Même le père Noël semblait débarquer d'un autre pays au Noël des cultures tenu à la place D'Youville.

Des réfugiés s’amusent dans le froid

Dawa Tamang, originaire du Népal, était prêt à affronter le froid mordant, vendredi matin. Avec son épais manteau de fourrure et son casque de poil de style bison, le jeune homme de 21 ans participait en compagnie de quelque 300 autres immigrants au Noël des cultures qui se tenait à la place D’Youville.

«C’est mon cinquième hiver à Québec. Je suis un peu habitué à l’hiver, mais là, avec le vent c’est dur, c’est vraiment froid. Au Népal, je n’habitais pas dans la montagne, mais en ville où c’était plus chaud», lance le jeune homme de 21 ans rencontré près de la patinoire où de jeunes immigrants s’initient au patin à glace et au ballon-balai sous des airs de Noël. 

Avec son énergie contagieuse, la coordonnatrice Virginie Leblanc, de Motivaction Jeunesse, passe d’un à l’autre pour encourager, rassurer, épauler et donner confiance à ce protégé, timide à l’idée de découvrir une activité. Tous ces nouveaux arrivants, des réfugiés en majorité, originaires d’une quarantaine de pays, en sont à leur premier contact avec l’hiver québécois.

Une bonne vingtaine d’adultes ne s’est pas fait prier pour se lancer dans des danses folkloriques sur fond de rigodons. Plusieurs ont même appris à jouer de la cuillère.

«C’est une façon de leur souhaiter la bienvenue, explique-t-elle. Pour nous, l’hiver c’est un beau moment pour vivre du plaisir. On ne veut pas que les jeunes s’enferment et voient cette période de l’année comme quelque chose de difficile. On essaie de leur montrer les aspects positifs de cette belle saison.»

Folklore

Le message semble avoir été reçu. Une bonne vingtaine d’adultes ne s’est pas fait prier pour se lancer dans des danses folkloriques sur fond de rigodons. Plusieurs ont même appris à jouer de la cuillère. Il avait beau faire froid à fendre pierre en ce petit matin — moins 18 degrés, moins 26 avec le facteur vent —, leur énergie ne faisait nullement défaut.

«Les Québécois de souche auraient de bonnes leçons à tirer de ces gens. J’entendais les animateurs de radio ce matin [vendredi] dire quasiment aux gens de rester à l’intérieur», mentionne Luc Richer, directeur général de Motivaction Jeunesse, un organisme très impliqué auprès des nouveaux arrivants. 

De jeunes immigrants se sont initiés au patin.

Ginette Messier est professeure de francisation de l’école Jean-de-Brébeuf, dans Limoilou. Elle aussi ne cache pas son plaisir de voir ses élèves goûter aux coutumes hivernales québécoises. Parmi ses élèves, Rawan, 16 ans, originaire d’Alep, en Syrie. L’adolescente, qui fait ses premiers pas dans l’apprentissage du français, aspire à devenir médecin. «Mais d’ici là, il y a encore beaucoup d’études…», lui lance son enseignante.

Convaincu que les immigrants représentent une richesse pour une société, le patron de Motivaction Jeunesse compte organiser en mars un important forum sur l’inclusion, à ExpoCité, où les jeunes prendront la parole pour partager leur vécu, leurs expériences, leurs rêves, afin de se rapprocher de leur communauté d’adoption.