Deux policiers du Service de police de la ville de Québec, ont été suspendus pendant six jours pour avoir fouillé, arrêté et détenu de façon illégale un homme cagoulé qui déambulait à Charlesbourg.
Deux policiers du Service de police de la ville de Québec, ont été suspendus pendant six jours pour avoir fouillé, arrêté et détenu de façon illégale un homme cagoulé qui déambulait à Charlesbourg.

Deux policiers de Québec suspendus pour avoir arrêté illégalement un homme cagoulé

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Xavier Denis et Marika Lachance-Turcotte, deux policiers du Service de police de la ville de Québec, ont été suspendus pendant six jours pour avoir fouillé, arrêté et détenu de façon illégale un homme cagoulé qui déambulait à Charlesbourg.

Jimmy Coulombe, qui porte une cagoule ne révélant que ses yeux et sa bouche, marche sur le boulevard Henri-Bourassa à Québec, vers 1h.  

Une voiture de police arrive à sa hauteur et l’agente Lachance-Turcotte le questionne à savoir pourquoi il est cagoulé. En plein mois de janvier 2018, l’homme lui répond que c’est pour se protéger du froid. La policière lui demande d’enlever sa cagoule, chose qu’il fait sans s'opposer, selon un jugement rendu public mercredi par le Commissaire à la déontologie policière.  

Arrêté pour supposition de personne 

Il est par la suite questionné sur son identité, mais il ne possède pas de preuve sur lui, raconte encore le jugement. Toujours dans un esprit de collaboration, M. Coulombe accepte de donner ses nom, adresse et code postal à la policière. 

«Peu après, M. Coulombe est arrêté pour supposition de personne», peut-on lire dans le document officiel. On le menotte et l’agent Xavier Denis le fouille avant de l’assoir dans la voiture de patrouille.

Il demande alors à être conduit au poste de police et de parler à un avocat, mais les policiers décident plutôt de se rendre à l’adresse donnée par Jimmy Coulombe, non loin de l’endroit où ils se trouvent. La mère de ce dernier l’identifie dans la voiture.  

Un constat d’infraction lui est alors remis pour avoir «insulté» l’agent Denis. On l’informe qu’il le recevra par la poste, tout juste avant de le libérer. 

«Méconnaissance» des policiers   

«Le Comité en est venu à la conclusion que les agents Denis et Lachance-Turcotte avaient détenu illégalement M. Coulombe, qu’ils avaient omis de l’informer des motifs de la détention, qu’ils l’avaient arrêté illégalement, qu’ils l’avaient fouillé illégalement et, enfin, qu’ils avaient utilisé la force sans droit à son égard», mentionne le Commissaire à la déontologie policière. 

La procureure a souligné que les agents possédaient, au moment des faits, un peu moins d’une année d’expérience en tant que policiers.