D'HIER À AUJOURD'HUI

Le terrain de l'Hôtel de ville en 1962

L’intersection de la rue Pierre-Olivier-Chauveau et de la Côte de la Fabrique, en 1962. Le terrain sur lequel a été bâti l’Hôtel de ville était considéré comme l’un des plus prestigieux de Québec. Au milieu des années 1870, on envisage même d’y construire le Parlement. Finalement, c’est plutôt le nouvel hôtel de ville qui est inauguré à cet endroit, en 1896. À l’arrière, la rue Pierre-Olivier-Chauveau n’existe pas encore. Elle ne sera ouverte qu’en 1898. Durant plusieurs années, un poste de taxis s’y installe. L’automobile n’est pas aussi répandue qu’aujourd’hui. Notez les affiches proposant des «tours de ville» en anglais. Les plaques d’immatriculation, encore obligatoires à l’avant des véhicules, ne proclament pas «La belle province» ou «Je me souviens».

D'hier à aujourd'hui

Le port de Québec en 1951

Pêche à l’éperlan, probablement sur l’actuel quai 102 du port de Québec, en 1951. Tous les ans, en octobre et en novembre, des milliers de pêcheurs d’éperlans s’entassent sur les quais, de la Pointe-à-Carcy jusqu’à l’anse au Foulon. Il y a foule, même la nuit! À certaines heures, on trouve même une cantine mobile pour ravitailler les affamés. Hélas, à partir des années 60, le petit poisson argenté connait un déclin spectaculaire. Les pêcheurs vont peu à peu disparaître. Aujourd’hui, l’éperlan est de retour, sans pour autant atteindre l’abondance des années 50. Ajoutons aussi que l’accès au fleuve n’est plus aussi généralisé. Exceptionnellement, la photo d’aujourd’hui n’a pas été prise au même endroit que celle de 1951. Elle montre le quai 106, un peu plus à l’ouest, dans le secteur de l’anse au Foulon. Une vue imprenable sur les silos qui campent désormais dans le paysage.

D'hier à aujourd'hui

L’avenue d’Estimauville, en 1969

L’avenue d’Estimauville, en 1969. Le secteur connaît alors une période de développement rapide, avec l’installation de plusieurs grands noms du commerce au détail. Ça ne durera pas. Dès les années 90, les commerces s’en vont et les environs se mettent à ressembler à une zone bombardée. Aujourd’hui, la construction de plusieurs édifices gouvernementaux et le début d’un écoquartier ont renversé la vapeur. Le meilleur semble à venir, même si le côté un peu massif des édifices n’inspirera pas beaucoup les poètes.

D'hier à aujourd'hui

La rue Saint-Jean en 1958

La rue Saint-Jean, dans le Faubourg Saint-Jean, en 1958. La rue s’impose alors comme la grande artère commerciale de la Haute-Ville, avec des boutiques très variées, incluant le populaire magasin de vêtements Sally (à gauche). Les centres commerciaux des banlieues n’ont pas encore vu le jour. Remarquez le nombre de commerces qui s’affichent en anglais. Royal Furs, Transcanada Shoe and company... Les deux hommes qui se promènent avec des seaux sont probablement des laveurs de vitrines. Sur le côté nord, les maisons anciennes seront ravagées par deux incendies, en 1966. Durant plus de 20 ans, elles feront place à un terrain vague, surnommé «le trou Beshro». La reconstruction attendra les années 90.

Justice et faits divers

Jonathan Falardeau-Laroche: de nombreux avertissements des collègues de travail

«Attends-tu de tuer quelqu’un avant d’arrêter de conduire?» Les collègues de travail de Jonathan Falardeau-Laroche, témoins de ses crises, ont été nombreux à lui recommander de cesser de prendre le volant. Y compris cinq jours avant l’accident fatal.

Jusqu’au moment de l’accident, le 10 août 2016, Jonathan Falardeau-Laroche travaillait dans un garage d’esthétique automobile à Lévis, propriété de son père. Trois de ses ex-collègues ont témoigné au procès vendredi après-midi.

Ils ont tous été témoins des brèves absences de leur jeune collègue, causées, selon ce qu’il leur en avait dit, par l’épilepsie. Ils savaient que Jonathan voyait un médecin.

