’exploitation de la glace naturelle au Québec [...], mémoire de maîtrise en ethnologie, Université Laval, 1984. Jean-Simon Gagné

D'hier à aujourd'hui

La rue du quai Saint-André en 1974

Le quai Saint-André (anciennement rue Saint André ) et le Bassin Louise, en 1974. À l’époque, le secteur vit des heures sombres. Une partie du Bassin Louise a été rempli avec la terre et la roche extraites sur le chantier du Complexe G, dans la Haute-ville.

Quelques silos à ciment complètent le paysage. Le bassin sera restauré en 1984, pour la visite des grands voiliers et l’été «Mer et Monde». L’arrivée du Marché du Vieux-Port suivra, en 1987. Trente ans plus tard, l’endroit se cherche un second souffle. Dans le coin gauche, la Société des gens de baignade propose de transformer les lieux en parc nautique où la population pourrait se baigner. Dans le coin droit, le Port de Québec veut construire un «quartier» de 250 millions $ à la tête du Bassin. En attendant, le Pavillon d’Espace 400e (à droite) deviendra un centre d’accueil touristique, après des années de très grande solitude.

D'hier à aujourd'hui

La rue Dalhousie en 1958

L’ancienne place du marché Champlain, en 1958. Après la démolition de l’édifice des Halles, en 1910, l’endroit est devenu un terrain plus ou moins vague, que les nombreux enfants du quartier ont adopté. L’été, quelques balançoires sont installées.

L’hiver, on y aménage une patinoire. Le Québec est jeune. Les enfants de moins de 10 ans constituent presque 30 % de la population. Notez les chandails des As de Québec (vert et rouge) portés par plusieurs jeunes hockeyeurs. 

L’année précédente, les As ont remporté le trophée Edinburgh, qui couronne la meilleure équipe de hockey semi-professionnelle du Canada, au terme d’une série 5 de 9. 

Les Canadiens de Montréal sont aussi au sommet de leur gloire. 

De 1955 à 1960, ils remportent la Coupe Stanley cinq fois d’affilée. Un record jamais égalé. Mais trêve de nostalgie. 

Aujourd’hui, sur l’ancienne place, la végétation est plus présente, mais une partie de l’espace est occupée par un... stationnement.

Justice et faits divers

Amende record pour CFG Construction

À faute lourde, amende pesante. La Cour du Québec impose une amende record de 345 000 $ à l’entreprise CFG Construction, coupable de négligence criminelle ayant causé la mort d’un camionneur en septembre 2012.

Le 11 septembre 2012, le camionneur Albert Paradis est envoyé par son employeur chercher des rebuts d’acier dans un chemin forestier du chantier du parc éolien de la Seigneurie de Beaupré. Il a comme consigne de charger le conteneur de son camion au maximum de sa capacité.

Les freins du vieux camion Volvo fonctionnent à 53 % de leur capacité et le système de freinage n’a pas moins de défectuosités majeures. L’insouciance du mécanicien et du dirigeant du garage de CFG Construction est à blâmer, tranchera la juge Hélène Bouillon.

Le camion va se renverser dans une courbe et sera retrouvé au bas d’une pente. Albert Paradis, 50 ans, père de trois enfants, meurt seul, à côté de son poids lourd.

Les dirigeants de l’entreprise CFG Construction ont laissé Paradis conduire un camion vétuste dont ils savaient les freins déficients, conclut le tribunal.

Ils méritent aujourd’hui une peine significative pour punir un comportement «qui a porté atteinte aux valeurs de notre société et notamment celles entourant la santé et la sécurité du travail», écrit la juge Bouillon. La peine doit de plus «envoyer un message clair à toute entreprise qui serait tentée d’adopter cette même conduite», ajoute-t-elle.

Le Code criminel prévoit que l’amende est la seule peine pouvant être imposée à une organisation reconnue coupable d’une infraction criminelle.

Pour cette négligence criminelle qui s’est étalée sur plusieurs mois, la Couronne réclamait une amende de 500 000 $, du jamais-vu au Québec.

La défense soutenait qu’en raison de sa faible capacité financière, CFG Construction devrait se voir imposer une amende 10 fois moindre, soit 50 000 $.

La juge Bouillon a choisi d’imposer une amende globale de 345 000 $ qui sera payable sur quatre ans.

CFG a tiré profit de sa négligence, rappelle la juge Bouillon, car les sommes qui auraient dû être investies dans l’entretien et la réparation du camion «ont clairement constitué un avantage pour CFG Construction, soit celui de se sortir au plus vite de son impasse économique et de son insolvabilité».

