D'hier à aujourd'hui

Le quai des Cageux

Le quai des Cageux, aussi surnommé le quai Irving, en 1969. À l’époque, l’accès au fleuve est devenu une course à obstacles.

L’aménagement du boulevard Champlain et l’installation d’énormes réservoirs de mazout ont transformé le paysage. En dehors des employés autorisés, seuls quelques pêcheurs viennent y taquiner le doré. À partir de 1998, tout le secteur sera réaménagé, pour rétablir l’accès au fleuve. Le quai restauré fera partie de la Promenade Samuel-De Champlain, inaugurée en juin 2008, pour le 400e anniversaire de Québec. Avec un pavillon et une tour d’observation en prime. À noter que le nom cageux fait référence aux trains de bois qui circulaient sur le fleuve, au XIXe siècle.

D'hier à aujourd'hui

Le Cinéma Bijou

L’intersection de l’avenue de Salaberry et du chemin Sainte-Foy, en 1981.

Le cinéma Le Bijou avait été fermé deux ans plus tôt, éclipsé par l’aménagement des trois salles «ultra-modernes» du Cinéma de Paris, au carré d’Youville. Mine de rien, l’immeuble du chemin Sainte-Foy abritait une salle de cinéma depuis 1916. Il sera démoli pour faire place à un stationnement. 

Signalons que l’existence du Bijou s’est terminée le 4 novembre 1979 avec la présentation d’un programme double, Le Convoi, avec Kris Kristofferson, et La malédiction de la panthère rose, avec Peter Sellers. À l’arrière-plan, on voit poindre le clocher de l’immense église Notre-Dame-du-Chemin, démolie en 1999. 

Aujourd’hui, le secteur est occupé par une enfilade d’édifices dépourvus de personnalité

D'hier à aujourd'hui

L'église du Très-Saint-Sacrement

La construction de l’église du Très-Saint-Sacrement, sur le chemin Sainte-Foy, probablement en 1921.

On remarque que le bâtiment est construit avec une ossature métallique. Le granit sert de recouvrement. À l’arrière, on aperçoit le monastère des pères du Très-Saint-Sacrement, construit en 1916. À l’époque, les promoteurs immobiliers sont euphoriques. Ils prévoient que le quartier va se développer à toute vitesse. Mais il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que leurs prévisions se réalisent. Aujourd’hui, l’avenir de l’église apparait très incertain. Il est question de vente et même de démolition.

D'hier à aujourd'hui

Le Marché Saint-Roch

Le Marché Saint-Roch, sur la rue de la Couronne (aujourd’hui la rue du Chalutier), en 1970. Tout le secteur va bientôt être transformé.

La rue de la Couronne sera détournée vers l’ouest, pour rejoindre l’autoroute Laurentienne. En 1977, le marché va déménager dans la Gare du Palais, puis au Parc Victoria. Il aboutit finalement dans le Vieux-Port, en 1987. Tout près, le remblayage effectué dans la rivière Saint-Charles permet la construction de plusieurs immeubles d’habitation, durant les années 80. Seule l’usine de cigarettes Rothmans (anciennement Rock City Tobacco), fait encore et toujours partie du paysage.

D'hier à aujourd'hui

La terrasse Dufferin

La terrasse Dufferin, entre 1885 et 1892.

Dès la fin des années 1830, une grande plateforme avait été aménagée sur les lieux pour les flâneurs et les nombreux visiteurs. 

Elle sera agrandie en 1854, avant de prendre son aspect définitif en 1879. 

À gauche, sur la photo, on aperçoit l’un des lampadaires qui illuminèrent pour la première fois la terrasse avec des lampes électriques, le 30 septembre 1885. 

On raconte que la foule fut totalement émerveillée. Le Château Frontenac, qui domine aujourd’hui le secteur, n’a pas encore été construit. 

Il n’ouvrira ses portes qu’en décembre 1893.

D'hier à aujourd'hui

Le boulevard Saint-Cyrille en 1972

Le boulevard Saint-Cyrille (aujourd’hui René-Lévesque), en 1972.

