L’installation «Module de survie : une écofiction» de l’artiste-architecteur Daniel Corbeil.

Deux nouvelles expositions jumelant art et science au Musée régional de Rimouski

RIMOUSKI – Avec l’exposition immersive «Solarium», produite par la NASA et présentée en première canadienne, ainsi que l’installation «Module de survie : une écofiction» de Daniel Corbeil, le Musée régional de Rimouski propose deux nouvelles expériences jumelant art et science.

Le son du Soleil

Sortant pour la première fois des États-Unis, Solarium est une installation vidéo in situ qui a été produite en 2015 par le Doddard Space Flight Center de la NASA. Fruit du labeur des réalisateurs Genna Duberstein et Scott Wiessinger ainsi que d’un spécialiste en visualisation de données, Tom Bridgman, cette installation a été entièrement créée grâce aux images en ultra-haute définition collectées par la sonde de l’Observatoire de la dynamique solaire. Celui-ci étudie en temps réel les variations du Soleil. «Présenter Solarium aujourd’hui, dans le contexte de la conquête spatiale, c’est d’autant plus pertinent», souligne la conservatrice du Musée, Ève De Garie-Lamanque.

La projection est assortie du son amplifié produit par le Soleil. «Le son a été capté dans l’espace avec un appareil qui étudie les oscillations en surface du Soleil, explique la conservatrice. Il y a aussi une vibration qui est perceptible.» L’exposition est présentée jusqu’au 26 janvier.

Habitat futuriste

L’installation Module de survie : une écofiction donne l’occasion au visiteur de faire l’expérience d’un habitat futuriste modulaire. Vivant et travaillant à Montréal, la démarche artistique de l’artiste-architecteur Daniel Corbeil est influencée par son enfance en Abitibi. «J’ai été élevé à Val-d’Or, raconte-t-il. Mon terrain de jeux […] c’était les sites de résidus miniers. […] Ces lieux désertiques ont nourri mon imaginaire.»

Son projet suggère une maquette géante dans laquelle les visiteurs peuvent circuler. «Il faut le voir comme une projection, une fiction d’un projet qui pourrait se réaliser, qui pourrait se greffer sur des façades de bâtiments, explique le sculpteur. Ça se veut aussi une réflexion sur l’environnement, le paysage et principalement le réchauffement climatique. Je laisse le soin au visiteur de voir vers quoi ça balance : une utopie ou une dystopie par rapport à la projection qu’on se fait d’un avenir qui commence à être de plus en plus bouleversé par les changements climatiques.»

La réalisation du projet, qui s’est étalée sur quatre ans, a été rendue possible grâce à une subvention d’environ 40 000$ du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Le vernissage aura lieu dimanche en présence de l’artiste. L’exposition se poursuivra jusqu’au 6 octobre.