L’Hôtel-Dieu de Lévis

Des problèmes de vétusté forcent la fermeture de salles d’opération à l’Hôtel-Dieu de Lévis

La vétusté du bloc opératoire de l’Hôtel-Dieu de Lévis a forcé à plusieurs reprises la fermeture de salles au cours des dernières années et affecte l’efficacité des soins et des services offerts aux patients, selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches, qui veut se doter d’un plan directeur clinique immobilier.

Dans un appel d’offres d’une rare transparence publié mardi, le CISSS de Chaudière-Appalaches fait état du «besoin criant de correction des problématiques de vétusté du bloc opératoire, du service d’endoscopie et de l’URDM [unité de retraitement des dispositifs médicaux] de l’Hôtel-Dieu de Lévis». 

«L’efficacité des soins et des services offerts est évidemment en jeu : l’organisation, la productivité, la prévention des infections sont touchées et ont évidemment de graves conséquences sur la qualité de la desserte en matière d’activités chirurgicales à l’échelle régionale, sans compter toutes les mesures d’atténuation mises en place pour limiter les inconvénients à la population desservie et les irritants ressentis par les membres du personnel», décrit le CISSS dans son appel d’offres.

Le projet vise à consolider les activités du bloc opératoire, «ce qui aurait pour conséquence d’abord une meilleure utilisation des fonds publics, mais, surtout, une amélioration des services chirurgicaux rendus à la population desservie par le CSSS Alphonse-Desjardins (temps d’attente réduit, sécurité rehaussée, etc.)». 

Pression sur les services

Plus globalement, le CISSS constate dans son appel d’offres que l’utilisation des espaces immobiliers dans les secteurs Desjardins et Chutes-de-la-Chaudière-Est a atteint un niveau de saturation «important» qui crée «un goulot d’étranglement» et «un ralentissement des projets cliniques». «Les espaces cliniques actuels limitent l’embauche de personnel malgré les allocations consenties à la région. Ils sont peu attractifs et ne favorisent pas la rétention du personnel», souligne-t-il.

«Au plan populationnel, le secteur ouest de la ville de Lévis connaît actuellement et connaîtra dans les prochaines années un essor démographique important. La présence de jeunes familles et le développement marqué de résidences privées pour personnes âgées exercent une pression sur le niveau de services attendu par la population. Or l’offre de services actuelle du CISSS de Chaudière-Appalaches, notamment en santé physique et en hébergement, est plus largement déployée dans le secteur Desjardins. L’inadéquation du niveau de ressources disponibles dans ce milieu, compte tenu des besoins populationnels, entraîne déjà des enjeux d’accès et de continuité des services», écrit l’établissement. 

Le CISSS souligne qu’il n’existe actuellement «aucune planification immobilière appuyée par une vision clinique de développement des services», et que cette absence de vision intégrée entraîne «des enjeux d’espaces entre les directions» et «un budget de fonctionnement à la hausse». 

L’établissement souhaite donc faire élaborer un plan directeur clinique immobilier sur un horizon de cinq à 10 ans. Ce plan devra «proposer des solutions innovantes», «optimiser les espaces bureaux selon le concept 2.0», «maximiser les bâtiments existants» et regrouper des services, entre autres. 

«Le plan directeur clinique immobilier devra être cohérent avec les mouvements urbains et l’évolution du marché immobilier. Il faudra considérer et illustrer la vision de développement de la Ville de Lévis en fonction des différents pôles commerciaux. L’accès, les déplacements et la circulation sont des éléments préoccupants pour l’organisation afin de bien desservir la clientèle», souligne le CISSS. 

La firme retenue aura 12 mois pour produire son rapport.