« \"Extrême droite\" et \"racisme\" ne risquent-ils pas de devenir bientôt l'ultime refuge de notre défense nationale, les seuls moyens rationnels et logistiques qui nous resteront ? », se questionne l'auteur Hubert Larocque.

Des politiciens dans La Meute

La Meute attire aussi son lot de politiciens. Des dirigeants du parti municipal L'Alliance citoyenne de Québec ainsi que des partis provinciaux Équipe Autonomiste et Citoyens au pouvoir ont participé à la marche contre «l'immigration illégale» tenue dimanche à Québec.
L'Alliance citoyenne de Québec, parti de droite qui succède à l'Alliance démocratique de Québec, avait envoyé un observateur sur le terrain dimanche. Ce dernier s'est promené d'un camp à l'autre, incluant celui de La Meute, pour «prendre le pouls», a rapporté mardi le porte-parole Daniel Beaulieu, qui n'a pas participé aux manifestations.
Quelques représentants du conseil de direction de l'Alliance, qui ne sont pas nécessairement membres de La Meute, étaient aussi sur les lieux «à titre personnel» et non pour représenter le parti. Leur participation a été discutée et acceptée par le conseil, a confirmé M. Beaulieu. 
Ce dernier admet que les partisans de La Meute représentent «un bassin d'électeurs intéressants comme bien d'autres». Il considère toutefois que des sujets comme l'immigration et le racisme relèvent davantage des gouvernements supérieurs. «Ce n'est pas une question d'être pour ou contre», dit-il. 
Stéphan Pouleur, chef du parti politique provincial Équipe Autonomiste, s'est aussi mêlé aux manifestants de La Meute. Il en a fait mention sur sa page Facebook. «Sur place, j'ai rencontré des gens inquiets et convaincus qu'il faut agir pour l'avenir de notre société et de nos enfants, des gens découragés aussi et même frustrés du peu d'écoute qu'ils reçoivent de la part de leurs élus. Par contre, je n'ai pas vu d'extrémistes de droite ni de gens violents», a écrit celui dont le slogan est «Plus à droite mais pas dans le champ!». 
En entrevue téléphonique au Soleil, M. Pouleur insiste : pour lui, les manifestants de La Meute représentaient «une belle gang de citoyens qui voulaient faire de quoi, ça avait l'air positif». Il ne sait pas encore s'il va s'impliquer davantage avec le groupe, mais partage avec eux l'idée d'une «immigration réfléchie» et salue leur niveau d'organisation. 
«En tant que citoyen»
Yvon Simard, dirigeant du parti Citoyens au pouvoir dont fait partie le syndicaliste Bernard «Rambo» Gauthier, était aussi aux côtés de La Meute car il veut «des réponses par rapport à l'immigration». Il affirme s'être présenté «en tant que citoyen», sans inviter ses membres à le suivre, mais sans se surprendre non plus d'en rencontrer sur place. 
Espère-t-il s'attirer des votes en fréquentant La Meute? «Je ne peux pas vous dire non parce qu'ils prônent la même chose que nous autres», admet-il en riant. «Le gros bon sens me dit qu'il faut que j'écoute ce groupe de citoyens-là comme tous les citoyens.»
Sylvain Brouillette, porte-parole de La Meute, est conscient que des politiciens de partis qu'il identifie comme «groupuscules» se sont joint à ses partisans dimanche. Il n'a pas d'objections : «Nous, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait un débat politique sur l'avenir du Québec et les enjeux sociaux. S'il y a des partis politiques qui veulent s'impliquer, tant mieux.» 
En même temps, M. Brouillette pense que «les politiciens ont tendance à se vendre au plus offrant». «On a passé le cap des 60 000 membres cette semaine. Pas des like, des vrais membres. Ils viennent nous lire, ils partagent nos opinions, nos valeurs. C'est certain que les partis politiques vont chercher à séduire ces gens-là dont le nombre n'arrête pas d'augmenter», analyse-t-il. 
À l'inverse, La Meute ne souhaite pas s'acoquiner avec un parti politique. «Au contraire, on veut garder notre indépendance idéologique», insiste son porte-parole. Les idées en ligne avec la philosophie du groupe seront soulignées lors des rendez-vous électoraux, mais il n'y aura pas de mot d'ordre donné pour le vote, assure M. Brouillette.