D'hier à aujourd'hui

L'avenue Gaspard en 1968

L’avenue Gaspard, au moment de la construction de l’autoroute de la Capitale, en 1968.

Toute la région grouille alors de grands travaux, pour «soulager» la congestion routière. Il faut dire qu’en l’espace d’une décennie, le nombre de voitures a été multiplié par six. 

On remarque que l’école Marie-Renouard, construite en 1955, accueille déjà les enfants du quartier du Vieux-Moulin, en pleine expansion. 

Lorsque l’autoroute sera complétée, au début des années 70, un tunnel piétonnier va relier les deux tronçons de l’avenue. L’autoroute de la Capitale prendra le nom de Félix-Leclerc en 1997. Un étrange destin pour un poète amoureux de la nature.

Actualités

Comment notre photographe Patrice Laroche fabrique «D’hier à aujourd’hui»

Depuis près de 200 ans, la photographie témoigne de l’évolution de nos villes. Les archives de la Ville de Québec, notamment, regorgent de clichés relatant sa riche histoire. C’est de cette source, et de bien d’autres, que le coordonnateur des photographes du Soleil, Patrice Laroche, tire chaque semaine, depuis septembre 2014, une photo d’époque qu’il tente de reproduire le plus fidèlement possible. Pour sa 200e rubrique, nous l’avons suivi sur les traces «D’hier à aujourd’hui».

À chacune de ses parutions, la très populaire rubrique «D’hier à aujourd’hui» est l’occasion pour les lecteurs du Soleil de découvrir un nouveau pan de l’histoire de leur ville. Pour le photographe Patrice Laroche, l’exercice commence cependant toujours de la même façon : la sélection de la photographie d’époque.

«Pour choisir mes photos, je vais sur les sites Internet d’archives, les archives de la Ville de Québec, les archives nationales. Le Musée McCord à Montréal a, étonnamment, de belles photos de Québec. Je vais aussi sur une tonne de pages Facebook reliées à l’histoire, la nostalgie. Il y en a qui trouvent de belles photos et les publient sur Facebook et c’est une mine d’or», raconte-t-il.

Outre son esthétisme, plusieurs éléments seront pris en considération dans le choix d’une photo.

«Je privilégie les scènes de rues, mais il faut qu’il y ait un édifice-repère. Si c’est une scène out of nowhere, sans repère, ou un building qui n’existe plus en 2018, c’est moins intéressant. À moins d’être vraiment sûr que ça se trouvait là.

«J’essaie aussi de me coller aux saisons. En hiver, je cherche des photos d’hiver. Seule exception, c’est l’été. Depuis 75 ans, il y a beaucoup d’arbres qui ont poussé, à Québec! Alors des fois, j’essaie de faire la photo à l’automne pour qu’on voit à travers les arbres», raconte le spécialiste de l’image, qui pousse le souci du détail jusqu’à déterminer le temps de la journée et la position du soleil afin de recréer les mêmes ombres au sol et sur les édifices.

Photo de la semaine

Cette semaine, son choix s’est arrêté sur une photo de l’usine de la Dominion Corset — aujourd’hui l’École des arts visuels de l’Université Laval —, située sur le boulevard Charest. La photo de source inconnue date de 1978 et est tirée d’Internet.

D'hier à aujourd'hui

L’intersection du boulevard Charest et de la rue Dorchester en 1978

L’intersection du boulevard Charest et de la rue Dorchester, en 1978.

L’énorme usine de la Dominion Corset, qui fabrique des sous-vêtements féminins, n’en a plus pour très longtemps. Fort heureusement, les conditions de travail des ouvrières se sont assouplies. Jusqu’à la fin des années 1950, la compagnie interdisait aux femmes mariées d’y travailler! Au bas de l’image, on remarque le restaurant Le Petit Bedon, une institution du quartier Saint-Roch. 

Aujourd’hui, le secteur a complètement changé de vocation. Le bâtiment de l’usine est devenu La Fabrique. On y trouve l’École des arts visuels de l’Université Laval et les bureaux du Centre de développement urbain de la Ville de Québec. 

De l’autre côté de la rue, l’édifice Beenox a surgi en 2007 sur ce qu’on surnommait «l’îlot du Petit bedon». 

D'hier à aujourd'hui

La rue Saint-Édouard dans les années 50

La rue Saint-Édouard, à Lévis, au début des années 50.

