Le député de Québec solidaire, Alexandre Leduc (deuxième à partir de la gauche) a participé au Parlement étudiant à titre de journaliste.

Des simulations parlementaires qui mènent loin

Les journalistes boycottent le budget des Bleus, déposé... à minuit et demi!

«Je savais que j’allais devoir rédiger des articles tard, mais pas tant que ça! En plus, le ministre des Finances des Bleus, Pier-André Bouchard-St-Amant, proposait la gratuité scolaire.

«Mais deux ans plus tôt, lors de la grève étudiante de 2005, il était président de la FEUQ et n’avait pas défendu cette idée. Moi qui étais aussi très impliqué dans les associations étudiantes et plus revendicateur, j’avais écrit un article pour souligner cette contradiction», se rappelle Alexandre Leduc, avec plaisir.

M. Leduc est maintenant député de Québec solidaire, dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Il n’a jamais été journaliste parlementaire.

Sauf qu’en janvier 2007, l’étudiant en histoire à l’UQAM jouait le rôle de courriériste attitré par Le Baromètre, un journal fictif, à la couverture du Parlement étudiant.

L’une des quatre simulations parlementaires pour jeunes à se tenir à l’Assemblée nationale au tournant de l’année. Comme le 28e Forum étudiant, qui s’amorce lundi.

Anglade ministre de l’Éducation

Une décennie plus tôt, Dominique Anglade avait été ministre de l’Éducation au Parlement jeunesse. L’étudiante en génie industriel à la Polytechnique en était à sa troisième et dernière participation annuelle, après avoir simple députée en décembre 1994, puis critique de l’opposition en matière d’énergie, en 1995.

«J’ai vraiment pris goût à ça. Ç’a été une expérience très enrichissante. Et même si ce n’est pas ça que j’ai fait à court terme, ça m’a certainement donné la piqûre de la politique», explique l’actuelle députée de Saint-Henri–Sainte-Anne et candidate à la chefferie du Parti libéral du Québec, elle qui a réellement été ministre de l’Économie du Québec de 2016 à 2018.

Au Parlement jeunesse, Mme Anglade avait côtoyé l’actuel député et chef intérimaire du Parti québécois Pascal Bérubé, ainsi que le directeur de cabinet du premier ministre François Legault, Martin Koskinen.

Marc-André Franche, qui travaille au siège de l’ONU à New York et encore ami proche de Mme Anglade à ce jour, Caroline Soriol, directrice générale de l’organisme de bienfaisance Les Petits Frères, et l’éditorialiste au Nouvelliste de Trois-Rivières Martin Francœur étaient aussi de la même cohorte.

145 cégépiens

La saison des simulations parlementaires bat son plein ces semaines-ci dans l’enceinte de l’hôtel du parlement de Québec, avant la reprise des véritables travaux parlementaires, le 4 février.

Le Forum étudiant, réservé aux étudiants du collégial, sera la troisième simulation d’une semaine tenue depuis la fin décembre. Après le 70e Parlement jeunesse (26 au 30 décembre) et le 34e Parlement étudiant (2 au 6 janvier), deux simulations s’adressant plus largement aux étudiants de 18 à 25 ans, donc des cégeps et des universités.

Le 18e Parlement des jeunes, lui, réunira des élèves de troisième et quatrième secondaires, du 22 au 24 janvier. Sans oublier le 24e Parlement écolier, pour les petits de sixième année, le 1er mai.

«Cette expérience unique offre l’occasion aux participants et participantes de débattre [...] d’enjeux qui leur tiennent à cœur. Ils devront également s’exprimer en commission parlementaire et défendre leurs opinions auprès de leurs collègues. Ils prendront ainsi toute la mesure de notre démocratie», commente par communiqué le vice-président de l’Assemblée nationale et député des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, qui présidera le Forum étudiant.

Pour l’occasion, 145 étudiants provenant de 25 cégeps et collèges se glisseront dans la peau de députés et de journalistes parlementaires.

Les collégiens se pencheront cette année sur trois projets de loi touchant la reconnaissance des diplômes, l’autosuffisance alimentaire et la volonté d’enrichir la culture politique des Québécois.

«Ce qui va se dire là, c’est ce qui va se dire en chambre dans quelques années», prédit Alexandre Leduc, comme quoi l’espoir de la jeunesse est souvent précurseur.