L’Université d’Ottawa  
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Des professeurs de l’Université d’Ottawa rapportent un climat d’intimidation

Jean-Philippe Denoncourt
La Presse canadienne
OTTAWA - Sept professeurs de l’Université d’Ottawa font paraître mardi une lettre ouverte qui rapporte l’existence dans l’institution d’un climat toxique d’intimidation, plusieurs jours après la mise au jour de la suspension provisoire de leur collègue du Département d’arts visuels, Verushka Lieutenant-Duval.

Celle-ci avait prononcé le mot «n» lors d’un cours, sans avoir eu d’intention malicieuse, avait-elle dit. Le recteur de l’Université d’Ottawa, Jacques Frémont, avait jugé que Mme Lieutenant-Duval, qui fait partie du groupe majoritaire, avait commis un impair envers une minorité en mentionnant le mot honni. Il a dit que les membres des groupes dominants n’avaient pas la légitimité pour décider ce qui constitue une micro-agression.

Les signataires de la lettre déplorent que le climat actuel permette d’intimider et d’ostraciser des collègues qui ne font que porter une parole raisonnée et raisonnable. Ils ajoutent que plusieurs membres de la communauté universitaire n’osent plus parler parce qu’ils sont tenaillés par la peur des autorités gouvernementales et des attaques brutales, notamment sur les réseaux sociaux.

Les sept professeurs affirment que pour eux, un tel climat, qu’ils qualifient de nouveau désordre liberticide, est du jamais vu sur le campus de l’Université d’Ottawa. Ils se sentent abandonnés par la direction de l’institution face à des sentiments subjectifs.

À leur avis, les étudiants qui sont des protagonistes du dialogue universitaire sont exposés aux mêmes périls qu’eux.

La lettre de ces sept professeurs est rendue publique une semaine après que 579 professeurs de cégep et d’université aient eux aussi dénoncé par écrit le traitement infligé à Verushka Lieutenant-Duval. Ces derniers ont alors écrit qu’on ne s’attaque pas au problème du racisme en punissant et en interdisant l’enseignement des mots, des oeuvres et des auteurs qui, au contraire, le révèlent et le combattent explicitement.