Un jour, Alexandre Royer a trouvé Jonathan Falardeau-Laroche assis dans une flaque d’eau, le pistolet à pression encore à la main. Lorsqu’il est revenu à lui, au bout de quelques secondes, Jonathan Falardeau-Laroche a expliqué sa maladie à son collègue.

Parfois, les travailleurs ont vu leur collègue le regard fixe, la peau blême, tremblant. Ils se rappellent aussi l’avoir vu tanguer de gauche à droit. À une occasion, un collègue a dû le retenir de tomber pour éviter qu’il ne se cogne sur une machine à pression. Le jeune homme ne réalisait pas toujours qu’il venait d’avoir une crise, affirment les collègues.

Les travailleurs ont indiqué que dans les semaines précédant l’accident, la fréquence des crises de Jonathan Falardeau-Laroche avait augmenté. Ils ont relié ce phénomène à un changement de la médication du jeune homme.

Le vendredi précédent le 10 août, le jeune homme aurait eu deux absences en quelques heures. Ce jour-là, son collègue Stéphane Lavoie n’était plus d’accord pour que Falardeau-Laroche déplace les véhicules dans le garage. «Je voulais qu’il arrête de conduire avant qu’il arrive un accident, explique M. Lavoie. Je lui ai dit : “Attends-tu de tuer quelqu’un avant d’arrêter de conduire?”»

Éric Boulet a aussi souvent dit à son collègue d’aller se faire guérir avant de recommencer à conduire, pour sa sécurité et celle des autres automobilistes. «Il me disait que ce n’était pas de mes affaires et qu’il était capable de se contrôler, même au volant», témoigne M. Boulet.

Accident sur le pont Pierre-Laporte

Jonathan Falardeau-Laroche a déjà eu une absence au volant alors qu’il circulait sur le pont Pierre-Laporte, le 8 décembre 2015. Il a raconté à son collègue de travail Alexandre Royer que sa voiture s’est retrouvée renversée sur le toit et qu’il a eu besoin d’aide de deux personnes pour sortir du véhicule. «Il ne se souvenait pas comment c’est arrivé», témoigne M. Royer.

Au début de l’année 2016, Jonathan Falardeau-Laroche a refait un examen et consulté un médecin à la demande de la Société d’assurance automobile du Québec. Son permis était valide au moment de l’accident. Le procès se poursuit la semaine prochaine.

D'hier à aujourd'hui

La Maison et la Pavillon Leber en 1970

La Maison et le Pavillon Leber, vus de la place de Paris (autrefois place du Marché Finlay), en 1970. Les deux édifices ont été ravagés par un incendie. Il n’en reste plus grand-chose. Plus tard, on s’inspirera de leur ancêtre, un bâtiment de 1686, pour la reconstruction. Un boulet de 32 livres, vestige du bombardement de 1759, aurait été découvert durant les travaux. Plus près de nous, certains se souviendront que la Maison Leber a déjà abrité le populaire Café Pierrot, au 32, rue Saint-Pierre.

D'hier à aujourd'hui

La rue Henderson en 1941

La rue Henderson, en 1941. Selon l’historien Jean-François Caron, la rue avait été ouverte vers 1842 pour relier la rue Saint-Paul et le quai Orléans, en bordure de la rivière Saint-Charles. Plus tard, elle mènera à la gare de la «Montmorency Falls and Sainte-Anne-de-Beaupré», qui deviendra la gare Union, puis l’actuelle gare du Palais. À l’horizon, on aperçoit le pavillon d’Aiguillon de l’Hôtel-Dieu de Québec, qui sera détruit pour faire place à une tour de 14 étages, en 1955. La rue Henderson subsistera jusqu’en 1986. À sa place, on verra surgir les œuvres d’art et les chênes rouges de la place de la Gare, aujourd’hui la place Jean-Pelletier.

D'hier à aujourd'hui

La rue Sous-le-Fort, en 1970

La rue Sous-le-Fort, en 1970. La petite rue, d’abord surnommée rue des Roches, s’impose comme l’une des plus vieilles de Québec. Elle existe peut-être depuis 1620. Au fils des ans, son tracé avait fini par s’allonger jusqu’au fleuve. Mais à partir de 1975, les travaux visant à reconstituer la Batterie royale changent tout. Les bâtiments qui abritent l’hôtel Brochu et la taverne Lapointe sont démolis. La rue Sous-le-Fort est réduite. Les maisons du quartier sont reconstruites dans un style «canadien-français». Au bout de la rue, on aperçoit encore et toujours la maison de l’explorateur Louis-Jolliet, qui date de 1683. Maintes fois rénové, l’endroit permet d’accéder au funiculaire. 

