Sur le même terrain se trouvent les deux structures condamnées : la première à tomber sous les pics des démolisseurs sera l’ancienne buanderie de l'ex-école La Jemmerais (au centre). L’autre est une maison ancienne installée un peu en retrait (à droite).
Sur le même terrain se trouvent les deux structures condamnées : la première à tomber sous les pics des démolisseurs sera l’ancienne buanderie de l'ex-école La Jemmerais (au centre). L’autre est une maison ancienne installée un peu en retrait (à droite).

Deux bâtiments du réseau de la santé démolis

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Deux bâtiments presque centenaires du réseau de la santé de la capitale ne survivront pas au rouleau compresseur de la modernité. Plantés sur le terrain de la Santé publique, ils seront démolis dès ce printemps.

Situons-nous un peu. Là où l’avenue D’Estimauville croise l’autoroute 40 se dresse le pavillon Arthur-Vallée abritant, entre autres, la Direction de santé publique régionale et des bureaux de l’Institut national de santé publique. À une époque révolue, l’école La Jemmerais, «devant assurer l’assistance et l’éducation des enfants “anormaux” ou “arriérés mentaux”», occupait les lieux, raconte une fiche de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. L’adresse: 2400, avenue D’Estimauville

Sur le même terrain se trouvent les deux structures condamnées. La première à tomber sous les pics des démolisseurs sera l’ancienne buanderie, nous explique Catherine Chagnon, agente d’information aux relations publiques et médias au CIUSSS, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale.

Les draps et autres vêtements hospitaliers n’y sont plus lavés depuis plusieurs lunes. L’édifice de style industriel a d’ailleurs longtemps été loué à un imprimeur qui l’a quitté à son tour. «Ces locaux étaient vacants depuis au moins sept ans.»

L’autre «victime» du passage du temps sera une maison ancienne installée un peu en retrait. Les recherches effectuées par Mme Chagnon n’ont pas permis d’identifier son utilité passée. Mais elle était occupée depuis un moment par un projet des jeunes du Centre Jacques-Cartier: les Ateliers de la terre. Ceux-ci cultivent depuis une vingtaine d’années un jardin communautaire bio sur le terrain de la Santé publique et cuisinent en collectivité le fruit de leur labeur. La culture se poursuivra, mais les participants devront être relocalisés, la maison n’étant plus accessible.

Sécurité, vétusté, salubrité

Le CIUSSS plaide la sécurité, la vétusté et la salubrité pour justifier la démolition. «Les coûts de rénovation et de transformation seraient beaucoup trop élevés.»

Les travaux sont évalués à un peu moins de 800 000 $, mais le montant du contrat final n’est pas encore connu. 

Le chantier aura une certaine ampleur. D’abord parce qu’il faudra désamianter avant d’entreprendre la démolition comme telle. Mais aussi parce que tous les bâtiments du coin sont reliés par des tunnels souterrains qu’il faudra excaver, éliminer puis colmater.

La buanderie-imprimerie devrait avoir disparu avant la Saint-Jean-Baptiste. L’autre suivra.

Ils seront vraisemblablement remplacés par des espaces de stationnement.