On aperçoit des vaches sortant de l’étable de l’ancien Institut Saint-Joseph-de-la-Délivrance. Les animaux vont probablement remonter la rue en direction sud, pour aller brouter dans les champs où vont surgir les Promenades de Lévis et l’autoroute 20. 

Aujourd’hui, le paysage a subi des transformations radicales. Sur la droite, les bâtiments de ferme ont cédé la place à des logements sociaux. À gauche, on aperçoit encore un pavillon de l’ancien Institut, épargné par l’incendie de 1964. Il abrite désormais un centre d’accueil.

D'hier à aujourd'hui

La rue du Prince-Édouard en 1975

La rue du Prince-Édouard, dans le quartier Saint-Roch, en 1975.

À l’époque, la place occupée par les voies ferrées dans le secteur provoque des discussions passionnées. Le quartier connaît alors un déclin rapide. 

En l’espace de quelques décennies, la population est passée de 20 000 à 5000 habitants. La plupart des usines de chaussures et de vêtements ont disparu. Finalement, les voies ferrées vont être démantelées, quelques années plus tard. Voilà ce qui s’appelle une transformation radicale. 

Fait rarissime, les fils électriques ont été ensevelis. Une fois n’est pas coutume. 

D'hier à aujourd'hui

L'avenue Simon-Napoléon Parent en 1969

L’avenue Simon-Napoléon Parent, en 1969. À la fin des années 50, la Ville a effectué d’importants travaux pour éliminer la boucle que décrivait la rivière Saint-Charles autour du parc Victoria.

Le cours d’eau a été détourné vers le nord. Du coup, le pont Parent n’enjambe plus que le lit desséché de la rivière. Il sera démoli quelques années plus tard. Aujourd’hui, très peu d’indices laissent deviner qu’une rivière coulait jadis à cet endroit.

D'hier à aujourd'hui

Le boulevard Champlain en 1976

Le boulevard Champlain, en 1976. Quelques années plus tôt, la construction de la voie rapide a donné le coup de grâce aux plages Saint-Michel et du Foulon. L’accès au fleuve est devenu une épreuve parsemée d’obstacles.

Au passage, le lecteur remarquera qu’on ne lésinait pas sur le nombre de lampadaires. 

En 2007-2008, l’aménagement de la promenade Samuel-De Champlain a complètement transformé le secteur. 

Que ceux qui s’ennuient des grands réservoirs de mazout lèvent la main.

D'hier à aujourd'hui

Construction du tunnel Dufferin, en 1976

La construction du tunnel Dufferin, en 1976. L’énorme structure devait s’enfoncer sous le centre-ville pour déboucher sur le boulevard Champlain, près de l’anse au Foulon.

Le projet est abandonné quelques mois plus tard, pour des raisons politico-financières. 

Aujourd’hui, rien ne laisse soupçonner l’existence d’une «caverne» de plusieurs étages sous l’avenue Honoré-Mercier. 

Un jour, peut-être, on lui trouvera une vocation?

D’hier à aujourd’hui

La Brûlerie Saint-Roch vers 1910

Le coin des rues Saint-Joseph Est et de la Cité, dans le quartier Saint-Roch, vers 1910. L’endroit est à la veille de grands bouleversements.

En 1911, un incendie ravage les halles Jacques-Cartier, de l’autre côté de la rue. Ces dernières seront bientôt remplacées par une place publique, par l’Hôtel Saint-Roch et par l’édifice de la Quebec Power (devenu un bureau d’arrondissement). 

Plus tard, beaucoup plus tard, au début des années 80, le secteur sera à nouveau transformé par la construction de l’immense bibliothèque Gabrielle-Roy. Aujourd’hui, les édifices sont les seuls survivants d’une époque révolue. Les curieux remarqueront l’inscription «J.E Giguère», qui subsiste au dessus de la porte de la brûlerie, comme un reproche.

D’hier à aujourd’hui

Transformation spectaculaire d'un quartier «malfamé»

Le coin des rues Saint-Paul et des Vaisseaux-du-Roi (alors Lacroix), en 1979.

À l’époque, le quartier compte de nombreuses maisons de chambre et plusieurs auberges bon marché, fréquentées par les marins. Beaucoup de mamans de la haute-ville allaient jusqu’à dire que l’endroit était «malfamé». 

Mais les choses vont changer, à partir des années 80. Aujourd’hui, le secteur a subi une transformation spectaculaire. Un exemple de restauration réussie, même si les nostalgiques regrettent peut-être l’authenticité d’antan.