Selon la directrice du Centre d’aide aux étudiants de l’Université Laval, l’anxiété de performance arrive en première place des motifs de consultation. Les difficultés d’adaptation, notamment chez les étudiants étrangers, et les difficultés amoureuses sont aussi évoquées par les étudiants en détresse.

Détresse psychologique des étudiants: l’Université Laval déterminée à aider davantage

L’Université Laval s’est dite déterminée mardi à accentuer ses efforts pour contrer la détresse psychologique de ses étudiants.

L’établissement a réagi en conférence de presse à l’enquête panquébécoise portant sur la santé psychologique des étudiants, à laquelle ont participé de façon volontaire 16,1 % de la population universitaire provenant de 14 universités, soit près de 24 000 personnes. L’enquête rendue publique par l’Union étudiante du Québec (UEQ) révèle notamment que près de 60 % des répondants souffriraient de détresse psychologique, et que 19 % d’entre eux ressentiraient des symptômes suffisamment sévères pour entreprendre un traitement médical ou psychologique. 

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Des résultats «inquiétants» qui démontrent que l’enjeu de la santé mentale des étudiants est «bien réel», a commenté le vice-recteur exécutif et vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, Robert Beauregard. L’Université Laval agit depuis plus de 20 ans en prévention, en sensibilisation et en intervention, mais «force est de constater que comme université et comme société, il faut aller plus loin», a convenu M. Beauregard. 

«C’est notre devoir d’aider les étudiants et les étudiantes qui ont signalé une détresse. […] Il faut leur donner des outils pour qu’ils deviennent plus résilients», a-t-il dit. 

En plus d’accompagner les étudiants et les étudiantes en détresse, il faut «s’attaquer à la source de ce qui angoisse de nombreuses personnes et agir en prévention», estime Robert Beauregard.

Plusieurs initiatives

Tout en reconnaissant elle aussi que du chemin reste à faire pour aider davantage les étudiants qui vivent de la détresse psychologique, la vice-rectrice adjointe aux études et aux affaires étudiantes, Caroline Sénécal, a rappelé les nombreuses initiatives qui ont vu le jour à l’Université Laval au fil des ans. Parmi elles, un réseau de 200 sentinelles dont le rôle est de servir de relais entre les personnes en détresse et les services d’aide, la Semaine de prévention du suicide, qui se déroule chaque année depuis 1999, et le projet d’entraide La Luciole, un projet réalisé «par et pour des étudiants» qui est en cours d’implantation. 

Mme Sénécal a également souligné le travail du Centre d’aide aux étudiants (CAE), qui reçoit depuis trois ans environ 2100 demandes d’aide psychologique par année. Elle a assuré que toute personne qui demande de l’aide au CAE se fait offrir des services (participation à un atelier, à une formation Web ou à une formation de groupe, ou encore intervention individuelle). «Notre objectif, c’est d’offrir le bon service au bon moment», a-t-elle dit.

Le CAE a par ailleurs réussi à écourter les délais d’attente, a ajouté Mme Sénécal. Alors qu’auparavant, un étudiant pouvait attendre jusqu’à 10 semaines pour une consultation individuelle, il a désormais accès à un psychologue dans un délai d’une à quatre semaines, a-t-elle précisé.

Selon la directrice du CAE, Louise Careau, l’anxiété de performance arrive en première place des motifs de consultation. Les difficultés d’adaptation, notamment chez les étudiants étrangers, et les difficultés amoureuses sont aussi évoquées par les étudiants en détresse. 

«L’effet d’une bombe»

Pour le président de l’Association des étudiants inscrits aux cycles supérieurs à l’Université Laval (AELIÉS), Nicolas Pouliot, les résultats de l’enquête de l’UEQ, qui ont eu «l’effet d’une bombe», montrent non seulement la détresse des étudiants, mais aussi les lacunes dans le soutien offert, «tant à l’Université qu’au niveau gouvernemental». Il s’attend à «des gestes concrets» de leur part pour bonifier l’aide aux étudiants, «qui ne veulent plus et ne peuvent plus attendre». M. Pouliot réclame notamment un «réinvestissement massif» dans le CAE «pour réduire encore plus le temps d’attente». 

La présidente de la CADEUL, Laurence Vaillancourt, demande elle aussi à l’Université Laval de «prendre au sérieux cet appel à l’aide». «Ça fait longtemps qu’on sait que les ressources sont insuffisantes», a-t-elle dit.