À droite, on aperçoit le quartier général de la Sûreté du Québec, entouré par un immense stationnement. Les policiers sont alors installés dans les anciens bâtiments de l’hôpital Jeffery Hale. Ils vont y rester jusqu’en 1979. 

De l’autre côté du boulevard, on devine le Grand Théâtre, inauguré en janvier 1971. 

À l’angle de l’avenue Turnbull, on creuse un stationnement souterrain sur lequel s’élèvera l’édifice Place de la Capitale. 

Aujourd’hui, l’ancien quartier général de la SQ est entouré par des espaces verts. Quelques édifices sont apparus. Et le Grand Théâtre doit être recouvert d’une capsule de verre, parce qu’il allait tomber en morceaux. 

Un cas d’obsolescence non-programmée? 

D'hier à aujourd'hui

La côte du Passage

La côte du Passage, à Lévis, au début des années 1900.

La ville de Lévis a été la première à être reliée par le chemin de fer à Montréal, aux provinces maritimes et aux États-Unis. Pendant plusieurs décennies, la côte du passage a été le symbole d’une très grande effervescence économique. À propos de Lévis, le poète Louis Fréchette pouvait écrire : «Tu surgis, et Québec ta rivale pâlit». 

Aujourd’hui, les fils électriques ont été ensevelis. Mais le glorieux passé de la côte n’est plus toujours visible. Malgré quelques belles réussites, les incendies et les démolitions ont fait leur œuvre. L’indifférence aussi.

D'hier à aujourd'hui

La rue Saint-Louis en 1899

La rue Saint-Louis en 1899. À la fin du XIXe siècle, la petite rue connaît des transformations importantes. Le château Frontenac est inauguré (1893). L’hôtel de ville s’en va (1896). Le tramway est électrifié (1897).

Notez les trottoirs de bois et les calèches. En 1899, la plupart des gens n’ont jamais aperçu une automobile. 

Cent dix-neuf ans plus tard, l’aspect des maisons de la rue n’a pas beaucoup changé. 

Au fond, à droite, on remarque un grand arbre qui est devenu une célébrité locale. Dans ses racines, un boulet est emprisonné. 

On croit qu’il servait de chasse-roue, i.-e. de borne protégeant les roues des calèches lorsqu’elles tournaient un peu raide. Peu importe. Il fait la joie des touristes.

D'hier à aujourd'hui

Le monument de Champlain en 1910

Le monument de Samuel de Champlain, sur la terrasse Dufferin, en 1910. L’imposante statue, inaugurée en 1898, n’a pas fait l’unanimité. Pas tout de suite. On l’a d’abord comparée à un «gros mousquetaire triste».

À travers le kiosque, on aperçoit les silos à grains de la Great Northern Railway Company, aujourd’hui disparus. Cent huit ans plus tard, les constructions se sont multipliées sur les rives du fleuve. 

Les bateaux à vapeur ont été remplacés par des navires de croisière. Et la terrasse Dufferin semble plus animée. On prétend que deux millions de personnes y déambulent, chaque année. 

En comptant plusieurs fois certains habitués, bien entendu...

D'hier à aujourd'hui

La rue Saint-Jean en 1961

La rue Saint-Jean, à l’intérieur des murs, en 1961. L’Université Laval vient de quitter le Vieux-Québec, mais le «quartier latin» reste le préféré des étudiants. C’est l’âge d’or des boîtes à chanson.

À l’avant-plan, on remarque le restaurant À la Porte Saint-Jean, de l’incontournable Gérard Thibault. À l’étage, celui qu’on surnomme le roi du cabaret a installé une salle de spectacle, À la Page blanche. Dans l’immeuble d’à côté, il a aussi ouvert La Boîte aux chansons. 

À l’été 1960, un certain Gilles Vigneault y a fait ses débuts, avec des filets de pêche pour unique décor. Plus loin, le lecteur à la vue perçante remarquera la taverne Coloniale, aujourd’hui devenue le Pub Saint-Alexandre. 

Avec le recul, personne ne s’ennuie d’une rue Saint-Jean sur laquelle les voitures circulaient dans les deux sens. Mais les façades bien proprettes laissent deviner que la Bohème de Québec a changé de secteur.