Samedi matin, à deux semaines du vote. Ça bourdonne dans le local de campagne du Parti vert du Canada, au deuxième étage de l’avenue Cartier.

Des verts plus organisés

«En 1993, on n’était pas beaucoup de candidats verts. J’étais pas mal tout seul! J’avais perdu contre Christiane Gagnon et je l’avais félicitée par fax. Mais aujourd’hui, d’avoir un local officiel, c’est historique! Enfin, le monde se réveille!»

Samedi matin, à deux semaines du vote. Ça bourdonne dans le local de campagne du Parti vert du Canada, au deuxième étage de l’avenue Cartier. Sur le trottoir, des scouts vendent des calendriers. Dans l’appartement, candidats de la région et leur petite équipe jasent actualités, élections, stratégies. Une quinzaine de personnes.

Richard Domm est le patriarche. Le sympathique bonhomme né en Saskatchewan milite pour la cause écologiste depuis plus de 40 ans. Il a souvent représenté le Parti vert au provincial et au fédéral, vendant ensuite sa guitare Gibson ES-330 à la John Lennon pour financer la fondation du Défi vert de Québec, au municipal.

Voyant tout le chemin parcouru, l’homme de 69 ans laisse avec plaisir la place aux plus jeunes. Sa mère et ses deux enfants se sont aussi déjà présentés pour les verts. Cette fois, fiston Samuel Moisan-Domm reprend le flambeau dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles.

Sur un mur sont épinglées deux grandes cartes de Québec fournies par Élections Canada et indiquant l’emplacement des bureaux de scrutin.

Daniel Chicoine, directeur de campagne du candidat dans la circonscription de Québec, Luc Joli-Cœur, s’inquiète que le bureau de vote d’ordinaire installé à la bibliothèque Gabrielle-Roy est déplacé, pour cause des rénovations, aussi loin qu’au Musée de la Civilisation, à 2,5 km.

«Les gens de Saint-Roch n’iront pas autant voter si c’est trop loin. Il y a des gens à mobilité réduite ou plusieurs qui n’ont pas d’auto», constate avec regret M. Chicoine, voyant là des voix en faveur du Parti vert s'envoler, le 21 octobre.

«Même si tu as une auto, n’essaie pas de te trouver du stationnement dans ce coin-là», renchérit M. Joli-Cœur. Ce n’est pas parce qu’ils rient que c’est drôle.

À l’aide des résultats des dernières élections fédérales de 2015, mais aussi de celles sur la scène provinciale l’an dernier, la troupe identifie les secteurs de la ville favorables à leurs idées progressistes. Et éviteront de perdre du temps dans les quartiers campé plus à droite.

Alors que M. Joli-Cœur procédera à une séquence d’appels téléphoniques auprès de ses sympathisants cette semaine, en espérant que le mot se passe, la situation diffère pour la candidate d’un comté plus rural et étendu comme Portneuf-Jacques-Cartier, Marie-Claude Gaudet.

«Je vais faire un envoi postal de masse, explique-t-elle. C’est la première fois que le Parti vert a un candidat dans chacune des circonscriptions du Québec. Je veux que tous les électeurs de mon comté sachent qu’ils peuvent voter vert.»

Mme Gaudet se dit convaincue que l’élection d’un seul candidat vert au Québec changera la dynamique. Elle fonde ses espoirs sur le chef adjoint Daniel Green, dans Outremont, et l’ancien du NPD Pierre Nantel, dans Longueuil-Saint-Hubert.

Sur l’autre mur, la très belle affiche de la cheffe Elizabeth May dessinée par la boîte de pub montréalaise Molotov, qui a aussi travaillé avec Québec solidaire au cours de la dernière campagne provinciale.

Patrick Kerr, candidat dans Lévis-Lotbinière, arrive avec son petit garçon. Blotti dans le cou de papa, ses seuls mots seront pour se montrer impressionné du fait que la photographe du Soleil transporte deux appareils en même temps.

Aux dernières élections fédérales, en 2015, le Parti vert a récolté 3,5% des suffrages sur la scène canadienne et 2,3% au Québec.

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