Risque de récidive

Depuis 2012, CFG a été condamnée à de nombreuses reprises pour des infractions à divers règlements et au Code de la sécurité routière. Sa licence d’entrepreneur en construction a été suspendue durant un mois en 2018.

«Une entreprise avertie à répétition par les autorités compétentes et par les tribunaux, qui n’apporte pas de changements significatifs à ses comportements répréhensibles et dangereux, compromet la sécurité sociale», écrit la juge Bouillon, ajoutant que la réhabilitation de l’entreprise est loin d’être acquise et que le risque de récidive est toujours présent.

Exceptionnelle probation

Le nombre d’infractions de toutes sortes démontre que les faibles mesures mises en place par l’entreprise ne sont pas suffisantes pour assurer la sécurité des 60 travailleurs à temps plein et 250 employés occasionnels sans compter celle du public.

C’est pour cette raison que la juge Hélène Bouillon a choisi de mettre CFG Construction en probation durant trois ans, mesure inusitée dans le monde des entreprises.

CFG devra embaucher un consultant externe qui évaluera la situation et proposera des correctifs.

L’entreprise devra notamment donner une formation annuelle à ses employés sur la conduite de véhicule lourd et fournir aux autorités une copie du rapport annuel d’inspection de la SAAQ.

CFG Construction a interjeté appel de sa condamnation en Cour du Québec.

L’entreprise devra verser au total près de 200 000 $ à la CNESST pour le décès de son travailleur, dont 120 000 $ ont déjà été remis à la veuve d’Albert Paradis.

La compagnie s’expose aussi à des amendes de 83 000 $ selon l’évolution du dossier pour les accusations pénales.

Plus de sept ans après le décès de son mari, Sylvie Dionne était de nouveau de retour dans une salle de cour, pas très loin de Franky Glode, le patron d’Albert Paradis.

En parallèle à la preuve froide et technique, la juge Bouillon a retenu beaucoup de choses du témoignage de la veuve et de ses trois enfants, lors des représentations sur la peine. «La présence d’une douleur qui transperce la peau, la perte de la paix de l’âme, un vide immense, une rage indescriptible, un ouragan subi de plein fouet et la sensation de basculer dans le vide», résume la juge.

D'hier à aujourd'hui

Le boulevard Charest Est en 1972

L’intersection de la rue de Couronne et du boulevard Charest Est, en 1972. Dans Saint-Roch, l’ère des grands magasins à rayons tire à sa fin. La concurrence des centres commerciaux de la banlieue est féroce.

La construction d’un toit sur une partie de la rue Saint-Joseph, baptisé le «Mail Saint-Roch», n’y changera rien. Le magasin Pollack sera le premier à sombrer, en 1978. Le Syndicat et Paquet suivront, en 1981. Le quartier traverse une période noire. Entre 1941 et 1971, la population passe de 20 000 à 6000 habitants. 

En 1971, plus de 320 logements sont démolis pour construire l’autoroute Dufferin. Aujourd’hui, le secteur a été complètement transformé, mais la structure de l’enseigne «Paquet» est toujours là, comme un fantôme. Les bureaux actuels du Soleil se trouvent dans l’ancien édifice du Syndicat. 

De tous les grands magasins, seul Laliberté a survécu jusqu’à nos jours. Il fête cette année ses 152 ans. 

D'hier à aujourd'hui

Saint-Vincent de Paul en 1982

Le croisement de la côte d’Abraham et de l’avenue Honoré-Mercier, en 1982. À l’époque, le béton triomphe. Les routes semblent dessinées par un fanatique des pistes de course Hot Wheels.

Tout est pensé et construit pour le bonheur de la voiture. Pour elle, on a même construit deux bretelles d’autoroutes qui aboutissent dans la falaise, en attendant un tunnel qui ne verra jamais le jour! À droite, la rivière Saint-Charles est encore enfermée dans le béton. 

«Comme une folle ligotée sur son lit», dira un urbaniste. À gauche, au bas de la côte d’Abraham, on aperçoit le vaste terrain vague qui deviendra le jardin de Saint-Roch, en 1993. On voulait y faire passer les bretelles d’une autre autoroute. 

Aujourd’hui, la vue s’est complètement transformée. L’avenue Honoré-Mercier a été rendue plus «conviviale», à partir de 2002. Au premier plan, on aperçoit le vaste espace vide créé par la démolition précipitée de l’église et du patro Saint-Vincent de Paul, en 2006. À chaque époque son terrain vague, en plein centre de la ville…

D'hier à aujourd'hui

L'entrée sud du pont de Québec vers 1952

L’entrée sud du pont de Québec, probablement en 1952. Inauguré en 1917, le pont est d’abord réservé aux trains. Il faut attendre la fin de 1929 pour qu’un espace carrossable soit aménagé entre deux voies ferrées. En 1932, la traversée coûte 50 ¢ pour une voiture [9,20 $ en argent de 2019].

