Le F.-A.-Gauthier (à gauche) est paralysé au quai de Matane en raison d’anomalies à ses moteurs électriques. Le Saaremaa 1 (à droite) a repris le service de traverse mardi, après quatre jours d’inactivité.

Desserte Matane–Côte-Nord: un an sans service de traversier fiable

MATANE — Depuis un an, la population de Matane et de la Côte-Nord a le sentiment de vivre Le jour de la marmotte. Après l’achat de l’Apollo, mis au rancart après 17 jours de navigation, la Société des traversiers du Québec (STQ) a fait l’acquisition du Saaremaa 1 pour pallier à l’absence du traversier F.-A.-Gauthier, arrêté depuis le 17 décembre 2018. Mais le navire de relève répond difficilement aux besoins, surtout depuis le dernier mois.

À preuve, le traversier à pont ouvert, construit en Norvège en 2010, a repris son service régulier mardi, après quatre jours d’inactivité en raison des conditions climatiques, alors que le fleuve n’est pas encore glacé. «Novembre et décembre sont un peu plus durs, reconnaît le président-directeur général de la STQ, Stéphane Lafaut. Si j’avais voulu acheter un navire qui traverse tous les jours, j’aurais acheté un Gauthier. Est-ce qu’on pouvait se permettre, au Québec, d’acheter un autre Gauthier qui allait rester là 11 mois par année parce qu’il n’aurait pas été employable ailleurs? Quand on a acheté le Saaremaa, il fallait regarder ses paramètres d’utilisation. C’est un navire de relève qu’on devait être capables d’employer ailleurs. Il n’a pas le même gabarit que le Gauthier [...]. En été, à 95 % du temps, à moins de conditions extrêmes, on traverse.»

Le patron de la STQ ne supporte pas les critiques négatives qu’il entend sur le Saaremaa 1. «Il faut faire attention pour ne pas véhiculer des messages qui pourraient créer des doutes chez la population, prévient-il. Vous vous rappellerez qu’il a traversé l’Atlantique par lui-même! On peut amener n’importe qui sur le fleuve avec le Saaremaa. En bout de ligne, c’est la sécurité des passagers qu’on regarde. Tant que le capitaine, avec son équipage, juge que c’est sécuritaire de faire la traversée, il va la faire.»

La semaine dernière, après plus de 11 mois en cale sèche, le F.-A.-Gauthier a quitté Lévis vers son port d’attache de Matane, un vendredi 13. Un nouveau problème l’empêche de prendre la mer depuis. Selon le porte-parole de la STQ, des spécialistes en provenance d’Allemagne étaient en déplacement mercredi afin de se rendre à Matane pour tenter d’identifier les anomalies détectées aux moteurs électriques de marque General Electric. «Pour l’instant, la date [de retour du service du navire] demeure indéterminée», indique Alexandre Lavoie.

Liaison aérienne

Si jamais les réparations tardaient encore une fois à remettre le navire amiral à flot, M. Lafaut promet que la liaison aérienne sera prolongée entre les aéroports de Mont-Joli, Baie-Comeau et Sept-Îles. Alors que les vols devaient reprendre samedi, la STQ a décidé de rétablir le service plus tôt. Des avions font la navette depuis mercredi. «On avait des demandes de notre clientèle […], notamment des travailleurs qui demeurent sur la Rive-Sud […], explique M  Lavoie. Pour les gens, leur patience a été mise à l’épreuve au cours des dernières semaines avec le Saaremaa. On les comprend d’avoir moins confiance dans le service.» Le transporteur souhaite doubler le nombre de départs quotidiens du 21 décembre au 6 janvier.