Les 250 Canadiens seront déployés progressivement à compter du mois d’août, en périphérie de Gao, dont certains ont déjà commencé à arriver. Basés sur un site des Nations unies appelé le Camp Castor, ils prendront la relève des forces allemandes et belges.

Des soldats de Valcartier en mission de paix au Mali

Une vingtaine de soldats de la base militaire de Valcartier se joindront aux Casques bleus lors du déploiement du Canada dans le cadre de la mission de paix au Mali, l’une des plus périlleuses actuellement menée par les Nations unies.

Annoncée officiellement en mars dernier, la très attendue participation canadienne n’avait pas été détaillée par la Défense nationale, qui s’était limitée à faire l’inventaire des six hélicoptères qui se rendraient sur le continent africain. 

On en sait maintenant un peu plus sur l’origine des forces qui seront mobilisées d’août 2018 à juillet 2019. Selon le major Vincent Bouchard, officier d’affaires publiques pour les Forces armées canadiennes (FAC), la «force opérationnelle aérienne» composée de 250 militaires proviendra en grande majorité des bases d’Edmonton, en Alberta, et de Petawawa, en Ontario. 

La première déploiera les quatre hélicoptères armés CH-146 Griffon annoncés par Ottawa, alors que la seconde fournira deux appareils CH-147F Chinook.

Quant à Valcartier, l’implication sera plus modeste, avec «une vingtaine» de soldats qui se rendront dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, en crise depuis 2012. 

Le major Bouchard n’avait pas de détails à fournir concernant le rôle des Québécois, jeudi, se limitant à dire que les expertises étaient multiples. On peut toutefois penser, comme des éléments du 3e Bataillon (infanterie) du Royal 22e Régiment seront mobilisés, qu’une tâche de «protection de la force» et du personnel onusien pourrait leur incomber. 

Les 250 Canadiens seront déployés progressivement à compter du mois d’août, en périphérie de Gao. Basés sur un site des Nations unies appelé le Camp Castor, ils prendront la relève des forces allemandes et belges. Ces dernières assumaient ces 18 derniers mois des responsabilités de transport médical, dont les Casques bleus blessés, et de ravitaillement des divers sites de l’ONU au Mali.

En entrevue à La Presse canadienne cette semaine, un responsable allemand affirmait que les troupes n’avaient pas été la cible d’attaques au cours de leur mission. Le général Jonathan Vance, chef d’État-major de la Défense nationale, avait pour sa part expliqué, en mars, que les troupes canadiennes au sol n’effectueraient pas de patrouille à l’extérieur de la base de Gao. 

Des Canadiens déjà sur place

Une centaine de militaires des FAC, qui ne sont pas inclus dans les 250 à être déployés, sont déjà sur place pour préparer l’arrivée des troupes. Selon le major Bouchard, «une poignée» de soldats des bases de Valcartier et de Bagotville sont actuellement au Mali pour préparer le terrain. Ces effectifs ont foulé le sol malien en début de semaine, marquant le début officiel de l’opération nommée PRESENCE. Ce que les FAC appellent «l’équipe d’activation en théâtre» a la responsabilité de «bâtir les besoins logistiques» nécessaires à conduire la mission, a expliqué le major Bouchard. 

Les troupes canadiennes s’imbriqueront à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), amorcée en 2013 et qui compte 57 pays partenaires. Il s’agit de l’une, sinon de la plus dangereuse mission de paix présentement en cours. Près de 170 Casques bleus ont été tués depuis le début de cette opération. Ils sont plus de 12 000 soldats mobilisés sous l’égide des Nations unies au Mali. 

Avec AFP et La Presse canadienne

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UNE ANNÉE CHARGÉE

Lettonie, Ukraine, Mali, Koweït, Irak, Niger, Afghanistan : les troupes de la base militaire de Valcartier seront déployées dans plusieurs régions du globe au cours des prochains mois. 

Après une «montée en puissance» qui a culminé ce printemps, le 5e Groupe brigade-mécanisé tombera sous «haute disponibilité» à compter du 1er juillet. Selon des données fournies au Soleil par Valérie Harvey, officier d’affaires publiques à la base de Valcartier, le plus gros contingent sera mobilisé en janvier prochain. 

Quelque 300 soldats, peut-être plus, s’envoleront pour la Lettonie dans le cadre de l’opération REASSURANCE, menée par les partenaires de l’OTAN. Les troupes de Valcartier y seront mobilisées jusqu’en juillet 2019, selon un calendrier préliminaire. 

Quelques mois plus tôt, en septembre, 150 soldats quitteront la base pour l’Ukraine dans le cadre de l’opération UNIFIER. Le Canada s’est engagé à maintenir une présence dans ce pays d’Europe de l’Est jusqu’en mars 2019. Les troupes de Valcartier formeront donc, normalement, la dernière rotation à s’y rendre.

REASSURANCE et UNIFIER sont deux missions distinctes, mais découlent des mêmes événements, soit l’annexion de la Crimée (péninsule ukrainienne) par la Russie à l’hiver 2014. Dans la foulée, une partie de l’Ukraine a été plongée dans une guerre civile entre des rebelles prorusses, appuyés par Moscou, et les loyalistes, fidèles au gouvernement de Kiev. 

Le Canada fournit de la formation aux forces ukrainiennes depuis 2015 (UNIFIER). D’autres pays, dont la Pologne et la Lettonie, ont aussi demandé une présence militaire de l’OTAN (REASSURANCE) afin de dissuader les visées expansionnistes de la Russie. 

Quelques militaires de Valcartier seront répartis ailleurs, mais en faible nombre. Certains seront au Koweït et en Irak, pour l’opération IMPACT, le volet canadien de la lutte contre le groupe armé État islamique. D’autres seront en mission d’instruction militaire au Niger ou à Kaboul, en Afghanistan, pour la protection du personnel de l’ambassade.