Durant l’été, environ un millier d’automobiles le traversent chaque jour. Mais la route est étroite. Si étroite, que deux gros véhicules ne peuvent pas s’y croiser. 

Chaque fois qu’un camion ou qu’un autobus se présente, il faut arrêter la circulation en sens inverse. 

Pour résoudre le problème, le gouvernement du Québec envisage brièvement la construction de deux voies supplémentaires AU-DESSUS de celles qui existent! Finalement, ce projet «aérien» n’aboutit pas. Le péage sur le pont est aboli dès le 1er avril 1942. 

Mais c’est seulement en 1952 que l’on complète enfin l’élargissement de l’espace carrossable et le démantèlement de l’une des voies ferrées. 

Beaucoup plus tard, en 1991, la route est partagée en trois voies. (Source : Michel L’Hébreux, Le pont de Québec, Septentrion, 2008) 

D'hier à aujourd'hui

La route de l'aéroport vers 1940

La route de l’Aéroport, non loin de l’intersection du boulevard Wilfrid-Hamel, dans les années 40. «L’aérodrome de Québec» a vu le jour en 1941, durant la Deuxième Guerre mondiale.

Jusque-là, une piste d’atterrissage était aménagée près de l’emplacement actuel des centres commerciaux du boulevard Laurier. Signalons que Wilfrid Hamel voit une portion de boulevard baptisé en son honneur dès 1943, dans l’ancienne ville de Vanier. Monsieur est alors député d’une circonscription de Québec (Saint-Sauveur) et ministre des Terres et Forêts. Les autres segments prendront son nom au début des années 60, alors qu’il est maire de... Québec. À l’époque, tout le secteur est transformé par le développement rapide des banlieues. La population de L’Ancienne-Lorette va tripler, de 1961 à 1976. De nombreux commerces et services achèvent alors de chambouler le paysage, qui n’a plus rien de bucolique. (Source : Ville de L’Ancienne-Lorette).

D'hier à aujourd'hui

Les plaines d'Abraham vers 1900

Les plaines d’Abraham, vers 1900. Au premier plan, on aperçoit une partie des installations de la Cartoucherie de Québec, qui produit des munitions pour l’armée. Les Plaines font alors l’objet de bien des convoitises. Plusieurs projets immobiliers veulent y voir le jour.

À la fin, c’est l’idée d’un parc public qui s’impose. En 1901, le gouvernement fédéral achète le terrain des Ursulines pour la somme de 80 000 $ [plus de 2 millions $ en argent de 2019]. La création du parc n’empêchera pas les bâtiments de la Cartoucherie de trainer dans le paysage durant des décennies. Ni les membres du Quebec Golf Club de continuer à jouer sur les Plaines, jusqu’en 1915. Malgré les protestations de citoyens, on construit même une usine de fusil, la Ross Rifle Factory, en 1902. Aujourd’hui, les bâtiments ont disparu, à l’exception de la tour Martello, cachée par les arbres, à l’horizon. Et le secteur accueille la grande scène du Festival d’été. (Source : Jacques Mathieu, Les plaines d’Abraham : le culte de l’idéal, Septentrion, 1993.)

D'hier à aujourd'hui

Les rues du Fort et de Buade vers 1870

Le coin des rues du Fort et de Buade, vers 1870. À gauche, on aperçoit le bureau de poste de la Haute-Ville, situé dans une énorme maison qui date du régime français. Au-dessus de la porte, on remarque le bas-relief d’un mystérieux chien doré, qui ronge un os. Il est à l’origine du roman The Golden Dog (1877) et de légendes reliées à l’assassinat du propriétaire de la maison. Notez le réverbère au gaz, juste à côté. L’électricité ne sera présentée au monde qu’en 1878, lors de l’exposition universelle de Paris. À l’avant-plan, on ne peut pas rater la pharmacie «Chemists John Musson & Co». Selon les publicités de l’époque, on y vend des médicaments, des parfums, des bulbes de fleur, de l’eau gazéifiée, de la bière de gingembre et de la glace. Dès 1872, tout le périmètre fait place à un nouvel édifice des Postes. Sur sa façade, on conserve le célèbre bas-relief du chien, qui remonte peut-être à 1688. En son honneur, le prolongement de la rue de Buade est renommé «passage du Chien-d’Or», en 1996. Les chapeaux haut de forme et les fiacres y sont devenus un peu plus rares..

