Des plaques d'acier patinable, un matériau qui s'oxyde en surface pour offrir une allure unique et une bonne protection contre la rouille profonde, ont été ajoutées aux viaducs du chemin des Quatre-Bourgeois.

Des viaducs plus jolis pour Duplessis

Vous ne l'avez peut-être pas remarqué, mais les viaducs récents de l'autoroute Duplessis ont fait l'objet d'un traitement esthétique particulier par le ministère des Transports du Québec (MTQ). Zoom sur quelques coquetteries d'ingénieurs.
<p>Le tablier des structures du chemin Sainte-Foy présente une forme arrondie aux extrémités, et les murs de soutènement ont également été texturés pour donner du mouvement.</p>
Depuis une dizaine d'années, le MTQ a remplacé plusieurs des structures qui surplombent l'autoroute Duplessis. Cette artère fait partie du parcours d'accueil de la capitale nationale, une création de la Commission de la Capitale nationale du Québec. 
Ce parcours pour diplomates et invités de marque part de l'Aéroport international Jean-Lesage, suit Duplessis tout du long, puis bifurque au choix vers le boulevard Champlain ou le boulevard Laurier et son prolongement, la Grande Allée. 
Au fur et à mesure qu'il planifiait le remplacement des ouvrages d'art sur Duplessis, le MTQ a donc pris soin d'insérer des détails architecturaux pour en améliorer le coup d'oeil.
«Ce ne sont pas des éléments qui sont très gros, mais ça permet de venir casser la ligne. C'est très rythmé tout ça», résume Guillaume Paradis, porte-parole du MTQ, soulignant que «chaque structure est unique et présente ses propres particularités». 
L'horizontalité de l'ouvrage le plus massif et situé le plus au nord, l'échangeur de l'autoroute Félix-Leclerc, est ainsi mise en valeur par de l'éclairage. 
À la hauteur de Blaise-Pascal, le béton des viaducs et des murs de soutènement a été agrémenté de rayures en oblique. Le tablier des structures du chemin Sainte-Foy présente quant à lui une forme arrondie aux extrémités. Les murs de soutènement ont également été texturés pour donner du mouvement. 
Acier patinable
Depuis deux étés, c'est sur le chemin des Quatre-Bourgeois que les ouvriers s'activent. Pour agrémenter les viaducs, les ingénieurs et les architectes-paysagistes ont eu l'idée d'ajouter des plaques d'acier patinable à la hauteur du tablier. La dernière installation s'est faite la semaine dernière. 
L'acier patinable, aussi appelé acier Corten ou «autoprotecteur», s'oxyde en surface pour offrir un look unique et une bonne protection contre la rouille profonde. Plusieurs architectes et sculpteurs apprécient à la fois son aspect et sa résistance. 
Est-ce une bonne idée d'ajouter des décorations rouillées sur un viaduc? M. Paradis concède que «peut-être on devra expliquer que c'est normal», mais ajoute que «le rendu va être très beau». Vrai qu'il y a peu de chance de méprise quand on regarde le produit final. 
Le porte-parole du MTQ assure que ces interventions esthétiques n'ont pas coûté cher aux contribuables. Les concepteurs et les sous-traitants qui ont réalisé les travaux y ont certes mis un peu de temps, mais le supplément pour les matériaux est minime. «Sur l'ensemble d'un projet, ce sont des coûts assez faibles et qu'on ne peut ventiler», dit M. Paradis. 
L'an dernier, le MTQ a aussi donné des angles particuliers aux piles du nouveau viaduc de la route 116 surplombant l'autoroute 20 à Saint-Nicolas afin d'enjoliver l'entrée de la capitale.