Justice et faits divers

«Mon père vient d’essayer de tuer ma mère»

«Mon père vient d’essayer de tuer ma mère : dépêchez-vous!»

Au bout du fil avec le répartiteur du 9-1-1, un adolescent de 15 ans réclame des secours. Avec sang-froid, il répond aux questions pendant qu’on entend des cris de femme derrière lui.

Son père vient de poignarder sa mère à la tête. Le couteau avait une lame de 15 centimètres. La femme de 35 ans saigne abondamment.

Le garçon a tenté de désarmer son père puis a réussi à l’assommer avec des coups de pied. Sa jeune sœur, âgée de 12 ans, est aussi intervenue. Les deux jeunes ont eu des entailles superficielles aux doigts. Leur petit frère de neuf ans a assisté à la scène, mais n’a pas été blessé.

La mère part en ambulance pour l’hôpital, soigner une lacération à la tête et d’autres entailles aux mains et un traumatisme crânien.

Presque neuf mois après l’agression, le père, un homme de 46 ans que l’on ne peut nommer pour protéger l’identité des enfants, a plaidé coupable mercredi à des accusations de voies de fait armées et de voies de fait avec lésions sur son ex-femme et d’avoir causé des lésions corporelles à ses deux enfants. La Couronne n’avait pas porté d’accusation de tentative de meurtre.

Après avoir entendu la troublante histoire, le juge Pierre-L. Rousseau a condamné le père, détenu depuis l’équivalent de 12 mois, à une peine globale de 42 mois.

Victime de la guerre au Congo

L’avocat de défense Me Hugo Blanchette reconnaît la gravité des crimes commis. Si la dénonciation doit primer, le passé horrible de son client doit aussi peser dans la balance, soumet l’avocat, qui plaidait pour une peine de 18 mois.

Le père a émigré au Canada avec son épouse en 2004. Auparavant, il avait connu la guerre civile au Congo, avait assisté au viol collectif de sa mère et de ses sœurs et a vécu les horreurs des camps de réfugiés en Somalie.

C’est là qu’il a perdu sa première femme et son bébé et qu’il a rencontré celle qui allait devenir sa deuxième épouse et la mère de ses trois enfants.

L’homme souffrait de plusieurs chocs post-traumatiques à son arrivée au Canada, souligne son avocat, Il a obtenu de l’aide, mais pas assez. L’homme est devenu violent avec sa femme puis, en 2017, a été condamné à 12 mois de prison pour du leurre informatique. C’est à ce moment que le couple a éclaté pour de bon.

La procureure de la Couronne Me Lucie Tritz réclamait que l’auteur de l’agression purge une peine entre quatre et cinq ans de pénitencier.

Le soutien nécessaire

Les trois enfants et leur mère ont été lourdement affectés, plaide la procureure. En plus de la douleur physique, toujours présente, la mère a développé une véritable phobie des couteaux. Elle a perdu durant plusieurs mois son travail en entretien ménager.

Les enfants ont manqué des jours d’école et vécu beaucoup d’anxiété. «Je ne suis pas heureuse», répondra l’adolescente de 12 ans à une intervenante qui lui demande comment elle va.

La mère et les trois enfants ont depuis déménagé et vivent dans la crainte de revoir le père à sa sortie de prison.

Ce dernier n’a pas témoigné devant le tribunal. Il a fait dire par son avocat qu’il avait des regrets et aimait toujours ses enfants.

Le juge a spontanément demandé si la mère et ses enfants avaient «toute l’aide qu’ils méritent d’avoir». La procureure de la Couronne l’a rassuré, en pointant les amis et les intervenants sociaux qui entouraient les victimes.

D'hier à aujourd'hui

L'avenue Cartier en 1970

L’avenue Cartier, en 1970. Le secteur a encore des allures de quartier populaire, avec ses garages, ses bars et sa salle de cinéma à l’ancienne. À droite, on note le garage Cartier, qui sera démoli en 1984, pour faire place aux Halles Quartier. Aujourd’hui, l’avenue a été complètement transformée. Notez l’agrandissement des trottoirs, l’enfouissement des fils électriques et l’installation «d’abat-jours» géants proposant des œuvres d’artistes.