D'hier à aujourd'hui

La Pointe-à-Carcy en 1965

Le Vieux-Port de Québec, en 1965. À l’époque, l’endroit semble un peu délaissé. Une partie des activités portuaires se sont déplacées vers l’est, avec la construction de plusieurs quais. Il faut attendre l’été «Mer et Monde», en 1984, pour que le secteur connaisse une seconde vie. On rénove l’édifice des douanes, avec ses imposantes colonnes. On aménage un lieu de spectacle (l’Agora), sur l’ancien bassin. On construit l’énorme édifice des Terrasses du Vieux-Port, aussi intégré à son environnement qu’un gros thon parachuté dans le désert. Plus tard, on ajoute un musée naval et une piste cyclable. Aujourd’hui, après des années de transformation, le «nouveau» Vieux-Port accueille aussi les grands navires de croisières, principalement durant l’automne.

D'hier à aujourd'hui

Le boulevard des Capucins en 1971

Ce que les autoroutes ont poussé en un quart de siècle! La construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency au-dessus du boulevard des Capucins dans Limoilou en est un bon exemple. On voit ici les premiers balbutiements de la construction de l’imposante structure en 1971.

D'hier à aujourd'hui

Le camp militaire de Lauzon vers 1930

Le camp militaire de Lauzon, vers 1930. La présence de militaires sur les lieux remonte au Régime français. Mais les bâtiments se multiplient à partir des années 1860. Ils servent à loger la main d’œuvre qui construit les ouvrages fortifiés dans le secteur. De nombreux soldats y stationnent aussi durant les deux guerres mondiales. Aujourd’hui, au coin des rues Louis Philippe Guay et de la Lande, le Parc des ingénieurs royaux rappelle le chantiers des fortifications. Tout près, le Parc de la Paix est situé sur le site d’un ancien terrain d’entrainement de la milice française. Un peu à l’ouest, on trouve le lieu historique des Forts-de-Lévis, protégé depuis 1920. Les grues du chantier Davie font désormais partie du paysage.

D'hier à aujourd'hui

L'ancien YMCA de Québec en 1944

L’ancien édifice du YMCA de Québec, en 1944. À l’arrière, on remarque le pavillon des sports, construit en 1897. Il abrite un gymnase, des allées de quilles et la première piscine intérieure de la ville. Juste en face, au coin des rues Saint-Jean et D’Youville, on aperçoit l’un des bâtiments qui seront démolis à la fin des années 1990 pour faire place à un hôtel. Aujourd’hui, la façade de l’ancien YMCA a été intégrée au Diamant, le nouveau théâtre de Robert Lepage. Le long de la rue Saint-Jean, les promeneurs peuvent encore y admirer une bible de pierre, un lion et une licorne enchainée.

D'hier à aujourd'hui

La côte de la Montagne en 1896

Un grand prix cycliste sur la côte de la Montagne, le 1er juillet 1896. La course fait partie de la 14e convention annuelle de la «Canadian Wheelmen’s Association», qui dure une semaine. Le programme de l’événement comprend notamment un grand concert de musique classique et des feux d’artifice. Pour l’occasion, les gens ont mis leurs habits du dimanche. À l’imprimerie Darveau, les employés ont interrompu le travail, pour observer les cyclistes. La côte est alors un lien essentiel entre les entrepôts de la Basse-Ville et les marchands de la Haute-Ville. Jusqu’en 1866, elle portait d’ailleurs le nom de «côte de la Basse-Ville». À la fin des années 1890, on y trouve aussi plusieurs hôtels, qui répondent au besoin d’un tourisme en plein essor. Mais oublions un instant le passé. Cent vingt-trois ans plus tard, le 13 septembre 2019, les cyclistes étaient de retour! Et encore une fois, l’ascension de la côte n’avait rien d’une sinécure

D'hier à aujourd'hui

Coin Saint-Vallier Ouest et Marie-de-l'Incarnation en 1947

Le coin des rues Saint-Vallier Ouest et Marie-de-l’Incarnation, en 1947. La ligne de tramway «de la basse-ville» relie alors le secteur de l’ancien marché Finlay au parc industriel de Saint-Malo. Elle suit principalement le tracé sinueux de la rue Saint-Vallier. Notez l’omniprésence des publicités de cigarettes. Sans oublier les anciens pavés qui coexistent avec une mince couche d’asphalte. Le tramway est disparu dès l’année suivante. Plus tard, l’élargissement de la rue Marie-de-l’Incarnation fait disparaitre quelques maisons. Aujourd’hui, pour reprendre un mot très à la mode, le secteur gagnerait être un peu plus «convivial».